Scellement en Prothèse Conjointe : Guide Complet des Ciments
Le scellement en prothèse conjointe est bien plus qu’une simple étape finale. C’est l’acte qui conditionne la longévité, l’étanchéité et la rétention de toute restauration fixée. Pourtant, selon les données de la littérature, un quart des échecs en prothèse fixée est directement attribuable à une défaillance du scellement. Carie secondaire, pulpite, descellement précoce : les conséquences d’un mauvais choix de ciment ou d’un protocole bâclé peuvent compromettre des mois de travail clinique et de laboratoire.
Ce guide complet vous présente les bases scientifiques, les classifications actualisées des ciments, les facteurs de décision clinique, ainsi que les pièges les plus fréquents à éviter absolument.
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Qu’est-ce que le Scellement en Prothèse Fixée ? Définition et Objectifs
Le scellement consiste à lier une restauration prothétique aux tissus dentaires par un matériau de jonction qui assure le comblement et l’étanchéité de l’interface dento-prothèse. Il s’agit de la dernière phase dans la construction d’une prothèse fixée, mais certainement pas la moins décisive.
Les trois objectifs fondamentaux du scellement
Le ciment de scellement doit remplir trois fonctions essentielles :
- Créer et maintenir l’étanchéité en fermant hermétiquement le hiatus dento-prothétique, qui existe toujours, quelle que soit la précision des empreintes et du travail de laboratoire.
- Prévenir la percolation marginale, c’est-à-dire l’infiltration de fluides buccaux chargés de bactéries entre la dent et la prothèse — principale cause de caries secondaires.
- Participer à la rétention de la pièce prothétique, en complément de la rétention mécanique assurée par la géométrie de la préparation.
Ce que le ciment ne peut pas corriger
Il est fondamental de comprendre que le ciment de scellement n’est pas un matériau de compensation. Il ne peut en aucun cas pallier :
- Un défaut d’ajustage de la couronne sur le moignon.
- Un non-respect du parallélisme des parois entraînant un moignon peu rétentif.
- Un nombre insuffisant de piliers pour un bridge.
- Une occlusion défectueuse ou une erreur esthétique.
Tout problème de conception ou d’adaptation doit être résolu en amont, au niveau du travail de laboratoire.
Les Caractéristiques du Matériau Idéal de l’Interface Dento-Prothétique
Le ciment parfait n’existe pas — c’est un consensus dans la communauté scientifique. Chaque situation clinique appelle une solution spécifique. Néanmoins, le matériau idéal théorique devrait réunir les propriétés suivantes :
- Résistance aux agressions physiques et chimiques du milieu buccal (pH, variations thermiques, humidité).
- Résistance aux sollicitations mécaniques liées à la mastication.
- Faible solubilité et faible absorption hydrique.
- Biocompatibilité scientifiquement démontrée.
- Bio-activité par relargage d’agents antibactériens ou cariostatiques (fluor).
- Manipulation clinique simple avec un temps de travail adapté aux prothèses plurales.
- Choix de teintes pour les restaurations à hautes exigences esthétiques.
- Élimination aisée des excès.
- Polyvalence et compatibilité avec les différents matériaux prothétiques.
- Coût abordable.
Classification Complète des Ciments de Scellement
Les Ciments de Scellement Provisoire
Les ciments transitoires permettent de gérer les étapes intermédiaires de la réhabilitation avant le scellement définitif. Ils sont essentiels pour évaluer les réactions pulpaires des dents vitales après préparation, valider l’occlusion et l’esthétique, et assurer le confort du patient pendant la phase de temporisation.
Ciment oxyde de zinc eugénol (eugénate)
Ce ciment organo-minéral se présente sous forme poudre-liquide ou pâte-pâte.
Ses propriétés incluent : faible résistance à la traction, faible conductibilité thermique, solubilité de 2,5 % et pouvoir antiseptique. Son grand avantage réside dans son action sédative sur la pulpe dentaire.
Ses inconvénients restent notables : cytotoxicité pulpaire de proximité, prise lente, irritation possible de la muqueuse buccale, risque allergène et dégradation à court terme. À noter impérativement : l’eugénol inhibe la polymérisation des résines composites et interfère avec les verres ionomères — ce qui contre-indique son usage avant tout recollage.
Ciment oxyde de zinc sans eugénol
Alternative pour les patients allergiques à l’eugénol, et indiqué lorsqu’un retraitement ultérieur avec composite ou verre ionomère est envisagé.
Ciment oxyde de zinc amélioré (EBA – ethoxy benzoic acid)
Constitué d’un mélange poudre (oxyde de zinc + oxyde d’aluminium 20-30 %) et liquide (acide orthoéthoxybenzoïque 2/3 + eugénol 1/3). Il offre des propriétés mécaniques supérieures à l’eugénate simple.
Hydroxyde de calcium
Principalement utilisé comme fond de cavité, car les ions calcium favorisent la formation de dentine réactionnelle. Propriétés : très faible conductibilité thermique, pH fortement alcalin, action antiseptique, anti-inflammatoire, sédative, hémostatique et dentinogénétique.
Vernis protecteur (copalite)
Ce sont des matériaux organiques (gommes naturelles ou résines synthétiques dans un solvant organique) utilisés comme fonds protecteurs contre l’acidité des ciments, notamment du phosphate de zinc, avant scellement sur dents vitales. Attention : ils tendent à réduire la rugosité de surface et donc la qualité du microclavetage.
Les Ciments de Scellement Définitif
Ciments polycarboxylates de zinc
Composition : oxyde de zinc, oxyde de magnésium et acide polyacrylique.
Indications : scellement sur dents vitales, scellements provisoires de longue durée, obturation provisoire, scellement des bagues orthodontiques et couronnes pédodontiques. Leur biocompatibilité est un atout, mais leur résistance mécanique reste limitée.
Ciments verres ionomères conventionnels (CVI)
Composition : acide polyacrylique + verre aluminosilicate → ciment polyalkénoate de verre.
Ils présentent l’avantage d’une libération de fluor (effet cariostatique) et d’une adhésion chimique à la dentine.
Indications : couronnes dont la ligne de finition est supragingivale ou juxtagingivale, couronnes ¾, inlays, onlays en alliages précieux ou non précieux.
Ciments verres ionomères modifiés par résine (CVIMAR)
Composition : verre d’alumino-fluorosilicate + polyacides + résine (HEMA ou Bis-GMA).
Ils combinent la réaction acide-base des CVI et une polymérisation radicalaire, ce qui améliore nettement leurs propriétés mécaniques et leur adhésion. Ils sont aujourd’hui largement préférés aux CVI conventionnels pour le scellement des couronnes céramo-métalliques et en zircone sur des préparations rétentives.
Compomères
Composition : matrice résineuse avec monomères carboxyliques hydrophiles + charges de type fluoro-alumino-silicate. Disponibles en capsules, poudre-liquide ou pâte-pâte.
Ciments-résine auto-adhésifs
Ces ciments modernes simplifient considérablement le protocole en supprimant les étapes de mordançage et d’application d’adhésif. Ils offrent de bonnes propriétés mécaniques et une utilisation clinique accessible. Ils conviennent particulièrement aux couronnes en zircone et aux couronnes céramo-métalliques sur des préparations bien rétentives.
Ciments-résine conventionnels (collage adhésif)
Ce sont les ciments aux performances mécaniques les plus élevées. Ils nécessitent un protocole rigoureux : mordançage, application d’un primaire et d’un adhésif, puis mise en place du ciment. Ils sont le standard de référence pour les restaurations en vitrocéramique (e.max), les facettes céramiques, et toute restauration à forte demande esthétique ou à risque de fracture.
Facteurs Cliniques Déterminant le Choix du Ciment
La vitalité pulpaire
Le pH acide du ciment au phosphate de zinc provoque une irritation pulpaire, contre-indiquant son application directe sur une dent vivante. Si son utilisation est retenue, un vernis de protection pulpaire (copalite) doit impérativement être appliqué au préalable.
Le nombre de piliers prothétiques
Dans le cas d’un bridge avec de multiples piliers, le ciment doit conserver sa fluidité durant toute la séquence du scellement. Si le temps de travail est trop court, la prise peut débuter avant l’insertion complète de la prothèse, entraînant un ajustage imparfait et une augmentation du hiatus dento-prothétique. Pour les restaurations comportant plus de trois piliers, les ciments à prise lente ou à temps de travail prolongé sont à privilégier.
Le type de restauration prothétique
Les matériaux comme la vitrocéramique (e.max) exigent un collage adhésif puissant avec un ciment-résine pour renforcer leur résistance mécanique. À l’inverse, une couronne en zircone ou céramo-métallique sur une préparation rétentive peut être scellée avec un CVIMAR ou un ciment-résine auto-adhésif.
La technique d’application
Le ciment est placé uniquement sur les parois axiales de l’intrados de la couronne. Il ne faut jamais remplir le fond de la couronne ni y déposer du ciment, sous peine de créer une pression hydraulique qui s’oppose à l’insertion et génère des contraintes.
Quel Ciment Choisir Selon Votre Situation ? Tableau Comparatif
Le choix du ciment de scellement est une décision clinique majeure qui ne doit pas se résumer aux habitudes du praticien. Voici un récapitulatif pour orienter votre choix :
| Critère | CVI conventionnel | CVIMAR | Ciment-résine auto-adhésif | Ciment-résine conventionnel |
|---|---|---|---|---|
| Libération de fluor | Oui | Oui (partielle) | Non | Non |
| Adhésion à la dentine | Chimique (faible) | Chimique + mécanique | Chimique auto-adhésive | Très forte (protocole) |
| Résistance mécanique | Faible | Moyenne | Bonne | Excellente |
| Complexité du protocole | Simple | Simple | Simple | Élevée |
| Restaurations indiquées | Couronnes métal/CéraMét | Couronnes CéraMét, zircone | Couronnes zircone, CéraMét | Céramiques, facettes, e.max |
| Dents vitales | Oui | Oui | Oui | Avec précaution |
| Élimination des excès | Aisée | Aisée | Rapide avant prise | Délicate après prise |
| Esthétique (teintes) | Limitée | Quelques teintes | Quelques teintes | Large choix |
Descellement, Démontage et Gestion des Complications
Le descellement
Le descellement correspond à la dépose de la prothèse par désagrégation du joint de ciment. Il permet de séparer l’élément prothétique du ou des piliers dentaires sans endommagement majeur. Il est indiqué lorsque la structure prothétique peut être réutilisée.
Le démontage
Le démontage consiste à accéder au pilier en délaissant la prothèse, lorsque l’intégrité du pilier est prioritaire. Il implique un délabrement partiel ou total de la structure prothétique, de manière réversible ou irréversible selon les matériaux.
Principales indications :
- Complications locales corono-radiculaires : caries, pulpites.
- Complications parodontales : rétraction gingivale, mobilité du pilier.
- Surocclusion ou fracture de l’élément cosmétique.
- Réparation ou adjonction d’éléments au bridge.
Les causes d’échec du scellement (selon Backer)
La perte de rétention représente le motif de consultation le plus fréquent, rapportée à 64,29 % des cas dans certaines études. Une préparation inadéquate des moignons, l’échec de scellement ou une mauvaise conception prothétique en sont les principales causes.
Les autres facteurs techniques incluent :
- Temps de mélange trop prolongé altérant les propriétés du ciment.
- Rapport poudre-liquide incorrect (mélange trop fluide ou trop épais).
- Espace de ciment excessif.
- Inclusion de fibres de coton dans le mélange.
- Pression insuffisante lors de la mise en place.
- Utilisation d’un ciment périmé ayant perdu ses propriétés mécaniques.
Erreurs Fréquentes à Éviter en Scellement Prothétique
1. Sceller sans vérifier l’ajustage
L’erreur : procéder au scellement définitif sans confirmer au préalable la qualité de l’adaptation marginale et l’absence de surocclusion.
Pourquoi c’est problématique : un hiatus marginal même minime exposé à la salive entraîne une percolation bactérienne et une carie secondaire à moyen terme. Une surocclusion non détectée génère des contraintes sur le ciment et le pilier.
La bonne pratique : toujours réaliser un essayage clinique rigoureux (adaptation marginale, points de contact proximaux, vérification occlusale en OIM et en latéralités) avant toute procédure de scellement définitif.
2. Utiliser un ciment à base d’eugénol avant retraitement composite
L’erreur : employer un eugénate comme scellement provisoire alors qu’un recollage ou un composite est prévu ultérieurement.
Pourquoi c’est problématique : l’eugénol inhibe la polymérisation des résines composites et interfère avec les verres ionomères, compromettant totalement l’adhésion du nouveau matériau.
La bonne pratique : opter pour un ciment oxyde de zinc sans eugénol ou un ciment provisoire à base de résine lorsqu’un retraitement adhésif est planifié.
3. Remplir le fond de la couronne de ciment
L’erreur : déposer du ciment dans le fond de l’intrados de la couronne en plus des parois axiales.
Pourquoi c’est problématique : le ciment emprisonné dans le fond crée une pression hydraulique lors de l’insertion. Cette pression empêche l’assise complète de la prothèse, génère un hiatus marginal et peut provoquer une fracture de restauration en céramique.
La bonne pratique : ne déposer le ciment que sur les parois axiales de l’intrados, en quantité modérée et homogène.
4. Négliger l’isolation du champ opératoire
L’erreur : sceller sans isolation adéquate, en présence de salive ou de sang.
Pourquoi c’est problématique : la contamination salivaire perturbe la réaction de prise de nombreux ciments (notamment les CVI et ciments-résine), réduit l’adhésion et favorise les microinfiltrations précoces.
La bonne pratique : utiliser un champ opératoire (digue si possible), des rouleaux de coton et une aspiration chirurgicale efficace. Sécher la préparation sans dessécher la dentine.
5. Ignorer le délai de prise avant nettoyage des excès
L’erreur : éliminer les excès de ciment immédiatement après insertion, avant le début de la prise.
Pourquoi c’est problématique : une intervention trop précoce déplace le ciment encore fluide dans le sulcus gingival et sous la limite marginale, favorisant l’irritation parodontale et les faux contacts.
La bonne pratique : respecter le temps de travail indiqué par le fabricant. Éliminer les gros excès dès l’insertion, puis attendre la prise initiale avant le nettoyage fin en sous-gingival.
6. Choisir le ciment par habitude plutôt que par analyse clinique
L’erreur : utiliser systématiquement le même ciment quelle que soit la situation clinique.
Pourquoi c’est problématique : il n’existe pas de ciment universel ; chaque situation clinique appelle une solution spécifique. Le choix est la première étape vers le succès de l’intégration prothétique.
La bonne pratique : analyser chaque cas selon le type de restauration, la vitalité pulpaire, le nombre de piliers, la position de la limite cervicale et les exigences esthétiques. Le tableau comparatif ci-dessus peut servir de guide décisionnel.
Cas Cliniques Commentés
Cas clinique 1 — Descellement récidivant d’une couronne céramo-métallique sur moignon peu rétentif
Présentation : Homme de 52 ans, en bonne santé générale. Il consulte pour le descellement, pour la troisième fois en deux ans, de la couronne céramo-métallique sur la 26 (première molaire maxillaire gauche). La couronne a été réalisée sur une dent dépulpée avec reconstitution corono-radiculaire coulée.
Problématique identifiée : L’examen clinique révèle une hauteur de moignon insuffisante (moins de 4 mm) avec un cône de dépouille marqué, réduisant drastiquement la rétention mécanique. Le praticien précédent avait tenté de compenser ce déficit par un ciment verre ionomère seul.
Prise en charge : La couronne est déposée. Après analyse du moignon, deux options sont discutées avec le patient : allonger chirurgicalement la couronne clinique pour gagner en hauteur de préparation, ou refaire le moignon en intégrant des gorges de rétention. La nouvelle couronne est réalisée avec une préparation plus retentive et scellée avec un CVIMAR à fort pouvoir adhésif.
Résultat attendu : La combinaison d’une préparation adéquate et d’un ciment adapté garantit une rétention stable. Ce cas illustre un principe fondamental : le ciment ne remplace jamais une bonne préparation.
Cas clinique 2 — Carie secondaire sous couronne scellée au phosphate de zinc sur dent vitale
Présentation : Femme de 44 ans, sans antécédents particuliers. Elle se plaint de douleurs thermiques sur le secteur postérieur droit depuis plusieurs semaines. La radio rétro-coronaire met en évidence une image radioclaire sous la limite marginale de la couronne céramo-métallique sur la 46.
Problématique identifiée : La couronne a été scellée il y a six ans avec un ciment au phosphate de zinc, directement sur la dentine d’une dent vitale, sans vernis protecteur. L’acidité du ciment a fragilisé la pulpe dès le départ, et la dégradation progressive du joint de ciment a créé une porte d’entrée pour la flore bactérienne cariogène.
Prise en charge : La couronne est déposée. Une carie sous-marginale est traitée. La dent est dépulpée en urgence suite à l’atteinte pulpaire. Une nouvelle reconstitution prothétique est planifiée, cette fois avec un CVIMAR comme matériau de scellement.
Résultat attendu : Ce cas rappelle que l’utilisation du phosphate de zinc sur dent vitale sans protection pulpaire préalable est une erreur évitable. Un vernis copalite ou le choix d’un ciment biocompatible (CVI, CVIMAR) aurait prévenu cette complication.
Cas clinique 3 — Bridge de 4 éléments descellé partiellement : un piège classique
Présentation : Homme de 61 ans. Il consulte pour une mobilité de son bridge de 4 éléments (14-15-16-17 inclus). L’un des piliers (14) semble stable tandis que le 17 est descellé.
Problématique identifiée : Le bridge a été scellé avec un ciment à prise rapide, inadapté à un grand bridge. Le praticien n’a pas eu le temps d’assurer l’insertion complète sur tous les piliers avant le début de la prise, créant un décalage d’assise entre les deux extrémités. Le joint de ciment sur le pilier postérieur, sous contrainte permanente, a fini par lâcher.
Prise en charge : Le bridge est déposé, nettoyé et contrôlé au laboratoire. Un nouveau scellement est réalisé avec un CVIMAR présenté en capsules prédosées, garantissant un rapport poudre-liquide constant et un temps de travail suffisant pour l’insertion progressive et contrôlée du bridge sur les 4 piliers.
Résultat attendu : Ce cas illustre l’importance du temps de travail dans le choix du ciment lors de restaurations plurales. Un ciment adapté à la complexité du cas est un investissement dans la pérennité du traitement.
Erreurs Méthodologiques et Longévité des Prothèses : Ce que Disent les Données
L’étude de Valderhaug sur la durée de vie des prothèses fixées révèle 4 % d’échecs au bout de 5 ans, 12 % au bout de 10 ans et 32 % au bout de 15 ans. Un quart des échecs résulte d’une défaillance du mode d’assemblage, avec pour conséquences une reprise carieuse ou une perte de rétention.
Ces chiffres soulignent à quel point le scellement, souvent perçu comme une étape secondaire, conditionne en réalité la pérennité de l’ensemble du traitement prothétique.
Pour les praticiens souhaitant approfondir leurs connaissances en prothèse fixée, le Guide clinique d’odontologie est une référence incontournable qui couvre l’ensemble des situations cliniques avec des protocoles actualisés.
Foire Aux Questions (FAQ)
Quelle est la différence entre le scellement et le collage en prothèse fixée ?
Le scellement fait appel à des ciments dont la prise résulte d’une réaction acide-base. Ces matériaux adhèrent peu ou modérément à la dent et à la prothèse, et la rétention repose principalement sur la géométrie de la préparation. Le collage utilise des ciments-résine dont la polymérisation crée une adhésion chimique et mécanique forte aux deux substrats (dent et prothèse). Il est indiqué pour les restaurations fragiles (céramiques) ou peu rétentives. Aujourd’hui, les deux termes tendent à se confondre avec l’apparition des ciments auto-adhésifs, qui combinent propriétés des deux familles.
Peut-on resceller une couronne descellée soi-même à la maison ?
Il existe des kits d’urgence dentaire disponibles en pharmacie permettant une réfixation temporaire d’une couronne descellée, le temps de consulter un professionnel. Cela évite de laisser le moignon exposé à la salive et aux chocs alimentaires. En revanche, ce type de solution n’est jamais définitif et ne dispense en aucun cas d’une consultation rapide chez votre chirurgien-dentiste, qui analysera pourquoi la couronne s’est descellée avant de procéder au rescellement. Vous pouvez vous équiper d’un kit d’urgence dentaire pour parer aux situations imprévues.
Combien de temps dure un scellement prothétique bien réalisé ?
La durée de vie d’un scellement dépend de nombreux facteurs : qualité de la préparation, choix du ciment, conditions d’humidité lors de la pose, habitudes de mastication du patient et hygiène bucco-dentaire. En moyenne, un scellement bien réalisé peut durer 10 à 15 ans, voire davantage. Des contrôles réguliers permettent de détecter précocement tout signe de dégradation marginale.
Pourquoi mon dentiste utilise-t-il parfois un ciment provisoire plusieurs semaines avant le scellement définitif ?
Le scellement provisoire permet au praticien d’évaluer les réactions pulpaires de la dent après préparation (sensibilité, douleur), de valider l’esthétique et l’occlusion avec la couronne provisoire, et de laisser les tissus gingivaux se stabiliser autour des limites prothétiques. C’est une étape de sécurité clinique précieuse, particulièrement sur les dents vitales.
Le ciment verre ionomère est-il meilleur que le ciment au phosphate de zinc ?
Pour la plupart des indications actuelles, oui. Le ciment verre ionomère (et plus encore le CVIMAR) présente une meilleure biocompatibilité, une adhésion chimique à la dentine, et un effet cariostatique grâce à la libération de fluor. Le phosphate de zinc, autrefois standard, présente un pH acide irritant pour la pulpe et une solubilité plus importante. Il reste utilisé dans certaines situations spécifiques, mais son usage sur dents vitales nécessite une protection pulpaire préalable.
Peut-on sceller une couronne en zircone avec n’importe quel ciment ?
Non. La zircone est un matériau non poreux qui n’adhère pas aux ciments conventionnels sans traitement de surface. Pour les préparations bien rétentives, un CVIMAR ou un ciment auto-adhésif peuvent être utilisés. Pour les préparations peu rétentives, un traitement de surface de l’intrados (sablage, application d’un primer spécifique à la zircone comme MDP) suivi d’un ciment-résine est recommandé pour optimiser l’adhésion.
Comment éviter les excès de ciment sous les gencives lors du scellement ?
La gestion des excès est critique, notamment pour les limites sous-gingivales. Plusieurs stratégies permettent de limiter ce risque : utiliser une quantité modérée de ciment, insérer la prothèse avec une pression progressive et contrôlée, placer un fil rétracteur dans le sulcus avant insertion pour faciliter l’accès aux excès, et nettoyer le pourtour de la couronne dès l’apparition des premiers excès en phase initiale de prise (ciment encore plastique mais non encore fluide). Un contrôle radiographique après scellement permet de vérifier l’absence d’excès profonds.
Faut-il attendre avant de manger après un scellement définitif ?
Oui. Il est recommandé d’attendre au minimum 1 à 2 heures après le scellement avant de consommer des aliments. Pour les ciments à prise chimique conventionnelle (CVI, CVIMAR), la prise est complète après 24 heures. Durant cette période, il est préférable d’éviter les aliments très durs, collants ou acides. Votre praticien vous donnera les consignes spécifiques adaptées au ciment utilisé.
Conclusion : Le Scellement, une Décision Clinique, Pas une Routine
Le scellement en prothèse conjointe est l’aboutissement d’un traitement qui mobilise des semaines de travail clinique et prothétique. En traiter l’étape finale comme une simple formalité serait une erreur majeure.
Un quart des échecs prothétiques trouve son origine dans un défaut de scellement. Le choix raisonné du ciment — adapté au type de restauration, à la vitalité pulpaire, au nombre de piliers et aux exigences esthétiques — est la première garantie de longévité pour votre patient.
Maîtriser les familles de ciments, leurs indications et leurs contre-indications, mais aussi les protocoles cliniques rigoureux d’application, fait partie intégrante de l’excellence prothétique. Pour les étudiants et les praticiens souhaitant consolider leurs bases en prothèse fixée, le Référentiel internat en parodontologie et la Prothèse fixée 2e édition sont des ouvrages de référence recommandés.
Enfin, n’oubliez pas que la durabilité d’une prothèse bien scellée repose aussi sur l’hygiène bucco-dentaire quotidienne du patient. Un bain de bouche quotidien sans alcool comme le Listerine Total Care 0% alcool contribue à réduire la charge bactérienne au niveau des joints de ciment.
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