Artère carotide externe (Anatomie Humaine)

Artère Carotide Externe : Anatomie Complète, Branches et Rôle en Chirurgie Orale

Mots-clés : artère carotide externe, anatomie tête et cou, branches carotide externe, vascularisation dentaire, chirurgie orale anatomie


Introduction : Pourquoi l’artère carotide externe est-elle incontournable en odontologie ?

Comprendre l’anatomie vasculaire de la face et du cou n’est pas un luxe réservé aux chirurgiens maxillo-faciaux. C’est une connaissance fondamentale pour tout chirurgien-dentiste, car chaque geste clinique — anesthésie, extraction, implant ou chirurgie parodontale — se déroule à proximité immédiate de territoires richement vascularisés.

L’artère carotide externe est précisément au cœur de cette anatomie. Elle irrigue la quasi-totalité des structures oro-faciales : langue, gencives, sinus maxillaires, palais, muscles masticateurs et glandes salivaires. Une mauvaise connaissance de son trajet peut exposer à des complications hémorragiques graves.

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Cet article vous propose un tour complet de l’artère carotide externe : son origine, ses six branches collatérales, ses deux branches terminales, et leurs implications cliniques directes. Que vous soyez étudiant en chirurgie dentaire, interne ou praticien en formation continue, ce guide est fait pour vous.


I. Les Artères de la Tête et du Cou : Vue d’Ensemble

Origine des carotides primitives

Les artères de la tête et du cou naissent des deux artères carotides primitives (ou carotides communes) :

  • Carotide primitive gauche : naît directement de la crosse de l’aorte
  • Carotide primitive droite : naît de la bifurcation du tronc brachio-céphalique, lui-même issu de la crosse de l’aorte, qui provient du ventricule gauche

Ces deux artères pénètrent dans le cou à sa base, occupent sa partie antérieure et cheminent verticalement avant de se diviser.

Schéma 1: Carotide primitive.
Schéma 1: Carotide primitive.

La bifurcation carotidienne

Au niveau du sinus carotidien — une portion légèrement dilatée de la carotide primitive — les deux carotides communes se divisent chacune en :

  • Artère carotide interne : destinée à l’encéphale et à l’œil
  • Artère carotide externe : destinée aux structures superficielles de la face, du cou et des cavités oro-nasales

Cette bifurcation se situe généralement en regard du bord supérieur du cartilage thyroïde, soit environ au niveau de C4. Sa localisation est un repère anatomique chirurgical de première importance.

Carotide primitive - Vue postérieure
Carotide primitive – Vue postérieure

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II. L’Artère Carotide Externe : Description Générale

Caractéristiques morphologiques

La carotide externe est la branche de bifurcation antéro-interne de l’artère carotide primitive. Ses caractéristiques principales :

  • Longueur : 6 à 8 cm
  • Diamètre : environ 6 mm
  • Trajet : ascendant, légèrement sinueux, en direction de la région rétro-condylienne

Terminaison

La carotide externe se termine soit en arrière du col du condyle mandibulaire, soit à la partie moyenne du bord postérieur de la branche montante de la mandibule. À ce niveau, elle se divise en ses deux branches terminales : l’artère temporale superficielle et l’artère maxillaire interne.

Schéma 2: Carotide primitive
Schéma 2: Carotide primitive

III. Les Six Branches Collatérales de la Carotide Externe

La carotide externe donne, au cours de son trajet, six branches collatérales qui assurent la vascularisation de la plupart des organes cervico-faciaux.

1. Artère Thyroïdienne Supérieure

Première branche née de la face antérieure de la carotide externe, elle se dirige vers le bas et en avant pour gagner le pôle supérieur du corps thyroïde. Elle assure également la vascularisation du larynx via ses branches laryngées supérieures.

Son ligature chirurgicale, lors d’interventions thyroïdiennes ou cervicales hautes, nécessite une identification précise pour éviter tout risque hémorragique.

2. Artère Linguale

Elle s’engage sous le muscle hyoglosse, puis sous le lingual inférieur, en dehors du génio-glosse. Ses branches principales sont :

Branches collatérales :

  • Rameau sus-hyoïdien (artère supra-hyoïdienne) : irriguant l’hyoglosse et les muscles sous-hyoïdiens
  • Artère dorsale de la langue : se distribuant au pilier antérieur, au voile du palais, à l’épiglotte et à la base de la langue

Branches terminales :

  • Artère sublinguale : vascularise la glande sublinguale et le frein de la langue
  • Artère ranine (ou artère profonde de la langue) : irriguant les muscles et la muqueuse linguale

L’artère linguale est particulièrement exposée lors des extractions des dents de sagesse inférieures et des chirurgies du plancher de bouche.

Système artériel de la tête et du cou
Système artériel de la tête et du cou

3. Artère Faciale

Née de la face antérieure de la carotide externe, à 2,5 cm au-dessus de la bifurcation carotidienne, l’artère faciale suit un trajet sinueux remarquable :

Elle pénètre dans la loge sous-maxillaire, contourne la glande sous-mandibulaire par le dessus, décrit une courbe sus-glandulaire puis une courbe sous-maxillaire. Elle monte ensuite sur la face en décrivant la courbure faciale, longe la commissure des lèvres, le sillon naso-génien, et se termine à l’angle interne de l’œil sous le nom d’artère angulaire.

Ses 7 branches collatérales :

  • Artère palatine ascendante : palais mou, amygdale, stylo-glosse
  • Rameaux de la glande sous-maxillaire
  • Artère sous-mentale : menton, mylo-hyoïdien, digastrique
  • Artère ptérygoïdienne : ptérygoïdien médial
  • Artère massétérine : masséter
  • Artères coronaires supérieures et inférieures (artères labiales) : lèvres
  • Artère de l’aile du nez
Artère linguale et ses branches d'après KAMINA (2006)
Artère linguale et ses branches d’après KAMINA (2006)

4. Artère Pharyngienne Ascendante

Petite branche destinée à la paroi pharyngienne et aux muscles pré-vertébraux. Bien que peu volumineuse, elle contribue à la vascularisation du nasopharynx et participe parfois à l’irrigation méningée par de petits rameaux.

5. Artère Occipitale

Elle se dirige vers la région occipitale et donne :

Branches collatérales :

  • Artère stylo-mastoïdienne
  • Artère méningée : pénètre dans le crâne par le trou déchiré postérieur ou le trou mastoïdien

Branches terminales :

  • Branche externe : dans le cuir chevelu de la région occipitale
  • Branche interne : longe la protubérance occipitale externe
Artère faciale
Artère faciale

6. Artère Auriculaire Postérieure

Dernière branche collatérale, elle irrigue le pavillon de l’oreille (branche antérieure ou auriculaire) et la région mastoïdienne (branche postérieure). Elle peut également donner l’artère stylo-mastoïdienne quand celle-ci ne naît pas de l’artère occipitale.

VUE LATERALE DU CRANE MONTANT LA DISPOSITION DES PRINCIPALES ARTERES DE LA TÊTE
VUE LATERALE DU CRANE MONTANT LA DISPOSITION DES PRINCIPALES ARTERES DE LA TÊTE

IV. Les Deux Branches Terminales de la Carotide Externe

1. L’Artère Temporale Superficielle

Branche terminale externe et superficielle, elle monte en avant du tragus de l’oreille et irrigue la région temporale.

Branches collatérales (3) :

  • Artère transverse de la face : naît au niveau du col du condyle, chemine sous l’arcade zygomatique vers la joue
  • Artère zygomato-malaire : région orbiculaire des paupières
  • Artère temporale profonde moyenne : muscle temporal

Branches terminales (2) :

  • Branche frontale : téguments de la région frontale
  • Branche pariétale : téguments de la région pariétale

L’artère temporale superficielle est facilement palpable en avant du tragus, ce qui en fait un repère clinique utile.

Artère maxillaire interne et ses branches collatérales
Artère maxillaire interne et ses branches collatérales

2. L’Artère Maxillaire Interne (ou Artère Maxillaire)

C’est la plus volumineuse et la plus complexe des branches terminales. Branche terminale profonde, elle chemine dans la région parotidienne, traverse la boutonnière rétro-condylienne de Juvara (entre le col du condyle et le ligament sphéno-mandibulaire), gagne la fosse ptérygo-maxillaire et prend le nom d’artère sphéno-palatine dans l’arrière-fond de cette fosse.

Artère maxillaire interne et ses branches collatérales
Artère maxillaire interne et ses branches collatérales

Ses 14 branches collatérales :

ArtèreTerritoire irrigué
1TympaniqueCaisse du tympan
2Méningée moyenneDure-mère (par trou petit rond)
3Petite méningéeMéninges (par trou ovale)
4Temporale profonde moyenneMuscle temporal (face profonde)
5Temporale profonde antérieureMuscle temporal (face profonde)
6MasséterineMasséter profond
7Dentaire inférieure (alvéolaire inférieure)Canal dentaire, dents mandibulaires, menton
8PtérygoïdiennesMuscles ptérygoïdiens
9BuccaleBuccinateur, joue
10Alvéolaire de JasquesTubérosité maxillaire, sinus maxillaire, molaires/prémolaires sup.
11Sous-orbitaireIncisives et canine supérieures, orbite, joue
12VidienneRhino-pharynx
13Palatine postérieure descendantePalais dur et voile du palais
14Ptérygo-palatinePharynx

Branche terminale : l’artère sphéno-palatine

En franchissant le trou sphéno-palatin, l’artère maxillaire interne prend le nom d’artère sphéno-palatine, qui se divise en :

  • Branche interne : cloison nasale, canal palatin antérieur, artère naso-palatine (artère palatine antérieure)
  • Branche externe : paroi externe des fosses nasales, trois branches pour chacun des trois cornets
 Vascularisation des fosses nasales et foramen rétro-incisif
Vascularisation des fosses nasales et foramen rétro-incisif

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V. Quelle Solution Choisir Selon Votre Contexte Clinique ?

Tableau Comparatif des Territoires Vasculaires en Odontologie Pratique

Avant toute intervention chirurgicale, il est essentiel de situer les structures vasculaires à risque. Ce tableau récapitule les artères clés selon la zone opérée.

Zone opéréeArtère principale à risqueOrigineRisque cliniquePrécaution
Plancher de boucheArtère lingualeCarotide externeHémorragie sévèreIdentifier l’hyoglosse
Lèvres / commissuresArtères coronaires (labiales)Artère facialeSaignement abondantCompression bidigitale
Sinus maxillaireArtère sous-orbitaire, alvéolaire de JasquesMaxillaire interneHémorragie sinusaleRepérage scanographique
Mandibule / extraction 38Artère dentaire inférieureMaxillaire interneHémorragie canalaireAnesthésie tronculaire précise
PalaisArtère palatine descendanteMaxillaire interneHématome palatinIncisions parallèles aux vaisseaux
Région temporaleArtère temporale superficielleCarotide externeBlessure cutanéePalpation préopératoire
Implants mandibulairesArtère sublingualeArtère lingualeHémorragie du plancherPlanification 3D

VI. Erreurs Fréquentes à Éviter en Anatomie et Pratique Vasculaire Oro-Faciale

Erreur 1 : Confondre artère carotide interne et externe

Pourquoi c’est problématique : La carotide interne est destinée à l’encéphale — toute lésion ou injection intra-artérielle peut provoquer un accident vasculaire cérébral immédiat.

Bonne pratique : Mémoriser que la carotide externe naît en position antéro-interne et donne rapidement ses premières branches collatérales (thyroïdienne, linguale), contrairement à la carotide interne qui ne donne aucune branche cervicale.


Erreur 2 : Sous-estimer la vascularisation du plancher buccal lors d’une extraction

Pourquoi c’est problématique : L’artère sublinguale et l’artère sous-mentale cheminent à proximité immédiate de la corticale linguale. Une perforation lors d’une extraction difficile de la dent de sagesse mandibulaire peut créer un hématome du plancher comprimant les voies aériennes.

Bonne pratique : Toujours vérifier l’épaisseur de la corticale linguale sur cone-beam avant une extraction d’une 38 ou 48 en position linguale. Travailler en direction vestibulaire pour les luxations.


Erreur 3 : Réaliser une incision palatine sans tenir compte de l’artère palatine descendante

Pourquoi c’est problématique : L’artère palatine descendante chemine dans le canal palatin et émerge par le foramen palatin postérieur. Une incision mal positionnée dans le palais postérieur peut sectionner l’artère et provoquer une hémorragie difficile à contrôler.

Bonne pratique : Positionner les incisions palatines en avant du foramen, soit à moins de 1 cm du bord distal de la 2e molaire, et utiliser systématiquement un vasoconstricteur local avant l’incision.


Erreur 4 : Injecter sans aspiration lors d’une anesthésie tronculaire à l’épine de Spix

Pourquoi c’est problématique : L’artère alvéolaire inférieure (dentaire inférieure) court le long du nerf alvéolaire inférieur dans la même zone d’injection. Une injection intravasculaire d’anesthésique avec vasoconstricteur peut provoquer une tachycardie, voire un collapsus.

Bonne pratique : Toujours aspirer avant d’injecter, utiliser une aiguille courte et injecter lentement (au moins 60 secondes pour 1,8 ml). Expliquer au patient les sensations possibles de palpitations si une micro-injection intravasculaire survient malgré la précaution.


Erreur 5 : Négliger la vascularisation du sinus maxillaire avant une élévation du plancher sinusien

Pourquoi c’est problématique : L’artère alvéolaire postéro-supérieure (artère de Jasques) et un rameau anastomotique de l’artère sous-orbitaire cheminent dans la paroi sinusale latérale. Leur section lors du volet osseux peut provoquer une hémorragie abondante et compromettre la visibilité.

Bonne pratique : Analyser systématiquement l’examen cone-beam pour repérer l’artère intraosseuse (identifiable comme une radiotransparence canalaire dans la paroi sinusale latérale). Adapter la position du volet en conséquence.


Erreur 6 : Ignorer les variantes anatomiques de la carotide externe

Pourquoi c’est problématique : Dans certains cas, la bifurcation carotidienne est haute (niveau C3) ou basse (niveau C5-C6), modifiant l’abord chirurgical en cas de chirurgie cervicale ou parotidienne. Des variations dans la naissance de l’artère linguale ou faciale existent aussi (parfois un tronc linguo-facial commun).

Bonne pratique : Toute chirurgie cervicale planifiée doit être précédée d’une imagerie (écho-Doppler ou scanner angioarchitectural) pour adapter la stratégie chirurgicale à l’anatomie individuelle du patient.


VII. Cas Cliniques Commentés

Cas Clinique 1 : Hémorragie du plancher buccal après extraction de 38

Patient : Homme de 32 ans, en bonne santé générale. Extraction d’une 38 incluse en position horizontale avec lingual droit, sous anesthésie locale.

Problématique identifiée : En fin d’intervention, le patient présente un gonflement rapide et douloureux du plancher buccal, bilatéral, avec difficulty à avaler. L’anesthésie locale masque la douleur.

Prise en charge : Compression immédiate intra-orale. Appel du SAMU et transfert en urgence. Bilan scanographique : hématome du plancher buccal comprimant la langue vers le haut. Reprise chirurgicale sous anesthésie générale avec drainage et ligature du vaisseau lésé (rameau de l’artère sublinguale).

Résultat attendu : Bonne récupération en 10 à 14 jours. Aucune séquelle si la prise en charge est rapide (moins de 30 minutes pour l’orientation).

Point clé de l’article illustré : L’artère sublinguale est une branche terminale de l’artère linguale, elle-même issue de la carotide externe. Sa position linguale par rapport à la corticale mandibulaire la rend vulnérable lors des extractions difficiles.


Cas Clinique 2 : Anesthésie intravasculaire lors d’un bloc alvéolaire inférieur

Patient : Femme de 47 ans, légère hypertension artérielle contrôlée. Consultation pour extraction de 46 délabrée.

Problématique identifiée : Immédiatement après l’injection d’un carpule d’anesthésique avec adrénaline 1/100 000 sans aspiration, la patiente présente palpitations, anxiété intense, sensation de chaleur au visage et légère élévation tensionnelle.

Prise en charge : Arrêt de l’injection, position semi-allongée, surveillance des constantes pendant 15 minutes. Retour à la normale spontané. Renouvellement de l’anesthésie avec aspiration préalable systématique, injection fractionnée. L’extraction est réalisée sans incident.

Résultat attendu : Les signes régressent en 5 à 10 minutes. Pas de complications si la quantité injectée est faible et si le patient n’a pas de cardiopathie sévère.

Point clé de l’article illustré : L’artère dentaire inférieure chemine parallèlement au nerf alvéolaire inférieur à l’épine de Spix. Sans aspiration, le risque d’injection intravasculaire est réel, notamment chez les patients nerveux dont les vaisseaux sont plus dilatés.


Cas Clinique 3 : Hémorragie sinusale lors d’un sinus lift latéral

Patient : Homme de 58 ans, partiellement édenté au secteur postérieur maxillaire gauche depuis 5 ans. Planification d’une élévation du plancher sinusien avec comblement et pose d’un implant en 26.

Problématique identifiée : Lors de la réalisation du volet osseux latéral, le praticien identifie une artère intraosseuse d’environ 2 mm de diamètre non repérée sur l’orthopantomogramme initial (absence de cone-beam). Section accidentelle de l’artère : saignement pulsatile abondant dans le site.

Prise en charge : Compression immédiate avec mèche imbibée de vasoconstricteur. Hémostase par cautérisation douce et repositionnement du volet. L’intervention de comblement est réalisée avec succès après stabilisation. Le cone-beam postopératoire confirme le bon positionnement du greffon.

Résultat attendu : Intégration implantaire satisfaisante à 6 mois. Aucune complication sinusale. Cicatrisation osseuse normale.

Point clé de l’article illustré : L’artère intraosseuse sinusale est une anastomose entre l’artère alvéolaire postéro-supérieure (branche de la maxillaire interne) et l’artère sous-orbitaire. Elle est identifiable sur cone-beam dans la paroi sinusale latérale et doit être repérée avant tout sinus lift.

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VIII. Foire Aux Questions (FAQ)

Quelle est la différence entre l’artère carotide externe et l’artère carotide interne ? La carotide interne n’irrigue pas les structures faciales : elle monte directement vers le crâne pour vasculariser l’encéphale et la rétine, sans donner de branches cervicales. La carotide externe, elle, donne 6 branches collatérales et 2 branches terminales qui irriguent l’ensemble des structures oro-faciales, salivaires et musculaires du cou. En chirurgie dentaire, c’est exclusivement la carotide externe qui est concernée.


Où se divise la carotide primitive en carotide interne et externe ? La bifurcation se situe au niveau du sinus carotidien, généralement en regard du bord supérieur du cartilage thyroïde, soit environ au niveau de la vertèbre C4. Elle est facilement palpable en avant du muscle sterno-cléido-mastoïdien.


Quelle artère vascularise les dents mandibulaires inférieures ? Les dents mandibulaires sont principalement vascularisées par l’artère dentaire inférieure (ou artère alvéolaire inférieure), 7e branche collatérale de l’artère maxillaire interne. Elle pénètre dans le canal dentaire inférieur et donne des rameaux osseux, dentaires et nerveux le long de son trajet.


Pourquoi l’artère faciale suit-elle un trajet aussi sinueux sur le visage ? Ce trajet sinueux n’est pas un hasard anatomique : il permet à l’artère de s’adapter aux mouvements de grande amplitude des muscles faciaux (mastication, expression) et aux déplacements de la mandibule. Sans cette souplesse, une simple ouverture de bouche pourrait provoquer des tractions vasculaires répétées.


Qu’est-ce que la boutonnière rétro-condylienne de Juvara et pourquoi est-elle importante ? C’est un passage anatomique situé entre le col du condyle mandibulaire et le ligament sphéno-mandibulaire. L’artère maxillaire interne y transite pour rejoindre la fosse ptérygo-maxillaire. Ce passage est un repère chirurgical clé dans les abords de la région ptérygoïdienne et lors des traitements des fractures condyliennes.


Quelles artères sont à risque lors d’une extraction de dent de sagesse mandibulaire ? Principalement l’artère dentaire inférieure (dans le canal mandibulaire) et l’artère sublinguale (à la face linguale). Si la 38 est en position très linguale ou en contact avec la corticale interne, le risque d’hématome du plancher buccal existe. Un cone-beam préopératoire est recommandé pour les cas complexes.


Qu’est-ce que l’artère sphéno-palatine et quel est son rôle en pratique ? L’artère sphéno-palatine est la branche terminale de l’artère maxillaire interne, formée après traversée du trou sphéno-palatin. Elle irrigue la muqueuse des fosses nasales et est responsable de la majorité des épistaxis postérieures sévères. En odontologie, sa connaissance est utile lors d’anesthésies palatines profondes ou de chirurgies maxillaires étendues.


Pourquoi faut-il absolument aspirer avant toute injection anesthésique en dentisterie ? L’aspiration préalable permet de s’assurer que l’aiguille n’est pas positionnée dans un vaisseau sanguin. Si du sang reflue dans la carpule, il faut repositionner l’aiguille avant d’injecter. Une injection intravasculaire d’anesthésique avec vasoconstricteur peut provoquer des effets systémiques cardiovasculaires (tachycardie, HTA, voire collapsus) en quelques secondes.


Conclusion : L’Anatomie Vasculaire, Fondement de la Sécurité Clinique

L’artère carotide externe est bien plus qu’un chapitre d’anatomie théorique. Elle est le socle vasculaire de toute la pratique odontologique et chirurgicale oro-faciale.

Maîtriser son trajet, ses branches et leurs implications cliniques permet de prévenir les complications hémorragiques, de réaliser des anesthésies plus précises et d’anticiper les risques chirurgicaux. Les structures qu’elle irrigue — langue, dents, palais, sinus, glandes salivaires — sont celles que vous manipulez quotidiennement au cabinet.

Pour aller plus loin :

  • Révisez les schémas en 3D sur des atlas d’anatomie pour bien visualiser les rapports vasculo-nerveux
  • Consultez le cone-beam systématiquement pour les chirurgies à risque vasculaire
  • Formez-vous à la gestion des hémorragies buccales pour intervenir rapidement si nécessaire

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