LES LESIONS INTER-RADICULAIRES : Diagnostic et classification

Lésions Inter-Radiculaires : Diagnostic, Classification et Prise en Charge — Guide Complet pour l’Étudiant en Odontologie


À destination des étudiants en chirurgie dentaire — Cet article synthétise les données fondamentales sur les atteintes de furcation, de l’anatomie à la décision thérapeutique, en intégrant les classifications de référence utilisées à l’internat.


Introduction : Pourquoi les Furcations Sont-elles une Zone à Haut Risque ?

La région furcatoire représente l’un des défis diagnostiques et thérapeutiques les plus complexes de la parodontologie. En raison de leur morphologie particulière, les furcations constituent une zone de moindre résistance face à la maladie parodontale (Schroeder et Scherle, 1987).

Lorsqu’une parodontite progresse jusqu’à impliquer la zone inter-radiculaire, le pronostic de la dent se complique significativement. Selon le Workshop de 1989, la présence de poches parodontales au niveau des furcations des dents pluriradiculées est considérée comme une complication sérieuse de la parodontite.

Pour l’étudiant comme pour le praticien, comprendre les mécanismes, reconnaître les formes cliniques et maîtriser les classifications est une étape indispensable avant toute décision thérapeutique.


Rappels Anatomiques sur la Région Furcatoire

Une maîtrise précise du vocabulaire anatomique est essentielle pour communiquer correctement et interpréter les classifications.

Les Structures Fondamentales

La furcation correspond au point de divergence des racines d’une dent pluriradiculée. Elle est limitée en haut par le tronc radiculaire et en bas par les racines individualisées. On parle de bifurcation pour une dent à deux racines, et de trifurcation pour une dent à trois racines.

Le tronc radiculaire est la portion de la racine allant de la jonction émail-cément (JEC) à la furcation. Sa longueur varie selon les dents et constitue un facteur anatomique prédisposant majeur : plus le tronc est court, plus la furcation est accessible à la colonisation bactérienne.

Le cône radiculaire est la partie de la racine qui s’étend en dessous de la furcation.

Le fornix (ou plafond de la furcation) est le toit de la furcation, point anatomique de référence pour la classification verticale de Tarnow et Fletcher.

L’entrée de la furcation est le point d’union entre le tronc radiculaire et les cônes radiculaires.

Les Indicateurs Morphométriques

  • Degré de séparation : angle entre les racines
  • Divergence : distance entre deux racines
  • Coefficient de séparation : rapport longueur des cônes radiculaires / longueur totale du complexe radiculaire

Ces paramètres influencent directement la difficulté d’accès instrumentale lors du traitement parodontal.


Définition des Lésions Inter-Radiculaires

Les lésions inter-radiculaires (LIR) désignent l’extension de la maladie parodontale conduisant à une perte des tissus de soutien parodontaux, avec lyse osseuse dans le sens corono-apical et vestibulo-lingual/palatin du septum inter-radiculaire des dents multiradiculées.

Note terminologique : La littérature anglophone utilise le terme global furcation involvement ou furcation defect, tandis que la nomenclature française préfère le terme lésion inter-radiculaire.


Étiologie des Lésions Inter-Radiculaires

Facteur Primaire : Le Biofilm Bactérien

Le facteur étiologique principal est le biofilm bactérien et les conséquences inflammatoires qui en résultent (Charon, 2010). L’accumulation de plaque dans la furcation — zone d’accès difficile pour le patient comme pour l’instrument — favorise une progression rapide et souvent silencieuse de la destruction osseuse.

Facteurs Iatrogènes

Plusieurs actes cliniques peuvent déclencher ou aggraver une atteinte inter-radiculaire :

  • Limites prothétiques sous-gingivales mal positionnées
  • Perforations radiculaires (lors de la mise en place de tenons radiculaires)
  • Extraction mal conduite de dents de sagesse maxillaires, pouvant mettre à nu la furcation disto-palatine de la 2e molaire adjacente

Fractures Radiculaires

Les fractures radiculaires touchant la zone de furcation ont un pronostic très défavorable, conduisant le plus souvent à l’avulsion de la dent.

Trauma Occlusal

Son rôle reste controversé dans la littérature. Glickman (1961) défend un rôle clé du trauma occlusal, la zone de furcation étant la plus sensible aux forces occlusales excessives. Waerhaug (1979) a, au contraire, nié l’effet initiateur du trauma.

Facteur Endodontique

Des canaux accessoires reliant l’endodonte à l’espace inter-radiculaire peuvent générer des lésions endo-parodontales, avec inflammation et dégénérescence du parodonte de furcation.

Facteur Histologique

Le desmodonte de la zone furcatoire est lâche. Les fibres qui s’y insèrent sont des fibres cémento-cémentaires, moins résistantes que les fibres cémento-osseuses des autres zones radiculaires.

Facteurs Prédisposants

Facteurs anatomiques locaux :

  • Longueur du tronc radiculaire (tronc court = furcation accessible = risque accru)
  • Longueur radiculaire, forme radiculaire, dimension inter-radiculaire réduite
  • Concavités de la furcation et des racines, arêtes et sillons furcatoires
  • Malposition dentaire

Anomalies de développement :

  • Projections amélaires cervicales (perles d’émail) — très fréquentes sur les molaires maxillaires
  • Hypoplasies cémentaires atypiques
  • Absence de cément (hypophosphatasie)

Démarche Diagnostique des Lésions Inter-Radiculaires

Examen Clinique

Sondage des Furcations

L’outil de référence est la sonde de Nabers n°1 et n°2, dont la forme recourbée permet d’explorer la furcation selon son axe d’entrée. La sonde parodontale graduée classique complète l’évaluation verticale.

Sondage de la molaire inférieure : deux entrées vestibulaire et linguale à mi-distance mésio-distale. Le plafond de la furcation est incliné de haut en bas dans le sens vestibulo-lingual. Accès relativement simple.

Sondage de la molaire supérieure : entrée vestibulaire à mi-distance mésio-distale ; furcation distale à mi-distance vestibulo-palatine (accessible des deux côtés) ; furcation mésiale déportée du côté palatin (accès plus difficile).

Le sondage transgingival (bone sounding) permet de déterminer avec précision le contour osseux.

Examen de la Gencive

La présence d’une bande de tissu kératinisé suffisante et d’un vestibule profond facilite la gestion thérapeutique et la maintenance à long terme. Une gencive fine et peu kératinisée aggrave le pronostic.

Analyse Radiologique

Le bilan radiologique (panoramique, rétro-alvéolaires, RVG) fournit des informations complémentaires, à corréler impérativement aux données cliniques.

Limites importantes : en raison de la superposition de la racine palatine, la radiographie conventionnelle ne révèle pas toujours les lésions inter-radiculaires au niveau des molaires supérieures.

Intérêt du CBCT : la radiographie 3D permet, grâce aux coupes coronales, une meilleure visualisation des furcations. Elle est particulièrement utile dans les cas complexes avant chirurgie.

Analyse Chirurgicale Directe

La vérité anatomique ne peut s’apprécier pleinement qu’après élévation chirurgicale d’un lambeau. Cette étape permet de visualiser directement la morphologie osseuse et d’affiner le plan de traitement.


Classifications des Lésions Inter-Radiculaires

Classifications Horizontales

Classification de Glickman (1974)

ClasseDénominationDescription
Classe ILésion débutanteAtteinte du ligament parodontal au niveau de la furcation, sans évidence clinique ou radiologique
Classe IILésion partielleDestruction osseuse partielle ; pénétration partielle de la sonde
Classe IIILésion totaleFurcation obstruée par la gencive mais passage de la sonde de part en part
Classe IVLésion totale prononcéeFurcation ouverte cliniquement, passage facile de la sonde

Classification de Hamp et al. (1975)

  • Classe 1 : Pénétration horizontale ≤ 3 mm
  • Classe 2 : Pénétration > 3 mm, non traversante (lésion en cul-de-sac)
  • Classe 3 : Pénétration traversante de part en part

Classification de Hamp, Nyman et Lindhe (1977)

  • Classe I : Défaut osseux horizontal ≤ 3 mm, inférieur à 1/3 du diamètre de la racine
  • Classe II : Défaut osseux horizontal > 3 mm, dépassant 1/3 du diamètre, sans atteindre la totalité de l’espace inter-radiculaire
  • Classe III : Défaut osseux horizontal traversant la totalité du support parodontal

Classification Universelle

  • Classe I : Lésion débutante — pénétration de la sonde < 2 mm
  • Classe II : Lésion partielle — pénétration ≥ 2 mm
  • Classe III : Lésion totale — passage de part en part

Classification Verticale : Tarnow et Fletcher (1984)

DegréPerte osseuse verticale à partir du fornix
Degré A< 3 mm
Degré B4 à 6 mm
Degré C≥ 7 mm

Conseil pratique : Une lésion de classe II/III avec un degré C représente une situation de pronostic très réservé, orientant souvent vers des options chirurgicales complexes ou l’avulsion.


Classification de Meyer (1979)

Meyer intègre le contexte osseux adjacent, en complétant la pénétration millimétrique par une évaluation radiologique de l’os proximal.

Description verticale : lésion supra-osseuse (niveau inter-radiculaire en coronaire de l’os proximal), juxta-osseuse (même niveau) ou infra-osseuse (niveau apical).

Description horizontale : hémi-septum partiel, hémi-septum total, double hémi-septum, ou rebord irrégulier inter-radiculaire (plateau inter-radiculaire).


Quelle Classification Utiliser ? Tableau Comparatif

CritèreGlickman (1974)Hamp (1975)Hamp-Nyman-Lindhe (1977)Tarnow & Fletcher (1984)Meyer (1979)
Plan évaluéHorizontalHorizontalHorizontalVerticalH + V
Outil principalSonde NabersSonde NabersSonde NabersSonde parodontaleSonde + Radio
Nombre de classes4333 (A/B/C)Multiple
Référence mmNon3 mm3 mm + 1/33 / 6 / 7 mmOui + contexte
RadiographieComplémentaireNonNonNonIndispensable
Intérêt principalClassification initialeSimple et rapidePrécision diagnostiquePronostic verticalPlanification chir.
Usage à l’internat++++++++++

Erreurs Fréquentes à Éviter en Diagnostic des Lésions Inter-Radiculaires

1. Se Limiter à la Radiographie Sans Sondage Clinique

Erreur : Conclure à l’absence de LIR sur la seule base de la radiographie.

Pourquoi c’est problématique : La superposition de la racine palatine masque fréquemment les lésions des molaires maxillaires. Une furcation de classe II peut être totalement invisible radiologiquement.

Bonne pratique : Toujours compléter l’analyse radiologique par un sondage systématique avec la sonde de Nabers sur toutes les molaires et prémolaires.


2. Oublier la Furcation Mésiale des Molaires Maxillaires

Erreur : Ne sonder que l’entrée vestibulaire et distale, en négligeant la furcation mésiale.

Pourquoi c’est problématique : La furcation mésiale est déportée vers le versant palatin et fréquemment sous-diagnostiquée, retardant la prise en charge.

Bonne pratique : Systématiser le sondage mésial par voie palatine, en inclinant la sonde de Nabers selon l’axe de pénétration.


3. Confondre Classe III et Classe IV de Glickman

Erreur : Coter une lésion en classe III alors que la furcation est cliniquement ouverte.

Pourquoi c’est problématique : En classe III la furcation est obturée par la gencive mais traversée à la sonde ; en classe IV elle est macroscopiquement visible. La prise en charge et le pronostic diffèrent.

Bonne pratique : Combiner l’examen visuel au sondage pour poser la classe correcte.


4. Négliger la Composante Verticale

Erreur : Se contenter de la classification horizontale sans évaluer la perte osseuse verticale.

Pourquoi c’est problématique : Une lésion classe II avec un degré C de Tarnow (> 7 mm) a un pronostic très différent d’un degré A. L’absence d’évaluation verticale mène à une sous-estimation de la sévérité.

Bonne pratique : Associer systématiquement Tarnow & Fletcher à toute classification horizontale.


5. Ignorer les Facteurs Anatomiques Prédisposants

Erreur : Poser un diagnostic sans identifier les facteurs anatomiques sous-jacents (perles d’émail, sillons furcatoires…).

Pourquoi c’est problématique : Ces éléments constituent des niches bactériennes inaccessibles qui compromettent le succès du traitement.

Bonne pratique : Rechercher systématiquement ces anomalies, notamment avant toute chirurgie.


6. Sous-estimer l’Impact Endodontique

Erreur : Ne pas rechercher de composante endo-parodontale devant une LIR.

Pourquoi c’est problématique : Des canaux accessoires en zone furcatoire génèrent une lésion dont le traitement diffère radicalement du traitement parodontal pur. Traiter uniquement le parodonte laisse le foyer endodontique intact.

Bonne pratique : Réaliser un test de vitalité pulpaire et, si nécessaire, un CBCT avant de planifier le traitement.


Cas Cliniques Commentés

Cas Clinique 1 — Lésion de Classe II Découverte Fortuitement

Patient : Homme de 42 ans, fumeur, consulte pour bilan parodontal de routine. Aucune douleur. Hygiène bucco-dentaire moyenne.

Présentation : Lors du sondage systématique, la sonde de Nabers pénètre de 4 mm côté vestibulaire sur la 36. La radiographie rétro-alvéolaire ne montre pas de raréfaction osseuse évidente au niveau de la furcation.

Problématique : Lésion inter-radiculaire de classe 2 selon Hamp (pénétration > 3 mm, non traversante). Composante verticale de degré A (< 3 mm selon Tarnow). Facteur aggravant : tabagisme actif.

Prise en charge : Traitement parodontal non chirurgical (détartrage-surfaçage radiculaire) avec accès instrumenté à la furcation. Motivation renforcée à l’hygiène. Sevrage tabagique recommandé. Réévaluation à 8 semaines.

Évolution attendue : Stabilisation de la lésion. Surveillance accrue lors des séances de maintenance tous les 3 mois.

Point pédagogique : Ce cas illustre l’importance du sondage systématique — la lésion est asymptomatique et radiologiquement discrète. Sans sonde de Nabers, le diagnostic aurait été manqué.


Cas Clinique 2 — Lésion de Classe III avec Composante Verticale Sévère

Patiente : Femme de 58 ans, adressée pour bilan avant chirurgie cardiaque. Parodontite sévère généralisée connue, traitée partiellement il y a 10 ans.

Présentation : La sonde de Nabers traverse de part en part la furcation vestibulo-linguale de la 46. La gencive obstrue encore la furcation visuellement. La sonde parodontale mesure une perte verticale de 8 mm à partir du fornix.

Problématique : Classe III de Glickman — lésion transfixiante. Degré C de Tarnow & Fletcher (perte verticale ≥ 7 mm). Pronostic très réservé.

Prise en charge : Compte tenu du risque infectieux avant chirurgie cardiaque, l’avulsion de la 46 est décidée en concertation pluridisciplinaire. Prothèse temporaire puis projet implantaire différé.

Point pédagogique : La classification permet ici d’objectiver et de justifier la décision d’avulsion — décision difficile à assumer sans un outil de cotation partagé avec le patient et l’équipe médicale.


Cas Clinique 3 — Lésion d’Origine Endo-Parodontale

Patient : Homme de 35 ans, consulte pour douleur spontanée en regard de la 16. Test de vitalité négatif. Poche de 7 mm en palatin avec pénétration de 3 mm à la sonde de Nabers vers la furcation mésio-palatine.

Présentation : Le CBCT révèle un canal accessoire au fornix de la furcation mésiale, en communication avec un foyer de raréfaction péri-apicale.

Problématique : Lésion endo-parodontale — la LIR est secondaire à la nécrose pulpaire, non à une parodontite primaire.

Prise en charge : Traitement endodontique en urgence (pulpectomie + mise en forme canalaire). Réévaluation parodontale à 3 mois. La guérison parodontale suit généralement le succès endodontique dans ce type de lésion.

Point pédagogique : Une LIR ne doit pas être automatiquement attribuée à la parodontite. Tester systématiquement la vitalité pulpaire est impératif avant toute classification définitive.


Foire Aux Questions (FAQ)

Comment différencier une lésion inter-radiculaire d’origine parodontale d’une lésion d’origine endodontique ?

La distinction repose sur le test de vitalité pulpaire (négatif en cas de nécrose), la présence d’une lésion péri-apicale radiologique, et la réponse au traitement. Une lésion endodontique répondra favorablement au seul traitement canalaire. En cas de doute, le CBCT est l’examen de référence pour identifier un canal accessoire furcatoire.


La sonde de Nabers est-elle indispensable ou peut-on utiliser une sonde parodontale classique ?

Les deux sondes sont complémentaires et non interchangeables. La sonde de Nabers est indispensable pour évaluer l’atteinte horizontale grâce à sa forme recourbée. La sonde parodontale droite évalue la perte d’attache verticale, mais ne peut pas explorer correctement l’espace inter-radiculaire horizontal.


Quelles sont les dents les plus fréquemment touchées par les lésions inter-radiculaires ?

Les premières molaires mandibulaires (36 et 46) sont les plus fréquemment atteintes — elles supportent les forces occlusales les plus importantes et présentent souvent une furcation basse. Les molaires maxillaires suivent, avec la complexité supplémentaire de la trifurcation.


Une lésion inter-radiculaire de classe II peut-elle évoluer vers une classe III ?

Oui. Sans traitement parodontal adapté, une lésion de classe II peut progresser vers la classe III. La vitesse de progression dépend du profil bactérien, du tabagisme, de la compliance du patient et de la morphologie de la furcation. D’où l’importance d’une maintenance parodontale rigoureuse.


La classification de Glickman est-elle suffisante pour décider du traitement ?

Non. Elle constitue un point de départ, mais doit être complétée par l’évaluation verticale de Tarnow & Fletcher, l’analyse morphologique radiculaire et les facteurs de risque individuels. La décision thérapeutique repose sur l’ensemble de ces données combinées.


Peut-on régénérer l’os dans une furcation atteinte ?

La régénération est possible pour les lésions de classe II, notamment par régénération tissulaire guidée (RTG) avec membranes ou substituts osseux. Les résultats sont plus prévisibles pour les furcations mandibulaires. Les lésions de classe III ont très peu de potentiel régénératif — les options se limitent souvent à la résection radiculaire, la tunnelisation ou l’avulsion.


Quels sont les facteurs qui aggravent le pronostic d’une furcation atteinte ?

Tronc radiculaire court, lésion verticale sévère (degré C), classe III traversante, tabagisme actif, diabète non équilibré, mauvaise hygiène, surface radiculaire concave difficile à instrumenter, et furcation mésiale maxillaire peu accessible.


Comment la furcation inter-radiculaire est-elle prise en compte dans la classification des parodontites de 2018 ?

La classification internationale de 2018 (Chicago Consensus) intègre l’atteinte de furcation comme modificateur de stade. Une furcation de classe III fait passer automatiquement la parodontite au stade III ou IV, quel que soit le niveau de perte d’attache par ailleurs. C’est un marqueur de sévérité reconnu qui influence directement le plan de traitement.


Conclusion : Les Classifications, un Outil au Service du Pronostic

Les classifications des lésions inter-radiculaires permettent de quantifier la sévérité de l’atteinte, d’objectiver le pronostic de la dent et d’orienter le plan de traitement de façon rigoureuse.

Points clés à retenir :

  • Le sondage systématique avec sonde de Nabers est indispensable sur toutes les molaires et prémolaires
  • La radiographie seule est insuffisante, notamment pour les molaires maxillaires
  • La composante verticale (Tarnow) doit toujours compléter la classification horizontale
  • Toujours éliminer une origine endodontique avant de conclure à une lésion parodontale pure
  • Le pronostic dépend autant de la classification que des facteurs de risque individuels du patient

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Bibliographie

  • Bercy P., Tenenbaum H. Parodontologie du diagnostic à la pratique. DeBoeck Université. 1996.
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  • Charon J., Mouton C. Parodontie médicale. Editions CdP. 2003.
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  • Glickman I. Parodontologie clinique. Editions CdP. 1983.
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  • Wolf H.F. et al. Atlas de Parodontologie. Masson. 2004.

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