TUMEURS EPITHELIALES
TUMEURS EPITHELIALES
Tumeurs Épithéliales
Les tumeurs épithéliales englobent un large éventail de lésions, qu’elles soient bénignes ou malignes, issues des épithéliums de revêtement (malpighien ou glandulaire) ou des parenchymes glandulaires. Leur classification repose sur leur caractère histologique, leur comportement biologique et leur potentiel évolutif. Ce document détaille les caractéristiques des tumeurs bénignes et malignes, en mettant l’accent sur leurs aspects cliniques, macroscopiques, microscopiques et évolutifs.
Tumeurs Bénignes
Tumeurs Bénignes des Revêtements Épithéliaux
Tumeurs Bénignes des Épithéliums Malpighiens
Les tumeurs bénignes des épithéliums malpighiens, souvent appelées papillomes, se manifestent cliniquement par des lésions exophytiques, c’est-à-dire des excroissances faisant saillie sur la surface cutanée ou muqueuse. Ces lésions peuvent apparaître sur la peau ou les muqueuses malpighiennes, comme celles de la cavité buccale, de l’œsophage ou du canal anal.
Caractéristiques microscopiques
À l’examen histologique, le papillome se distingue par trois caractéristiques principales :
- Papillomatose : L’épithélium malpighien forme des replis digitiformes, centrés par un axe conjonctif vascularisé, donnant un aspect en “doigts de gant”.
- Hyperacanthose : Une hyperplasie de l’épithélium malpighien, avec une augmentation du nombre de cellules dans le corps muqueux de Malpighi.
- Hyperkératose : Un épaississement de la couche cornée, souvent visible à la surface de la lésion.
Cytologiquement, ces tumeurs restent bénignes, sans atypie cytonucléaire ni mitoses anormales. La membrane basale demeure intacte, ce qui les distingue des lésions malignes. Cependant, une papillomatose prolongée, notamment sur les muqueuses, peut évoluer vers un carcinome épidermoïde, particulièrement en présence de facteurs de risque comme une infection à HPV (papillomavirus humain) ou une irritation chronique.
Exemples cliniques
- Papillome cutané : Souvent observé sur la peau, il peut prendre la forme de verrues ou de lésions pédiculées.
- Papillome des muqueuses buccales : Ces lésions, uniques ou multiples, sont fréquentes dans la cavité buccale. Elles peuvent être associées à une infection virale (HPV) et nécessitent une surveillance en raison de leur potentiel de transformation maligne.
Tumeurs Bénignes des Épithéliums Glandulaires
Les tumeurs bénignes des épithéliums glandulaires, appelées adénomes, se développent dans les glandes exocrines (comme la parotide, les glandes saliv Facialisées, ou dans la cavité buccale. Elles se présentent sous forme de lésions nodulaires, uniques ou multiples, parfois regroupées sous le terme d’adénomatose.
Aspects macroscopiques
Macroscopiquement, les adénomes se manifestent par des nodules bien délimités, parfois volumineux, qui peuvent faire saillie dans la cavité d’un organe, comme la cavité buccale ou les glandes salivaires. Leur consistance est généralement molle ou ferme, selon le degré de fibrose du stroma.
Aspects histopathologiques
À l’examen microscopique, les adénomes montrent une prolifération de cavités glandulaires, dont la morphologie varie selon le type histologique :
- Adénome tubuleux : Formé de structures glandulaires en tubes.
- Adénome villeux : Présente des projections papillaires.
- Adénome tubulo-villeux : Combine les deux architectures.
Une analyse histologique approfondie permet d’évaluer la présence de dysplasie, un facteur prédictif d’une éventuelle transformation en carcinome. Les adénomes à risque, notamment ceux de type villeux, nécessitent une surveillance accrue en raison de leur potentiel malin.
Exemples cliniques
- Adénome de la parotide : Une tumeur bénigne fréquente dans les glandes salivaires, souvent unique, mais parfois multiple (adénomatose).
- Adénome pléomorphe : Une variante courante, caractérisée par un mélange de composantes épithéliales et myoépithéliales.
Tumeurs Bénignes : Résumé
| Type de Tumeur | Localisation | Caractéristiques Macroscopiques | Caractéristiques Microscopiques | Risque Évolutif |
|---|---|---|---|---|
| Papillome | Peau, muqueuses | Lésions exophytiques, pédiculées ou verruqueuses | Papillomatose, hyperacanthose, hyperkératose | Transformation maligne possible (carcinome épidermoïde) |
| Adénome | Glandes (ex. parotide) | Nodules bien délimités, parfois saillants | Prolifération glandulaire (tubuleux, villeux, tubulo-villeux) | Risque de dysplasie et carcinome |
Les Carcinomes
Définition
Le terme carcinome (ou épithélioma) désigne les tumeurs malignes développées à partir d’épithéliums, qu’il s’agisse d’épithéliums de revêtement (malpighien ou cylindrique) ou de parenchymes glandulaires. Ces tumeurs se distinguent par leur potentiel invasif et métastatique, contrairement aux tumeurs bénignes.
Carcinomes des Revêtements Épithéliaux
Carcinomes Épidermoïdes
Généralités
Les carcinomes épidermoïdes sont des tumeurs malignes qui reproduisent, de manière plus ou moins fidèle, la structure d’un épithélium malpighien. Ils se développent principalement sur des épithéliums malpighiens de revêtement (peau, muqueuses du tube digestif, appareil génital féminin). Cependant, ils peuvent également survenir sur des épithéliums glandulaires ayant subi une métaplasie malpighienne, souvent en réponse à une irritation chronique.
Localisations fréquentes :
- Peau : Surtout sur les zones exposées au soleil (visage, lèvres, mains).
- Muqueuses : Cavité buccale, œsophage, canal anal, exocol, vagin, vulve.
Aspects Macroscopiques
Les carcinomes épidermoïdes présentent des morphologies variées, souvent détectables par des examens radiologiques ou endoscopiques :
- Formes végétantes : Masses tumorales saillantes, parfois volumineuses, faisant saillie sur la surface cutanée ou dans la lumière d’un organe.
- Formes ulcérées : Pertes de substance plus ou moins profondes, souvent entourées d’un bourrelet tumoral. Les formes ulcéro-végétantes ou ulcéro-infiltrantes sont fréquentes.
- Formes infiltrantes : Envahissement progressif de l’organe, entraînant épaississement, rigidité et parfois sténose.
Pour un dépistage précoce, des lésions discrètes comme une zone dépolie, une plage télangiectasique ou une érosion superficielle doivent inciter à des examens complémentaires (cytologie, histologie).
Aspects Histologiques
Histologiquement, les carcinomes épidermoïdes se composent de lobules ou de travées tumorales, répartis dans un stroma plus ou moins inflammatoire. Les cellules présentent des critères de malignité (atypies cytonucléaires, mitoses anormales). Le degré de différenciation influence l’aspect de la tumeur :
- Bien différenciés : Reproduisent fidèlement l’épithélium malpighien, avec des cellules basaloïdes en périphérie et des cellules polygonales au centre, formant des ponts d’union intercellulaires.
- Peu différenciés : Moins structurés, les lobules sont majoritairement composés de cellules basaloïdes avec une différenciation minimale.
La maturation (kératinisation ortho-, para- ou dyskératosique) est un critère supplémentaire pour évaluer la différenciation.
Cas Particulier : Cancers Cutanés
Les cancers cutanés, fréquents chez les sujets à peau claire, sont souvent liés à l’exposition aux UV (lèvres, visage, tempes, oreilles, dos des mains). Certaines professions (marins, agriculteurs) ou conditions (radiodermites, xeroderma pigmentosum) augmentent le risque. Leur accessibilité facilite un dépistage précoce.
Carcinomes épidermoïdes cutanés
- Macroscopie : Forme ulcéro-végétante la plus courante, parfois végétante pure (« corne cutanée »).
- Histologie : Bien différenciés, avec une structure évoquant l’épiderme (cellules basaloïdes en périphérie, ponts d’union, maturation possible).
- Évolution : Extension locale et métastases ganglionnaires fréquentes, mais métastases viscérales rares.
Carcinomes basocellulaires
- Macroscopie : Formes ulcérées avec un bourrelet « perlé », cicatricielle ou pigmentée.
- Histologie : Lobules de,必
System: Histopathologie : Cellules basaloïdes en disposition palissadique, sans différenciation malpighienne ni maturation.
- Évolution : Lente, strictement locale, sans métastases, mais potentiellement mutilante si négligée.
Carcinome épidermoïde in situ (Maladie de Bowen)
- Macroscopie : Lésions érythémateuses, parfois hyperkératosiques, appelées leucoplasies sur les muqueuses.
- Histologie : Désorganisation intra-épithéliale avec atypies, hyperplasie basale et dyskératose.
- Évolution : Risque de transformation en carcinome invasif.
Carcinomes des Muqueuses Glandulaires
Ces carcinomes partagent des caractéristiques macroscopiques similaires aux carcinomes épidermoïdes (végétants, ulcérés, infiltrants). Leur histopathologie est proche de celle des adénocarcinomes glandulaires UB, avec des glandes, tubes ou papilles.
Carcinomes des Parenchymes Glandulaires
Aspects Macroscopiques
Ces tumeurs se présentent sous forme de nodules mal délimités, uniques ou multiples, parfois nécrotiques ou hémorragiques. Des formes kystiques, végétantes ou scléreuses (dures et rétractiles) sont décrites.
Aspects Histologiques
Le degré de différenciation varie :
- Bien différenciés : Structures glandulaires proches des glandes normales (tubes, papilles, acini).
- Moyennement/peu différenciés : Polymorphisme marqué, avec des massifs polyadénoïdes, cribriformes, ou des cellules en bague à chaton (carcinome colloïde muqueux).
- Indifférenciés : Nature épithéliale confirmée par immunohistochimie (EMA, KL1), mais sans différenciation précise.
Adénocarcinomes in situ : Limités à l’épithélium, sans franchir la membrane basale, mais pouvant évoluer vers l’invasion.
Techniques complémentaires : Coloration PAS, mucicarmin, bleu alcian pour détecter la mucosécrétion ; immunohistochimie pour confirmer l’origine épithéliale.
| Type de Carcinome | Macroscopie | Histologie | Évolution |
|---|---|---|---|
| Épidermoïde | Végétant, ulcéré, infiltrant | Lobules/travées, atypies, mitoses | Local + ganglionnaire, rares métastases viscérales |
| Basocellulaire | Ulcéré (perlé), cicatriciel, pigmenté | Cellules basaloïdes palissadiques, sans maturation | Lente, locale, mutilante si négligée |
| In situ (Bowen) | Érythémateux, hyperkératosique | Désorganisation intra-épithéliale, atypies, dyskératose | Risque d’invasion |
| Adénocarcinome | Nodule, kystique, scléreux | Glandes/papilles/acini, polymorphisme | Local, ganglionnaire, métastases possibles |
Voici une sélection de livres:
- Guide pratique de chirurgie parodontale Broché – 19 octobre 2011
- Parodontologie Broché – 19 septembre 1996
- MEDECINE ORALE ET CHIRURGIE ORALE PARODONTOLOGIE
- Parodontologie: Le contrôle du facteur bactérien par le practicien et par le patient
- Parodontologie clinique: Dentisterie implantaire, traitements et santé
- Parodontologie & Dentisterie implantaire : Volume 1
- Endodontie, prothese et parodontologie
- La parodontologie tout simplement Broché – Grand livre, 1 juillet 2020
- Parodontologie Relié – 1 novembre 2005
Leave a Reply