Occlusodontie : Le Guide Complet pour Comprendre l’Occlusion Dentaire (Cours + Cas Cliniques)
Discipline : Odontologie Conservatrice et Endodontie
Niveau : Étudiants en chirurgie dentaire (DFGSM3 – DFASM3)
Dernière mise à jour : 2025
Introduction : Pourquoi l’Occlusodontie est-elle Fondamentale ?
L’occlusodontie est l’une des disciplines transversales les plus importantes de la formation dentaire. Comprendre l’occlusion, c’est comprendre le fonctionnement global de la sphère oro-faciale : comment les dents s’engrènent, comment les muscles travaillent, comment les articulations temporo-mandibulaires (ATM) s’adaptent au quotidien.
Trop souvent négligée en clinique, une mauvaise maîtrise de l’occlusion est à l’origine d’échecs prothétiques, de douleurs chroniques, et de dysfonctionnements de l’appareil manducateur (DAM). Ce guide complet reprend l’ensemble des notions fondamentales, enrichi de conseils cliniques, de cas pratiques et d’un tableau comparatif des types d’occlusion.
I. Définition et Champ d’Application de l’Occlusodontie
L’occlusodontie est une spécialité dentaire qui étudie les différents composants de la cavité buccale sollicités durant l’ouverture et la fermeture de celle-ci (occlusion dentaire) : les dents, les muscles et les articulations. Cette branche étudie également la mastication et la déglutition.
Elle se situe au carrefour de plusieurs spécialités :
- Prothèse (fixée, amovible, implantaire)
- Parodontologie
- Orthodontie
- Chirurgie orale
- Gestion de la douleur oro-faciale
II. Rappels Anatomiques Essentiels
Les Muscles Masticateurs

Les quatre muscles principaux impliqués dans la manducation sont :
- Le masséter : puissant élévateur de la mandibule, palpable lors du serrement des dents
- Le temporal : muscle en éventail, élévateur et rétracteur de la mandibule
- Le ptérygoïdien interne : élévateur et propulseur, agit en synergie avec le masséter
- Le ptérygoïdien externe : abaisseur et propulseur, acteur clé dans la cinématique condylienne
Point clinique : Une hypertrophie du masséter (signe d’hyperfonction) est souvent associée au bruxisme. Elle peut être visible en demandant au patient de serrer les dents. En cas de bruxisme nocturne avéré, une gouttière de protection occlusale peut être recommandée en première intention pour protéger les structures dentaires.
L’Articulation Temporo-Mandibulaire (ATM)

L’ATM présente des caractéristiques anatomiques uniques :
- Articulation paire et symétrique : les deux ATM fonctionnent toujours en coordination
- Unique dans sa structure : seule articulation du corps humain dont les deux pièces osseuses sont liées par une troisième (le disque articulaire)
- Le disque articulaire, biconcave, s’interpose entre le condyle mandibulaire et la cavité glénoïde de l’os temporal
- Elle est divisée en deux compartiments : inférieur (rotation pure) et supérieur (translation)
L’Organe Dentaire

L’organe dentaire est un ensemble fonctionnel comprenant :
- La dent elle-même (émail, dentine, pulpe)
- Le desmodonte (ligament alvéolo-dentaire) : amortisseur, capteur proprioceptif, nutritif
- Les alvéoles osseuses : support et ancrage de l’ensemble
III. Anatomie Occlusale des Dents : Les Bases Indispensables

Anatomie des Incisives et Canines
Les incisives et canines possèdent un bord libre qui, au niveau canin, se découpe pour créer les versants d’une cuspide. Au niveau maxillaire, les crêtes marginales mésiales et distales bordant les faces palatines assurent les contacts.
Rôle fonctionnel : réduction du bol alimentaire (section et dilacération), préparation à l’écrasement par les dents cuspidées.
Anatomie Occlusale des Dents Cuspidées

Les Cuspides
Les cuspides sont des éminences à caractère pyramidal, comportant un sommet et quatre versants. On distingue deux catégories :

Cuspides primaires (d’appui) :
- Assure la stabilisation et le calage des arcades dentaires durant la déglutition
- Participe à l’écrasement du bol alimentaire au cours de la mastication

Cuspides secondaires (de guidage) :
- Protègent les lèvres, les joues (arcade maxillaire) et la langue (arcade mandibulaire) via leur versant périphérique
- Maintiennent le bol alimentaire sur l’aire occlusale via le versant central
Autres Structures Occlusales
| Structure | Description |
|---|---|
| Crêtes marginales | Structures hémicylindriques vestibulo-linguales. Limitent l’aire occlusale. Comprennent un versant central (paroi fossette proximale) et un versant périphérique |
| Sillon | Conjonction d’une ou plusieurs surfaces convexes |
| Fossettes | Conjonction de trois surfaces convexes |
| Fosse centrale | Conjonction de trois ou quatre convexités |
IV. Agencement Intra et Inter-Arcades
Définition de l’Arcade Dentaire

L’arcade dentaire est une ligne courbe déterminée par les dents placées l’une à côté de l’autre, considérées dans un plan horizontal. Cette ligne passe par :
- Le bord libre des incisives
- La pointe des canines
- La pointe des cuspides vestibulaires des prémolaires
- La pointe des cuspides vestibulaires des molaires

Définition de l’Occlusion
“Tout contact entre les dents maxillaires et mandibulaires.”
Acte de fermeture et état de fermeture des mâchoires. Ensemble des mouvements fonctionnels au cours desquels les dents entrent en contact.
Occlusion Statique Physiologique
Il existe deux arcades dentaires : une supérieure et une inférieure. La supérieure est plus grande que l’inférieure et déborde celle-ci aussi bien dans le sens antéropostérieur que dans le sens transversal, à l’image d’un couvercle sur une boîte.

Les dents sont dites en occlusion quand toutes les dents du maxillaire supérieur sont en contact intime avec toutes les dents de la mandibule et que les condyles sont dans la position la plus reculée dans les cavités glénoïdes.
Les Courbes d’Occlusion
L’occlusion détermine deux courbes fondamentales :

Courbe de Spee (sagittale) :
Passe par le bord libre des incisives, la pointe des canines et la pointe des cuspides vestibulaires des prémolaires et molaires supérieures. Courbe à concavité supérieure.
Courbe de Wilson (frontale) :
Courbe à concavité supérieure passant par les sommets vestibulaires et linguaux des cuspides inférieures. Résulte de l’inclinaison linguo-vestibulaire et mésio-distale des axes radiculaires.

Mémo étudiant : Pour que la trituration des aliments soit optimale, toutes les dents doivent se toucher selon un schéma précis. Chaque dent possède deux antagonistes, sauf les incisives centrales inférieures et les dernières molaires supérieures.
Étude dans les Trois Sens de l’Espace
Sens Antéropostérieur (Profil)
En Classe I d’Angle (occlusion normale) :
- La première molaire inférieure est en avant d’une demi-cuspide par rapport à la première molaire supérieure
- La canine mandibulaire est située devant la canine maxillaire et s’engrène avec la canine et la première prémolaire supérieure
- Chaque dent latérale possède deux antagonistes
- Overjet (surplomb incisif) = 2 mm

Sens Vertical
- Les incisives supérieures recouvrent les incisives inférieures de 2 mm verticalement
- Ce recouvrement s’appelle overbite

Sens Transversal
- Les cuspides palatines des molaires et prémolaires supérieures entrent en contact avec les fosses des dents antagonistes
- Les cuspides vestibulaires des molaires et prémolaires inférieures entrent en contact avec les fosses antagonistes

V. Occlusion Dynamique
Le Schéma de Posselt
Le schéma de Posselt représente l’enregistrement de la surface de mouvement mandibulaire dans le seul plan sagittal médian. Il comprend les positions suivantes :

- Relation axiale terminale centrée
- Occlusion centrée
- Propulsion
- Contact interincisif
- Propulsion extrême
- Fin de mouvement de rotation pure
- Ouverture maximale du point interincisif

En Latéralité (Diduction)
- Contact entre 2 incisives supérieures et 4 incisives inférieures
- Désocclusion postérieure requise
- Si contact postérieur présent : interférences → pathogène
VI. Les Positions de Référence Mandibulaires
Position de Repos (de Posture)
Position d’équilibre neuromusculaire faisant intervenir tous les muscles de l’appareil manducateur.
Caractéristiques :
- Position neutre, sans tension musculaire
- Les dents antagonistes sont séparées par un espace libre d’inocclusion de 2 à 5 mm
- Les lèvres sont légèrement en contact
- Au niveau de l’ATM : le disque est en avant de la fosse mandibulaire dans un plan oblique en bas et en avant, entre le tubercule temporal et la tête condylienne
Occlusion en Intercuspidation Maximale (O.I.M)
Position de référence clinique fondamentale. Elle se caractérise par :
- Maximum de contacts interdentaires établis de façon simultanée et symétrique
- Répartition de la charge occlusale sur l’ensemble de la denture
- Position mandibulaire précise et répétitive → point de départ de tous les mouvements mandibulaires
- Assure le calage fonctionnel de la déglutition
Dans cette position :
- Muscles élévateurs en contraction isométrique
- Disque situé dans un plan oblique en bas et en avant entre le tubercule temporal et la tête condylienne

Position de la Relation Centrée (R.C)
Relation mandibulo-crânienne décrite depuis 1764 par Ferpein. Définition : position physiologique repérée par un mouvement d’abaissement-élévation en rotation pure autour d’un axe approprié (axe charnière passant par les pôles médiaux des condyles).
Caractéristiques :
- Précise, reproductible, sans contacts dentaires
- Position haute, médiane, simultanée et symétrique — non forcée — des condyles dans les fosses mandibulaires
- Position à partir de laquelle des mouvements mandibulaires de diduction sont possibles
- L’ensemble disco-condylien réalise une parfaite coaptation épousant le fond de la fosse mandibulaire → mouvement de rotation pure dans les compartiments inférieurs

Correspondance entre O.R.C et O.I.M
- Selon Posselt et Ramfjord : chez 85 % des jeunes adultes, l’O.I.M est toujours située à 1,25 ± 1 mm en avant de la R.C dans le sens sagittal
- Selon d’autres auteurs : discordance dans 100 % des cas dans le sens sagittal
- Dans le plan frontal : la correspondance entre O.I.M et R.C est unanimement reconnue, car elle assure une bonne coordination de l’activité musculaire bilatérale
VII. Quelle Solution Vous Convient le Mieux ? Tableau Comparatif des Types d’Occlusion
Voici un récapitulatif synthétique permettant de distinguer rapidement les trois grands types d’occlusion et leurs implications cliniques.
| Critère | Occlusion Idéale | Occlusion de Convenance | Occlusion Traumatique |
|---|---|---|---|
| Stabilité en R.C | Oui, complète | Partielle (compensation) | Non |
| Adaptation musculaire | Harmonieuse | Adaptée progressivement | Dépassée ou absente |
| Adaptation parodontale | Optimale | Par remaniements osseux | Lésions de soutien |
| Guidage en propulsion | Guidage incisif/canin pur | Variable | Interférences présentes |
| Dimension verticale | Espace libre convenable | Maintenue par adaptation | Souvent perturbée |
| Manifestations pathologiques | Aucune | Absentes (compensées) | Présentes et identifiables |
| Indication prothétique | Objectif de traitement | Acceptable si stable | Nécessite correction |
Types d’Occlusion — Définitions Détaillées
Occlusion Idéale
Patronne l’appareil manducateur pour obtenir une capacité fonctionnelle et un état de santé optimal. Comprend :
- Rapport d’occlusion stable et harmonieux en R.C et dans le champ allant de la R.C à l’O.I.M
- Aisance égale dans les déplacements bilatéraux en diduction et en propulsion
- Dimension verticale permettant une position de repos avec espace libre d’inocclusion convenable
- Orientation normale des forces occlusales pour la stabilité des dents
Occlusion de Convenance
Implique la fonction dans des limites physiologiques, une certaine faculté d’adaptation et l’absence de manifestations pathologiques identifiables. Il s’agit d’un équilibre acquis satisfaisant grâce à :
- Des compensations établies progressivement entre les différentes liaisons mobiles de l’appareil manducateur
- Une adaptation parodontale par remaniements osseux et cémentaires → adaptation fonctionnelle des structures tissulaires
Occlusion Traumatique
Situation dans laquelle le fait d’amener les mâchoires en contact étroit aboutit à l’apparition d’une lésion des structures de soutien des dents.

VIII. Physiologie de l’Occlusion : Les Trois Fonctions Fondamentales
L’occlusion remplit trois fonctions essentielles, à maîtriser absolument pour l’examen :
1. Fonction de calage
L’occlusion stabilise chaque couple dentaire antagoniste et, globalement, la mandibule.
2. Fonction de centrage
L’occlusion place la mandibule dans une position “orthopédique” non contraignante sur le plan musculaire, correspondant à la relation centrée.
3. Fonction de guidage
L’occlusion guide et facilite les mouvements mandibulaires.
IX. Intérêt de l’Occlusodontie : L’Appareil Manducateur Harmonieux
L’appareil manducateur est constitué de cinq entités qui, lorsqu’elles sont harmonieuses, conduisent aux quatre conditions de la fonction équilibrée de la manducation.
Les Quatre Conditions de la Fonction Équilibrée
- Relation centrée fonctionnelle
- Ouverture-fermeture rectiligne
- Occlusion physiologique (les 6 clés d’Andrews, courbes de Spee et de Wilson)
- Mastication fonctionnelle
Définition clé : C’est le fonctionnement normal de l’appareil manducateur (FAM). Lorsqu’une ou plusieurs entités sont déséquilibrées, la manducation est anormale → c’est la définition des dysfonctionnements de l’appareil manducateur (DAM), qui nécessitent une prise en charge par un occlusodontiste.
X. Erreurs Fréquentes à Éviter en Occlusodontie Clinique
1. Confondre O.I.M et Relation Centrée
L’erreur : Considérer que l’O.I.M et la R.C sont équivalentes chez tous les patients.
Le problème : Chez une majorité de patients, un décalage existe entre ces deux positions. Ne pas le prendre en compte lors d’une restauration prothétique conduit à des contraintes occlusales pathologiques.
La bonne pratique : Toujours enregistrer et analyser la R.C séparément de l’O.I.M avant tout traitement prothétique extensif.
2. Négliger l’Espace Libre d’Inocclusion
L’erreur : Réaliser des prothèses qui empiètent sur l’espace libre d’inocclusion (2 à 5 mm).
Le problème : Cela entraîne des douleurs musculaires, une gêne fonctionnelle, voire des DAM iatrogènes.
La bonne pratique : Mesurer systématiquement la dimension verticale de repos (DVR) avant de définir la dimension verticale d’occlusion (DVO).
3. Ignorer les Interférences en Diduction
L’erreur : Ne pas détecter les contacts postérieurs lors des mouvements latéraux (interférences non travaillantes).
Le problème : Ces contacts créent des forces parasites sur les dents postérieures et l’ATM, favorisant les DAM et les fractures prothétiques.
La bonne pratique : Réaliser systématiquement un contrôle des mouvements de diduction avec du papier articulé 8 µm après chaque restauration.
4. Sous-estimer le Rôle du Desmodonte
L’erreur : Ne pas tenir compte de la proprioception desmodontale lors de l’ajustement occlusal.
Le problème : Le desmodonte est capable de détecter des différences de contacts de l’ordre de quelques microns. Un excès non corrigé sera toujours signalé par le patient.
La bonne pratique : Affiner l’ajustement en demandant au patient de se positionner en position détendue (musculature relâchée) et non en O.I.M forcée.
5. Ne pas Analyser l’Occlusion dans les Trois Plans de l’Espace
L’erreur : Se concentrer uniquement sur le sens vertical lors d’un bilan occlusal.
Le problème : Des anomalies dans le sens transversal (inversions d’articulé) ou antéropostérieur (Classe II ou III non compensée) ont un impact direct sur la biomécanique masticatoire.
La bonne pratique : Utiliser un articulateur semi-adaptable avec montage en R.C pour tout cas complexe.
6. Oublier la Dimension Systémique des DAM
L’erreur : Traiter les DAM uniquement par approche locale (ajustement occlusal pur).
Le problème : Les DAM sont souvent multifactoriels : stress, parafonctions, posture cervicale. Une approche uniquement occlusale est insuffisante.
La bonne pratique : Intégrer une approche pluridisciplinaire : gouttière occlusale, kinésithérapie, prise en charge du stress. La gouttière anti-bruxisme peut constituer une première étape de traitement conservateur.
XI. Cas Cliniques Commentés
Cas Clinique 1 — Douleurs Musculaires et Bruxisme Nocturne
Présentation : Marc, 34 ans, consultant en entreprise. Consulte pour des douleurs matinales bilatérales au niveau des masséters et tempes, aggravées depuis 3 mois. Sa conjointe signale des bruits nocturnes de grincement.
Problématique identifiée :
L’examen clinique révèle une hypertrophie bilatérale des masséters, une usure des faces occlusales des prémolaires et molaires, et un contact prématuré en R.C sur la 26. Le diagnostic est un bruxisme nocturne avec DAM musculaire, probablement déclenché ou aggravé par un stress professionnel.
Prise en charge :
- Réalisation d’une gouttière occlusale thermoformée de repositionnement mandibulaire
- Élimination du contact prématuré par meulage sélectif minimal
- Orientation vers une prise en charge du stress (sophrologie, suivi psychologique)
- Réévaluation à 6 semaines
Évolution attendue :
Diminution significative des douleurs musculaires en 3 à 6 semaines. Stabilisation de l’usure dentaire. Pas de guérison définitive sans gestion des facteurs comportementaux.
Point pédagogique : Ce cas illustre le caractère multifactoriel des DAM et la nécessité d’une approche non uniquement occlusale.
Cas Clinique 2 — Échec Prothétique par Méconnaissance de l’O.I.M / R.C
Présentation : Fatima, 52 ans. Adressée pour douleurs cervicales et céphalées depuis la pose de 4 couronnes postérieures (24, 25, 34, 35) il y a 2 mois. Gêne à la mastication, impression de “mordre de travers”.
Problématique identifiée :
Le montage en articulateur avait été réalisé en O.I.M sans enregistrement de la R.C. Les couronnes ont été réalisées sans tenir compte du décalage R.C / O.I.M. Il en résulte une interférence occlusale en R.C qui force la mandibule dans une position non physiologique.
Prise en charge :
- Montage en articulateur semi-adaptable avec arc facial et enregistrement en R.C
- Analyse des contacts parasites par papier articulé 8 µm
- Reprise des couronnes concernées avec correction de l’occlusion en R.C
- Suivi à 1 mois post-pose
Évolution attendue :
Disparition des céphalées et douleurs cervicales sous 4 à 8 semaines après correction. Ce type de cas souligne l’intérêt d’un ouvrage de référence comme le Guide Clinique d’Odontologie pour standardiser les protocoles prothétiques.
Point pédagogique : Ce cas démontre que l’enregistrement en R.C est indispensable dans tout plan de traitement prothétique extensif.
Cas Clinique 3 — DAM chez une Adolescente en Croissance
Présentation : Léa, 15 ans. Amenée par sa mère pour une déviation mandibulaire à l’ouverture buccale, des craquements articulaires bilatéraux et une légère limitation d’ouverture (< 35 mm). Traitée orthodontiquement depuis 18 mois.
Problématique identifiée :
L’examen révèle un déplacement discal bilatéral avec réduction (disque antérieur, recapturé à l’ouverture). L’occlusion orthodontique en cours de traitement crée des forces transversales asymétriques sur les condyles.
Prise en charge :
- Information et réassurance (les craquements isolés sans douleur sont fréquents chez l’adolescent)
- Gouttière de stabilisation occlusale portée la nuit
- Coordination avec l’orthodontiste pour réévaluation des forces applicées
- Surveillance clinique trimestrielle
Évolution attendue :
Dans la majorité des cas adolescents, les DAM régressent spontanément avec la croissance et la stabilisation occlusale. La prise en charge précoce évite l’évolution vers un DAM chronique.
Point pédagogique : Ce cas montre l’interaction constante entre orthodontie et occlusodontie, particulièrement chez les patients en croissance.
XII. Foire Aux Questions (FAQ)
Quelle est la différence entre l’O.I.M et la Relation Centrée ?
L’O.I.M (Intercuspidation Maximale) est la position où il y a le maximum de contacts dentaires simultanés. La R.C est une position de référence articulaire (condyles en position haute et médiane dans les fosses glénoïdes), sans contact dentaire obligatoire. Chez la plupart des individus, ces deux positions ne coïncident pas — l’O.I.M est en général légèrement en avant de la R.C dans le sens sagittal.
Comment détecter une interférence occlusale en pratique clinique ?
On utilise du papier articulé fin (8 à 12 µm) pour marquer les contacts en O.I.M, puis en R.C, en propulsion et en diduction. Un contact unique ou asymétrique lors des mouvements excursifs constitue une interférence. Un articulateur semi-adaptable permet une analyse plus précise hors de la bouche.
Qu’est-ce que la courbe de Spee et à quoi sert-elle ?
La courbe de Spee est une courbe occlusale sagittale à concavité supérieure, passant par le bord incisif des incisives jusqu’aux cuspides distales des molaires inférieures. Elle facilite les mouvements de propulsion et répartit les forces occlusales de façon harmonieuse. Une courbe de Spee prononcée (> 2 mm) peut indiquer une perte de dimension verticale ou une usure compensatoire.
Quels sont les signes cliniques d’un DAM à ne pas manquer ?
Les signes évocateurs sont : douleurs musculaires masticatoires (masséters, tempes), bruits articulaires (claquement, crépitement), limitation ou déviation de l’ouverture buccale, céphalées matinales, cervicalgies, usure dentaire anormale et bruxisme. La combinaison de plusieurs signes doit alerter.
L’occlusion de convenance nécessite-t-elle un traitement ?
Pas nécessairement. Une occlusion de convenance stable, sans manifestation pathologique identifiable, témoigne d’une bonne capacité d’adaptation de l’appareil manducateur. Elle ne doit pas être “corrigée” arbitrairement. Cependant, elle doit être surveillée et prise en compte lors de tout traitement prothétique ou orthodontique.
Quelle est l’utilité clinique du schéma de Posselt ?
Le schéma de Posselt visualise l’enveloppe des mouvements mandibulaires dans le plan sagittal. Il permet de comprendre les limites des déplacements mandibulaires, de localiser la R.C et l’O.I.M, et d’identifier les anomalies cinématiques. Il est utilisé en occlusodontie clinique et en conception prothétique.
Overjet et overbite : comment les distinguer et quelles sont les valeurs normales ?
L’overjet (surplomb horizontal) est la distance horizontale entre le bord libre des incisives supérieures et la face vestibulaire des incisives inférieures : valeur normale = 2 mm. L’overbite (recouvrement vertical) est la distance verticale de recouvrement des incisives supérieures sur les inférieures : valeur normale = 2 mm. Un overjet ou overbite augmenté peut indiquer une Classe II squelettique ou des habitudes parafonctionnelles.
Peut-on faire des restaurations sans tenir compte de la R.C ?
Pour les restaurations unitaires simples sur une denture stable, travailler en O.I.M est généralement acceptable. En revanche, pour toute réhabilitation extensive, modification de la DVO, ou traitement prothétique après DAM, le montage en R.C sur articulateur est indispensable pour éviter des iatrogénies occlusales.
Conclusion : Ce qu’il Faut Retenir pour l’Examen
L’occlusodontie est une discipline transversale incontournable. Les notions d’O.I.M, de R.C, de courbes de Spee et Wilson, de fonctions de calage/centrage/guidage, et de DAM constituent un socle que tout étudiant doit maîtriser.
En pratique clinique, l’analyse systématique de l’occlusion dans les trois plans de l’espace, la distinction entre O.I.M et R.C, et la détection précoce des interférences sont les compétences qui font la différence.
Pour aller plus loin, le Guide Clinique d’Odontologie constitue une excellente référence, tout comme les Annales Corrigées de l’Internat en Odontologie 2022-2024 pour préparer les concours.
Livres de Référence Recommandés
Pour approfondir vos connaissances en occlusodontie et disciplines connexes :
- Annales Corrigées de l’Internat en Odontologie 2022-2024 — Préparation concours
- Guide Clinique d’Odontologie — Référence clinique complète
- Endodontie, Prothèse et Parodontologie — Approche intégrée
- Prothèse Complète : Clinique et Laboratoire — Indispensable pour la prothèse
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[…] anomalies correspondent à une longueur de racine augmentée (gigantisme) ou réduite […]
[…] généralement 5 cuspides, par ordre décroissant : cuspide MV, cuspide ML, cuspide centro-vestibulaire (CV), cuspide disto-linguale (DL), cuspide distale […]