Rétro-alvéolaire et l’Incidence de Blondeau
Destiné aux étudiants en chirurgie dentaire — Ce guide complet couvre les techniques intra- et extra-buccales essentielles, les erreurs à éviter, des cas cliniques commentés et une FAQ pour vous préparer efficacement aux examens et à la pratique clinique.
1. La Radiographie Rétro-alvéolaire
Introduction et Définition
La radiologie rétro-alvéolaire est une procédure d’examen simple et efficace, ce qui en fait l’une des techniques d’imagerie les plus utilisées en cabinet de santé dentaire. Elle est réalisée dans le cadre du bilan d’une zone précise de la mâchoire du patient, ciblant une à trois dents inférieures ou supérieures.
Contrairement à la radiologie panoramique, qui visualise l’ensemble de la mâchoire, la radiographie rétro-alvéolaire est beaucoup plus précise et permet de déceler une anomalie bien ciblée dans une zone de petite taille.

Figure 44 : Exemple d’un cliché rétro-alvéolaire
En pratique, c’est l’examen de première intention pour tout diagnostic localisé. Sa résolution spatiale élevée lui confère une place irremplaçable dans la détection des caries proximales, des lésions péri-apicales précoces et du suivi endodontique.

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Principales Indications
La rétro-alvéolaire est indiquée dans les situations cliniques suivantes :
- Détection des réactions péri-apicales (granulomes, kystes, abcès)
- Évaluation de l’état parodontal (hauteur osseuse, furcations)
- Évaluation d’un traumatisme au niveau des dents et de l’os alvéolaire
- Détection des caries dentaires et de la profondeur des cavités de carie, notamment proximales
- Évaluation et contrôle au cours des thérapeutiques endodontiques (longueur de travail, obturation)
- Visualisation des couronnes et racines dentaires, ainsi que des tissus péri-apicaux
À retenir pour l’internat : La rétro-alvéolaire est l’examen de référence pour l’évaluation péri-apicale et le suivi endodontique, mais elle ne remplace pas le cône-beam (CBCT) en cas de lésion complexe ou de planification implantaire.
2. Techniques de Réalisation
2.1 Technique du Parallélisme (Technique des Plans Parallèles)
Dans cette technique, le rayon directeur est perpendiculaire à l’axe de la dent et au plan du film. Le film est solidarisé au tube par une tige guide, assurant une parfaite orthogonalité entre le faisceau et le film.
Cette incidence peut être réalisée de deux manières selon l’appareil utilisé :
Cône court Le cône court place la source relativement proche de l’objet, ce qui entraîne un agrandissement important de l’image. Ce type de cône n’est plus commercialisé en France et a été progressivement abandonné au profit du cône long.
Cône long La distance foyer-film est d’environ 40 cm, et un cône cylindrique permet de focaliser le faisceau. Cette technique est plus contraignante pour le patient et l’opérateur, mais elle offre des avantages indéniables :
- Réduction de la déformation géométrique
- Absence de projection des structures voisines (réduction de la pénombra)
- Meilleure résolution et visualisation des structures dentaires
- Reproductibilité facilitée par les porte-films indexés
Figure 45 : La technique du parallélisme
Conseil pratique : Utilisez systématiquement un porte-film type Rinn ou Dentsply pour garantir la reproductibilité du cliché, notamment lors des contrôles parodontaux ou endodontiques à distance.

2.2 Technique de la Bissectrice (Méthode de Dieck)
Le rayon directeur doit passer par l’apex de la dent et la face antérieure du film. Selon le principe d’isométrie de Cieszynski, la dent se projette alors en grandeur réelle sur le film.
Cette technique est difficile à réaliser, car le patient maintient le film en position palatine ou linguale, au contact de la dent à radiographier. L’utilisation d’un angulateur est préférable pour limiter les erreurs. Si l’incidence n’est pas correcte, des déformations importantes peuvent se produire (allongement ou raccourcissement apparent des racines).

Figure 46 : La bissectrice de l’angle
| Comparaison | Parallélisme | Bissectrice |
|---|---|---|
| Distorsion géométrique | Faible | Modérée à élevée |
| Confort patient | Variable | Meilleur (au maxillaire) |
| Reproductibilité | Excellente | Moins fiable |
| Usage courant | Recommandé | Dépannage / anatomies difficiles |
3. Le Bilan Dentaire Complet
Statut Radiologique (Technique Intra-buccale)
Un bilan dentaire complet, ou statut, est constitué d’une série de clichés dont le nombre et l’agencement varient selon l’âge du patient. Les clichés mesurent généralement 2 × 3 cm ou 3 × 4 cm.
Le nombre de clichés varie selon l’âge :
- 4 clichés chez le jeune enfant (denture temporaire)
- 14 à 21 clichés chez l’adulte
Le nombre exact de clichés n’est pas strictement défini et peut varier selon les recommandations des sociétés savantes. Idéalement, un cliché par dent serait réalisé, mais cela est rarement pratiqué en raison de l’irradiation générée par des expositions multiples.
Principe ALARA (As Low As Reasonably Achievable) : Toute décision de prescription radiologique doit peser le bénéfice diagnostique face au risque radiologique, aussi minime soit-il. Le passage aux capteurs numériques réduit significativement la dose absorbée (réduction de 50 à 80 % par rapport aux films argentiques).
Autres Incidences Intra-buccales
D’autres incidences peuvent être réalisées selon l’information recherchée :
- Recherche du nombre de racines
- Identification d’un foyer infectieux superposé à une autre structure
- Cliché en incidence latérale oblique (méso ou disto-excentrique) pour dégager les structures gênantes à la lecture

Figure 47 : Radio et cliché rétro-alvéolaire
4. Les Techniques Extra-buccales
Les techniques extra-buccales sont indiquées lorsque l’examen intra-buccal est impossible (réflexe nauséeux, trismus, fracture) ou lorsque la zone d’intérêt dépasse le champ d’une rétro-alvéolaire.
5. L’Incidence de Blondeau
5.1 Définition et Principe
L’incidence de Blondeau est une incidence semi-axiale extra-buccale, constituant un cliché ORL de base pour l’exploration des cavités pneumatiques de la face, notamment les sinus maxillaires, frontaux et les cellules ethmoïdales.
C’est une technique de radiographie standard utilisant des rayons X avec une incidence spécifique plus ou moins oblique, modifiant la projection des éléments explorés pour dégager une zone d’intérêt.
Ce cliché, de faible coût, est complémentaire au panoramique dentaire et permet :
- Une incidence plus ou moins orthogonale pour visualiser une dent incluse, une lésion osseuse, un corps étranger ou un calcul radio-opaque salivaire
- Une étude topographique et morphologique sur une zone plus étendue que le cliché rétro-alvéolaire
- Une alternative en cas d’impossibilité d’examen intra-oral

Figure 48 : Radiographie selon Blondeau bouche ouverte
5.2 Indications de l’Incidence de Blondeau
L’incidence de Blondeau permet d’examiner de manière optimale l’ensemble des sinus paranasaux. Elle constitue le cliché ORL de base pour l’exploration des cavités pneumatiques de la face. Elle est utilisée pour visualiser :
- Les sinus maxillaires (principale indication en odontologie)
- La pyramide nasale osseuse
- Les os malaires et, en partie, les apophyses zygomatiques
- Les cellules frontales et les structures osseuses de la face (os zygomatiques, massifs mastoïdiens et leur pneumatisation), bien que ces éléments soient moins nets
- Les orbites

Elle complète l’orthopantomogramme dans certaines indications, notamment les sinusites maxillaires d’origine dentogène. Cependant, ses indications sont devenues très limitées, se résumant principalement au contrôle d’une sinusite après traitement.

Point important : En cas d’opacité d’une cavité aérique (type sinusite), une tomodensitométrie est recommandée pour des renseignements plus précis et une meilleure caractérisation lésionnelle.
Figure 49 : Cliché de Blondeau (Fracture zygomato-maxillaire gauche)
5.3 Intérêt Médical
L’incidence de Blondeau est utilisée pour :
- La recherche de sinusites maxillaires ou de polypes au niveau des sinus maxillaires
- L’exploration du squelette du tiers moyen de la face, en particulier les cavités orbitaires et sinusiennes

Figure 51 : Blondeau : épaississement muqueux maxillaire, régulier à droite, polypoïde à gauche. Symptomatologie de sinusite chronique

Figure 52 : Blondeau. Polype muqueux
5.4 Finalité et Critères de Qualité
L’objectif principal est de dégager les rochers sous les sinus maxillaires. En raison de son abord oblique, cette incidence ne doit pas être utilisée pour la localisation de dents incluses ou de corps étrangers.
Critères de qualité du cliché (Reproduction critique) :
- Reproduction des cavités sinusiennes sans superposition des rochers
- Visualisation de la muqueuse épaissie et des niveaux liquidiens sur un cliché en orthostatisme (patient debout)
- Reproduction symétrique du crâne : projection de la limite supérieure des rochers sous le bord inférieur des sinus maxillaires
5.5 Technique de Réalisation
Positionnement et paramétrage :
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Type d’appareillage | Matériel de radiologie générale ou spécifique |
| Position du patient | Debout ou assis |
| Position de la tête | Menton au contact du plan de cassette, tête défléchie en arrière (ligne orbito-méatale à 40° du film) |
| Distance foyer-film | 60 cm |
| Direction du rayonnement | Postéro-antérieure |
| Position de la bouche | Ouverte (maintenue par un bouchon) |
| Rayon directeur | Horizontal, centré à ~10 cm au-dessus de la protubérance occipitale externe, sortant au niveau de l’épine nasale antérieure |
| Tension | 65 à 70 kV |
| Intensité | 150 mA |
| Temps d’exposition | 0,5 à 0,7 s |
| Charge | 80 à 120 mAs |
| Taille du foyer | 0,5 mm |
| Filtration totale | 3 mm équivalent aluminium |
Mesures de radioprotection :
- Cône localisateur limitant le champ de vue au massif facial (15 à 18 cm)
- Tablier plombé systématique

Figure 53 : Réalisation de l’incidence de Blondeau

Figure 54 : Cliché de Blondeau — a. Positions du patient, de la plaque et de la source de rayons X. b. Schéma des structures visualisées par l’examen.
5.6 Lecture et Interprétation
La projection en deux dimensions, plus ou moins déformée selon l’obliquité du faisceau, permet une estimation partielle de la localisation ou de la morphologie de la région explorée. Il y a cependant une superposition des structures situées sur le même axe que le faisceau.
Cette technique n’offre pas la précision topographique et morphologique d’un scanner avec reconstruction DentaScan. Pour l’opacité des sinus maxillaires, l’incidence de Blondeau reste la méthode de référence de première intention.
5.7 Conditions Particulières
Le cliché doit être réalisé bouche ouverte (variante de Waters) pour tendre les parties molles du visage et améliorer la qualité de l’image.
L’exploration standard de première intention des sinus devrait inclure, outre l’incidence de Blondeau, une évaluation en face haute en appui nez-front-plaque.
Pour certains auteurs, les radiographies standard des sinus ne sont plus indiquées, et un examen sectionnel (comme l’imagerie tomographique volumique à faisceau conique — CBCT, une technique émergente prometteuse) est préféré pour une caractérisation plus fine des lésions.

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6. Tableau Comparatif : Quelle Technique Radiologique Choisir ?
Pour vous aider à choisir la technique la plus adaptée à votre situation clinique, voici un récapitulatif synthétique des principales techniques d’imagerie dentaire.
| Critère | Rétro-alvéolaire | Panoramique | Blondeau | CBCT |
|---|---|---|---|---|
| Zone explorée | 1 à 3 dents | Arcade complète | Tiers moyen de la face | Variable (FOV) |
| Résolution | Très élevée | Modérée | Modérée | Élevée (3D) |
| Dose d’irradiation | Faible | Faible à modérée | Modérée | Modérée à élevée |
| Coût | Faible | Faible | Modéré | Élevé |
| Principale indication | Caries, endodontie, parodonte | Bilan global, dents incluses | Sinusite maxillaire | Implants, pathologies complexes |
| Déformation géométrique | Faible (parallélisme) | Possible | Possible | Nulle (3D) |
| Accessibilité cabinet | Universelle | Très répandue | Moins courante | Spécialisée |
| Superposition structurelle | Minime | Fréquente | Oui (structures osseuses) | Aucune |
7. Erreurs Fréquentes à Éviter
Erreur 1 — Mauvais positionnement du film (technique de la bissectrice)
Pourquoi c’est problématique : Un positionnement incorrect du film entraîne un raccourcissement ou un allongement apparent des racines, rendant l’estimation de la longueur radiculaire inexacte. Cela peut conduire à une erreur de diagnostic endodontique.
Bonne pratique : Utiliser systématiquement un angulateur ou un porte-film indexé pour garantir la reproductibilité et la précision du cliché.
Erreur 2 — Non-respect du principe ALARA
Pourquoi c’est problématique : Multiplier les clichés sans justification clinique expose inutilement le patient aux rayonnements ionisants, même si la dose par cliché est faible. Les effets sont cumulatifs sur la durée de vie.
Bonne pratique : Prescrire uniquement les incidences nécessaires au diagnostic. Préférer les capteurs numériques (réduction de dose de 50 à 80 % vs film argentique). Documenter la justification de chaque prescription radiologique dans le dossier patient.
Erreur 3 — Utiliser le Blondeau pour localiser une dent incluse
Pourquoi c’est problématique : L’obliquité du faisceau dans l’incidence de Blondeau crée des superpositions et des distorsions qui rendent la localisation précise d’une dent incluse ou d’un corps étranger impossible et potentiellement trompeuse.
Bonne pratique : Pour la localisation d’une dent incluse, recourir à des techniques dédiées (parallaxe, CBCT), ou à une incidence de Blondeau seulement pour confirmer une sinusite d’origine dentaire.
Erreur 4 — Interpréter le Blondeau sans orthostatisme
Pourquoi c’est problématique : Un cliché réalisé en position allongée ne permet pas de visualiser les niveaux liquidiens dans les sinus, ce qui est pourtant un signe clé dans le diagnostic de sinusite maxillaire aiguë.
Bonne pratique : Réaliser systématiquement l’incidence de Blondeau avec le patient debout ou assis, pour que le liquide puisse se déposer sous l’effet de la gravité et former un niveau visible sur le cliché.
Erreur 5 — Confondre les résultats du Blondeau et du scanner
Pourquoi c’est problématique : Le Blondeau est un cliché en 2D avec superposition des structures. Son interprétation reste partielle. Surestimer ses capacités diagnostiques peut retarder la prise en charge d’une pathologie complexe.
Bonne pratique : En cas d’opacité sinusienne sur le Blondeau, compléter par une tomodensitométrie des sinus pour une analyse précise de l’extension lésionnelle et de la morphologie sinusienne.
Erreur 6 — Oublier la radioprotection lors du bilan complet
Pourquoi c’est problématique : Un bilan complet adulte peut nécessiter jusqu’à 21 clichés. L’accumulation d’expositions sans protection adaptée (tablier, collier thyroïdien) augmente inutilement la dose reçue par le patient.
Bonne pratique : Porter systématiquement le tablier plombé et, chez l’enfant et la femme en âge de procréer, le collier thyroïdien plombé. Utiliser un cône localisateur long pour réduire le champ d’irradiation.
8. Cas Cliniques Commentés
Cas Clinique 1 — Douleur péri-apicale chez un adulte jeune
Présentation du patient : Sophie, 28 ans, consulte pour une douleur spontanée, pulsatile, localisée à la première molaire inférieure gauche (36). Elle signale une sensibilité à la pression masticatoire depuis 3 semaines, sans antibiothérapie récente.
Problématique identifiée : À l’examen clinique, la dent présente une obturation volumineuse à la dentine. La percussion axiale est douloureuse. Le test de vitalité est négatif. Une radiographie rétro-alvéolaire (technique du parallélisme, cône long) est réalisée.
Résultat radiologique : Le cliché révèle un élargissement net de l’espace desmodontal péri-apical de la racine mésiale, associé à une résorption partielle de la lamina dura. Ces signes sont compatibles avec une parodontite apicale chronique.
Prise en charge : Traitement endodontique en deux séances sous digue dentaire. Contrôle radiographique de la longueur de travail per-opératoire, puis contrôle à 6 et 12 mois.
Point pédagogique : Ce cas illustre l’intérêt diagnostic fondamental de la rétro-alvéolaire dans la détection des lésions péri-apicales débutantes, invisibles sur le panoramique. Le Guide clinique d’odontologie constitue une référence complète pour approfondir la démarche diagnostique en endodontie.
Cas Clinique 2 — Sinusite maxillaire d’origine dentaire
Présentation du patient : Marc, 45 ans, consulte pour une obstruction nasale unilatérale gauche persistante depuis 6 semaines, avec sensation de lourdeur sous-orbitaire gauche. Son médecin généraliste a prescrit deux cures d’antibiotiques sans amélioration durable.
Problématique identifiée : L’interrogatoire révèle des soins dentaires récents sur la deuxième prémolaire et la première molaire supérieure gauche. Un panoramique dentaire montre une opacification partielle du sinus maxillaire gauche. L’incidence de Blondeau confirme un épaississement muqueux asymétrique, associé à un niveau liquidien discret.
Prise en charge : Après bilan radiologique complet incluant un CBCT, une communication bucco-sinusienne est mise en évidence au niveau de la racine palato-vestibulaire de la 26. Une fermeture chirurgicale et un drainage sinusien sont réalisés en collaboration avec un chirurgien ORL.
Résultat attendu : Disparition progressive de la symptomatologie sinusienne après traitement de la cause dentaire, confirmée par contrôle radiologique à 3 mois.
Point pédagogique : Ce cas illustre l’utilité complémentaire du Blondeau dans le bilan des sinusites maxillaires d’origine dentogène, et la nécessité de faire collaborer le chirurgien-dentiste et l’ORL dans ces situations complexes.
Cas Clinique 3 — Caries proximales asymptomatiques chez un adulte
Présentation du patient : Léa, 35 ans, consulte pour un contrôle de routine. Elle ne rapporte aucune douleur. L’examen clinique visuel ne révèle aucune cavitation évidente au niveau des zones interproximales postérieures.
Problématique identifiée : Malgré l’absence de symptômes, un bilan complet rétro-alvéolaire (4 clichés postérieurs) est réalisé en complément du panoramique annuel.
Résultat radiologique : Deux caries proximales débutantes (stade amélaire) sont identifiées au niveau des faces mésiales de 15 et 25, non détectables à l’examen clinique seul.
Prise en charge : Fluoruration professionnelle, révision de l’hygiène interdentaire (introduction du fil dentaire et des brossettes interdentaires), surveillance à 6 mois. L’utilisation du GUM Expanding Floss est conseillée à la patiente pour améliorer le nettoyage des espaces interdentaires.
Point pédagogique : Ce cas démontre l’intérêt du bilan rétro-alvéolaire systématique pour la détection des caries proximales débutantes, domaine où la rétro-alvéolaire reste largement supérieure à tout autre examen clinique ou radiologique standard.
9. Foire Aux Questions (FAQ)
Quelle est la différence entre une radiographie rétro-alvéolaire et un panoramique dentaire ?
La rétro-alvéolaire cible une zone très précise (1 à 3 dents) avec une haute résolution, idéale pour le diagnostic des caries, des lésions péri-apicales et le suivi endodontique. Le panoramique offre une vue d’ensemble de toute l’arcade dentaire, utile pour un bilan initial ou la détection de dents incluses, mais avec une résolution moindre dans les zones de contact interdentaire.
Quand doit-on utiliser la technique du parallélisme plutôt que la technique de la bissectrice ?
La technique du parallélisme est recommandée en première intention car elle minimise les déformations géométriques et offre une meilleure reproductibilité. La technique de la bissectrice reste utile dans les cas où l’anatomie du palais ou le réflexe nauséeux du patient ne permettent pas de positionner correctement le film en parallèle avec la dent.
Combien de clichés comporte un bilan dentaire complet chez l’adulte ?
Le nombre de clichés varie de 14 à 21 selon les recommandations et l’état bucco-dentaire du patient. En pratique, il est adapté à chaque situation clinique. Idéalement, un cliché par dent serait réalisé, mais le principe ALARA impose de limiter l’irradiation au strict nécessaire.
L’incidence de Blondeau est-elle encore pertinente face au scanner ou au CBCT ?
Elle reste l’examen de première intention pour confirmer une sinusite maxillaire d’origine dentogène, en raison de son faible coût et de sa disponibilité. Cependant, pour toute pathologie complexe (opacité sinusienne totale, planification chirurgicale, fracture du massif facial), le scanner ou le CBCT est indispensable pour une analyse tridimensionnelle précise.
Quels sont les signes radiologiques d’une sinusite maxillaire sur un cliché de Blondeau ?
Les principaux signes sont un épaississement muqueux (voile homogène en périphérie du sinus), un niveau hydro-aérique (image horizontale liquidienne en orthostatisme) ou une opacité totale du sinus. L’asymétrie entre les deux sinus est un signe d’alerte important.
La radiographie dentaire est-elle dangereuse pour la santé ?
La dose d’irradiation d’une rétro-alvéolaire numérique est extrêmement faible (environ 0,001 mSv), soit l’équivalent de quelques heures d’exposition aux rayonnements naturels. Les examens dentaires sont parmi les plus faiblement irradiants en radiologie médicale. Le respect du principe ALARA et l’utilisation de capteurs numériques permettent de réduire encore davantage cette exposition.
Peut-on réaliser une rétro-alvéolaire chez une femme enceinte ?
En règle générale, les radiographies dentaires sont évitées au cours du premier trimestre de grossesse, sauf urgence clinique. Si l’examen est nécessaire, le tablier plombé et le collier thyroïdien plombé sont obligatoires. La décision doit être prise au cas par cas en pesant le bénéfice diagnostique face au risque théorique.
Comment améliorer la qualité de lecture d’un cliché de Blondeau ?
Plusieurs facteurs améliorent la lisibilité : la réalisation en orthostatisme (patient debout), la bouche ouverte (variante de Waters), un positionnement rigoureux de la tête (ligne orbito-méatale à 40° du film), et un réglage optimal des paramètres d’exposition. Une lecture sur négatoscope ou écran calibré, dans des conditions d’éclairage adaptées, est indispensable.
10. Conclusion
La maîtrise de la radiologie rétro-alvéolaire et de l’incidence de Blondeau constitue un socle fondamental pour tout futur chirurgien-dentiste. Ces deux techniques, bien que d’approches différentes, se complètent parfaitement dans la démarche diagnostique quotidienne.
Points clés à retenir :
- La rétro-alvéolaire est l’examen de référence pour le diagnostic localisé (caries, endodontie, parodonte)
- Le parallélisme avec cône long est la technique recommandée pour sa reproductibilité et sa précision
- Le Blondeau reste l’examen de première intention pour la sinusite maxillaire d’origine dentaire
- Le principe ALARA doit guider toute prescription radiologique
- Le CBCT s’impose progressivement pour les situations complexes nécessitant une analyse 3D
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