Traitement de la Dysharmonie Dento-Maxillaire

Traitement de la Dysharmonie Dento-Maxillaire

Traitement de la Dysharmonie Dento-Maxillaire

Définition

La dysharmonie dento-maxillaire (DDM) correspond à une disproportion entre la taille des dents et la dimension des maxillaires, entraînant une discontinuité des arcades dentaires. On diagnostique :

  • DDM par défaut dentaire : en présence d’une microdontie vraie ou relative.
  • DDM par excès dentaire : en cas de macrodontie vraie ou relative.

Objectifs et Principes de Traitement

Objectifs de Traitement de la DDM

  • Retrouver des contacts proximaux satisfaisants.
  • Favoriser une croissance normale des maxillaires.
  • Reconstruire une occlusion équilibrée, en tenant compte du profil facial et des conditions parodontales initiales.

Principes de Traitement

  • Évaluation du déficit global d’espace : Cette analyse permet de quantifier le déficit d’espace en fonction des possibilités thérapeutiques et de l’environnement musculaire et parodontal. Selon cette évaluation, on optera pour un traitement avec ou sans extraction, et un traitement précoce ou tardif.
  • Technique fixe multi-attaches : Indispensable en denture adulte.

Prévention de la DDM

  • Favoriser une alimentation équilibrée riche en fibres dès l’apparition des dents.
  • Éliminer les habitudes nocives contribuant à la déformation des arcades.
  • Rééduquer les différentes fonctions orales.
  • Supprimer tout obstacle entravant l’éruption dentaire.
  • Diagnostiquer et traiter précocement les caries.
  • Maintenir l’espace après la perte prématurée des dents temporaires.

Interception de la DDM

DDM par Excès Dentaire

Le traitement interceptif de la DDM par excès dentaire repose sur :

  • Augmentation de l’espace disponible.
  • Diminution de l’espace nécessaire.
Traitements sans Extractions

Indications :

  • DDM inférieure à 7 mm.
  • Profil rectiligne ou concave, lèvres fines ou longues, tonicité labiale moyenne.
  • Croissance mandibulaire antérieure.
  • Parodonte de bonne qualité.

Moyens :

DDM Faible ou Transitoire (Encombrement jusqu’à 4 mm)

a) Conservation de l’espace de dérive mésiale (ancrage)

  • Objectif : Préserver l’espace sur l’arcade.
  • Actions : Réaliser des soins conservateurs (obturations, reconstitution des molaires de lait délabrées). Les extractions sont contre-indiquées.
  • L’espace de dérive mésiale (environ 4 mm) peut être utilisé pour résoudre l’encombrement.
  • Moyens :
  • À la mandibule : arc lingual, lipbumper.
  • Au maxillaire : arc de Nance, barre transpalatine.

b) Guidage de l’éruption par usures des faces proximales (stripping) des dents temporaires

  • Suivi ou non d’un traitement orthodontique simple pour favoriser la mise en place des dents permanentes.

Séquences :

  • En cas d’encombrement incisif inférieur : meuler mésialement la canine de lait pour corriger l’encombrement incisif.
  • Meuler le bord mésial de la première molaire de lait avant l’éruption de la canine pour permettre son éruption distale.
  • Meuler mésialement la deuxième molaire de lait pour permettre l’éruption distale de la première prémolaire.
  • L’éruption de la deuxième prémolaire occupe l’espace de dérive mésiale de la molaire.

c) Correction de la rotation mésiopalatine des molaires

  • Une première molaire en rotation occupe environ 12 mm, contre 10 mm lorsqu’elle est redressée, libérant ainsi 2 mm par côté.
  • Moyens : barre transpalatine, quadhélix, lipbumper, force extra-orale (FEO).
DDM entre 4 et 7 mm
  • Nécessite un examen clinique approfondi, une étude céphalométrique et une évaluation des moulages pour vérifier la possibilité de :
  • Réaliser une expansion transversale pour récupérer du périmètre d’arcade.
  • Redresser la molaire (distalisation).
  • Avancer les incisives.

a) Expansion

  • Arcade supérieure : quadhélix, quadhélix-Crozat, appareil amovible d’expansion.
  • Arcade inférieure : bihélix, bihélix-Crozat (si avancement des incisives nécessaire), appareil de Fränkel (éloigne les forces des lèvres et joues, permettant une expansion spontanée de 4-5 mm), disjoncteur maxillaire (jusqu’à 11 mm d’expansion).

b) Distalisation des molaires

  • Indiquée en l’absence de DDM postérieure et si l’espace est suffisant entre la première molaire et les germes des deuxième et troisième molaires.

Moyens :

  • Plaque de Cetlin.
  • Lipbumper.
  • Force extra-orale.
  • Pendulum.
  • Minivis.
Traitements avec Extractions

Si les moyens pour récupérer l’espace nécessaire échouent, deux options sont possibles :

  • S’abstenir de traiter en denture mixte et attendre la denture permanente pour extractions de dents permanentes, en évitant une expansion excessive.
  • Pratiquer des extractions programmées ou en série.
Extractions Pilotées (Programmées, en Série)

Principes :

  • L’avulsion d’une dent temporaire avec résorption racinaire débutante retarde l’éruption de la dent permanente sous-jacente.
  • L’avulsion d’une dent temporaire avec résorption racinaire supérieure à la moitié accélère l’éruption de la dent sous-jacente.
  • Objectif : Faire évoluer les premières prémolaires avant les canines.
  • Après éruption des dents permanentes, un traitement orthodontique finalise l’occlusion.
  • Les extractions des canines de lait doivent être simultanées pour éviter un décalage des médianes incisives.

Indications :

  • Classe I squelettique avec encombrement important.
  • Denture mixte avec plan terminal à marche mésiale évoluant en Classe I.
  • Surplomb et recouvrement peu importants.
  • Typologie mésofaciale et dolichofaciale.
  • Âge autour de 8 ans.

Contre-indications :

  • Classe II ou III squelettique.
  • Typologie brachyfaciale.
  • DDM faible ou transitoire.
  • Agénésies.
  • Birétroalvéolie (aggravation du profil).
  • Supraclusion.

Préccaution : En cas de doute, ne pas extraire, car c’est irréversible.

Méthode de Hotz

Séquence :

  • Extraction des canines de lait (53, 63, 73, 83) lorsque les racines sont peu résorbées (1/3), vers 8 ans.
  • Extraction des premières molaires de lait (54, 64, 74, 84) environ 6 mois plus tard.
  • Extraction des premières prémolaires (14, 24, 34, 44) lorsque 1/3 de la couronne est visible.
Méthode de Tweed

Séquence :

  • Extraction des premières molaires de lait vers 8 ans d’âge dentaire.
  • Extraction des premières prémolaires dès leur apparition, et extraction simultanée des canines de lait 4 à 10 mois plus tard.

Indications :

  • Encombrement modéré en Classe I.
  • Canines présentes et stables.
  • Absence de dénudation incisive.
  • Légère tendance à la supraclusion.
  • Profil rectiligne.

Inconvénients :

  • Effet limité sur l’encombrement incisif et l’évolution des canines.
  • Favorise le déplacement mésial des molaires.

Traitement Tardif de la DDM par Excès Dentaire

De nombreux auteurs privilégient le traitement en denture permanente avec des appareillages multi-attaches.

Traitement sans Extractions
  • Expansion sagittale antérieure : Repositionnement incisif vestibulaire, si l’esthétique et le parodonte le permettent.
  • Distalisation : Une distalisation importante peut causer un encombrement postérieur, avec risque d’inclusion des deuxième et troisième molaires.
  • Expansion transversale : La disjonction est limitée à l’âge adulte ; le quadhélix doit être associé à un appareillage multi-attaches pour contrôler le torque.
  • Stripping : Meulage amélaire interproximal sur les deux arcades, permettant de résoudre des DDM de 4 à 8 mm sans extraction ni expansion. Selon Sheridan, 0,8 mm d’émail peut être éliminé sans danger sur les dents postérieures et 0,25 mm sur les dents antérieures, suivi d’un polissage et d’un vernis fluoré.
Traitement avec Extractions
  • Permet une diminution importante de l’espace nécessaire (environ 15 mm pour l’extraction de deux prémolaires inférieures).
  • Indiqué pour les DDM importantes.
  • Le choix des dents à extraire dépend de la valeur et de la localisation de la DDM, ainsi que des critères esthétiques, occlusaux, parodontaux et endodontiques.

Traitement de la DDM par Microdontie Relative

  • Entrepris tardivement, après éruption de toutes les dents permanentes.
  • Préconisation d’une restauration prothétique pour maintenir les résultats.
  • Normalisation de la position de la langue, si nécessaire.
  • Freinectomie, si indiquée.

Conclusion

La DDM constitue une anomalie entraînant souvent un préjudice esthétique, occlusal, carieux ou parodontal. Un diagnostic précis est essentiel pour choisir les moyens et le moment du traitement, afin d’obtenir un équilibre esthétique, occlusal et fonctionnel garantissant la stabilité des résultats.

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Traitement de la Dysharmonie Dento-Maxillaire

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