CONCEPTION ET ORGANISATION DU TRAITEMENT PARODONTAL
CONCEPTION ET ORGANISATION DU TRAITEMENT PARODONTAL
Introduction :
- Après avoir établi un diagnostic basé sur une compréhension globale des paramètres cliniques, le plan de traitement apparaît de manière plus claire.
- La chronologie de la démarche thérapeutique en parodontie inclut plusieurs étapes successives chacune
d’entre elles étant dépendante de la séquence précédente ;
- Rappel sur les maladies parodontales :
- Définition :
- Maladies infectieuses à manifestations inflammatoires affectant les tissus de soutien de la dent, selon la localisation parodontale, on distingue :
- Gingivites : lésions réversibles affectant seulement le parodonte superficiel, sans perte d’attache ;
- Parodontites : lésions irréversibles affectant en plus du parodonte superficiel, le parodonte profond. Caractérisées par des pertes d’attaches et d’alvéolyses radiographiques.
- Concept étiopathogénique :
- Le modèle pathogénique accepté par les auteurs est celui de Page et Kornman (1997) , suggérant que les bactéries sont essentielles pour initier la réponse inflammatoire du patient, mais il existe des facteurs de risque qui amplifient cette réponse (des facteurs génétiques, des pathologies systémique et des facteurs liés à l’environnement et au comportement.)
- Organisation du plan de traitement en parodontologie :
Un plan de traitement est l’ensemble de thérapeutiques réalisées dans un ordre bien défini.
- Thérapeutique étiologique :
- Définition :
Appelée également thérapeutique initiale ;
C’est l’ensemble des actions visant à supprimer l’inflammation tissulaire d’origine bactérienne en réduisant la quantité de plaque dentaire, la composition des biofilms et les habitats favorables au développement des pathogènes.
- Objectifs :
- Eliminer les dépôts de plaque et de tartre ;
- Stopper la progression de la maladie parodontale.
- Réduire l’inflammation gingivale ;
- Remplacer la flore pathogène par une flore compatible avec la santé parodontale.
- Réduire la profondeur de poche.
- Favoriser l’hygiène du patient.
- Moyens :
- Contrôle de plaque individuel :
Désorganisation du biofilm supra-gingival assurée par le patient lui-même.
- Information et motivation du patient :
- Le rôle du biofilm dentaire dans l’initiation de l’inflammation gingivale et l’importance de son élimination
doivent être expliqués simplement au patient ;
- Enseignement de l’hygiène bucco-dentaire :
- La méthode de brossage la plus appropriée doit être enseignée au patient théoriquement puis
pratiquement à l’aide de démonstration en bouche faite par le praticien puis par le patient.
- Détartrage et surfaçage radiculaire :
- Le détartrage est l’élimination des dépôts de plaque, de tartre et les colorations diverses au niveau des
surfaces dentaires ;
- Le Surfaçage radiculaire est l’élimination de la flore microbienne adhérant aux surfaces radiculaires, du tartre résiduel, ainsi que du cément et de la dentine contaminée par les bactéries et leur produit.
- Ils sont réalisés, à l’aide de détartreurs soniques ou ultrasoniques, d’aéropolisseurs et d’instruments
manuels.
- Le polissage des surfaces radiculaires est indispensable après passage des instruments.
- Thérapeutique médicamenteuse :
- Le traitement mécanique n’est pas toujours suffisant pour arrêter la progression de la maladie
parodontale.
- Le choix d’un agent antimicrobien approprié, en complément du traitement mécanique, optimise la possibilité de contrôler la maladie.
- Deux types de substances peuvent utilisées :
- Antiseptiques :
- Les antiseptiques sont des agents antibactériens d’utilisation locale, permettant de prévenir ou d’arrêter
la croissance bactérienne.
- Leur utilisation peut être envisagée en complément du débridement mécanique, en particulier :
- Bains de bouche à la Chlorhexidine ;
- Irrigation sous-gingivale à la povidone iodée des poches parodontales de plus de 5 mm.
- Antibiotiques :
- L’utilisation adjuvante d’antibiotiques systémiques peut être envisagée en complément du traitement mécanique pour pallier aux limites des thérapeutiques mécaniques conventionnelles pour le traitement de certaines formes de parodontites (agressive, nécrosante, réfractaire).
- Elimination des autres facteurs étiologiques :
- Soins conservateurs et endodontiques ;
- Élimination des restaurations inadaptées ;
- Extractions des dents irrécupérables ;
- Ajustement occlusal ;
- Prothèse provisoire ;
- Contention provisoire ;
- Rééducation fonctionnelle.
- Réévaluation :
- C’est une étape clé du traitement parodontal qui permet de mesurer l’efficacité du traitement effectué et
de décider si des traitements complémentaires sont nécessaires.
- Elle a lieu au minimum 6 à 8 semaines après le surfaçage radiculaire pour laisser à la gencive le temps de se cicatriser.
- Les mesures doivent être comparées à celles effectuées au moment de l’examen initial.
- Une diminution ou une résolution de l’inflammation, une réduction de la profondeur des poches ainsi
doivent être observées.
- En cas de persistance de poches parodontales ≥ 6mm, malgré un bon contrôle de plaque et résolution de l’inflammation, une approche chirurgicale sera intégrée dans le plan de traitement.
- Thérapeutiques correctrices :
- C’est l’ensemble des thérapeutiques permettant la correction des séquelles de la maladie parodontale et
la restauration de la fonction et de l’esthétique.
- Traitement chirurgical :
- Les principales indications de la chirurgie parodontale :
- Le traitement des poches > 6 mm associées à un saignement au sondage ;
- Le traitement des lésions infra-osseuses ;
- Le traitement des lésions inter-radiculaires.
- Les différentes techniques chirurgicales :
- Chirurgie d’accès (lambeau d’assainissement) :
C’est une Intervention chirurgicale qui consiste à soulever un volet tissulaire libéré par des incisions afin
d’accéder aux structures radiculaires et osseuses sous-jacentes.
- Chirurgie résectrice :
- Elle consiste à remodeler et/ou éliminer une partie du support parodontal afin d’en améliorer la
cicatrisation ;
- Elle peut intéresser uniquement les tissus mous, les tissus durs ou les deux à la fois. Ex : Gingivectomie, osteoplastie/osteoectomie.
- Chirurgie régénératrice :
- Elle consiste à mettre en place, après curetage de la lésion, une greffe osseuse ou un matériau de
comblement susceptible d’augmenter le potentiel de régénération des tissus parodontaux.
Ex :Greffes osseuses , Régénération tissulaire guidée (RTG).
- Thérapeutiques associées :
- Traitement prothétique : Remplacement des restaurations prothétique provisoires
- Des contentions définitives après que la maladie parodontale soit stabilisée
- Ajustement occlusal.
- Maintenance parodontale
- Définition :
Appelée également thérapeutique parodontale de soutien (TPS), « c’est une étape clé de la thérapeutique parodontale. Il s’agit de l’ensemble de procédures réalisées à des intervalles déterminés afin d’assister le patient parodontal à maintenir sa santé orale » .
- Objectifs :
- Maintenir la sante parodontale qui a été rétablie durant la phase active du traitement ;
- Minimiser les risques de récidive de la maladie parodontale chez des patients ayant suivi un traitement de gingivite ou de parodontite ;
- Réactiver la motivation et l’implication du patient dans son programme d’hygiène quotidienne
- Ralentir la progression de la maladie parodontale chez des patients qui ne peuvent pas recevoir des soins adaptés pour cause de mauvaise hygiène non perfectible, ou qui ont une santé trop altérée (déficience immunitaire).
- Rythme des visites de maintenance :
Le patient sera revu :
- Tous les 3 à 4 mois (parodontite modérée à sévère).
- Tous les les 6 mois à 1 an : si le patient ne présente pas de facteur de risque d’aggravation.
- Stratégie : individualiser le délai, en fonction de la pathologie et de l’implication du patient.
Conclusion
- La spécificité du traitement des maladies parodontales réside dans le fait que ce traitement se fait par séquences successive, chaque étape est déterminée par les résultats de l’étape précédente.
- Il débute par une thérapeutique étiologique qui visera à contrôler l’infection et les facteurs étiologiques,
dont les résultats seront contrôlés lors de la phase de réévaluation ;
- Une approche chirurgicale sera intégrée dans le plan de traitement en cas de persistance de poches
parodontales profondes, malgré un bon contrôle de plaque et résolution de l’inflammation,
- Toute thérapeutique, ne peut être efficace que si elle est suivie de soins d’entretien réguliers adaptés aux facteurs de risque éventuels avec une coopération totale du patient ;
CONCEPTION ET ORGANISATION DU TRAITEMENT PARODONTAL
Voici une sélection de livres:
- Guide pratique de chirurgie parodontale Broché – 19 octobre 2011
- Parodontologie Broché – 19 septembre 1996
- MEDECINE ORALE ET CHIRURGIE ORALE PARODONTOLOGIE
- Parodontologie: Le contrôle du facteur bactérien par le practicien et par le patient
- Parodontologie clinique: Dentisterie implantaire, traitements et santé
- Parodontologie & Dentisterie implantaire : Volume 1
- Endodontie, prothese et parodontologie
- La parodontologie tout simplement Broché – Grand livre, 1 juillet 2020
- Parodontologie Relié – 1 novembre 2005
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