La deuxième molaire maxillaire (Anatomie Dentaire)

La Deuxième Molaire Maxillaire (Dent 17 et 27)

Mots-clés : deuxième molaire maxillaire, anatomie dentaire, dent 17, dent 27, morphologie coronaire, système canalaire, chronologie dentaire, odontologie


Introduction : Pourquoi Maîtriser la Deuxième Molaire Maxillaire ?

La deuxième molaire maxillaire — désignée 17 à droite et 27 à gauche dans la notation FDI (Fédération Dentaire Internationale) — est l’une des dents les plus étudiées en anatomie dentaire et l’une des plus délicates à traiter en clinique.

Souvent surnommée la « dent des 12 ans » en raison de son âge d’éruption, elle se distingue de la première molaire par des dimensions réduites, une morphologie coronaire plus variable et une tendance marquée à la fusion radiculaire. Sa proximité avec le sinus maxillaire en fait également un repère anatomique de premier plan en chirurgie orale et en implantologie.

Cet article vous propose une description exhaustive de son anatomie, agrémentée de données cliniques essentielles pour votre formation et vos révisions.



I. Chronologie de Développement

La chronologie d’une dent couvre quatre étapes clés que tout étudiant doit mémoriser : début de calcification, achèvement de la couronne, éruption et fermeture apicale.

ÉtapeChronologie
Début de calcification2 ans ½ à 3 ans
Couronne achevée7 à 8 ans
Âge d’éruption12 à 13 ans
Racine achevée14 à 16 ans

Astuce révision : Retenez qu’à l’opposé de la première molaire (qui calcifie dès la naissance et érupte à 6-7 ans), la deuxième molaire maxillaire débute sa calcification vers 3 ans et fait son entrée sur l’arcade vers 12 ans — d’où son nom de « molaire de 12 ans ».


II. Mensurations et Comparaison avec la Première Molaire

II.1 Dimensions globales

Dimension2ème Molaire Maxillaire1ère Molaire Maxillaire
Hauteur totale18 mm20,5 mm
Hauteur coronaire7 mm7,5 mm
Hauteur radiculaire12 mm13 mm

Remarque fondamentale : La couronne de la deuxième molaire est plus petite dans toutes ses mensurations par rapport à la première molaire maxillaire. Les angles des lignes sont également moins marqués, et le diamètre vestibulo-lingual tend à dépasser le diamètre mésio-distal.

II.2 Notation et localisation sur l’arcade

  • FDI (internationale) : 17 (droite) et 27 (gauche)
  • Palmer : 7 avec symbole ┘ (droite) ou └ (gauche)
  • Universelle (USA) : 2 (droite) et 15 (gauche)

Positionnée entre la première molaire (mésialement) et la troisième molaire (distalement), la dent 17/27 est la dernière à se mettre en place avant l’éventuelle éruption de la dent de sagesse.


III. Morphologie de la Couronne

III.1 Face Vestibulaire

Le contour général est trapézoïdal, avec une grande base au niveau occlusal.

  • Sillon vestibulaire : Plus distal que sur la première molaire, ce qui entraîne une cuspide mésio-vestibulaire nettement plus grande que la cuspide disto-vestibulaire.
  • Hauteur des cuspides : La cuspide mésio-vestibulaire est nettement plus haute que la cuspide disto-vestibulaire.
  • Visibilité : Entre les deux cuspides vestibulaires, une partie importante de la cuspide mésio-linguale est visible depuis cette face.
  • Ligne cervicale : Identique à celle de la première molaire maxillaire.
  • Contour mésial : Similaire à celui de la première molaire, avec un maximum de convexité dans le tiers médian.
  • Contour distal : Uniformément convexe depuis l’angle disto-occlusal jusqu’à la ligne cervicale, avec un maximum de convexité à la jonction du tiers occlusal et du tiers médian.

III.2 Face Linguale

Le contour général est également trapézoïdal.

  • Cuspide mésio-linguale : Relativement arrondie, très élevée, représente les 2/3 du diamètre coronaire mésio-distal. C’est la cuspide linguale dominante.
  • Cuspide disto-linguale : Beaucoup plus petite en largeur et en hauteur. Elle peut même être absente.

Donnée clinique clé : Des études histologiques montrent que la cuspide disto-linguale est absente dans environ 32 % des deuxièmes molaires maxillaires. À l’inverse, sur la première molaire, la cuspide disto-linguale est généralement bien développée. Cette réduction progressive de la cuspide disto-linguale se poursuit jusqu’à la troisième molaire.

  • Ligne cervicale : Plutôt irrégulière.
  • Surface linguale : Habituellement convexe dans son ensemble.
  • Absence de cinquième cuspide (pas de tubercule de Carabelli, contrairement à la première molaire).

III.3 Face Mésiale

  • Dimension occluso-cervicale : Plus courte que sur la première molaire.
  • Dimension vestibulo-linguale : Sensiblement équivalente à celle de la première molaire.
  • Différence de hauteur : Plus marquée entre la cuspide mésio-vestibulaire et la cuspide mésio-linguale.
  • Crête marginale mésiale : Longue.
  • Sillon marginal : Généralement absent.
  • Contour vestibulaire : Similaire à celui de la première molaire, mais avec une inclinaison plus importante vers le contour lingual. Le maximum de convexité se situe dans le tiers cervical ou à la jonction du tiers cervical et du tiers médian.
  • Contour lingual : Superposable à celui de la première molaire, sans tubercule supplémentaire. Le maximum de convexité se situe dans le tiers médian.
  • Ligne cervicale : Souvent irrégulière.
  • Tiers cervical : Nettement moins concave que sur la première molaire.
  • Zone proximale de contact : Généralement située dans le tiers médian.

III.4 Face Distale

  • Aspect général : Similaire à celui de la face mésiale.
  • Cuspides distales : La cuspide disto-vestibulaire et la cuspide disto-linguale sont moins proéminentes que leurs homologues mésiaux.
  • Crête marginale distale : Située à un niveau plus cervical que la crête marginale mésiale.
  • Visibilité occlusale : Une plus grande partie de la face occlusale est visible depuis la face distale.
  • Zone proximale de contact : Située au milieu de la face distale.

III.5 Face Occlusale

La face occlusale est l’une des plus importantes à maîtriser pour les examens et la pratique clinique.

Contour général : Trapézoïdal, avec convergence des côtés proximaux vers la face linguale. Certains auteurs décrivent la forme occlusale de la 2ème molaire maxillaire comme davantage « en cœur » comparée à la 1ère molaire.

Cuspides présentes (4 au total) :

  1. Cuspide mésio-vestibulaire (MVB) — la plus grande
  2. Cuspide disto-vestibulaire (DVB) — nettement plus petite
  3. Cuspide mésio-linguale (ML) — très développée (2/3 du DM)
  4. Cuspide disto-linguale (DL) — réduite, parfois absente

Reliefs occlusaux :

  • Diamètre coronaire mésio-distal : Plus petit que sur la première molaire.
  • Déséquilibre des cuspides : Plus accentué entre la cuspide mésio-vestibulaire et la cuspide disto-vestibulaire.
  • Cuspide disto-linguale : Moins proéminente (le talon est réduit).
  • Pont d’émail : De dimension réduite.
  • Sillon mésio-distal : Franchit le pont d’émail.
  • Crête marginale mésiale : Longue et rectiligne.
  • Crête marginale distale : Courte et convexe, pouvant se prolonger lingualement pour former la cuspide disto-linguale.

Sillons et puits :

Fosse centrale — présente la même situation et les mêmes structures que sur la première molaire, avec un puits central localisé dans la partie la plus profonde, point de rencontre de trois sillons :

  • Sillon mésial (sm)
  • Sillon vestibulaire (sv)
  • Sillon distal (sd)

Puits mésial — situé à mi-distance de la face vestibulaire et de la face linguale, au fond de la fossette triangulaire mésiale. Point de réunion de trois sillons :

  • Sillon mésial (sm)
  • Sillon mésio-vestibulaire (smv) : court trajet vers l’angle mésio-vestibulaire
  • Sillon mésio-lingual (sml) : court trajet vers l’angle mésio-lingual

Puits distal — situé au fond de la fossette triangulaire distale. Point de rencontre de quatre sillons :

  • Sillon distal (sd)
  • Sillon lingual (sl) : se termine sur la face linguale
  • Sillon disto-vestibulaire (sdv) : court trajet vers l’angle disto-vestibulaire
  • Sillon disto-lingual (sdl) : court trajet vers l’angle disto-lingual

Cas particulier : Lorsque la cuspide disto-linguale est réduite à un simple épaississement de la crête marginale, seule la fossette mésiale existe.


IV. Morphologie Radiculaire

La deuxième molaire maxillaire possède classiquement 3 racines :

  1. La racine mésio-vestibulaire (MV)
  2. La racine disto-vestibulaire (DV)
  3. La racine palatine (P)

Cependant, des variations anatomiques fréquentes doivent être connues :

  • Biradiculée : 2 racines vestibulaires fusionnées + 1 racine palatine
  • Monoradiculée : 3 racines totalement fusionnées (fusion en pyramide unique, plus fréquente sur la 2ème molaire que sur la 1ère)

Donnée clinique : La fusion des racines est nettement plus fréquente sur la deuxième molaire maxillaire que sur la première. Les racines sont également groupées plus près les unes des autres, ce qui facilite parfois leur fusion partielle ou totale.

IV.1 Surface Vestibulaire

  • Les 3 racines sont visibles depuis la face vestibulaire.
  • Davantage inclinées vers le contour distal que sur la première molaire.
  • Relativement étroites dans le sens mésio-distal.
  • L’apex de la racine mésio-vestibulaire est situé à l’aplomb du sillon vestibulaire.
  • Les racines vestibulaires ont tendance à être parallèles entre elles.
  • La racine linguale est peu visible entre les deux racines vestibulaires (en arrière-plan).

IV.2 Surface Linguale

  • Racine linguale étroite dans le sens mésio-distal.
  • Inclinaison marquée vers le contour distal.
  • Apex très souvent à l’aplomb de la pointe cuspidienne disto-linguale.
  • La racine palatine de la deuxième molaire diverge moins en direction palatine que celle de la première molaire.
  • La face linguale de la racine palatine de la dent 17/27 est convexe (sans le sillon intercuspidien que l’on peut observer sur la première molaire).

IV.3 Surface Mésiale

  • La racine mésio-vestibulaire et la racine linguale se projettent à l’aplomb des contours coronaires.

IV.4 Surface Distale

  • Les trois racines sont visibles depuis la face distale.
  • La racine disto-vestibulaire est souvent plus étroite que les deux autres.

V. Chambre Pulpaire et Système Canalaire

Les caractéristiques de la chambre pulpaire sont similaires à celles de la première molaire, avec quelques nuances importantes :

  • Canal palatin : Plus important (plus large) que sur la première molaire.
  • Canaux de la racine mésio-vestibulaire : Il arrive qu’il y en ait deux (MV1 et MV2), bien que cela soit moins systématique que sur la première molaire.
  • Racines fusionnées : Fréquent dans les deuxièmes molaires. Dans ce cas :
    • La chambre pulpaire se prolonge par un canal pyramidal unique.
    • Ce canal se réduit progressivement à mesure qu’il se rapproche de l’apex.
    • Des configurations complexes peuvent apparaître : présence d’un isthme, de canaux accessoires, ou d’un delta apical.

Nombre de canaux : Varie de 1 à 4 selon la configuration radiculaire.

Implication clinique en endodontie : La deuxième molaire maxillaire présente une anatomie canalaire moins complexe que la première molaire, notamment en raison d’une prévalence plus faible du canal MV2. Toutefois, en cas de racines fusionnées, la configuration interne peut s’avérer particulièrement atypique, nécessitant un examen CBCT pré-opératoire dans les cas complexes.

Pour approfondir la prise en charge endodontique et les stratégies de traitement canalaire, le Guide clinique d’odontologie constitue une référence incontournable dans les facultés francophones.


VI. Variations Anatomiques et Implications Cliniques

Cette section enrichit l’anatomie descriptive avec des données cliniques essentielles pour votre pratique future.

VI.1 Relation avec le Sinus Maxillaire

La deuxième molaire maxillaire est la dent la plus proche du plancher du sinus maxillaire parmi toutes les dents postérieures. La distance moyenne entre les apex radiculaires et le plancher sinusien est estimée à environ 1,97 mm, avec une possibilité de dépassement dans le sinus chez certains patients.

Cette proximité a des implications directes pour :

  • L’extractions dentaires (risque de communication bucco-sinusienne)
  • La pose d’implants (nécessité de greffe osseuse ou de sinus lift)
  • La propagation des infections péri-apicales vers le sinus (sinusite d’origine dentaire)

VI.2 Variations Cliniques Courantes

La deuxième molaire maxillaire est décrite comme la plus variable de toutes les dents dans sa taille et sa forme. On distingue notamment :

  • Forme rhomboïdale classique (similaire à la première molaire) : 4 cuspides bien développées
  • Forme contractée (3 cuspides uniquement) : absence de cuspide disto-linguale, donnant un contour occlusal en forme de cœur
  • Nanisme dentaire : volume très réduit avec simplification de la morphologie
  • Racines fusionnées en C : canal en forme de C, visible surtout dans certaines populations

VI.3 Comparaison Synthétique : 1ère vs 2ème Molaire Maxillaire

Critère1ère Molaire2ème Molaire
Hauteur totale20,5 mm18 mm
Âge d’éruption6-7 ans12-13 ans
Tubercule de CarabelliPossibleAbsent
Cuspide disto-lingualePrésenteRéduite ou absente (32%)
Canal MV2Très fréquentMoins fréquent
Fusion radiculaireRarePlus fréquente
Proximité sinusienneImportanteMaximale

VII. Fiche de Révision : Points Clés à Retenir

Voici les éléments essentiels à mémoriser pour l’examen et la pratique :

Chronologie :

  • Calcification : 2,5 à 3 ans
  • Éruption : 12 à 13 ans
  • Racine achevée : 14 à 16 ans

Morphologie :

  • Couronne plus petite que la 1ère molaire dans toutes ses dimensions
  • 4 cuspides (MV > DV ; ML >> DL)
  • Cuspide disto-linguale absente dans ~32% des cas
  • Pas de tubercule de Carabelli
  • Contour occlusal trapézoïdal (parfois décrit en cœur si DL absente)
  • Sillon vestibulaire plus distal → asymétrie vestibulaire accentuée

Racines :

  • Classiquement 3 racines (MV, DV, palatine)
  • Fusion radiculaire fréquente (bi- ou monoradiculée)
  • Racines plus inclinées vers le distal
  • Racine palatine diverge moins que sur la 1ère molaire

Chambre pulpaire :

  • 1 à 4 canaux selon la configuration
  • Canal palatin dominant
  • Présence possible mais moins fréquente du canal MV2
  • En cas de fusion : canal pyramidal unique avec configuration complexe

Clinique :

  • Dent la plus proche du sinus maxillaire
  • Dent très variable anatomiquement
  • Implications importantes en chirurgie orale, implantologie et endodontie

VIII. Ressources pour Approfondir

Pour les étudiants en cours de formation ou en préparation à l’internat, voici une sélection de ressources recommandées :

Révision interactive en ligne

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Livres de référence


Conclusion

La deuxième molaire maxillaire est une dent fascinante par sa variabilité anatomique et ses implications cliniques multiples. Moins « stable » que sa voisine la première molaire, elle demande un apprentissage rigoureux de ses formes typiques et de ses nombreuses variantes.

Maîtriser sa chronologie, sa morphologie coronaire et radiculaire, ainsi que son système canalaire est indispensable — aussi bien pour réussir vos examens que pour assurer une prise en charge clinique de qualité.

N’hésitez pas à vous entraîner sur des modèles d’étude, à consulter vos annales et à utiliser des plateformes interactives comme ResiDentaire pour ancrer ces connaissances durablement.


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