Neurophysiologie de l’appareil manducateur

Neurophysiologie de l’appareil manducateur

Neurophysiologie de l’appareil manducateur

Neurophysiologie de l’appareil manducateur

Introduction

Le fonctionnement de l’appareil manducateur est extrêmement complexe. À l’heure actuelle, il est impossible de décrire exhaustivement ses nombreux mécanismes neurophysiologiques de base ou d’établir une analogie rigoureuse entre les mécanismes neurophysiologiques généraux de l’organisme et ceux spécifiques à l’appareil manducateur.

Anatomie du système neuromusculaire

Sans le système nerveux, qui déclenche et régule l’activité musculaire, la fonction manducatrice n’existerait pas. Le système neuromusculaire forme un ensemble indissociable.

Le système nerveux

Définition

Le système nerveux est l’ensemble des structures anatomiques responsables de la réception, de l’intégration et de la transmission des informations provenant de l’environnement ou de l’organisme lui-même.

Organisation

Nous possédons un seul système nerveux, constitué de neurones en interaction fonctionnelle. Pour faciliter son étude, il est divisé en grandes parties.

Le système nerveux central

Composé de l’encéphale et de la moelle épinière, le système nerveux central constitue un véritable axe de symétrie du corps.

Le tissu musculaire

Le tissu musculaire est un organe doté de propriétés contractiles. Il est composé de cellules spécialisées qui transforment l’énergie chimique en énergie mécanique, principalement grâce à la dégradation du glucose. Le muscle squelettique est formé de milliers de fibres musculaires, entourées de tissu conjonctif et de vaisseaux sanguins.

Le mécanisme neurophysiologique

Le mécanisme neurophysiologique repose sur trois étapes principales :

  1. Perception : Phase d’acquisition de l’information par des milliers de récepteurs.
  2. Intégration des messages : Analyse et intégration des informations au niveau du système nerveux central (SNC), suivies d’une décision de réponse.
  3. La réponse : Fonction motrice représentée par la contraction musculaire.

Le centre de mastication

On admet aujourd’hui l’existence d’un centre de mastication situé au niveau du système nerveux central. Ce centre agit comme un véritable centre de commande orchestrant l’acte masticatoire. Il est structuré en trois étages :

Étage d’entrée

Cet étage reçoit les informations captées par les récepteurs sous forme d’influx nerveux, transmis par la voie sensitive.

Étage d’intégration

Appelé générateur central, cet étage filtre, analyse et, selon les besoins, active ou inhibe les informations. C’est à ce niveau que les actes masticatoires sont élaborés, en fonction de la finesse de l’adaptation souhaitée, pour produire une réponse motrice adaptée.

Étage de sortie

Dernier niveau du centre masticateur, il regroupe les motoneurones, responsables de la commande motrice.

Les mouvements fonctionnels de l’appareil manducateur

La mastication

Définition

La mastication résulte d’une activité extrêmement complexe du système masticatoire et digestif. Elle comprend une série de mouvements mandibulaires, débutant par l’introduction des aliments dans la cavité buccale et aboutissant, après une préparation mécanique et physico-chimique, à la déglutition du bol alimentaire. C’est une fonction acquise qui se développe dès l’apparition des dents temporaires.

Étapes de la mastication

a. L’incision

Les jeux musculaires sont symétriques, et le mouvement se déroule dans le plan sagittal. On observe la contraction des muscles suivants :

  • Masséters profonds
  • Temporaux postérieurs
  • Ptérygoïdiens latéraux supérieurs (contrôlent les rapports articulaires)
b. La mastication proprement dite

Les mouvements de mastication se situent à l’intérieur des mouvements limites. Un cycle de mastication se divise en deux phases principales :

  • Phase préparatoire : Phase d’ouverture et de fermeture à distance des dents, avec des contractions musculaires d’intensité moyenne.
  • Phase dento-dentaire : Subdivisée en une entrée dentaire et une sortie dentaire du cycle, avec des contractions musculaires de forte intensité.

La déglutition

Définition

La déglutition est l’acte par lequel le contenu buccal (salive, liquide ou bol alimentaire) est propulsé de la bouche vers l’estomac. Elle fait suite à la mastication. La durée totale quotidienne de la mastication est d’environ vingt minutes, mais la déglutition survient entre 500 et 2000 fois par 24 heures (selon Lehr), avec une fréquence accrue pendant les repas et réduite pendant le sommeil. Une déglutition mal équilibrée peut avoir des conséquences plus graves que celles d’une mastication défectueuse.

Étapes de la déglutition

1er temps : Temps buccal

Ce temps est volontaire, non réflexe et conscient. La préparation du bol alimentaire nécessite l’étanchéité de la cavité buccale, obtenue par la contraction des muscles suivants :

  • Orbiculaire
  • Buccinateur
  • Muscles sus- et sous-hyoïdiens
  • Muscles masticateurs
2ème temps : Passage de la bouche vers le pharynx

Ce temps est conscient mais non volontaire. Il implique :

  • Propulsion du bol alimentaire vers le pharynx
  • Mouvement de balayage antéro-postérieur de la langue
  • Inhibition respiratoire très rapide
3ème temps : Œsophagien

Ce temps est purement réflexe et se produit une seconde après le début de la déglutition. La mandibule reprend sa position de repos, la respiration recommence, et les organes de la cavité buccale se détendent.

La phonation

La phonation est essentielle à la communication humaine et constitue la première fonction développée à la naissance, représentée par le cri de l’enfant. Elle implique trois étages : buccal, respiratoire et glottique.

Durant la phonation, trois types de contacts peuvent être étudiés :

  • Dents – lèvres
  • Dents – langue
  • Dents – dents

Selon Gibbs, l’espace utilisé lors de l’élocution, observé dans un plan frontal, est beaucoup plus étroit que celui de la mastication, avec presque aucun déplacement latéral et un mouvement vertical très limité, n’atteignant jamais la position intermaxillaire (PIM). Dans le plan sagittal, l’espace antéro-postérieur est notable, mais le mouvement vertical reste restreint.

Conclusion

L’occlusion, tout comme la mastication ou la déglutition, résulte des mouvements mandibulaires, initiés et dirigés par le système nerveux. Après analyse, ce dernier transmet les informations aux muscles masticateurs. Toute dysfonction du complexe neuromusculaire perturbe les mouvements mandibulaires et, par conséquent, l’occlusion. Il est donc crucial de comprendre non seulement l’anatomie des muscles, mais aussi la neurophysiologie de l’appareil manducateur pour diagnostiquer toute dysfonction.

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Neurophysiologie de l’appareil manducateur

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