La prothèse maxillo-faciale : La prothèse obturatrice

Prothèse Obturatrice Maxillo-Faciale

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Introduction : Comprendre la Réhabilitation Prothétique des Pertes de Substance Maxillaires

La prothèse maxillo-faciale représente l’une des disciplines les plus exigeantes de l’odontologie. Elle se situe au carrefour de la chirurgie, de la prothèse et de la rééducation fonctionnelle. Pour l’étudiant en médecine dentaire, maîtriser la prothèse obturatrice est un enjeu capital : ces appareils permettent à des patients souvent fragilisés — opérés d’un cancer bucco-pharyngé, porteurs d’une fente palatine congénitale ou victimes d’un traumatisme facial sévère — de retrouver la parole, l’alimentation et une qualité de vie digne.

L’appareillage des pertes de substance maxillo-faciales (PDSM) dépend de leur étendue, de l’état des dents restantes, mais aussi et surtout du moment où le patient est adressé au prothésiste maxillo-facial ou au spécialiste de la prothèse dentaire. C’est en fonction de ce dernier paramètre qu’on pourra décrire des obturateurs immédiats, semi-immédiats, transitoires ou d’usage.

Ce guide, rédigé à destination des étudiants en chirurgie dentaire, synthétise les connaissances fondamentales sur la prothèse obturatrice : définition, impératifs biomécaniques, types d’appareillage, techniques d’empreinte et cas cliniques commentés.


Définition et Composition de la Prothèse Obturatrice

Qu’est-ce qu’un obturateur ?

Selon KEYF (2001), un obturateur — du latin obturer, signifiant « boucher » — est un disque ou une plaque, naturelle ou artificielle, qui ferme une ouverture ou un défaut du maxillaire, résultant d’une fente palatine ou du retrait partiel ou total du maxillaire suite à une tumeur.

En pratique clinique, la perte de substance peut résulter de :

  • Une résection chirurgicale pour traitement d’une tumeur maligne (carcinome épidermoïde, sarcome)
  • Une fente palatine congénitale non corrigée chirurgicalement
  • Un traumatisme facial grave (accident de la voie publique, projectile)
  • Une nécrose ostéoradique post-radiothérapie

Structure de la prothèse obturatrice

La prothèse obturatrice se compose de deux parties distinctes :

  1. Une plaque palatine en résine ou en métal coulé, pouvant comporter ou non des dents prothétiques
  2. Un obturateur proprement dit, en résine dure ou en matériau souple (silicone), solidaire ou non à la plaque

On parle alors de prothèse monobloc (plaque et obturateur solidaires) ou de prothèse à étages (obturateur amovible de la plaque). Le choix entre ces deux configurations dépend notamment de l’accessibilité à la cavité de résection pour l’hygiène quotidienne.


Intérêt Fonctionnel de la Prothèse Obturatrice

Les prothèses obturatrices comblent les pertes de substance et résolvent partiellement ou totalement les problèmes qu’elles engendrent, aidant le patient à surmonter son handicap. Selon KEYF (2001), leurs principales fonctions sont :

  • Permettre l’alimentation en réduisant le problème du reflux naso-buccal
  • Améliorer les fonctions de mastication, de déglutition et d’élocution
  • Favoriser une cicatrisation dans de meilleures conditions en protégeant le site opératoire
  • Aider à la réorganisation et à la reconstruction du contour palatin et/ou du palais mou
  • Maintenir les pansements chirurgicaux et réduire les hémorragies postopératoires, prévenant la formation d’hématomes
  • Améliorer le soutien des lèvres et des joues, préservant ainsi l’esthétique faciale
  • Être bénéfique au moral des patients, en leur permettant une réinsertion sociale plus rapide

Point pédagogique : L’impact psychologique de la prothèse obturatrice est souvent sous-estimé. Des études montrent que la réhabilitation précoce améliore significativement la qualité de vie des patients oncologiques, réduisant l’anxiété et favorisant leur compliance au suivi post-chirurgical.


Impératifs Prothétiques : Les 8 Critères Fondamentaux

Pour rétablir la phonation, la déglutition, la mastication et le soutien des tissus mous, la prothèse obturatrice doit répondre à des critères garantissant sa bonne intégration.

1. Sustentation

La sustentation est assurée par :

  • Les crêtes et les zones du palais non touchées par la chirurgie
  • Le fond du vestibule et les brides du voile désinsérées
  • Les tubérosités maxillaires ou ce qu’il en reste
  • La corniche zygomato-malaire en haut et en dehors

Les zones anatomiques ne pouvant pas assurer la sustentation incluent les cornets inférieur et moyen, le vomer, la trompe d’Eustache et le plancher de l’orbite. Ces zones fragiles supportent mal la pression, ne permettant qu’un appui faible avec un matériau souple.

2. Rétention

Chez l’édenté complet, les zones de rétention sont :

  • En avant : le pied de la cloison nasale ou repli labial antérieur
  • En arrière : le bord supérieur du voile
  • En dehors : la saillie de la tubérosité
  • Sur la ligne médiane : le rebord de la voûte palatine s’il constitue une saillie de 2 mm par rapport au plan vertical de la cloison

3. Stabilité

La stabilité est optimisée en :

  • Cherchant un maximum d’appui au niveau des régions nasales et/ou sinusiennes
  • Utilisant un articulé inversé ou en bout à bout au niveau du côté opéré pour favoriser le centrage
  • Employant des adhésifs dentaires ou des implants endo-osseux

4. Poids

Le poids doit être réduit en évidant les prothèses et en utilisant des dents prothétiques en résine et des obturateurs en silicone. Un obturateur trop lourd compromet la rétention et aggrave l’inconfort du patient.

5. Hygiène

L’hygiène est assurée par :

  • Une forme convexe de la partie supérieure de l’obturateur, ou
  • Une forme concave permettant l’écoulement naturel des sécrétions

L’entretien quotidien de la prothèse obturatrice est primordial, notamment chez les patients irradiés dont les muqueuses sont fragilisées. Un bain de bouche adapté comme le Listerine Total Care 0% alcool peut aider à maintenir une bonne hygiène buccale autour de l’appareillage.

6. Respiration

La respiration doit être conservée en permettant le passage de l’air entre les cavités pharyngienne et nasale. L’obturateur ne doit jamais créer d’obstruction ventilatoire.

7. Écoulement salivaire

L’écoulement salivaire au niveau de l’ostium de Sténon (canal de la glande parotide) ne doit pas être bloqué par l’extrados de la prothèse, sous peine de complications infectieuses (parotidite).

8. Étanchéité

L’étanchéité doit être obtenue au niveau de la perte de substance pour éviter :

  • La fuite d’air perturbant la phonation (hypernasalité)
  • L’écoulement des sécrétions muqueuses des sinus vers la cavité buccale
  • Le reflux des liquides vers les cavités nasales et/ou sinusiennes lors de la déglutition

Les Différents Types de Prothèse Obturatrice

L’appareillage proposé dépend de l’importance de l’exérèse chirurgicale, de la présence ou non des dents et du moment où le patient est adressé pour la réhabilitation prothétique.

Prothèse Obturatrice Immédiate ou Chirurgicale

Envisagée lorsqu’une consultation pré-chirurgicale est programmée, elle repose sur une empreinte de la voûte prise avant l’intervention pour réaliser une plaque palatine soutenant un obturateur mis en place en fin d’intervention.

Chez le patient denté : La stabilité et la rétention sont assurées par les dents restantes, avec une liaison via des cavaliers métalliques.

Obturateur immédiat avec présence de cavaliers métalliques

Obturateur immédiat avec présence de cavaliers métalliques

Chez le patient édenté : La stabilisation nécessite des moyens spécifiques tels que des fils métalliques suspendus aux apophyses zygomatiques, ou un système de suspension par un fil transfixant le voile (technique de MARKER).

Vis trans -osseuses maintenant la plaque contre la voute palatine

Vis trans-osseuses maintenant la plaque contre la voûte palatine

Selon MARGAINAUD ET COLL (1998), ces prothèses suppriment presque toutes les séquelles immédiates, permettant une alimentation et une parole normales dès l’intervention. Ce bénéfice fonctionnel et psychologique immédiat est un argument fort pour la planification prothétique pré-opératoire.

Prothèse Obturatrice Semi-Immédiate

Préconisée lorsque l’obturateur immédiat est impossible (absence de consultation pré-chirurgicale, urgence opératoire), elle nécessite une consultation pré-chirurgicale pour une prise d’empreintes minimisant la douleur. Une plaque palatine en résine est confectionnée et mise en place dès la consultation post-opératoire. Elle réduit le traumatisme psychologique en assurant un appareillage précoce, même si elle est moins précise que l’obturateur immédiat.

Prothèse Obturatrice Transitoire ou Évolutive

Mise en place environ dix jours après la chirurgie, elle prépare la perte de substance à recevoir la prothèse définitive, restaurant une phonation correcte et une alimentation sans reflux.

Chez le patient denté : La conception dépend du nombre et de la qualité des dents restantes et de l’étendue de la résection. Une empreinte à l’alginate de la voûte et des pourtours permet de réaliser une plaque palatine avec un prolongement pour une balle obturatrice en silicone ou résine à prise retardée.

Chez le patient édenté : La rétention est obtenue en pénétrant dans la cavité de résection avec des matériaux souples ou rigides. Cette prothèse présente plusieurs défis : un premier contact difficile avec le patient, un dialogue potentiellement altéré, des empreintes douloureuses et une réalisation différée.

Prothèse Obturatrice d’Usage ou Définitive

Envisagée lorsque la cicatrisation est satisfaisante — soit six mois à un an selon KEYF (2001) et DETRAIT ET COLL (2002) — elle doit être stable, esthétique et fonctionnelle, avec une occlusion correcte. Elle nécessite des vérifications périodiques en raison des rétractions cicatricielles possibles, surtout chez les patients irradiés dont la muqueuse continue d’évoluer.


Obturateur Rigide ou Souple ? Critères de Choix

Selon MAIRE ET COLL (2000), le choix entre obturateur rigide ou souple dépend de l’ouverture buccale, de l’étendue de la cavité, de la qualité des dents résiduelles, de l’âge et des comorbidités du patient.

Obturateur Rigide

Préconisé chez les patients dentés, avec une plaque palatine en résine (patients faiblement dentés) ou métallique avec crochets coulés (patients largement dentés). L’obturateur est creux pour réduire le poids. Il offre une meilleure stabilité occlusale et une durabilité accrue.

Obturateur Souple

Préféré chez l’édenté, pour les grandes pertes de substance ou en cas de trismus (limitation d’ouverture buccale). La rétention est assurée par l’obturateur en silicone, lié à la plaque en résine par un système aimant-capteur. Il est plus confortable et s’adapte mieux aux irrégularités tissulaires.

À Retenir — Récapitulatif Clinique

Situation cliniqueObturateur recommandé
Patient denté, petite PDSMRigide
Patient denté, grande PDSMRigide creux
Patient édenté completSouple (silicone)
Trismus ou limitation d’ouvertureSouple
Grande perte de substanceSouple
Sans limitation buccaleRigide ou souple selon les dents

Prothèse obturatrice monobloc avec obturateur rigide en résine

Prothèse obturatrice mono bloc avec obturateur rigide en résine

Quelle Solution Convient à Votre Patient ? Tableau Comparatif des Types d’Obturateurs

Ce tableau aide à choisir le type d’obturateur selon le profil clinique du patient et le timing de prise en charge.

CritèreImmédiatSemi-immédiatTransitoireDéfinitif
Timing de mise en placeEn salle d’opJ postop~J106–12 mois
Consultation pré-op requiseOuiNonNonNon
Matériau obturateurRésine dureRésineSilicone/résineSilicone ou résine
Patient dentéCavaliers métalliquesPlaques résineCrochets + balleCrochets coulés
Patient édentéFils suspendus/visPlaques résineRétention cavitaireSystème aimant
Précision anatomiqueÉlevée (pré-op)MoyenneBonneExcellente
Durée d’utilisationCourt termeCourt termeMoyen termeLong terme
Objectif principalProtection + phonationAppareillage précocePréparationRéhabilitation totale

Réalisation de la Prothèse Obturatrice : Techniques d’Empreinte

La réalisation nécessite une empreinte complexe, divisée en deux étapes : une empreinte préliminaire pour un modèle d’étude et une empreinte secondaire analytique.

Empreinte Préliminaire

Choix du porte-empreinte : Un porte-empreinte de série, modifié par adjonction de cire, plaque base ou résine auto-polymérisable selon la morphologie de la cavité.

Choix du matériau : Les alginates sont privilégiés pour leur élasticité, permettant un retrait sans lésion des muqueuses fragilisées.

Technique : Le porte-empreinte perforé est garni d’alginate, avec un excès supprimé. Une compresse vaselinée protège la cavité. Le patient mobilise sa tête pour mouler la paroi pharyngée.

Empreintes Secondaires

Un modèle d’étude permet de construire un porte-empreinte individuel (PEI). L’empreinte est réalisée en trois temps successifs :

1. Enregistrement du jeu des organes périphériques

Obtenu par segments avec de la pâte de Kerr verte, suivant la technique classique du surfaçage. Si la rétention est insuffisante, un remarginage avec pâte à l’oxyde de zinc est effectué.

2. Enregistrement de la région du pharynx

Réalisé avec de la gutta-percha noire ramollie, placée à l’extrémité postérieure du porte-empreinte. Le patient fléchit la tête, déglutit et articule les voyelles pour une émission correcte. Un enregistrement phonétique peut utiliser une résine à prise retardée.

3. Empreinte de la partie statique de la surface d’appui

Obtenue avec un élastomère de consistance moyenne. Les matériaux durcissant à base de plâtre ou d’oxyde de zinc sont à éviter. Un coffrage soigneux assure une reproduction fidèle des bords.

Intérêts des Résines à Prise Retardée

Les résines à prise retardée occupent une place spécifique en prothèse maxillo-faciale. Elles sont utilisées pour :

  • Rester en bouche pendant la cicatrisation, s’adaptant aux modifications progressives du site opéré
  • Réaliser des prothèses immédiates et semi-immédiates et contrôler l’étanchéité des obturateurs provisoires ou définitifs

Selon LOH ET COLL (1986), leur dureté différée permet de se déformer pour épouser les contours de la perte de substance avant de durcir. Elles servent aussi d’empreintes fonctionnelles, enregistrant la topographie des tissus en mouvement. Pour LEJOYEUX (1986), elles améliorent la restauration maxillo-palatine lorsque la fonction mécanique, phonétique ou les doléances du patient l’exigent.


Erreurs Fréquentes à Éviter en Prothèse Obturatrice

Cette section recense les erreurs les plus courantes, rencontrées aussi bien chez les praticiens débutants que dans la pratique courante.

Erreur 1 — Omettre la Consultation Pré-Chirurgicale

Problème : L’absence de coordination avec le chirurgien avant l’intervention prive le patient d’un obturateur immédiat. Il se retrouve sans appareillage au réveil, avec toutes les séquelles fonctionnelles (reflux, aphonie, difficultés d’alimentation) et psychologiques que cela implique.

Bonne pratique : Intégrer le prothésiste ou le chirurgien-dentiste spécialisé dans la réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) oncologique, avant la date opératoire, afin de planifier l’obturateur immédiat.

Erreur 2 — Négliger les Zones de Sustentation Résiduelles

Problème : Se concentrer uniquement sur la cavité de résection en oubliant d’exploiter les zones de soutien anatomiques encore intactes (tubérosités, corniche zygomato-malaire) aboutit à une prothèse instable, inconfortable et à faible capacité masticatoire.

Bonne pratique : Réaliser une analyse clinique et radiologique systématique des structures résiduelles avant la confection de la prothèse, et en exploiter toutes les potentialités de rétention et de sustentation.

Erreur 3 — Choisir un Matériau Trop Lourd pour l’Obturateur

Problème : Un obturateur volumineux en résine dure non évidée génère un poids excessif qui fatigue les structures de rétention, provoque des douleurs et accélère la désinsertion de la prothèse au cours de la journée.

Bonne pratique : Évider systématiquement les obturateurs rigides. Pour les grandes pertes de substance ou les patients édentés, préférer le silicone qui offre légèreté, souplesse et confort.

Erreur 4 — Bloquer l’Ostium du Canal de Sténon

Problème : Un extrados mal conçu peut occlure le canal de la glande parotide, entraînant une stase salivaire, des douleurs parotidiennes et un risque de parotidite.

Bonne pratique : Vérifier systématiquement la position du canal de Sténon (environ à la hauteur du collet de la 2e molaire maxillaire) et dégager cette zone lors de la conception de l’extrados prothétique.

Erreur 5 — Retarder la Prothèse Définitive Sans Surveillance

Problème : Attendre la stabilisation cicatricielle sans assurer un suivi régulier expose le patient à des brides fibreuses, un trismus progressif ou une rétraction du voile qui rendront impossible la conception d’une prothèse définitive adaptée.

Bonne pratique : Maintenir un suivi mensuel pendant la phase transitoire, adapter la prothèse évolutive au fur et à mesure des modifications tissulaires, et envisager la prothèse définitive dès que la cicatrisation est jugée stable (6 à 12 mois).

Erreur 6 — Sous-Estimer le Trismus dans la Conception Prothétique

Problème : Chez le patient irradié, le trismus peut s’aggraver progressivement. Concevoir une prothèse rigide volumineuse qui ne peut plus être insérée en cas d’aggravation du trismus contraint à une refabrication complète.

Bonne pratique : Chez tout patient à risque de trismus (radiothérapie mandibulaire, région masséterine), anticiper dès la phase transitoire en choisissant un obturateur souple démontable et en limitant l’encombrement global de la prothèse.


Cas Cliniques Commentés

Cas Clinique 1 — Maxillectomie partielle chez un patient denté

Présentation : M. A., 58 ans, tabagique, est opéré d’un carcinome épidermoïde du palais dur entraînant une hémi-maxillectomie gauche. Il conserve ses dents du côté droit.

Problématique identifiée : Perte de substance de classe II (ARAMANY), communication bucco-nasale importante, risque de reflux et hypernasalité. Présence de dents résiduelles utilisables pour la rétention.

Prise en charge : Grâce à une consultation pré-chirurgicale, un obturateur immédiat avec cavaliers métalliques sur les prémolaires droites est confectionné et mis en place en fin d’intervention. À J10, une prothèse transitoire est adaptée pour accompagner la cicatrisation. À 8 mois post-op, une prothèse définitive rigide à plaque métallique avec crochets coulés et obturateur creux évidé est livrée.

Résultat : Phonation normalisée à 95 %, alimentation per os reprise à J1 postopératoire, réinsertion professionnelle à 3 mois.

Point clé : La planification pré-opératoire est le facteur déterminant de la qualité du résultat fonctionnel immédiat.


Cas Clinique 2 — Fente palatine unilatérale chez un adulte édenté

Présentation : Mme B., 72 ans, édentée totale, présente une fente palatine unilatérale congénitale non opérée dans l’enfance. Elle consulte pour reflux nasal lors de l’alimentation et difficultés de phonation depuis plusieurs années.

Problématique identifiée : Absence de dents pour la rétention, fente palatine étendue, tissu résiduel de qualité moyenne, muqueuse fragile liée à l’âge.

Prise en charge : Réalisation d’une prothèse obturatrice souple à base de silicone, liée à une plaque palatine en résine via un système aimant-capteur. Empreinte secondaire en trois temps avec gutta-percha et élastomère de consistance moyenne. Instructions d’hygiène renforcées avec bain de bouche sans alcool.

Résultat : Suppression du reflux dans 90 % des situations, amélioration notable de l’intelligibilité, satisfaction élevée à 6 mois. Prothèse rebasée à 18 mois pour adapter aux rétractions muqueuses.

Point clé : Chez l’édenté, la rétention repose entièrement sur l’ingéniosité prothétique et le choix des matériaux ; le silicone est souvent le meilleur allié.


Cas Clinique 3 — Patient irradié avec trismus progressif

Présentation : M. C., 65 ans, traité par chirurgie et radiothérapie pour un carcinome du palais mou, développe progressivement un trismus. Ouverture buccale initiale : 35 mm, à 18 mois : 18 mm.

Problématique identifiée : Aggravation du trismus compromettant l’insertion de la prothèse transitoire rigide. Risque d’impossibilité d’appareillage si la conception n’est pas adaptée.

Prise en charge : Remplacement de la prothèse transitoire rigide par un obturateur souple démontable, de faible volume, insérable même avec une ouverture buccale réduite. Kinésithérapie d’ouverture buccale recommandée en parallèle. Obturateur en silicone léger pour minimiser les contraintes sur les tissus irradiés.

Résultat : Appareillage maintenu malgré la limitation d’ouverture buccale. Prévention de la dégradation fonctionnelle. Nécessité d’un suivi semestriel compte tenu du risque d’ostéoradionécrose.

Point clé : Chez le patient irradié, anticiper le trismus dès la conception prothétique initiale est indispensable pour éviter une situation d’impasse thérapeutique.


Foire Aux Questions (FAQ)

Qu’est-ce qu’une prothèse obturatrice et à quoi sert-elle exactement ?

Une prothèse obturatrice est un appareil prothétique conçu pour fermer une communication anormale entre la cavité buccale et les cavités nasales ou sinusiennes. Elle est indiquée après résection chirurgicale d’une tumeur du maxillaire, en cas de fente palatine non opérée ou après traumatisme. Elle restaure la phonation, la déglutition, la mastication et le soutien des tissus mous du visage.

Quelle est la différence entre un obturateur rigide et un obturateur souple ?

L’obturateur rigide est fabriqué en résine ou métal, préféré chez les patients dentés avec une petite perte de substance et sans limitation d’ouverture buccale. L’obturateur souple, en silicone, est recommandé chez les édentés complets, en cas de grande perte de substance ou de trismus. Le silicone offre plus de confort et s’adapte mieux aux irrégularités anatomiques, mais s’use plus vite.

Combien de temps faut-il attendre avant de réaliser la prothèse définitive ?

La prothèse définitive est généralement envisagée entre 6 et 12 mois après la chirurgie, lorsque la cicatrisation est jugée stable. Ce délai peut être allongé chez les patients ayant reçu une radiothérapie, car les modifications tissulaires persistent plus longtemps. Une surveillance régulière avec adaptation de la prothèse transitoire est nécessaire pendant toute cette période.

La prothèse obturatrice peut-elle être posée le jour même de l’opération ?

Oui, c’est même la solution idéale. L’obturateur immédiat est confectionné avant l’intervention grâce à une consultation pré-chirurgicale. Il est placé en salle d’opération en fin d’intervention. Il supprime presque toutes les séquelles immédiates et permet une alimentation et une parole normales dès le lendemain de la chirurgie. Cela nécessite cependant une coordination étroite entre le chirurgien et le prothésiste.

Comment entretenir une prothèse obturatrice au quotidien ?

La prothèse doit être retirée après chaque repas pour être nettoyée à l’eau et au savon doux ou avec une solution spéciale prothèse. La cavité buccale et la zone de résection doivent être rincées avec un bain de bouche non alcoolisé. La prothèse doit être conservée dans de l’eau la nuit. Un contrôle prothétique régulier (tous les 3 à 6 mois) est indispensable pour adapter l’appareil aux évolutions tissulaires.

Peut-on poser des implants dentaires pour améliorer la rétention d’une prothèse obturatrice ?

Oui, les implants endo-osseux peuvent considérablement améliorer la stabilité et la rétention d’une prothèse obturatrice, notamment chez le patient édenté. Ils sont particulièrement utiles dans les cas de grande perte de substance où les zones d’appui classiques sont insuffisantes. Cependant, ils sont contre-indiqués ou à utiliser avec précaution chez les patients ayant reçu une radiothérapie en raison du risque d’ostéoradionécrose.

Quels sont les signes qui doivent alerter et nécessitent une consultation urgente ?

Il faut consulter rapidement en cas de : douleurs persistantes sous la prothèse, ulcération ou plaie de la muqueuse, fracture ou déformation de l’appareil, reflux nasaux qui réapparaissent malgré la prothèse, sensation de desserrement soudain, ou mauvaise haleine persistante malgré une bonne hygiène. Ces signes peuvent indiquer une rétraction cicatricielle, une inflammation ou un début de complication.

Les étudiants en dentaire peuvent-ils se former à la prothèse maxillo-faciale ?

Oui, la prothèse maxillo-faciale fait partie du programme des études odontologiques. Des ressources spécialisées existent pour approfondir ce domaine pointu. Le Guide clinique d’odontologie constitue une référence incontournable, et la plateforme ResiDentaire™ propose des QCM interactifs pour préparer l’internat en odontologie.


Conclusion : Pronostic Prothétique et Clés de Réussite

La prothèse obturatrice représente un défi clinique majeur, mais aussi une opportunité extraordinaire d’améliorer la vie de patients souvent très fragilisés par la maladie et la chirurgie. Son pronostic dépend de plusieurs facteurs interdépendants :

  • La taille de la perte de substance et sa classification (classes d’ARAMANY)
  • La quantité et la hauteur des crêtes alvéolaires résiduelles disponibles pour la sustentation
  • La présence de zones de rétention anatomiques exploitables
  • La collaboration avec le chirurgien maxillo-facial pour préserver les zones compatibles avec l’exérèse chirurgicale
  • Le port d’une prothèse immédiate ou semi-immédiate pour guider la cicatrisation et empêcher la formation de fibroses ou brides cicatricielles

Pour l’étudiant en dentaire souhaitant approfondir ce domaine, le Référentiel internat en parodontologie et les Annales corrigées de l’internat en odontologie 2022-2024 constituent des ressources précieuses pour consolider ses connaissances et réussir les épreuves classantes nationales.

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