L’occlusion en prothèse conjointe

L’occlusion en prothèse conjointe

L’occlusion en prothèse conjointe


L’occlusion en prothèse conjointe

L’occlusion intervient au cours des trois étapes : en pré-prothétique, en prothétique et en post-prothétique.

Rôles de l’occlusion

  • Stabilité des éléments de l’appareil manducateur : Son respect préserve ce qui reste après la perte de dents.
  • Confort du patient : Contribue au bien-être fonctionnel et physique.
  • Stabilité de la prothèse : Assure la pérennité et la fonctionnalité des restaurations prothétiques.

Définitions clés

Occlusion dentaire

L’occlusion dentaire désigne l’étude de l’engrènement des dents lorsqu’elles sont en contact. Son respect est primordial pour éviter les problèmes articulaires, tels que le syndrome algo-dysfonctionnel de l’appareil manducateur (SADAM).

Schéma occlusal

Le schéma occlusal regroupe l’ensemble des facteurs caractérisant les différents rapports ou relations inter-arcades dans le cadre d’un concept occlusal. Tout schéma occlusal est régi par les rapports cuspidiens statiques et dynamiques.

Occlusion optimale

L’occlusion optimale est celle qui nécessite le moindre effort d’adaptation neuro-musculo-articulaire. Pour satisfaire cette exigence, certains critères doivent être respectés.

Caractéristiques de l’occlusion en prothèse conjointe

Les caractéristiques suivantes définissent une occlusion optimale en prothèse conjointe :

  • Contact dento-dentaire tripodique : Assure une répartition équilibrée des forces.
  • Relation centrée (RC) : Correspond exactement à la position d’intercuspidie maximale (PIM).
  • Guide antérieur parfait et fonctionnel : Permet une guidance fluide des mouvements mandibulaires.
  • Contact dento-dentaire cuspide-fosse en PIM : Contrairement au contact cuspide-cuspide, qui est incorrect.
  • Protection canine ou protection de groupe : Répartit les forces pour protéger les dents.
  • Forces occlusales dirigées selon le grand axe de la dent : Évite les contraintes latérales.
  • Absence de déplacement dentaire : La restauration prothétique ne doit pas provoquer de mouvements dentaires.
  • Harmonie du système stomatognathique : Équilibre global des structures buccales.
  • Rapports occlusaux stables : En relation centrée (RC), PIM ou latéralité.
  • Coïncidence entre RC et PIM : Assure une position de référence cohérente.
  • Désocclusion immédiate : Les dents postérieures du côté non travaillant sont désoccluses en latéralité, et les dents postérieures en propulsion.
  • Dimension verticale (DV) : Doit permettre une position de repos avec un espace libre d’inclusion physiologique.
  • Contact initial multiple : Préférence pour une multitude de points de contact plutôt qu’une grande surface de contact.
  • Absence d’interférences et de prématurités : Pour une occlusion fluide et fonctionnelle.

Différents concepts occlusaux en prothèse conjointe

Concept de fonction canine

Indications

Ce concept est indiqué lorsque les conditions concernant la canine sont favorables :

  • Couronne anatomique intacte.
  • Absence d’abrasion.
  • Bon état général (absence de caries).
  • Valeurs extrinsèques et intrinsèques favorables.
  • Support parodontal de la canine résistant.

Caractéristiques

  • Contacts entre les canines : Du côté travaillant, avec désocclusion sur toutes les autres dents.
  • PIM : Rapports cuspide-fosse avec coïncidence entre l’intercuspidie maximale (ICM) et la relation centrée (RC).
  • En propulsion : Contact antérieur avec désocclusion postérieure.
  • En latéralité : Fonction canine du côté travaillant avec désocclusion du côté non travaillant.

Concept de fonction de groupe

Indications

Ce concept est indiqué lorsque :

  • Le recouvrement incisif est faible (par exemple, occlusion bout-à-bout).
  • Le support canin est affaibli.
  • Le complexe parodontal exige une bonne répartition des forces occlusales pour soulager la canine affaiblie.

Caractéristiques

  • Rapport cuspide-crête marginale : Assure une répartition des forces.
  • PIM : Ne coïncide pas avec la RC, mais est légèrement antérieure à celle-ci (0,3 à 1,3 mm).
  • Tolérance aux déplacements : Sans augmentation de la dimension verticale (DV).
  • En propulsion : Contact antérieur étendu avec désocclusion du côté postérieur.
  • En latéralité : Fonction de groupe du côté travaillant, sans contact du côté non travaillant.

Occlusion balancée, mutuellement protégée ou organique

Définition

Dans ce concept, les dents antérieures protègent les dents cuspidées lors de tous les mouvements mandibulaires. En PIM, les dents postérieures protègent les dents antérieures, qui sont en très légère inoclusion (environ 25 microns). Ce concept rejoint celui de l’occlusion canine.

Caractéristiques

  • Protection des dents cuspidées : Les dents antérieures protègent les dents cuspidées lors de toutes les excursions mandibulaires (latéralité droite, gauche ou propulsion).
  • En propulsion : Contacts antérieurs avec des contacts postérieurs (notamment sur les dents les plus postérieures, comme les molaires 7) pour absorber une partie des charges occlusales et soulager les dents antérieures.
  • Contact tripodique : Préféré au contact généralisé, bien que ce dernier puisse être utilisé si nécessaire.

Déterminants de l’occlusion

Déterminants anatomiques

  • Articulation temporo-mandibulaire (ATM) : Structure clé influençant les mouvements mandibulaires.
  • Guide antérieur : Déterminé par la concavité palatine du groupe incisivo-canin supérieur, le recouvrement incisif, l’overjet incisif et la forme des arcades.
  • Plan d’occlusion : Surface de contact entre les deux arcades.
  • Courbe de Spee : Dans le plan sagittal, elle présente une légère concavité postérieure.
  • Trajectoire condylienne : Guide les mouvements mandibulaires.
  • Courbe de Wilson : Dans le plan frontal, elle passe par les cuspides vestibulaires et palatines des prémolaires et molaires.

Déterminants neuro-musculaires

Les muscles et le système nerveux jouent un rôle essentiel dans la régulation des mouvements mandibulaires.

Positions de référence mandibulaire

Relation centrée (RC)

La RC est une position de référence mandibulo-crânienne physiologique, correspondant à la position la plus haute et la plus antérieure des contacts articulaires condylo-disco-temporaux. Elle favorise une relation des condyles selon un axe charnière, où les condyles occupent la position la plus haute et la plus reculée dans les cavités glénoïdes. À partir de cette position, la mandibule peut effectuer n’importe quel mouvement.

Position d’intercuspidie maximale (PIM)

La PIM est une position de référence dentaire où les dents maxillaires et mandibulaires établissent un maximum de contacts. Cette position peut coïncider avec la RC, formant alors une occlusion en relation centrée (observée chez environ 8 % de la population).

Chemin de fermeture

Le chemin de fermeture correspond au trajet suivi par la mandibule lors de la fermeture buccale, influencé par les déterminants anatomiques et neuro-musculaires.

Anatomie occlusale

Groupe incisivo-canin (IC)

  • Constitué des bords libres des incisives et de la pointe des canines.

Groupe prémolaires-molaires (PM+M)

  • Comprend les surfaces occlusales formées par les versants internes des cuspides vestibulaires et linguales/palatines, ainsi que les crêtes marginales, fosses et fossettes.

Physiologie de l’occlusion

Classes d’Angle

Les classes d’Angle définissent les relations occlusales entre les arcades maxillaire et mandibulaire.

Cuspides de support

  • Cuspides palatines supérieures et vestibulaires inférieures : Maintiennent la dimension verticale d’occlusion (DV). Une abrasion de ces cuspides entraîne une diminution de la DV.
  • Trois groupes :
  1. Premier groupe mandibulaire : Cuspides vestibulaires des prémolaires et molaires inférieures. Ce sont les plus importantes pour la stabilité en PIM, s’articulant principalement avec les crêtes marginales supérieures.
  2. Deuxième groupe : Bords libres des incisives et canines inférieures, s’appuyant sur les faces palatines des incisives et canines supérieures. En classe I d’Angle, les latérales et canines inférieures s’articulent avec deux dents supérieures (rapport 1/2), tandis que les centrales inférieures s’appuient uniquement sur les centrales supérieures.
  3. Troisième groupe : Cuspides palatines des prémolaires et molaires maxillaires.

Cuspides de guidage

  • Guident les mouvements mandibulaires et participent à dégager les joues et les lèvres.

Examen des contacts occlusaux

En rétrusion

À partir de la PIM, la mandibule peut effectuer un mouvement de recul tout en maintenant le contact dento-dentaire (retrusion). Cette position de contact en relation centrée est généralement la plus postérieure par rapport à la PIM. Un glissement prolongé peut survenir si plusieurs surfaces occlusales participent au mouvement. Si le premier contact en RC est localisé à une seule dent, il s’agit d’une prématurité.

Méthode pour rechercher la RC :

  • Absence de spasmes musculaires, patient détendu.
  • Demander au patient d’ouvrir grand la bouche.
  • Placer les pouces devant les faces vestibulaires des molaires inférieures sans exercer de pression.
  • Après 30 secondes, demander une fermeture douce en guidant la mandibule vers la position de RC.

En protrusion

La protrusion correspond au trajet de la mandibule lorsque les incisives inférieures glissent sur les faces palatines des incisives supérieures, de la PIM jusqu’à une position bout-à-bout. La surface s’étendant des points de support en PIM jusqu’au bord libre constitue le guidage antérieur. Si une dent entre en contact seule avec une autre dent, cela constitue un obstacle pouvant causer des déviations.

Interférences et prématurités

  • Interférences : Obstacles rencontrés lors des mouvements mandibulaires.
  • Prématurités : Contacts prématurés en RC ou PIM, perturbant l’occlusion statique.

Types d’occlusion

  • Occlusion idéale : Conforme aux critères d’harmonie et de fonctionnalité.
  • Occlusion de convenance équilibrée : Compensée, sans dysfonction majeure.
  • Occlusion de convenance déséquilibrée : Pathogène, dysfonctionnelle et décompensée.

Application clinique

Phase pré-clinique

Deux éventualités sont envisagées :

  1. Patient sans problématique occlusale : Analyse et planification pour maintenir une occlusion fonctionnelle.
  2. Patient avec problématique occlusale : Nécessite une évaluation approfondie pour corriger les dysfonctions avant la prothèse.

Phase prothétique

Cette phase implique la conception et la mise en place des restaurations prothétiques en respectant les principes occlusaux décrits (contacts cuspide-fosse, guide antérieur, protection canine ou de groupe, etc.).

Phase post-prothétique

Suivi pour s’assurer de la stabilité de l’occlusion, du confort du patient et de l’absence de complications (prématurités, interférences, etc.).


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L’occlusion en prothèse conjointe

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