RECESSIONS PARODONTALES
RECESSIONS PARODONTALES
- Les récessions parodontales constituent un motif de consultation fréquent en parodontie puisqu’elles peuvent être à l’origine de sensations douloureuses ainsi que d’un préjudice esthétique pour le patient.
- Les expressions : récession gingivale, dénudation radiculaire ou déchaussement des dents ont longtemps désigné la même entité clinique, mais le terme récession parodontale est plus adapté car il englobe l’ensemble du parodonte qui migre apicalement.
- Rappels
- Complexe muco-gingival :
Il est constitué de:
- la gencive : partie de la fibromuquese buccale qui recouvre les procès alvéolaires et entour les dents dans leur partie cervicale, elle est divisée en différentes zones : libre, attachée et papillaire ;
- la muqueuse alvéolaire : se distingue de la gencive, dont elle est séparée par la ligne de jonction muco- gingivale, par sa couleur rouge plus foncé, son aspect lisse et sa mobilité relative par rapport aux tissus sous-jacents.
- Typologie parodontale :
- Le biotype parodontal est déterminé par le phénotype gingival incluant l’épaisseur et la hauteur des tissus kératinisés TK et le morphotype osseux (épaisseur de la paroi osseuse vestibulaire).
- Classification de Maynard et Wilson(1980) :
- Type I : hauteur suffisante de TK (3 à 5 mm) avec épaisseur suffisante du procès alvéolaire ; cas idéal.
- Type II : hauteur réduite de TK (< 2 mm), avec épaisseur suffisante du procès alvéolaire ;
- Type III : hauteur suffisante de TK, avec épaisseur réduite du procès alvéolaire ;
- Type IV : hauteur réduite de TK, avec épaisseur réduite du procès alvéolaire (fort potentiel de récessions).
- Sweirs et coll 2014 (préconisé depuis 2017):
03 biotypes parodontaux :
- Mince et festonné ;
- Epais et festonné.
- Epais et plat ;
- Définition de la récession:
« Déplacement de la gencive marginale apicalement à la jonction amélocémentaire » AAP 2001.
- Étiologie :
L’étiologie de la récession est considérée comme plurifactorielle, Il existe des facteurs prédisposant qui augmente le risque d’apparition de récession et potentialise l’action des facteurs déclenchants
- Facteurs prédisposants :
- Osseux : Table osseuse fine, fenestration, déhiscence.
- La morphologie osseuse est un facteur déterminant dans l’apparition des récessions.
- D’après Bernimoulin (1974), la récession osseuse est une condition préalable à la récession gingivale. Il existe une corrélation positive entre la mesure de la récession et celle de la déhiscence osseuse.
- Muco-gingivaux :
- Faibles épaisseur (< 1 mm) et hauteur (< 2 mm) de tissu kératinisé.
- Traction des freins et des brides, vestibule peu profond.
- Dentaires :
- Malpositions dentaires (version, rotation et égression) : Ces malpositions sont souvent associées à des défauts des tissus gingivaux ou osseux ou les deux à la fois
- Facteurs déclenchants :
- Traumatiques :
- Brossage traumatique : peut être la conséquence d’une mauvaise technique de brossage associant : une pression excessive, une brosse à dent dure ou un brossage horizontal
- Traumatisme occlusal.
- L’inflammation des tissus parodontaux.
- Facteurs iatrogènes :
- Agression de l’espace biologique (restaurations coronaires, prothèse),
- Mouvements orthodontiques mal contrôlé,
- Incision de décharge mal située,
- Extraction dentaire traumatique.
- Autres :
- lésions cervicales carieuses ou non.
- Habitudes nocives (l’onychophagie, l’interposition des objets).
- Tabac.
- Pathogénie :
- Traumatique :
- Un brossage agressif provoque une blessure avec perte de l’intégrité épithéliale. S’en suit une réaction inflammatoire qui, va détruire le tissu conjonctif ;
- La surface radiculaire se retrouve alors peu à peu exposée.
- Inflammatoire
- La plaque bactérienne sera à l’origine de lésion inflammatoire pure qui progresse de l’épithélium de poche vers l’épithélium externe.
- Sur un parodonte épais, l’inflammation gingivale provoque une poche parodontale.
- Sur un parodonte est fin, il y a peu de tissu conjonctif et la fusion de ces deux épithéliums est à l’origine de la dénudation radiculaire.
- Classifications :
- Classification de Miller (1985) :
La plus utilisée
- Classe I : récession n’atteint pas la ligne de jonction muco-gingivale LMG, il n y a pas de perte de tissu interdentaire ;
- Classe II : récession atteint ou dépasse la LMG, il y a pas de perte de tissu interdentaire ;
- Classe III : récession atteint ou dépasse la LMG, il n y a pas de perte d’os interdentaire et le tissu gingival proximal est apical à la JAC tout en restant coronaire à la base de la récession, ou bien il existe une mal position ;
- Classe IV : récession atteint ou dépasse la LMG, les tissus proximaux se situent au niveau de la base de la récession, et celle-ci intéresse plus d’une face de la dent ;
- Classification de Cairo (adoptée par la nouvelle classification Chicago 2017) :
- Essentiellement basée sur la perte des tissus d’attache interproximale :
- Type 1 (RT1) : récession gingivale sans perte d’attache interproximale. ;
- Type 2 (RT2) : récession gingivale avec perte d’attache inter-proximale inférieure ou égale à celle vestibulaire ;
- Type 3 (RT3) : récession gingivale avec perte d’attache inter-proximale supérieure à la perte d’attache vestibulaire.
- Diagnostic :
- Mesure de la récession et du tissu gingival adjacent :
A l’aide d’une sonde graduée les mesures suivantes sont effectuées :
- Mesures verticales
- Profondeur de sulcus ou de poche : rebord gingival-fond du sulcus ;
- Hauteur de la récession : de la jonction email-cément jusqu’ au rebord gingivale ;
- Perte d’attache : hauteur de la récession associé à la profondeur du sondage;
- Hauteur du tissu kératinisé : mesurée de rebord gingival jusqu’à la ligne muco-gingivale.
- Hauteur de GA est calculée en soustrayant la profondeur de sondage de la hauteur de TK ;
- Mesures horizontale :
- Largeur des récessions : la distance mésio-distale la plus large ;
- Largeur des papilles adjacentes : mesurée au niveau de leur base.
- Signes cliniques :
- Aspect inesthétique au sourire ;
- Hypersensibilité radiculaire, provoquée par des stimuli thermiques ou par le contact ;
- Sensibilité gingivale au brossage ou à la mastication ;
- Fente de stillman ;
Conclusion
Lorsque la gencive se rétracte et expose une partie de la racine dentaire, on parle de récession parodontale. Celle-ci peut entraîner une sensibilité au froid ou une gêne esthétique.
Parfois aussi, lorsque la taille de la récession est importante ou lorsque la gencive est trop fine, le risque
d’aggravation augmente. À terme, une récession trop importante, même sans sensibilité ni gêne esthétique, limite la précision du brossage, favorise l’émergence de gingivite et parodontite et peut se solder par la perte de la dent dénudée. L’étiologie plurifactorielle de la récession doit être éliminée avant toute décision chirurgicale
RECESSIONS PARODONTALES
Voici une sélection de livres:
- Guide pratique de chirurgie parodontale Broché – 19 octobre 2011
- Parodontologie Broché – 19 septembre 1996
- MEDECINE ORALE ET CHIRURGIE ORALE PARODONTOLOGIE
- Parodontologie: Le contrôle du facteur bactérien par le practicien et par le patient
- Parodontologie clinique: Dentisterie implantaire, traitements et santé
- Parodontologie & Dentisterie implantaire : Volume 1
- Endodontie, prothese et parodontologie
- La parodontologie tout simplement Broché – Grand livre, 1 juillet 2020
- Parodontologie Relié – 1 novembre 2005
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