Anatomie Dentaire des Molaires : Guide Complet en Odontologie
Article destiné aux étudiants en chirurgie dentaire — Ce guide rassemble l’ensemble des données morphologiques, canalaires et cliniques sur les molaires permanentes, indispensables pour la réussite de l’internat et la pratique quotidienne.
Pourquoi Maîtriser l’Anatomie des Molaires ?
Les molaires sont les dents les plus volumineuses de l’arcade et les premières dents permanentes à faire leur éruption, dès l’âge de 6 ans. Leur surface occlusale étendue en fait les principales dents de mastication — elles supportent jusqu’à 70 % des forces occlusales de l’ensemble de l’arcade dentaire.
D’un point de vue clinique, les premières molaires sont aussi les dents les plus fréquemment atteintes par la carie et les traitements endodontiques. La complexité du réseau canalaire endodontique est une réalité : des racines et canaux supplémentaires ou de morphologie particulière peuvent exister sur toutes les dents. Une maîtrise parfaite de leur anatomie est donc un prérequis absolu avant tout acte clinique.
En notation FDI : les premières molaires supérieures portent les numéros 16 et 26, les premières molaires inférieures 36 et 46, et les deuxièmes molaires inférieures 37 et 47.

Première Molaire Supérieure (16 / 26)
Mensurations Moyennes
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Hauteur totale | 22,3 mm |
| Début de la calcification | 25e semaine de la vie fœtale (environ) |
| Éruption | 6 ans |
| Calcification complète | 9 ans à 9 ans et demi |
Astuce mnémotechnique : La première molaire supérieure est la dent qui calcifie le plus tôt dans la vie intra-utérine parmi les dents permanentes. Elle est aussi appelée “dent de 6 ans” — à ne pas confondre avec la dent de 12 ans (deuxième molaire).
La Couronne
Conformation générale
La couronne présente une forme cuboïde, plus large que haute, comparable en hauteur à celle de la deuxième prémolaire. Elle est aplatie dans le sens mésio-distal, avec un diamètre mésio-distal de 10 mm et un diamètre vestibulo-lingual de 12 mm.
Face Vestibulaire

Silhouette
La face vestibulaire s’inscrit dans un trapèze à grande base inférieure (10 mm de large, 7,5 mm de haut). Le bord cervical est presque rectiligne, légèrement ondulé avec une pointe centrale entre les deux racines vestibulaires. Les bords proximaux sont similaires aux prémolaires supérieures, le bord distal étant plus court et plus courbé que le bord mésial. Le bord libre est formé de deux V très ouverts correspondant aux cuspides vestibulaires, le mésial étant plus large que le distal.
Modelé
Le profil est similaire aux prémolaires supérieures, avec une bosse au tiers cervical. La moitié inférieure est divisée en deux lobes par un sillon vestibulaire vertical qui se termine dans une fossette vestibulaire à mi-hauteur. Le lobe mésial est légèrement plus large.
Face Linguale
Silhouette
La face linguale est plus large près du bord libre (10,2 mm) que la face vestibulaire. Le bord libre est asymétrique, le lobe mésial étant beaucoup plus large que le lobe distal. Les bords proximaux sont plus obliques, avec une différence de hauteur marquée entre le bord mésial et le distal. Le bord cervical est légèrement courbe (convexité supérieure), plus court (7,3 mm), pour une hauteur totale de 7,5 mm.

Modelé
On note une bosse cervicale au quart cervical, et les trois quarts inférieurs sont plus obliques. Le sillon lingual sépare les lobes mésial et distal, plus près du bord distal. Il s’épanouit près du bord cervical sans fossette. Le lobe mésial est plus large et descend plus bas — c’est sur ce lobe que peut apparaître le tubercule de Carabelli.
Point clinique — Tubercule de Carabelli : Ce tubercule surnuméraire, présent sur la face palatine de la cuspide mésio-linguale, est un caractère morphologique variable selon les populations. Il ne joue aucun rôle fonctionnel mais peut créer une zone de rétention de plaque. Sa présence est un bon repère d’identification de la première molaire supérieure.
Face Mésiale
Silhouette
Elle est similaire aux prémolaires supérieures, mais plus large près du bord cervical. C’est la face la plus large de toutes les dents permanentes. Les diamètres vestibulo-buccaux sont les suivants : au collet 11 mm, au tiers cervical 12 mm, au bord libre 7,1 mm — pour une hauteur de 7,5 mm.

Modelé
On observe une bosse près du bord libre et une légère dépression centrale près du bord cervical.
Face Distale
La silhouette et le modelé sont similaires à la face mésiale, mais la face est moins haute (1 mm de moins au cervical). Le diamètre au bord libre est de 7,1 mm (identique).

Face Occlusale
Silhouette
La face occlusale s’inscrit dans un parallélogramme. Le bord vestibulaire est convexe (10 mm) et le bord lingual est festonné en deux lobes — le distal étant plus petit — légèrement plus long (10,2 mm), avec le tubercule de Carabelli si présent. Les bords vestibulaire et lingual ne sont pas parallèles et convergent à environ 40 mm du côté distal. Le bord mésial est presque plat (12 mm), formant un angle de 75° avec le bord vestibulaire, et le bord distal est légèrement convexe (10,7 mm), formant un angle de 105° avec le bord vestibulaire.

Modelé
Cuspides : La première molaire supérieure possède quatre cuspides (deux vestibulaires, deux linguales), classées par ordre de taille décroissant : mésio-linguale (la plus forte), vestibulo-mésiale, vestibulo-distale, disto-linguale (la plus petite). Les cuspides linguales sont plus saillantes et descendent plus bas. La cuspide mésio-linguale et la cuspide vestibulo-distale forment un pont d’émail (crête oblique) — c’est un repère fondamental d’identification de cette dent.
Sillons intercuspidiens : Il existe trois sillons principaux.
- Vestibulo-central : sépare les cuspides vestibulaires et se termine dans la fossette centrale.
- Mésio-central : sépare les cuspides vestibulo-mésiale et bucco-mésiale, reliant la fossette mésiale à la fossette centrale.
- Disto-lingual : sépare la cuspide bucco-distale du pont d’émail et s’épanouit sur la face linguale.
Un sillon secondaire entre le tubercule de Carabelli et la cuspide bucco-mésiale peut être présent si ce tubercule existe.
Fossettes : Il existe deux fossettes principales (mésiale et distale, près des crêtes marginales) et une fossette centrale (à l’intersection des sillons vestibulo-central et mésio-central).
Crêtes marginales : Mésiale et distale.
Les Racines
La première molaire supérieure possède trois racines : deux vestibulaires (mésiale et distale) et une linguale/palatine. L’ordre de robustesse est le suivant : linguale > vestibulo-mésiale > vestibulo-distale.
Direction générale
Les racines vestibulaires sont inclinées distalement dans le sens mésio-distal, légèrement incurvées avec leurs concavités se faisant face. La vestibulo-mésiale est convexe mésialement, concave distalement, avec un apex distal. La vestibulo-distale est concave mésialement, convexe distalement, avec un apex mésial. Elles sont perpendiculaires à la couronne dans le sens vestibulo-lingual.
La racine linguale/palatine est légèrement inclinée distalement et divergente côté palatin dans le sens vestibulo-buccal.
Forme des racines
Vestibulo-mésiale : Silhouette triangulaire (base 7,4 mm ; hauteur 13,3 mm). Le bord vestibulaire est vertical et convexe, le bord lingual oblique et rectiligne. La face mésiale est convexe avec un sillon vertical, la face distale concave avec un sillon. La coupe horizontale montre une forme aplatie mésio-distal avec des bords arrondis.
Vestibulo-distale : Similaire mais plus étroite (1/3 en moins vestibulo-lingual). Un sillon vertical est présent sur la face mésiale, aucun sur la face distale.
Linguale/palatine : Plus robuste, aplatie vestibulo-lingual. Les bords vestibulaire, mésial et distal sont convexes, le bord lingual est concave avec un sillon atténué. L’apex est orienté vestibulaire ou palatin.
Point clinique — Relation sinus maxillaire : Lorsque les racines de la première molaire sont très divergentes, le sinus maxillaire s’immisce entre elles. Cette disposition anatomique rend impossible l’analgésie de la racine linguale par une infiltration para-apicale seule et peut être repérée sur un cliché radiologique. C’est un point chirurgical et anesthésique essentiel.
La Chambre Pulpaire
La chambre pulpaire est très vaste, avec quatre cornes correspondant aux quatre cuspides. Elle contient trois canaux :
- Canal lingual/palatin : Large, cylindrique, presque rectiligne, oblique vers le palatin et incliné distalement.
- Canal vestibulo-mésial : Étroit, aplati mésio-distal, incurvé à convexité mésiale, oblique vers le vestibulaire et distal.
- Canal vestibulo-distal : Très fin, curviligne en sens inverse, d’exploration délicate.
Le canal MV2 — Piège endodontique classique : La racine mésio-vestibulaire de la première molaire supérieure est réputée pour abriter un quatrième canal, dit MV2, souvent occulte. Une étude clinique de référence conduite sur 1 096 premières molaires maxillaires a montré que la combinaison microscope et inserts ultrasonores améliore la détection du MV2, avec un pourcentage atteignant 74 %. Ne jamais clore un dossier endodontique sur cette dent sans avoir cherché ce canal.
Situation en Bouche
Sens vestibulo-lingual : Le bord cervical vestibulaire déborde l’arête des cuspides vestibulaires. La face occlusale est légèrement oblique vers le lingual.
Sens mésio-distal : La couronne est presque verticale.
Pour approfondir ces connaissances en vue de l’internat, le Guide clinique d’odontologie est une référence incontournable qui couvre l’ensemble de l’anatomie clinique appliquée.
Première Molaire Inférieure (36 / 46)
Mensurations Moyennes
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Hauteur totale | 21 mm |
| Début de la calcification | 25e semaine de la vie intra-utérine |
| Éruption | 6 ans |
| Calcification complète | 9 ans à 9 ans et demi |
À noter : La chronologie d’éruption est identique à celle de la première molaire supérieure — toutes deux font leur éruption à 6 ans et finissent de se calcifier vers 9-9,5 ans.
La Couronne
Généralités
La couronne est cuboïde et moins haute que large, avec une hauteur de 7,7 mm, un diamètre mésio-distal de 11,2 mm, et un diamètre vestibulo-lingual de 10,3 mm. Elle présente cinq cuspides, ce qui la distingue immédiatement de son homologue supérieure.
Face Vestibulaire

Silhouette
La face vestibulaire s’inscrit dans un trapèze à grande base supérieure. Le bord libre (11,2 mm) est festonné en trois lobes (mésial > central > distal), correspondant aux trois cuspides vestibulaires. Le bord mésial (7,7 mm) est oblique distalement, légèrement convexe en haut et concave cervicalement. Le bord distal est légèrement moins haut et plus courbé. Le bord cervical (8,5 mm) est presque rectiligne, légèrement ondulé avec deux convexités.
Modelé
Le profil est similaire aux prémolaires inférieures, avec une bosse au tiers cervical. Les deux tiers inférieurs sont obliques vers le lingual. On distingue deux sillons verticaux :
- Sillon mésial : profond, près du bord mésial, se terminant dans la fossette vestibulaire à mi-hauteur.
- Sillon distal : plus court, moins profond, près du bord distal, sans fossette.
Face Linguale

Silhouette
Trapèze à grande base supérieure, moins haute (7 mm) et plus étroite (10 mm) que la face vestibulaire. Le bord libre est festonné en deux lobes, le mésial étant légèrement plus large.
Modelé
La bosse cervicale est moins marquée. Une dépression près du bord libre sépare les lobes, sans sillon. La face est légèrement oblique vers le lingual en position.
Face Mésiale
Silhouette
Plus large (10,3 mm) que haute (7,7 mm). Le bord libre est en V très ouvert. Le bord vestibulaire est incliné vers le lingual (deux tiers supérieurs) et convexe cervicalement. Le bord buccal est presque vertical, légèrement incliné vers le lingual. Le bord cervical est légèrement ondulé avec une concavité inférieure.

Modelé
On observe une bosse près du bord libre et une dépression près du bord cervical.
Face Distale
La silhouette est identique à la face mésiale, mais plus étroite. Le modelé est plus accentué que sur la face mésiale.
Face Occlusale
Silhouette
Trapèze à grande base vestibulaire. Le bord vestibulaire (11,2 mm) est convexe et présente deux dépressions correspondant aux sillons vestibulaires. Le bord lingual (10 mm) présente deux lobes peu convexes correspondant aux cuspides linguales. Le bord mésial est légèrement convexe et oblique. Le bord distal est plus convexe, plus court et oblique en sens inverse.

Modelé
Cuspides : La première molaire inférieure possède cinq cuspides (trois vestibulaires, deux linguales), classées par ordre de grosseur décroissant : mésio-linguale > disto-linguale > vestibulo-mésiale > vestibulo-centrale > vestibulo-distale.
Sillons intercuspidiens : Il existe quatre sillons principaux.
- Mésio-distal : sépare les cuspides vestibulaires et linguales, relie les fossettes mésiale et distale, en deux portions convexes.
- Vestibulaire mésial : sépare les cuspides vestibulo-mésiale et vestibulo-centrale, relie la fossette accessoire à la fossette vestibulaire.
- Vestibulaire distal : sépare les cuspides vestibulo-centrale et vestibulo-distale, s’épanouit sans fossette, oblique mésialement.
- Lingual : sépare les cuspides linguales, perpendiculaire au sillon mésio-distal, s’épanouit sur le bord lingual.
Fossettes : Deux principales (mésiale et distale, aux extrémités du sillon mésio-distal) et trois accessoires aux intersections des sillons.
Crêtes marginales : Mésiale et distale.
Remarque anatomique importante : La portion occlusale est déportée lingualement — l’arête linguale est proche du bord lingual, tandis que l’arête vestibulaire se situe à 3 mm du bord vestibulaire.
Les Racines
La première molaire inférieure possède deux racines : mésiale et distale, fortement inclinées distalement, légèrement courbes (concavité distale), aplaties mésio-distal (le diamètre vestibulo-lingual est trois fois supérieur au diamètre mésio-distal). Elles sont séparées par des sillons interradiculaires vestibulaire et lingual.
Racine mésiale : La plus robuste, débordant la racine distale. Les bords vestibulaire et lingual sont parallèles jusqu’à mi-hauteur, puis convergent. Un sillon radiculaire est présent sur les faces proximales.
Racine distale : Plus pointue, avec des bords convergents dès le départ. Elle est parfois légèrement plus longue. Un sillon radiculaire est présent sur les faces proximales.
La Chambre Pulpaire
Très vaste, avec cinq cornes correspondant aux cinq cuspides. Elle contient trois canaux radiculaires :
- Racine mésiale : deux canaux (vestibulaire et lingual), nés d’une fente, courbes avec des concavités se faisant face, se rejoignant à l’apex.
- Racine distale : un canal, aplati mésio-distal, à section en 8, d’accès plus facile, parfois ramifié près de l’apex.
Données cliniques sur les canaux de la racine mésiale : Les racines mésiales des premières molaires inférieures présentent régulièrement deux canaux, dont les morphologies appartiennent le plus fréquemment aux types 2–2 et 2–1. Un troisième canal peut être présent dans 2,6 % de la population. Des isthmes sont présents à 55 % dans la racine mésiale et à 20 % dans la racine distale. Il faut en tenir compte lors des résections apicales.
Classification de Vertucci à connaître : Les configurations canalaires sont classifiées de Type I à Type VIII selon Vertucci, selon le nombre de canaux au départ et à l’apex. Le Type I correspond à un canal unique depuis la chambre pulpaire à l’apex ; le Type II (2-1) correspond à deux canaux séparés qui se rejoignent peu avant l’apex ; le Type IV correspond à deux canaux distincts depuis la chambre pulpaire jusqu’à l’apex.
Situation en Bouche
Sens vestibulo-lingual : La face vestibulaire est très oblique, la face occlusale est inclinée vers le lingual.
Sens mésio-distal : La couronne est verticale, les racines étant légèrement obliques distalement.
Remarque clinique : Les canaux radiculaires peuvent présenter des ramifications anormales. La recherche du troisième canal est plus aisée lors d’un traitement endodontique initial. Lors d’un retraitement, la modification des couleurs dentinaires, associée à des produits d’obturation dont le retrait total s’avère souvent difficile, complique la recherche.
Pour la préparation aux Annales de l’internat, les Annales corrigées de l’internat en odontologie 2022-2024 incluent de nombreuses questions portant sur l’anatomie canalaire de ces dents.
Deuxième Molaire Inférieure (37 / 47)
Mensurations Moyennes
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Hauteur totale | 19,8 mm |
| Début de la calcification | 4 ans et demi (environ) |
| Éruption | 12 ans (environ) |
| Calcification complète | 13 ans et demi (environ) |
Point de repère : La deuxième molaire inférieure est la “dent de 12 ans”. Son début de calcification (4,5 ans) est bien antérieur à son éruption, ce qui en fait un repère important du développement dentaire.
La Couronne
Généralités
La deuxième molaire inférieure est moins volumineuse que la première molaire inférieure et présente quatre cuspides (contre cinq). Sa hauteur est de 6,9 mm, son diamètre mésio-distal de 10,7 mm, et son diamètre vestibulo-lingual de 10,1 mm.

Face Vestibulaire
Silhouette
Similaire à la première molaire, mais plus petite. Le bord libre est festonné en deux lobes seulement (mésial légèrement plus large).
Modelé
Similaire à la première molaire, avec un seul sillon entre les lobes, se terminant dans une fossette à mi-hauteur.
Face Linguale
Similaire à la première molaire inférieure, avec de légères différences de proportion.
Faces Proximales
Identiques à celles de la première molaire inférieure, mais plus petites dans l’ensemble.
Face Occlusale

Silhouette
Moins allongée mésio-distalement (10,7 mm), avec un diamètre vestibulo-lingual de 10,1 mm — dimensions proches, rendant la face occlusale plus carrée que rectangulaire.
Modelé
Cuspides : Quatre cuspides (deux vestibulaires, deux linguales) — c’est le critère de distinction le plus immédiat avec la première molaire inférieure (cinq cuspides).
Sillons intercuspidiens : Deux sillons principaux.
Fossettes : Deux principales et une accessoire.
Crêtes marginales : Mésiale et distale.
Les Racines, la Chambre Pulpaire et la Situation en Bouche
Ces caractéristiques ne sont pas encore pleinement détaillées dans la littérature de référence pour cette dent, mais elles sont probablement similaires à celles de la première molaire inférieure (deux racines mésiale et distale, une chambre pulpaire avec quatre cornes correspondant aux cuspides).
Point clinique — Canal en C : La deuxième molaire inférieure est la dent la plus sujette à présenter un “canal en C” (C-shaped canal), une configuration anatomique particulière où les canaux sont fusionnés en une forme de croissant. Cette variante, plus fréquente dans les populations asiatiques, nécessite une adaptation de la stratégie endodontique.
Pour aller plus loin sur l’anatomie et les traitements endodontiques des molaires, le manuel Endodontie, Prothèse et Parodontologie constitue une référence complète adaptée au programme de l’internat.
Tableau Comparatif des Trois Molaires
| Critère | 1ère Molaire Sup. | 1ère Molaire Inf. | 2ème Molaire Inf. |
|---|---|---|---|
| Hauteur totale | 22,3 mm | 21 mm | 19,8 mm |
| Éruption | 6 ans | 6 ans | 12 ans |
| Nombre de cuspides | 4 | 5 | 4 |
| Nombre de racines | 3 | 2 | 2 |
| Nombre de canaux | 3 (+ MV2 possible) | 3 (2M + 1D) | 3 (2M + 1D) |
| Signe distinctif | Crête oblique + Carabelli | 3 cuspides vest. | Forme plus carrée |
Points Clés à Retenir pour l’Internat
Pour la Première Molaire Supérieure
- La crête oblique (pont d’émail entre la cuspide mésio-linguale et la cuspide vestibulo-distale) est son signe d’identification majeur.
- Trois racines, dont la palatine est la plus robuste et la plus facile à traiter.
- Toujours rechercher le canal MV2 en endodontie — son absence de traitement est une cause fréquente d’échec.
- Relation étroite avec le sinus maxillaire : vérifier radiographiquement avant extraction ou chirurgie.
Pour la Première Molaire Inférieure
- Seule molaire permanente à cinq cuspides — critère d’identification immédiat.
- Deux racines, mésiale et distale, très aplaties mésio-distalement.
- La racine mésiale abrite quasi-systématiquement deux canaux et des isthmes fréquents (55 %).
- La classification de Vertucci s’applique à tous ses canaux.
Pour la Deuxième Molaire Inférieure
- Quatre cuspides — sa table occlusale est plus carrée (forme 2+2).
- Méfiance vis-à-vis du canal en C, surtout en population asiatique.
- Elle fait son éruption à 12 ans — ne pas la confondre avec une première molaire en développement.
Conclusion
La maîtrise de l’anatomie des molaires est bien plus qu’un exercice académique. Chaque détail morphologique, chaque sillon, chaque configuration canalaire a une traduction clinique directe en odontologie conservatrice, en endodontie, en prothèse ou en parodontologie.
Pour consolider ces connaissances, entraînez-vous à reconnaître chaque dent à partir de n’importe quelle face, à nommer ses cuspides dans l’ordre, et à schématiser ses canaux sans support — c’est le niveau exigé à l’internat.
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