Les empreintes en prothèse fixée

Les Empreintes en Prothèse Fixée : Guide Complet en Odontologie

Mots-clés : empreinte prothèse fixée, techniques d’empreinte dentaire, matériaux à empreinte, empreinte optique dentaire, double mélange, wash technique, déflexion gingivale, prothèse fixée étudiants


Introduction : Pourquoi la Prise d’Empreinte Est une Étape Décisive

La prise d’empreinte représente l’une des étapes les plus critiques dans la réalisation d’une prothèse fixée. C’est elle qui assure le transfert fidèle des données cliniques vers le laboratoire de prothèses, et toute imprécision à ce stade se répercutera inévitablement sur l’adaptation finale de la restauration.

En odontologie prothétique, on estime que jusqu’à 70 % des échecs prothétiques précoces sont liés à des défauts d’empreinte ou de manipulation des modèles. Pour l’étudiant en formation clinique, maîtriser les différentes techniques d’empreinte — leurs indications, leurs protocoles et leurs limites — est donc une compétence fondamentale.

Ce guide complet vous accompagne pas à pas, des définitions essentielles aux cas cliniques concrets, en passant par les erreurs fréquentes à éviter.

dental impression tray teeth

1. Définition

L’empreinte est le moulage en négatif de tout ou partie de l’arcade et des tissus environnants, permettant d’obtenir un modèle positif, réplique fidèle des tissus enregistrés.

Elle constitue une reproduction fidèle de la situation clinique obtenue de façon non iatrogène (respect et maintien de la santé parodontale) pour permettre l’intégration de l’élément synthétique, notamment grâce à une adaptation cervicale très précise.


2. Buts de l’Empreinte en Prothèse Fixée

Le rôle de l’empreinte consiste à :

  • Enregistrer et transposer au laboratoire l’ensemble des données permettant la réalisation effective de la construction envisagée.
  • Enregistrer la forme et la situation de la limite cervicale, ainsi que le profil d’émergence de la racine.
  • Enregistrer les dents et les tissus adjacents pour permettre la mise en occlusion avec l’antagoniste.

Point clé pour les révisions : La limite cervicale constitue la zone la plus exigeante à enregistrer. Une limite mal reproduite compromet l’étanchéité et la longévité de la restauration.


3. Matériaux à Empreinte : Qualités Essentielles

Pour être utilisable en prothèse fixée, un matériau à empreinte doit répondre à des critères stricts :

  • Comportement élastique caractérisé par une déformation élastique élevée et une déformation plastique faible
  • Finesse de reproduction des détails de surface
  • Minimum de déformation au retrait et après la prise
  • Compatibilité avec tous les matériaux de moulage
  • Pouvoir mouillant élevé (affinité avec les surfaces humides de la cavité buccale)
  • Présentation sous plusieurs viscosités (putty, heavy body, light body, super light)
  • Utilisation simple et temps de travail suffisant
  • Temps de prise buccal court

Les élastomères polysulfures, polyéthers et silicones de condensation/addition (polyvinylsiloxanes) sont les plus utilisés. Les silicones par addition (PVS) présentent aujourd’hui le meilleur rapport qualité/précision.

polyvinylsiloxane dental impression material viscosity

4. Les Différentes Techniques d’Empreinte

4.1. L’Empreinte Unitaire

copper tube dental impression single unit

Les empreintes unitaires concernent l’enregistrement de préparations isolées coronaires et corono-radiculaires. Elles s’effectuent nécessairement à l’aide d’un tube de cuivre, chargé d’une pâte thermoplastique ou d’un élastomère de haute viscosité.

Mise en condition du tube de cuivre :

  • Choix du diamètre adapté à la préparation
  • Mise en forme ovalaire au niveau cervical pour s’adapter à la limite
  • Réalisation d’encoches occlusales pour le calage
  • Perforations à l’aide d’une fraise pour assurer la rétention du matériau

Protocole clinique :

  1. Encollage du tube avec un adhésif → séchage 5 min
  2. Introduction d’un élastomère de très haute viscosité par l’orifice cervical
  3. Injection du matériau de rebasage sur la pré-empreinte et la limite cervicale
  4. Réinsertion du tube sur la préparation avec pression occlusale
  5. Désinsertion après 4 min selon l’axe de préparation

4.2. Les Empreintes Globales

Les empreintes globales permettent d’obtenir simultanément l’enregistrement des préparations et des dents ou secteurs adjacents. Le modèle positif est obtenu en un seul temps, sans manipulation intermédiaire.

Deux grandes approches existent : les empreintes avec guidage unitaire et les empreintes sans guidage, qui nécessitent une déflexion gingivale préalable.

4.2.1. Les Empreintes avec Guidage Unitaire

Ces techniques n’imposent pas de déflexion gingivale. Un élément intermédiaire de guidage assure l’enregistrement d’une limite intra-sulculaire. On distingue trois procédés :

a) Le Triple Mélange

Une empreinte unitaire de chaque préparation est réalisée avec un tube de cuivre et un élastomère de très haute viscosité (empreinte primaire), déposée encore plastique, puis rebasée par un second élastomère de basse viscosité (empreinte secondaire). Un troisième élastomère de haute viscosité couvre l’ensemble (empreinte tertiaire) pour finaliser l’empreinte globale.

Cette technique est indiquée pour les ancrages coronaires périphériques et corono-radiculaires.

b) Le Coffrage Métallo-Résineux

Le tube de cuivre est ajusté et diminué de hauteur jusqu’à autoriser l’OIM, afin de créer des butées occlusales en résine. Une empreinte globale (sur-empreinte) avec un élastomère est ensuite réalisée.

c) La Chape Porte-Empreinte

Utilise comme porte-empreinte le principe du cylindre ajusté et localisé sur la préparation. La chape en résine cuite permet de condenser et maintenir le matériau d’empreinte au niveau cervical, quelle que soit la position de la limite (supra ou intrasulculaire).

Note pédagogique : Ces techniques avec guidage unitaire sont aujourd’hui largement abandonnées en raison de leur complexité. Elles sont remplacées par les empreintes sans guidage, plus reproductibles.

gingival retraction cord placement

4.2.2. Les Empreintes sans Guidage (avec Déflexion Gingivale)

Ces techniques nécessitent un écartement gingival préalable pour accéder aux limites intra-sulculaires. Les procédés d’écartement disponibles sont :

  • Procédé chimique : fil imbibé de substance vasoconstrictrice (ex. : épinéphrine), laissé en place 10 min
  • Procédés mécaniques : utilisation d’une prothèse provisoire, ou d’un à deux fils rétracteurs
  • Procédé chimio-mécanique : utilisation de l’Expasyl® (pâte de kaolin + chlorure d’aluminium)
  • Procédés chirurgicaux : électro-chirurgie, laser CO₂, curetage rotatif
double mix impression technique putty light body
L’Empreinte en Double Mélange

Cette technique consiste à mettre en place deux matériaux de même nature mais de viscosités différentes en une seule insertion. Les deux phases polymérisent simultanément.

La combinaison optimale associe une viscosité haute (putty ou putty soft) et une viscosité basse (light body).

Protocole clinique :

  1. Choix, essayage et préparation du porte-empreinte (PE)
  2. Élimination du dispositif d’accès aux limites
  3. Séchage rigoureux de la préparation
  4. Malaxage du matériau visqueux → chargement du PE en fer à cheval
  5. Dépôt d’une épaisseur d’élastomère fluide sur le matériau visqueux
  6. Enduction au matériau fluide sur le pilier (embout mélangeur fin)
  7. Insertion en bouche et maintien jusqu’à prise complète
  8. Désinsertion et évaluation par le praticien

Indications :

  • Préparations périphériques supra et juxtagingivales
  • Préparations intrasulculaires si l’accès aux limites est optimal
  • Piliers unitaires multiples et divergents
  • Parodonte fin et fragile
  • Pilier encastré
  • Dents mobiles
  • Fortes contre-dépouilles sur l’arcade
AvantagesInconvénients
Double mélangeTechnique rapide, en un seul tempsRisque de tirage ; très opérateur-dépendante ; travail à 4 mains
wash technique dental impression two-step silicone
L’Empreinte en Wash Technique (ou Technique en Deux Temps)

Le premier temps consiste à réaliser une empreinte primaire à l’aide d’un matériau de haute viscosité qui enregistre grossièrement les structures. Après aménagement, l’empreinte est réinsérée chargée d’un matériau fluide qui enregistre avec précision les surfaces.

Les silicones putty ou putty soft sont utilisés pour le premier temps, et les viscosités light ou super light pour le second.

Protocole clinique :

  1. Choix, essayage et préparation du PE perforé
  2. Malaxage du matériau visqueux → chargement du PE → insertion et maintien
  3. Désinsertion franche
  4. Aménagement de l’empreinte primaire :
    • Suppression des contre-dépouilles périphériques (vestibules, palais, frange linguale) au bistouri
    • Élimination des languettes interdentaires (sauf sur la préparation)
    • Réalisation d’évents multiples
    • Repère interincisif au maxillaire
  5. Essai de repositionnement (3 fois) pour vérifier la stabilité
  6. Séchage rigoureux
  7. Enduction du matériau fluide dans l’empreinte (commencer par la préparation)
  8. Insertion et maintien → désinsertion franche et évaluation

Indications : Applicable à quasiment tous les cas, y compris les piliers isolés.

Contre-indications :

  • Dents mobiles
  • Parodonte fin et fragile
  • Fortes contre-dépouilles sur l’arcade
  • Dents en malposition
AvantagesInconvénients
Wash techniqueCompressive ; peu de bulles ; moins de tirageSéance plus longue ; risque de mauvais repositionnement ; décollement du light si mal séchée

4.3. L’Empreinte Sectorielle

Le recours aux silicones en double mélange s’impose. Le protocole est identique à celui de l’empreinte globale, mais il faut induire de silicone fluide la portion d’arcade antagoniste englobée dans le mordu.

Indications :

  • Une à deux préparations de dents cuspidées en secteur encastré
  • Position d’intercuspidie maximale stable
  • Désocclusion postérieure en latéralité

Les dents antérieures et les bridges sont exclus de cette indication.

Avantages :

  • Insertion et désinsertion faciles
  • Contraintes de désinsertion réduites
  • Quantité de matériau réduite
  • Réalisation du modèle de travail rapide

Inconvénients :

  • Impossibilité de simuler l’occlusion dynamique
  • Reproduction des contacts occlusaux par le mordu souvent imparfaite
  • Risques d’erreurs de mise en place du mordu
  • Contre-indiquée en cas de dents cuspidées abrasées

intraoral scanner dental CEREC digital impression

4.4. L’Empreinte Optique (CAD/CAM)

La conception et fabrication assistée par ordinateur (CFAO) est aujourd’hui en pleine expansion en prothèse fixée. L’empreinte optique consiste en la projection d’un champ électromagnétique (lumière structurée ou laser) sur les tissus buccaux, transformée en données numériques grâce à des capteurs.

Les données sont transmises au laboratoire via Internet, qui renvoie la restauration finie au cabinet.

Avantages de la CFAO :

  • Suppression des étapes de coulée du modèle (source d’erreurs)
  • Confort patient accru (pas de matériau en bouche)
  • Précision constante et reproductible
  • Archivage numérique des données

Limites actuelles :

  • Coût initial élevé du matériel
  • Courbe d’apprentissage importante
  • Difficultés dans les zones peu accessibles (préparations sous-gingivales profondes)
  • Artefacts liés à la réflexion sur les surfaces très brillantes (zircone, métal)

Pour approfondir la prothèse fixée dans son ensemble, l’ouvrage Prothèse fixée, 2e Ed. : Approche clinique est une référence incontournable pour les étudiants en odontologie.


Quelle Technique Choisir ? Tableau Comparatif des Empreintes en Prothèse Fixée

Voici un récapitulatif pour vous aider à orienter votre choix selon la situation clinique.

CritèreEmpreinte UnitaireDouble MélangeWash TechniqueEmpreinte SectorielleEmpreinte Optique
Nombre de préparations1 (isolée)MultipleMultiple1 à 2Illimité
Durée de séanceCourteCourteLongueCourteCourte à moyenne
Dents mobilesPossiblePossibleContre-indiquéNonPossible
Parodonte fragileAcceptablePossibleContre-indiquéNonPossible
Limite intra-sulculaireOuiOui (si accès optimal)OuiLimitéeDifficile
Courbe d’apprentissageModéréeÉlevée (4 mains)ModéréeModéréeÉlevée
Coût matérielFaibleFaibleFaibleFaibleTrès élevé
Précision dimensionnelleTrès bonneBonneTrès bonneBonneExcellente

Erreurs Fréquentes à Éviter en Empreinte Prothétique

Erreur 1 — Négliger la déflexion gingivale

Pourquoi c’est problématique : Sans écartement gingival suffisant, la limite cervicale reste masquée par la gencive. L’empreinte ne peut pas enregistrer précisément le joint dento-prothétique, entraînant des infiltrations bactériennes et des récidives carieuses.

Bonne pratique : Toujours vérifier, avant l’empreinte, que la limite est cliniquement accessible. Utiliser un fil rétracteur adapté ou l’Expasyl® selon le contexte parodontal.


Erreur 2 — Insérer le porte-empreinte trop tôt ou trop tard

Pourquoi c’est problématique : Insérer le PE avant que le matériau visqueux soit correctement malaxé provoque des bulles et des irrégularités de surface. À l’inverse, attendre trop longtemps dépasse le temps de travail et compromet le fluage du light body autour de la préparation.

Bonne pratique : Chronométrer systématiquement le temps de malaxage et d’insertion selon les données fabricant. Travailler à 4 mains pour coordonner les gestes.


Erreur 3 — Mal sécher la préparation avant l’injection du matériau fluide

Pourquoi c’est problématique : L’humidité résiduelle crée une interface entre le matériau et la dent, générant des bulles ou un décollement du light body lors de la désinsertion, surtout en wash technique.

Bonne pratique : Sécher soigneusement la préparation avec une seringue air, sans déshydrater les tissus gingivaux voisins. Un séchage « modéré » suffit.


Erreur 4 — Omettre l’étape d’aménagement en wash technique

Pourquoi c’est problématique : Sans la suppression des contre-dépouilles, la réinsertion de l’empreinte est impossible ou instable. Le matériau fluide ne se distribue pas correctement et l’enregistrement sera inexact.

Bonne pratique : Suivre scrupuleusement le protocole d’aménagement : bistouri pour les freins et contre-dépouilles, évents multiples, essai de repositionnement 3 fois avant le chargement en fluide.


Erreur 5 — Désinserer l’empreinte trop tôt

Pourquoi c’est problématique : Si la prise du matériau n’est pas complète, la déformation permanente sera élevée, entraînant une distorsion dimensionnelle du modèle et un défaut d’adaptation de la prothèse.

Bonne pratique : Respecter le temps de prise indiqué par le fabricant, en tenant compte de la température buccale (qui accélère la polymérisation). Ne jamais désinsérer avant le signal de fin de prise.


Erreur 6 — Couler le modèle trop longtemps après la prise

Pourquoi c’est problématique : Les élastomères continuent de subir des modifications dimensionnelles après désinsertion. Un délai de plus de 12 à 24 h selon le matériau peut altérer la précision du modèle.

Bonne pratique : Couler le modèle dans les délais recommandés. Les polyéthers sont particulièrement hygroscopiques et doivent être coulés dans les heures suivant l’empreinte.


Cas Cliniques Commentés

dental crown preparation molar impression
Figure 8

Cas Clinique 1 — Couronne sur molaire : choisir la bonne technique

Patient : Homme de 52 ans, en bonne santé générale. Destruction coronaire importante de la 36 avec présence d’un inlay-core. Parodonte sain et épais. Limite cervicale juxtagingivale.

Problématique : La dent est pilier unitaire, avec un parodonte épais favorisant le maintien du fil rétracteur. La limite est accessible mais proche du sulcus.

Prise en charge : Réalisation d’une empreinte en wash technique à la silicone par addition. Mise en place d’un fil rétracteur simple pendant 10 min. Empreinte primaire en putty, puis aménagement et enduction en super light. Empreinte antagoniste en alginate et mordu en cire.

Résultat attendu : Modèle de travail précis permettant la réalisation d’une couronne céramo-céramique avec joint cervical étanche. L’adaptation cervicale au try-in est satisfaisante et le patient ne présente pas de sensibilité post-pose.

Point pédagogique : La wash technique est ici idéale : pilier unique, parodonte épais, pas de contre-dépouille sévère sur l’arcade.


anterior bridge dental prosthesis

Cas Clinique 2 — Bridge antérieur sur dents mobiles : adapter sa stratégie

Patient : Femme de 67 ans présentant une parodontite chronique stabilisée. Projet de bridge 3 éléments en secteur antérieur maxillaire (11-13), dents mobiles de degré 1.

Problématique : Les dents mobiles représentent une contre-indication relative à la wash technique (risque de déplacement des piliers lors de la réinsertion). Le parodonte est réduit mais sain. Les limites sont intrasulculaires.

Prise en charge : Technique de double mélange en un seul temps à la silicone PVS. Déflexion gingivale à l’Expasyl® (5 min), rinçage abondant. Malaxage simultané du putty soft (PE) et du light body (injector). Insertion unique avec maintien ferme pendant 3 min 30.

Résultat attendu : Enregistrement précis des limites des deux piliers. La mobilité des dents n’a pas entraîné de distorsion grâce à l’insertion unique. Le bridge provisoire est maintenu en place pendant la réalisation au laboratoire.

Point pédagogique : Face à des dents mobiles, le double mélange en un seul temps est préférable pour éviter le risque de déplacement des piliers lors d’une réinsertion.


intraoral scanner 3D scan posterior teeth

Cas Clinique 3 — Empreinte optique pour inlays multiples en secteur postérieur

Patient : Homme de 38 ans en bonne santé, présentant 4 préparations pour inlays en secteur postérieur (14, 15, 24, 25). Parodonte sain, pas de dents mobiles. Cabinet équipé d’un scanner intra-oral.

Problématique : Multiplicité des préparations et secteurs bilatéraux. La prise d’empreinte conventionnelle serait longue et inconfortable pour le patient.

Prise en charge : Empreinte optique avec scanner intra-oral. Balayage de l’arcade maxillaire préparée, de l’arcade mandibulaire antagoniste et de la zone d’occlusion en IOM. Les fichiers STL sont transmis au laboratoire pour la conception des 4 inlays en CAD/CAM.

Résultat attendu : Réalisation en céramique pressée ou usinée avec une précision d’adaptation cervicale excellente. Gain de temps clinique et confort patient nettement amélioré.

Point pédagogique : L’empreinte optique est particulièrement indiquée pour les cas avec de nombreuses préparations et des limites supra ou juxtagingivales accessibles. Elle réduit significativement les erreurs liées aux étapes de coulée.


Foire Aux Questions (FAQ)

Quelle est la différence entre la technique en double mélange et la wash technique ?

Le double mélange consiste à insérer les deux matériaux (visqueux et fluide) simultanément en une seule insertion. La wash technique, elle, se déroule en deux temps distincts : une première empreinte en matériau visqueux, suivie d’une deuxième insertion après aménagement avec du matériau fluide. Le double mélange est plus rapide mais exige un travail à 4 mains coordonné. La wash technique est moins risquée en termes de tirage, mais plus longue.


Quand faut-il utiliser un fil rétracteur avant l’empreinte ?

Le fil rétracteur est indiqué lorsque la limite cervicale de la préparation est intrasulculaire ou juxtagingivale, et que la gencive masque l’accès à cette limite. Il est laissé en place 5 à 10 min selon le type de fil, puis retiré juste avant l’injection du matériau fluide. En cas de parodonte fin, on préférera l’Expasyl® ou un fil non imprégné de substances vasoconstrictrices.


Pourquoi les techniques d’empreinte avec guidage unitaire sont-elles abandonnées ?

Ces techniques (triple mélange, coffrage métallo-résineux, chape porte-empreinte) ont été progressivement délaissées car elles sont longues, complexes à exécuter et fortement opérateur-dépendantes. Les empreintes sans guidage, combinées à une bonne déflexion gingivale et aux élastomères modernes, offrent des résultats comparables avec un protocole plus simple et plus reproductible.


Quels sont les critères d’évaluation d’une empreinte réussie ?

Une empreinte réussie doit présenter : une reproduction nette et continue de la limite cervicale sur toute sa périphérie, l’absence de bulles ou lacunes dans les zones critiques, aucun déchirement ou tirage du matériau, une bonne stabilité du porte-empreinte et une désinsertion nette sans fracture. Elle doit être coulée dans les délais recommandés par le fabricant.


L’empreinte optique remplace-t-elle complètement les empreintes conventionnelles ?

Pas entièrement. L’empreinte optique est excellente pour les limites supra ou juxtagingivales accessibles, les restaurations unitaires ou les bridges courts en secteur postérieur. Elle est plus difficile à utiliser pour les limites intra-sulculaires profondes, les bouches très sèches ou en présence de saignements gingivaux. Les deux approches sont complémentaires selon la situation clinique.


Combien de temps peut-on attendre avant de couler un modèle après une empreinte à la silicone ?

Les silicones par addition (PVS) présentent une très bonne stabilité dimensionnelle : le modèle peut être coulé jusqu’à 2 semaines après l’empreinte selon les fabricants. Les polyéthers, en revanche, sont hygroscopiques et doivent être coulés dans les 24 heures, idéalement dans les heures suivant la prise. Les polysulfures nécessitent une coulée dans les 30 minutes à 1 heure.


Comment gérer une empreinte avec des bulles au niveau de la limite cervicale ?

Une empreinte présentant des bulles ou des lacunes au niveau de la limite cervicale doit être systématiquement refaite. Ces défauts se traduiront par une surépaisseur ou un défaut d’adaptation sur la restauration finale. Ne jamais tenter de « corriger » une empreinte insatisfaisante en la complétant avec du matériau fluide sans respecter le protocole de la wash technique.


Peut-on réaliser une empreinte en cas de gingivorragie active ?

Non. Un saignement actif au niveau du sulcus contamine l’empreinte, compromet le mouillage du matériau et génère des défauts de surface. Il faut d’abord contrôler le saignement (fil hémostatique, gel hémostatique) et reporter l’empreinte si la situation parodontale n’est pas stabilisée.


dental laboratory working model plaster cast

Conclusion : L’Empreinte, Clé de Voûte de la Réussite Prothétique

La prise d’empreinte est une étape clé et non négociable dans la réalisation d’une prothèse fixée de qualité. Elle conditionne directement la précision du modèle de travail, et donc l’adaptation finale de la restauration.

En tant qu’étudiant, retenez les points essentiels suivants :

  • Choisir la technique en fonction de la situation clinique (type de préparation, état parodontal, nombre de piliers, accessibilité de la limite).
  • Maîtriser la déflexion gingivale : c’est souvent là que se jouent la qualité et la précision de l’empreinte.
  • Respecter scrupuleusement les protocoles, notamment les temps de travail et de prise des matériaux.
  • Évaluer systématiquement l’empreinte avant de la confier au laboratoire : un praticien rigoureux ne transfère jamais une empreinte douteuse.
  • S’initier aux outils numériques (CFAO, scanner intra-oral), qui occupent une place croissante dans la pratique moderne.

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