Communications Bucco-Naso-Sinusiennes (CBNS) : Guide Complet pour l’Étudiant en Odontologie
Mots-clés : communication bucco-sinusienne, CBS post-extractionnelle, sinus maxillaire, traitement CBS, lambeau de Bichat, Caldwell-Luc
Introduction : Pourquoi la CBS est un Enjeu Majeur en Chirurgie Orale
Au cours d’une extraction dentaire postérieure au maxillaire, le praticien peut être confronté à une communication bucco-sinusienne (CBS) immédiate. Cette CBS correspond à un trajet de continuité entre les cavités buccale et sinusienne en regard de la dent extraite.
Saisir l’importance d’anticiper et de prévoir le risque d’une CBS post-extractionnelle est fondamental. Être préparé à un traitement immédiat lors de sa survenue fait partie des compétences essentielles du chirurgien-dentiste.
Chiffre clé : La CBS complique environ 0,5 à 2,5 % des extractions de molaires maxillaires supérieures, avec un risque nettement plus élevé pour les premières molaires en cas de sinus pneumatisé.
Rappels Anatomiques : Le Sinus Maxillaire
Généralités
Le sinus maxillaire est une cavité aérienne de forme pyramidale incluse dans l’os maxillaire. Il se situe :
- De part et d’autre des fosses nasales (avec lesquelles il communique par un ostium, au niveau du méat moyen)
- En dessous des cavités orbitaires
- Surplombant latéralement la cavité buccale
Fig. 1 — Vue frontale de la face et coupe coronale mettant en évidence les sinus maxillaires. (Norton NS, Netter FH. Netter’s Head and Neck Anatomy for Dentistry. 2nd ed. Elsevier/Saunders; 2012.)
Les Cinq Parois du Sinus Maxillaire
Le sinus maxillaire comporte cinq parois :
- Paroi supérieure : plancher orbitaire
- Paroi interne nasale : paroi chirurgicale
- Paroi inférieure : correspondant au processus alvéolaire du maxillaire
- Paroi antérieure : jugale
- Paroi postérieure : ptérygo-maxillaire
Fig. 2 — Vue latérale du sinus maxillaire. (Norton NS, Netter FH. Netter’s Head and Neck Anatomy for Dentistry. 2nd ed. Elsevier/Saunders; 2012.)
La Paroi Inférieure : Zone Critique
La paroi inférieure (plancher sinusien) est courbée plutôt que plate. Elle entretient une relation étroite avec les apex radiculaires des 2e prémolaires et des 1res molaires maxillaires.
Cette relation varie en fonction de :
- La taille du sinus
- Son degré de pneumatisation
- La taille du processus alvéolaire
- L’âge dentaire
Par ordre de fréquence de rapport sinusien : 6 → 5 → 7 → 4.
Ces dents sont dites « sinusiennes » ou « antrales ».
Fig. 3 — Schéma de la variabilité anatomique sinusienne. (Pelletier M. Le maxillaire inférieur. Anat Maxillo-Faciale Libr Maloine SA Paris. : 71-80.)
Ce rapport étroit favorise :
- Les affections sinusiennes d’origine dentaire
- La projection de corps étrangers dans le sinus (apex, ciment d’obturation)
- Les communications bucco-naso-sinusiennes
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Embryologie et Histo-Physiologie du Sinus Maxillaire
Embryologie
Le sinus naît de l’évagination de l’épithélium des fosses nasales. Il commence à se former vers le 3e mois fœtal, se présente en forme de fente à la naissance, et sa croissance se poursuit jusqu’à 15 à 18 ans. La pneumatisation débute vers l’âge de 15 ans.
Histo-Physiologie
Le sinus est tapissé par une muqueuse fine de type respiratoire à cils vibratiles, reposant sur un chorion glandulaire. Cette muqueuse exerce trois fonctions essentielles :
- Fonction sécrétoire
- Fonction ciliaire
- Fonction d’épuration et de défense contre les infections
Définition et Étiologies des CBNS
Définition
La communication bucco-naso-sinusienne (CBNS) est une solution brutale et accidentelle de la continuité ostéo-muqueuse entre la cavité buccale et le sinus maxillaire. Elle traduit la destruction de la fine lame osseuse qui constitue à la fois le plancher sinusien et le fond alvéolaire.
Fig. 4 — Schéma de communication bucco-sinusienne d’origine dentaire et contamination sinusienne. (Lerat J., Aubry K., Brie J., et al. Communications bucco-naso-sinusiennes. EMC, Oto-rhino-laryngologie, 20-480-M-10, 2006.)
Étiologies
Causes iatrogènes (les plus fréquentes) :
- Avulsions dentaires
- Chirurgie endodontique des dents antrales
- Implants dentaires
Causes non iatrogènes :
- Pathologies tumorales
- Traumatismes maxillo-faciaux
- Pathologies inflammatoires et infectieuses (tuberculose, syphilis…)
Causes favorisantes :
- Gros sinus (sinus pneumatisé)
- Propagation d’une infection dentaire
Classification des CBNS
Selon le Moment de Survenue
- CBNS immédiate : lors de l’avulsion de dents antrales ou incluses, après un curetage appuyé. Peut être compliquée par la projection d’un élément dentaire dans le sinus.
- CBNS médiate (ou établie) : persistance d’une CBNS ignorée ou dont le traitement initial a été mal conduit.
Selon la Topographie
- CBS alvéolaire
- CBS vestibulaire
- CBS palatine
- CBS complexe
À retenir : Toute CBS est également une CBNS.
Selon la Taille
- CBS de petite taille (1 à 2 mm de diamètre) : bon pronostic, cicatrisation spontanée fréquente.
- CBS de grande taille (> 5 mm de diamètre) : nécessite une fermeture chirurgicale.
Démarche Diagnostique
Anamnèse et Interrogatoire
Rechercher des antécédents de CBS lors d’une extraction controlatérale. Le patient peut se plaindre de :
- Reflux de liquides, voire de solides, par la fosse nasale homolatérale
- Troubles de la phonation avec nasonnement de la voix
- Fuite d’air buccal par le nez
- Goût salé désagréable
- Écoulement nasal
- Épisodes de sinusite purulente unilatérale et cacosmie subjective
- Retard de cicatrisation
- Présence de bulles d’air dans l’alvéole
- Épistaxis
Examen Clinique
Examen exobuccal :
- Tuméfaction, coloration des téguments
- Douleur à la pression au niveau sous-orbitaire
Examen endobuccal : Une exploration complète de la bouche et de la zone lésée est nécessaire. Elle permettra d’établir le siège, la taille de la lésion, l’aspect des berges ainsi que l’état de la muqueuse environnante.
Les Manœuvres Diagnostiques
Manœuvre de Valsalva : Le praticien bouche le nez du patient et lui demande d’expirer délicatement par le nez, bouche ouverte. On observe, en vision directe ou à l’aide d’un miroir, l’alvéole suspectée. La présence de fines bulles d’air, ou des mouvements de projection de sang hors de l’alvéole, confirme le diagnostic de CBS immédiate.
Fig. 5 — Alvéole non cicatrisée d’une 26 et présence de bulles lors de la manœuvre de Valsalva. (Bouaziz, Ejeil, Corcos, « Utilisation d’un implant pour la fermeture d’une communication buccosinusienne », 2011.)
Manœuvre de Valsalva inversée : On demande au patient de fermer la bouche et de faire gonfler ses joues avec une expiration orale forcée. La surpression intra-orale entraîne une fuite de sang vers le sinus en cas de communication, puis une épistaxis nasale qui confirme le diagnostic.
Exploration instrumentale : À l’aide d’une sonde parodontale, d’un stylet ou d’une fine canule d’aspiration, on explore avec grande prudence le fond de l’alvéole pour objectiver une CBS.
Bilan Radiologique
- Orthopantomogramme : évaluation de la denture et de l’état des sinus
- Cliché rétro-alvéolaire : rupture de continuité entre le plancher sinusien et le fond de l’alvéole
- Incidence de Blondeau (NMP) : sinus maxillaires (parois et contenu)
- Incidence face haute (NFP) : fosses nasales, bord inférieur des sinus maxillaires
- Rhinoscopie antérieure et naso-fibroscopie : bilan muqueux sinusien et recherche d’une pathologie tumorale
- TDM : coupes du sinus, visualisation des dents, du plancher et de la muqueuse sinusiens — indispensable en présence d’un corps étranger intra-sinusien
Diagnostic Différentiel
- Sinusite maxillaire rhinogène
- Rhinorrhées non sinusiennes
- Présence de matériel dentaire projeté intra-sinusien sans CBS
- Pathologies dento-parodontales (pulpite, parodontite apicale)
Prise en Charge Thérapeutique
Traitement Préventif
Avant tout geste invasif dans la région sinusienne, la prévention est indispensable : anamnèse complète, recueil des antécédents, et bilan d’imagerie systématique pour les dents antrales.
Arbre Décisionnel Thérapeutique
CBNS
├── Projection d'un corps étranger → Caldwell-Luc
└── Sans projection de corps étranger
├── CBNS immédiate
│ ├── < 1 mm → Fermeture spontanée (surveillance)
│ └── > 1 mm → Techniques alvéolaires
└── CBNS établie
├── Sinusite associée → Traitement médical + chirurgical
├── < 3 mm → Plasties chirurgicales simples
├── 3–4 mm → Lambeau vestibulaire ou palatin
└── > 4 mm → Lambeau de Bichat / Caldwell-Luc
Fig. 6 — Décision thérapeutique d’une CBNS.
Techniques Chirurgicales
1. CBS Immédiate Sans Projection de Corps Étranger
Ouverture < 1 mm :
- Fermeture spontanée
- Surveillance clinique et radiologique de l’état de la muqueuse du sinus maxillaire
Ouverture > 1 mm — Technique alvéolaire :
- Révision de l’alvéole et curetage prudent
- Éventuellement alvéolectomie et régularisation des contours alvéolaires
- La muqueuse alvéolaire est suturée ou obturée par un matériau étanche (réplique radiculaire)
Fig. 7 — Technique de fermeture d’une CBS par voie alvéolaire. Fig. 8 — Technique alvéolaire par réplique radiculaire. (H. Tarragano et al. Chirurgie du sinus maxillaire et traitement chirurgical des CBS. La chirurgie orale, Éditions CdP ; 2008.)
2. CBS avec Projection de Corps Étranger — Technique de Caldwell-Luc
Objectifs : Réaliser un abord du sinus maxillaire par la fosse canine, complété d’une contre-ouverture méatale inférieure.
Étapes chirurgicales :
- Abord de la fosse canine (tracé d’incision, contours de la fenestration osseuse)
- Extraction du volet osseux — accès au sinus maxillaire
- Méatotomie inférieure — récupération du corps étranger
- Fermeture du site opératoire
Fig. 9 — Étapes chirurgicales de la Caldwell-Luc. (Tarragano H et al. Chirurgie orale, Éditions CdP ; 2008.)
3. CBNS Établie Sans Projection — Ouverture 3–4 mm
Lambeau d’avancement de muqueuse vestibulaire :
- Objectif : fermeture hermétique de la perforation
- Technique : lambeau mucopériosté trapézoïdal à large base pour une bonne vascularisation, suturé hermétiquement
Technique de plastie par volet palatin :
- Indication : limitation de mobilité du tissu vestibulaire ; maxillaire édenté et atrophique avec diminution de la hauteur du vestibule
- Technique : lambeau pédiculé palatin
4. CBNS Établie — Ouverture > 4 mm
- Technique de plastie locale par volet jugal
- Technique de plastie par volet palatin
- Technique de plastie par lambeau de corps adipeux de la joue (Boule de Bichat)
Lambeau de la Boule de Bichat — Technique de référence :
Indications :
- Après échec des thérapeutiques traditionnelles
- En cas de pathologie tumorale (ex. exérèse d’un myxome maxillaire)
Objectifs :
- Mobiliser un lambeau de boule graisseuse de Bichat à pédicule supérieur
- Recouvrir la perte de substance aux berges desquelles il est suturé
- Cicatrisation par épithélialisation secondaire du lambeau sur 14 jours
Taux de succès : 98 % selon Poeschl.
Le corps adipeux de la joue (CAJ), également appelé « corpus adiposum buccae », « buccal fat pad » ou Boule graisseuse de Bichat, est une masse de graisse arrondie de forme biconvexe, individualisée par une fine capsule conjonctive. Elle siège dans l’espace rétromaxillo-zygomatique, limitée par les muscles masséter et buccinateur.
Photo illustrant la position du CAJ par rapport aux dents maxillaires. (Bither S, Halli R, Kini Y. Buccal fat pad in intraoral defect reconstruction. J Maxillofac Oral Surg. 2013;12(4):451–455.)
Fig. 18 — Lambeau de la boule de Bichat (A à C). (Breheret, « Chirurgie des communications bucco-naso-sinusiennes », 2013.)
Cette masse graisseuse se transforme par la suite en tissu de granulation sur une période de 14 jours, suivi d’une épithélialisation intégrale.
Quelle Technique Choisir ? Tableau Comparatif des Approches Chirurgicales
Le choix de la technique dépend de la taille de la CBS, de la présence d’un corps étranger et de l’état du sinus. Ce tableau synthétise les critères décisionnels essentiels.
| Critère | Fermeture spontanée | Technique alvéolaire | Lambeau vestibulaire | Lambeau palatin | Boule de Bichat | Caldwell-Luc |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Taille CBS | < 1 mm | 1–3 mm | 3–4 mm | 3–4 mm | > 4 mm | Toute taille |
| Corps étranger | Non | Non | Non | Non | Non | Oui |
| Sinusite associée | Non | Non | Possible | Possible | Possible | Oui |
| Complexité | Nulle | Faible | Modérée | Modérée | Élevée | Élevée |
| Taux de succès | Variable | Bon | Bon | Bon | ~98 % | Élevé |
| Anesthésie | Aucune | Locale | Locale | Locale | Locale/Générale | Générale |
| Durée cicatrisation | 21 jours | 21 jours | 21 jours | 21 jours | 14 j + épith. | Long terme |
Erreurs Fréquentes à Éviter
1. Omettre le bilan d’imagerie préopératoire pour les dents antrales
Pourquoi c’est problématique : Sans évaluation radiologique (panoramique ± TDM), le praticien méconnaît le rapport apex/plancher sinusien et prend le patient par surprise.
Bonne pratique : Systématiser un bilan d’imagerie avant toute extraction de prémolaire ou molaire maxillaire postérieure, en particulier si le sinus apparaît pneumatisé sur la radio initiale.
2. Réaliser la manœuvre de Valsalva de façon trop agressive
Pourquoi c’est problématique : Une surpression excessive peut agrandir une petite CBS ou traumatiser la muqueuse sinusienne fragilisée.
Bonne pratique : Demander au patient d’expirer délicatement. L’apparition de simples bulles d’air suffit à confirmer le diagnostic.
3. Négliger le suivi d’une CBS < 1 mm
Pourquoi c’est problématique : Même si la fermeture spontanée est fréquente pour les petites CBS, l’absence de suivi peut conduire à l’installation silencieuse d’une sinusite chronique.
Bonne pratique : Instaurer une surveillance clinique et radiologique à 21 jours, même pour les CBS de petite taille.
4. Oublier les consignes post-opératoires spécifiques CBS
Pourquoi c’est problématique : Les manœuvres d’hyperpression (mouchage violent, éternuement retenu) ou de dépression (paille, succion) peuvent faire céder un caillot naissant ou rouvrir la CBS en cicatrisation.
Bonne pratique : Remettre systématiquement au patient une fiche d’instructions personnalisées : pas de mouchage fort, éternuer bouche ouverte, pas de paille, pas de gonflement des joues.
5. Sous-estimer la taille d’une CBS à l’examen clinique
Pourquoi c’est problématique : L’estimation visuelle seule est peu fiable. Choisir une technique inadaptée (ex. fermeture alvéolaire seule pour une CBS de 4 mm) entraîne un échec et une CBS établie.
Bonne pratique : Mesurer systématiquement à la sonde parodontale graduée et corréler avec l’imagerie préopératoire.
6. Prescrire une antibiothérapie insuffisante en cas de sinusite associée
Pourquoi c’est problématique : La flore sinusienne d’origine dentaire est souvent polymicrobienne avec des germes anaérobies. Un traitement inadapté ne résout pas l’infection et peut conduire à une sinusite chronique.
Bonne pratique : Prescrire en première intention Amoxicilline 1 g + Acide clavulanique 200 mg (2 à 4 g/jour pendant 8 jours), sauf allergie aux pénicillines.
Cas Cliniques Commentés
Cas Clinique 1 — CBS Immédiate Post-Extractionnelle
Présentation : Femme de 45 ans, sans antécédent sinusien notable, se présente pour l’extraction de la 26 suite à une fracture radiculaire étendue.
Problématique identifiée : La TDM préopératoire révèle un sinus maxillaire gauche très pneumatisé avec une corticale de plancher inférieure à 1 mm. Immédiatement après l’extraction, la manœuvre de Valsalva est positive : bulles d’air abondantes dans l’alvéole. Mesure à la sonde : CBS de 3 mm de diamètre.
Prise en charge : En l’absence de corps étranger sinusien et de sinusite préexistante, un lambeau d’avancement vestibulaire est réalisé séance tenante. Un lambeau mucopériosté trapézoïdal à large base est décollé, avancé et suturé hermétiquement. Antibiothérapie de 8 jours (Amoxicilline + Acide clavulanique). Consignes écrites remises : pas de mouchage, éternuer bouche ouverte, pas de paille.
Résultat : Cicatrisation complète à 21 jours, sans complication sinusienne.
Point clé illustré : L’anticipation par l’imagerie préopératoire et la réactivité thérapeutique immédiate sont les deux piliers de la gestion d’une CBS immédiate.
Cas Clinique 2 — CBS Établie Compliquée d’une Sinusite Chronique
Présentation : Homme de 58 ans, adressé en consultation spécialisée pour sinusite unilatérale gauche récidivante depuis 4 mois. Antécédent d’extraction de la 27 sans traitement complémentaire. Il décrit un reflux de liquides par le nez et une cacosmie subjective persistante.
Problématique identifiée : L’examen endobuccal révèle une fistule bucco-sinusienne établie de 5 mm avec berges épithélialisées. La TDM montre un épaississement muqueux sinusien gauche et la présence d’un fragment apical radiculaire intra-sinusien.
Prise en charge : Technique de Caldwell-Luc pour extraire le fragment apical sous contrôle endoscopique. Antibiothérapie de 8 jours avant l’acte. Fermeture de la CBS par lambeau de la boule de Bichat compte tenu de la taille supérieure à 4 mm.
Résultat : Résolution de la sinusite à 6 semaines. Fermeture complète confirmée par TDM à 3 mois.
Point clé illustré : Une CBS ignorée ou mal traitée en urgence évolue vers une CBS établie avec sinusite chronique, nécessitant une chirurgie plus lourde.
Cas Clinique 3 — CBS Post-Implantaire
Présentation : Homme de 62 ans, bénéficiaire d’une pose d’implant en 16. Deux semaines après la chirurgie, il consulte pour céphalées unilatérales droites, écoulement nasal purulent et sensation de corps étranger dans la narine.
Problématique identifiée : La TDM révèle une migration partielle de l’implant dans le sinus maxillaire droit avec épaississement muqueux. La hauteur d’os résiduelle sous-sinusienne avait été sous-estimée faute de cone beam préopératoire.
Prise en charge : Dépose de l’implant par abord de Caldwell-Luc sous contrôle endoscopique. Traitement antibiotique adapté. Réévaluation à 6 mois pour un projet implantaire avec sinus lift préalable.
Résultat : Guérison sinusienne complète à 3 mois. Réhabilitation prothétique reportée à l’issue du bilan de cicatrisation.
Point clé illustré : Le CBCT est impératif avant toute pose implantaire en secteur postérieur maxillaire pour mesurer précisément la hauteur d’os disponible et anticiper un sinus lift.
Conseils Post-Opératoires et Suivi
Le praticien doit expliquer au patient les conseils post-opératoires communs à toute extraction dentaire afin de préserver l’intégrité du caillot sanguin.
Des conseils spécifiques à la survenue d’une CBS complètent cette liste :
- Éviter les mouchages violents (hyperpression)
- Éviter de retenir un éternuement ; éternuer bouche ouverte (hyperpression)
- Éviter d’aspirer avec une paille (dépression)
- Pas de succion de l’alvéole
- Pas de gonflement des joues
Un suivi régulier clinique et radiologique doit être instauré afin d’évaluer la cicatrisation complète. En l’absence de complication, la communication cicatrise en moyenne en 21 jours.
Foire Aux Questions (FAQ)
Quelle est la différence entre une CBS immédiate et une CBS établie ? Une CBS immédiate survient au moment même de l’acte chirurgical (extraction, implant). Une CBS établie correspond à une CBS persistante non traitée ou insuffisamment prise en charge. Dans ce cas, les berges se sont épithélialisées, rendant la fermeture chirurgicale plus complexe.
Comment confirmer une CBS pendant une extraction ? La manœuvre de Valsalva est le test de référence : nez bouché, le patient expire doucement par le nez, bouche ouverte. L’apparition de bulles d’air dans l’alvéole confirme la CBS. Une exploration à la sonde parodontale peut compléter le diagnostic avec grande précaution.
Toutes les CBS doivent-elles être opérées ? Non. Une CBS inférieure à 1 mm peut cicatriser spontanément sous surveillance rapprochée. À partir de 1 mm, une intervention chirurgicale adaptée à la taille est recommandée pour éviter l’évolution vers une CBS établie et une sinusite chronique.
Quelles dents sont les plus à risque de CBS lors d’une extraction ? Par ordre décroissant : première molaire maxillaire (16/26), deuxième prémolaire (15/25), deuxième molaire (17/27), première prémolaire (14/24). Ces dents dites « antrales » présentent un rapport anatomique étroit avec le plancher sinusien.
Que faire si une racine tombe dans le sinus pendant l’extraction ? Ne jamais tenter de récupérer la racine à l’aveugle par l’alvéole, au risque d’agrandir la CBS. La technique de Caldwell-Luc avec méatotomie inférieure est la voie chirurgicale de référence pour extraire le corps étranger sous contrôle direct.
Peut-on poser un implant après la fermeture d’une CBS ? Oui, après un délai de cicatrisation suffisant (minimum 6 mois) et sous couvert d’un bilan d’imagerie 3D (cone beam). Un sinus lift peut être nécessaire si la hauteur d’os résiduelle est insuffisante.
Quels antibiotiques sont recommandés en cas de sinusite associée à une CBS ? En première intention : Amoxicilline 1 g + Acide clavulanique 200 mg, à raison de 2 à 4 g par jour pendant 8 jours, en l’absence d’allergie aux pénicillines. La couverture des germes anaérobies est essentielle dans les sinusites d’origine dentaire.
La boule de Bichat : qu’est-ce que c’est et pourquoi l’utilise-t-on pour fermer une CBS ? La boule de Bichat (corpus adiposum buccae) est une masse graisseuse biconvexe logée dans l’espace rétromaxillo-zygomatique, entre les muscles masséter et buccinateur. Elle est mobilisée comme lambeau pédiculé pour fermer les CBS de grande taille (> 4 mm) ou après échec des autres techniques. Son taux de succès avoisine 98 % selon Poeschl. Elle se transforme en tissu de granulation puis s’épithélialise en environ 14 jours.
Conclusion
La CBS d’origine dentaire demeure un risque potentiel inhérent à notre activité chirurgicale. C’est un accident souvent imprévisible ; la responsabilité du praticien peut être engagée lors de manœuvres intempestives sur les dents antrales, d’un dérapage instrumental ou du fait de facteurs anatomiques défavorables.
Les trois éléments déterminants pour une prise en charge optimale sont :
- Une attitude de vigilance particulière — bilan d’imagerie systématique en préopératoire
- Un diagnostic précoce dès la survenue de la CBS
- Un traitement rapide et adéquat, adapté à la taille et au contexte clinique
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