Les éléments constitutifs du châssis métallique

Les éléments constitutifs du châssis métallique

Les Éléments Constitutifs du Châssis Métallique en Prothèse Partielle Amovible

Introduction

Le châssis métallique représente l’élément structurel fondamental de toute prothèse partielle amovible. Sa conception et sa réalisation requièrent une compréhension approfondie de ses différents composants et de leurs fonctions spécifiques.


Définition et Rôle du Châssis

Le châssis se définit comme un squelette prothétique qui remplit trois fonctions essentielles. Il prend appui sur les crêtes gingivo-osseuses, supporte les dents de remplacement et s’accroche aux dents persistantes tout en préservant leur intégrité. L’objectif principal chez l’édenté partiel n’est pas uniquement le remplacement des dents manquantes, mais surtout la préservation des dents restantes.

La rigidité du châssis constitue un critère fondamental. Un châssis insuffisamment rigide entraîne des résorptions osseuses au niveau des surfaces d’appui et une mobilisation progressive des dents piliers, compromettant ainsi la pérennité de la restauration prothétique.


Les Alliages Utilisés

Composition

Le châssis est généralement réalisé à base d’alliage cobalt-chrome-molybdène, communément appelé stellite. Cet alliage a été choisi pour ses propriétés exceptionnelles en prothèse dentaire.

Qualités Requises

Pour assurer la rigidité nécessaire à la construction prothétique, les alliages destinés aux prothèses partielles amovibles doivent présenter plusieurs caractéristiques indispensables. Ils doivent offrir une haute résistance mécanique permettant de supporter les contraintes masticatoires répétées. Une forte résistance à la corrosion dans les fluides buccaux garantit la durabilité du dispositif. La bonne coulabilité facilite la réalisation des formes complexes du châssis lors de la coulée. L’absence totale de toxicité protège la santé du patient. Enfin, une manipulation aisée avec les techniques de laboratoire habituelles optimise le processus de fabrication.


La Connexion Principale

Définition et Fonctions

La connexion principale constitue l’élément de base de la prothèse. Elle réunit les différents composants et leur permet de travailler en synergie. Recouvrant les surfaces d’appui gingivo-osseuses, elle assure la transmission et la répartition des forces occlusales.

Impératifs de Conception

Principe de Rigidité

La rigidité dépend de trois facteurs interdépendants : la forme de la connexion, son épaisseur et la nature de l’alliage utilisé. Ces paramètres doivent être optimisés pour garantir une stabilité dimensionnelle parfaite.

Confort du Patient

L’épaisseur doit être aussi réduite que possible pour minimiser l’encombrement. La phonation ne doit pas être perturbée, en libérant si possible la zone rétro-incisive. La déglutition doit rester naturelle. La symétrie de forme et une surface parfaitement polie contribuent au confort général.

Respect des Tissus Ostéo-Muqueux

Le principe de décolletage doit être scrupuleusement respecté. Les exostoses comme le torus palatin ou mandibulaire doivent être évitées. La suture médiane ne doit subir aucune compression, nécessitant un espacement de l’armature. La région rétro-incisive mandibulaire est systématiquement espacée. Toute partie métallique de la prothèse doit rester à distance de la ligne de réflexion muqueuse.


Connexion Principale au Maxillaire Supérieur

Plaque Large

Cette conception s’appuie largement sur la voûte palatine, assurant une répartition égale des charges occlusales. Elle est particulièrement indiquée pour les classes I et II de Kennedy. Son bord postérieur se termine en avant du voile du palais ou présente une légère échancrure. La région du trou palatin antérieur et la papille médiane sont découvertes. Les anneaux gingivaux des dents restantes doivent être respectés. Son épaisseur réduite varie entre 0,6 et 0,7 mm.

Plaque à Recouvrement Complet

Dans cette configuration, la partie antérieure repose sur le cingulum des dents restantes, nécessitant une préparation dentaire préalable. Une décharge au niveau de l’anneau gingival est impérative. Le bord postérieur se situe à la jonction entre le palais dur et le palais mou. Cette solution est réservée aux classes I et II de grande étendue.

Plaque Double Entretoise

Cette plaque se caractérise par un évidement central avec une section en demi-jonction. Son épaisseur atteint 2 mm. La largeur varie selon les zones : 6 mm en antérieur, 9 mm en postérieur et 2 mm au centre. Le segment postérieur repose sur le palais dur juste en avant de la jonction palais dur-palais mou, dans une zone inaccessible à la langue. La barre antérieure se situe à 5 ou 6 mm des dents piliers. Cette conception convient aux édentements intercalaires à appui dentaire.

Plaque Étroite

Respectant le principe de décolletage, elle s’inscrit entre deux lignes, l’une antérieure et l’autre postérieure, reliant les faces proximales des dents bordant l’édentement. Épaissie en son centre, elle est indiquée pour les édentements encastrés à appui uniquement dentaire.


Connexion Principale au Maxillaire Inférieur

La Barre Linguale

Caractéristiques

La barre linguale présente une section en demi-poire, avec la partie plane tournée vers la muqueuse et la partie volumineuse orientée vers le plancher buccal. Ses dimensions standardisées comprennent une largeur de 1,7 à 2 mm et une hauteur de 3,5 mm. Elle respecte un décolletage d’au moins 3,5 mm des dents restantes et reste distante de 1 mm du frein lingual.

Positionnement

Sa position antéro-postérieure dépend de l’orientation du versant lingual rétro-incisif de l’os alvéolaire. Pour un versant vertical, l’espacement est de 0,2 mm. Pour un versant oblique, il augmente à 0,3 ou 0,4 mm pour éviter toute blessure. L’évaluation précise de l’espace rétro-incisif et de l’espace collet-frein s’avère indispensable.

Le Bandeau Lingual

En cas de contre-indication à la barre linguale, le bandeau lingual constitue une alternative. Il entre en contact avec toutes les parties des faces linguales des dents situées au-dessus du cingulum, puis empiète sans la toucher (espacement de 0,3 mm) sur la fibro-muqueuse et se termine à 1 mm du plancher buccal. Son épaisseur doit être minimale sans compromettre sa rigidité. Des appuis indirects seront nécessaires pour assurer la stabilité de l’ensemble.

Double Barre Linguale

Cette conception combine une barre linguale classique avec un appui continu cingulaire ou barre cingulaire. L’élément métallique se dispose sur le cingulum des dents antérieures avec une section en demi-jonc. Sa hauteur atteint 2 mm et son épaisseur 1 mm. Relié à la barre linguale par deux connexions secondaires, ce système présente des avantages esthétiques notables. Il permet de faire participer un nombre important de dents piliers, assure une contention efficace et empêche les mouvements de rotation sagittale dans les cas de classe II.


La Connexion Secondaire

Définition et Caractéristiques

Les connexions secondaires sont des parties métalliques permettant de relier les crochets ou les appuis indirects à la connexion principale. Elles présentent une section grossièrement triangulaire optimisant leur résistance.

Impératifs

La rigidité nécessite un diamètre compris entre 1,5 et 2 mm. Le respect des tissus ostéo-muqueux impose une décharge de 0,2 à 0,3 mm. Pour le confort du patient, elles se situent au niveau des espaces interdentaires des dents bordant l’édentement.

Rôles

Les connexions secondaires transmettent aux dents piliers les efforts appliqués sur la prothèse et accroissent la résistance mécanique globale du châssis.


Les Selles ou Grilles de Rétention

Ces parties métalliques se situent sur les crêtes édentées, espacées de 1,5 à 2 mm de la muqueuse d’appui. Postérieurement, elles se positionnent en avant des tubérosités maxillaires et des trigones rétro-molaires mandibulaires.


Les Crochets

Définition

Le crochet constitue une partie métallique élaborée et coulée simultanément avec l’infrastructure. Il permet de solidariser la prothèse aux dents restantes et représente l’élément de rétention principal du dispositif.

Impératifs de Conception

Le crochet doit ceinturer plus de la moitié de la circonférence de la dent pour assurer une efficacité optimale. À toute portion rétentive du crochet doit correspondre une portion rigide afin d’annuler tout risque scolio-dontique, selon le principe de réciprocité d’action. Il doit rester en contact permanent avec l’émail et être parfaitement poli pour éviter toute rétention de plaque.

L’extrémité rétentive du crochet doit être passive dès que la prothèse est en place. Les différentes parties du crochet doivent se situer le plus près possible du milieu du tiers cervical pour éviter les versions dentaires. Les parties rétentives des crochets de chaque arcade doivent être symétriquement disposées : un chef rétentif vestibulaire correspond à un chef vestibulaire du crochet de l’autre hémi-arcade.

L’emplacement des appuis occlusaux est impératif et non négociable. Les deux bras des crochets doivent se situer à un niveau aussi voisin que possible. Le crochet doit contribuer simultanément à la rétention, la stabilité et la sustentation de la prothèse.

Fonctions du Crochet

Sustentation

La sustentation représente la réaction qui s’oppose aux forces axiales d’enfoncement de la prothèse sous l’influence des forces occlusales. Elle garantit le maintien vertical du dispositif prothétique.

Stabilité

La stabilité constitue la réaction s’opposant aux forces qui tendent à faire subir à la prothèse des mouvements de translation horizontale ou de rotation. Elle assure le maintien de la prothèse lors des mouvements latéraux de la mandibule.

Rétention

La rétention représente la réaction qui s’oppose à la désinsertion de la prothèse dans le sens axial. Elle empêche le déplacement vertical de la prothèse lors de la mastication d’aliments collants.

Différentes Parties du Crochet

Bras Rétentif

La pointe active, fine et flexible, représente la fonction de rétention par accrochage. Généralement vestibulaire, il assure la rétention par sa partie terminale flexible située sous la ligne guide dans la zone de contre-dépouille.

Bras de Calage

Le corps du crochet, plus épais et moins flexible, assure une fonction de stabilisation de la prothèse. Il permet de caler la dent et de la soutenir avant que le bras rétentif ne franchisse le bombé vestibulaire. Il se situe au-dessus de la ligne guide.

Taquet Occlusal Direct

Cet élément doit être parfaitement rigide et se situe sur la face occlusale. Il prolonge occlusalement la potence ou connexion secondaire et participe à la sustentation de la prothèse. L’appui occlusal ne doit créer aucune interférence ni prématurité occlusale.


Les Appuis Occlusaux

Définition et Caractéristiques

Les appuis occlusaux sont des éléments métalliques prenant appui sur la face occlusale des dents. On distingue les taquets occlusaux pour les prémolaires et molaires, et les appuis cingulaires pour les incisives et canines.

Préparation de la Logette

La logette doit présenter une forme de cuillère évitant tout angle vif. Sa préparation s’effectue à la fraise boule diamantée. Sa taille est proportionnelle à celle de la dent concernée : un tiers de la dimension mésio-distale pour une prémolaire, le quart pour une molaire. Sa profondeur varie entre 1 et 2 mm, tandis que sa largeur vestibulo-linguale atteint 3 mm.

Rôles des Appuis Occlusaux

Les appuis occlusaux participent à la distribution et à la transmission des forces occlusales selon le grand axe de la dent. Ils empêchent l’enfoncement de la prothèse dans les tissus mous et maintiennent des rapports constants entre la dent et le crochet. Ils contribuent au rétablissement d’un point de contact défaillant et assurent la protection de la papille interdentaire.

Types d’Appuis

Les appuis dentaires directs se situent sur les dents limitant les segments édentés et font partie intégrante d’un crochet. Les appuis dentaires indirects se positionnent à distance des segments édentés, ne font pas partie d’un complexe rétentif et assurent une fonction supplémentaire d’opposition aux mouvements de rotation.


Classification des Crochets

Crochets à Jonction Proximale

Crochet d’Akers

Ce crochet présente une connexion secondaire et un appui occlusal situés du côté de l’édentement. Le bras rigide se situe au-dessus de la ligne guide sur la face buccale et s’étend jusqu’à la moitié de la face vestibulaire. Un bras flexible représente l’extrémité du bras vestibulaire situé dans la zone de contre-dépouille rétentive. Il est utilisé dans les cas d’édentements intercalés de classes III et IV de Kennedy-Applegate.

Crochet Anneau

Il se caractérise par la présence de deux appuis occlusaux. L’un est mésial et prolonge la connexion secondaire reliée à la selle. L’autre est distal, situé entre la partie rigide et la partie flexible du crochet. Un bras rigide se relie à la connexion secondaire tandis qu’un bras de rétention flexible assure l’ancrage. Il est indiqué pour les molaires isolées, dernière molaire sur l’arcade supérieure ou inférieure.

Crochets à Jonction Linguale

Crochet de Nallyt-Martinet

Ce crochet présente une connexion secondaire et un appui occlusal situés du côté opposé à l’édentement. Il comporte un bras de rétention vestibulaire et un bras de calage buccal. Ce crochet est indiqué systématiquement dans les classes I et II de Kennedy-Applegate.

Crochet à Action Postérieure

Il se compose de trois parties principales. Un bras rigide solidaire de la connexion secondaire le relie à la connexion principale. Un appui occlusal se situe du côté de l’édentement. Un bras flexible constitue le prolongement du bras rigide et se situe dans la zone de retrait sur la face vestibulaire de la dent. Il est indiqué pour les dents postérieures.

Crochet de Bonwill

Ce crochet double d’Akers se compose de deux appuis occlusaux mésial et distal, deux bras vestibulaires rétentifs et deux bras de calage mésial et distal du côté buccal. Il est indiqué dans les classes IV ou II de Kennedy-Applegate.

Crochets à Jonction Vestibulaire : Système de Roach

Contrairement au système proposé par Ney, celui de Roach permet de résoudre les problèmes posés par l’obtention de la rétention, très difficile à solutionner dans certains cas par les crochets circonférentiels. Roach a proposé sept variantes désignées par les lettres C, L, U, S, T, I et R, chacune adaptée à la dent support du crochet.

La particularité de ces crochets réside dans le fait que le bras de calage ne fait pas partie du crochet, tout comme l’appui occlusal. La situation de l’appui occlusal, qu’il soit en mésial ou en distal par rapport à l’édentement, réalise une liaison rigide ou semi-rigide selon les besoins biomécaniques.


Conclusion

La réalisation du châssis de la prothèse partielle amovible a fait l’objet de nombreuses améliorations au fil des années. Celle-ci ne remplira pleinement son rôle thérapeutique qu’avec une bonne connaissance de l’indication et du rôle de chaque élément constitutif du châssis. La maîtrise de ces concepts fondamentaux permet d’optimiser la conception prothétique et d’assurer la pérennité de la restauration tout en préservant l’intégrité des structures dentaires et parodontales restantes.


Article technique destiné aux professionnels de santé dentaire

À propos de CoursDentaire

L'Excellence Dentaire à Portée de Clic

Voir tous les articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *