Anomalies Basales du Sens Transversal en Orthodontie : Guide Complet en Chirurgie Dentaire
Mots-clés : anomalies transversales orthodontie, endomaxillie, exomaxillie, latérognathie, endomandibulie, diagnostic orthodontique, sens transversal, occlusion croisée
Introduction : Le Sens Transversal, la Dimension Oubliée du Diagnostic Orthodontique
Trop souvent, l’essentiel du diagnostic orthodontique repose sur l’examen céphalométrique du profil, négligeant ainsi le sens transversal. Et pourtant, la communication se fait de face, le sourire se voit de face, le regard s’allume de face.
Il est temps de recommencer à nous préoccuper de ce sens oublié pour que l’étude de nos patients devienne systématiquement tridimensionnelle : sagittale, verticale, et transversale.
Dans cet article destiné aux étudiants en odontologie, nous allons détailler l’ensemble des anomalies basales du sens transversal : leurs définitions, leurs étiologies, leurs présentations cliniques, leur diagnostic différentiel, et les erreurs à ne pas commettre lors de l’évaluation.
Pour aller plus loin dans votre formation clinique, le Guide clinique d’odontologie constitue une référence incontournable.
1. Définition des Anomalies Basales du Sens Transversal
Les anomalies du sens transversal correspondent à des anomalies de la croissance transversale des bases osseuses et/ou arcades alvéolaires par excès ou insuffisance. Elles s’expriment par une diminution ou augmentation de leurs dimensions transversales et peuvent être symétriques ou asymétriques.
À ces anomalies morphologiques s’ajoutent les latéromorphoses, caractérisées par une position latérale de la mandibule entraînant ainsi une dissymétrie faciale.
On distingue donc deux grandes catégories :
- Les anomalies dimensionnelles : endomaxillie, endomandibulie, exomaxillie, exomandibulie
- Les anomalies positionnelles : latérognathies anatomiques et fonctionnelles
2. Étiopathogénie des Anomalies Transversales
2.1. Causes Primaires
Ces causes s’expriment au cours de l’embryogenèse ou de la morphogenèse :
Fentes labio-palatines : Elles sont dues à un défaut de mésodermisation des bourgeons de la face, dont leur écartement est à l’origine d’une exognathie supérieure. La cicatrisation post-opératoire gêne l’écartement physiologique des lames palatines, entraînant une endognathie maxillaire uni- ou bilatérale.
Achondroplasie : Caractérisée par des troubles de la croissance cartilagineuse. Elle entraîne notamment un hypodéveloppement du maxillaire supérieur.
Asymétries congénitales : Elles peuvent toucher la base du crâne, les cavités glénoïdes, les hémi-mandibules, ou encore le tonus musculaire (hyper-, hypo- ou atrophie musculaire).
2.2. Causes Secondaires
Acromégalie : Provoque une hypertrophie évolutive de la mandibule due à un excès de sécrétion d’hormone de croissance (GH).
Avitaminose D (rachitisme) : Entraîne une endognathie à prédominance prémolaire et une brachymandibulie, du fait de la minéralisation osseuse insuffisante.
2.3. Dysfonctions et Parafonctions
Les habitudes et dysfonctions oro-faciales jouent un rôle majeur dans le développement des anomalies transversales :
- Mastication unilatérale : Favorise un développement asymétrique des bases osseuses.
- Ventilation buccale : En raison de la posture linguale basse, la langue ne presse plus contre le palais, ce qui prive le maxillaire de sa stimulation naturelle d’expansion.
- Déglutition atypique : La position basse de la langue et l’interposition latérale compromettent le développement normal du maxillaire.
- Succion (pouce, tétine) : Augmente l’activité des muscles péribuccaux et oblige la langue à s’abaisser et à reculer. Cette posture linguale basse ne lui permet plus de maintenir l’arcade maxillaire et tend à élargir l’arcade mandibulaire.
- Bruxisme : Souvent lié à des facteurs de stress, il provoque une usure dentaire qui peut entraîner des latéroglissements mandibulaires. Pour les patients concernés, une gouttière de protection anti-bruxisme peut être recommandée en parallèle du traitement orthodontique.
- Attitudes posturales : Certaines attitudes répétées peuvent créer des déformations sur un os anormalement malléable. Ainsi, dormir la joue appuyée contre la main repliée ou contre le coude replié pourrait, selon Stallard, être à l’origine d’une latérognathie avec occlusion inversée ou d’endognathies symétriques.
2.4. Environnement Musculaire
L’équilibre musculaire est fondamental dans la modélisation des arcades :
- Microglossie : Langue trop petite, insuffisance de pression endogène sur le maxillaire.
- Ankyloglossie : Frein lingual court empêchant la langue d’appuyer correctement sur le palais.
- Hypotonicité des joues : Diminution de la pression exogène, pouvant contribuer à une exoalvéolie.
- Macroglossie : Excès de pression linguale, pouvant provoquer une expansion des arcades.
- Position basse et permanente de la langue : Empêche la stimulation palatine indispensable au développement transversal du maxillaire.
- Position haute et permanente de la langue : Maintien correct de l’arcade maxillaire.
3. Les Formes Cliniques des Anomalies Basales Transversales
3.1. Endomaxillie
Définition
L’endomaxillie correspond à une insuffisance de développement transversal du maxillaire, caractérisée par une inclinaison normale des molaires et prémolaires associée à un encombrement incisif maxillaire.
Elle se distingue de l’endoalvéolie par le fait que l’anomalie est osseuse (basale) et non simplement alvéolaire.
Diagnostic Positif
Signes faciaux :
- Nez pincé et hypodéveloppé
- Incompétence et sécheresse labiale (souvent liée à la ventilation buccale associée)
Signes occlusaux :
En denture temporaire :
- Occlusion croisée bilatérale
En denture mixte :
- Encombrement incisif maxillaire important
- Absence d’abrasion des pointes canines et des cuspides d’appui droites et gauches des dents temporaires
- Arcades mandibulaires de forme normale sans encombrement incisif notable, sauf en cas de DDM associée
- Coïncidence des milieux inter-incisifs en RC et en ICM ; la latrodéviation est rare, mais peut être provoquée par une linguocclusion de la latérale dans les cas sévères
- Linguocclusion bilatérale en ICM
Signes fonctionnels :
- Ventilation buccale ou semi-buccale avec position basse de la langue
- Déglutition atypique avec étalement de la langue entre les arcades
Signes téléradiographiques :
- De profil : augmentation de la dimension verticale (DV) observable
- Cliché axial : permet d’objectiver la symétrie de la mandibule
- Incidence de face : permet d’apprécier la proportion maxillaire, d’étudier l’asymétrie de la cavité nasale, et d’observer la déviation du septum nasal
Forme unilatérale : Très rare, observée principalement dans les cas de fentes labio-palatines, caractérisée par une occlusion inversée unilatérale avec latérodéviation.
Diagnostic Différentiel
- Endoalvéolie bilatérale symétrique
- Exoalvéolie inférieure
- Exognathie inférieure
3.2. Endomandibulie
Définition
L’endomandibulie est très rare. Elle est caractérisée par une diminution du diamètre transversal de la mandibule, d’origine basale.
Diagnostic Positif
Signes faciaux :
- Largeur bigonique inférieure à la largeur bizygomatique
- Hauteur de l’étage inférieur diminuée ou normale
Signes occlusaux :
- Malposition dentaire
- Parfois inclusion dentaire
Diagnostic Différentiel
- Endoalvéolie inférieure
- Exoalvéolie supérieure
- Exognathie supérieure
3.3. Exomaxillie
Définition
L’exomaxillie est une anomalie basale transversale caractérisée par une augmentation de la dimension transversale du maxillaire supérieur. Elle peut être symétrique ou non, est rare, et s’observe notamment après une expansion transversale mal contrôlée.
Diagnostic Positif
Signes faciaux :
- Face large et courte
- Étage inférieur de la face diminué
Signes occlusaux :
- Innoclusion latérale (béance latérale)
- Inclinaison normale des dents latérales
- Diastèmes généralisés
Diagnostic Différentiel
- Endoalvéolie inférieure
- Endognathie inférieure
- Exoalvéolie supérieure
3.4. Exomandibulie
Définition
L’exomandibulie est une anomalie très rare caractérisée par l’augmentation de la largeur de la base mandibulaire.
Diagnostic Positif
Signes faciaux :
- Largeur bigoniaque supérieure à la largeur bizygomatique
- DV diminuée ou normale
Signes occlusaux :
- Occlusion croisée bilatérale
- L’arcade mandibulaire circonscrit l’arcade maxillaire
- Diastèmes à l’arcade mandibulaire
Diagnostic Différentiel
- Endomaxillie
- Endoalvéolie maxillaire
- Exoalvéolie mandibulaire
3.5. Les Anomalies Positionnelles du Sens Transversal : Les Latérognathies
Ce sont des anomalies caractérisées par une position latérale droite ou gauche de la mandibule. On distingue deux types : anatomique et fonctionnelle. Cette distinction est capitale car elle conditionne entièrement la prise en charge thérapeutique.
3.5.1. Latéromandibulie Anatomique (Latéroposition Anatomique)
Définition : Anomalie basale du sens transversal, caractérisée par une asymétrie de forme ou d’insertion de la mandibule, due à :
- Une anomalie de dimension, forme, ou volume mandibulaire
- Une asymétrie de la base du crâne ou de l’implantation mandibulaire
- La coexistence des deux causes précédentes
Diagnostic positif :
Signes faciaux :
- Retentissement esthétique important
- Absence de parallélisme : asymétrie faciale nette
Signes occlusaux :
- Linguocclusion unilatérale
- Les milieux inter-incisifs sont déviés en ICM et en RC
- Absence de proglissement
- La manœuvre de recentrage est négative
Signes téléradiographiques de profil :
- Non-coïncidence des hémi-mandibules
- Dissymétrie des condyles
- Décalage vertical des deux angles mandibulaires et bords basilaires
Signes téléradiographiques de face :
- Dissymétrie faciale
- Déviation de la symphyse mentonnière
Incidence axiale :
- Anomalie du condyle ou de son col
- Décalages des points inter-incisifs
Causes possibles :
- Hypocondylie ou hypercondylie
- Fracture condylienne ancienne
- Traumatisme néonatal
Diagnostic différentiel : Latéromandibulie fonctionnelle (latérodéviation)
3.5.2. Latéromandibulie Fonctionnelle (Latérodéviation)
Définition : Anomalie fonctionnelle caractérisée par un déplacement latéral d’une mandibule de forme et de dimension normales. Le chemin de fermeture est droit jusqu’au point de contact prématuré, à partir duquel se produit un glissement latéral aboutissant à l’occlusion de convenance, caractérisée par une latérodéviation.
Diagnostic positif :
Signes faciaux et occlusaux :
- Identiques à ceux de la latéromandibulie anatomique en ICM
- Mais s’atténuent en position de repos (plus d’asymétrie visible)
- Examen du chemin de fermeture : droit, puis dévié au contact prématuré
Signes téléradiographiques :
- Anomalies de position des condyles dans leur cavité glénoïde
Le critère clé de différenciation : La manœuvre de recentrage est positive dans la forme fonctionnelle.
Diagnostic différentiel : Latéromandibulie anatomique
Tableau Comparatif : Quelle Anomalie Transversale Êtes-vous Face à ?
Le tableau suivant vous aidera à distinguer rapidement les différentes entités lors de votre examen clinique et radiologique.
| Critère | Endomaxillie | Endomandibulie | Exomaxillie | Exomandibulie | Latéro. Anatomique | Latéro. Fonctionnelle |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Fréquence | Fréquente | Très rare | Rare | Très rare | Rare | Plus fréquente |
| Arcade atteinte | Maxillaire | Mandibulaire | Maxillaire | Mandibulaire | Mandibule | Mandibule |
| Direction anomalie | Insuffisance | Insuffisance | Excès | Excès | Positionnelle | Positionnelle |
| Occlusion croisée | Bilatérale | Non | Non | Bilatérale | Unilatérale | Unilatérale |
| Milieux en RC | Coïncidents | Variable | Variable | Variable | Déviés | Coïncidents |
| Manœuvre recentrage | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Négative | Positive |
| Symétrie faciale | Conservée | Variable | Conservée | Variable | Absente | Conservée en RC |
| Traitement | Expansion palatine | Chirurgie | Contention | Chirurgie | Chirurgie/ODF | ODF + meulage sélectif |
Erreurs Fréquentes à Éviter lors du Diagnostic des Anomalies Transversales
Erreur 1 : Confondre une anomalie basale et une anomalie alvéolaire
Pourquoi c’est problématique : Le traitement d’une endoalvéolie (dento-alvéolaire) n’est pas le même que celui d’une endomaxillie (basale). Traiter une anomalie basale par de simples mouvements dentaires conduit à un résultat instable et à une récidive.
La bonne pratique : Évaluer systématiquement l’inclinaison des dents latérales. Si elle est normale malgré la linguocclusion, il s’agit d’une anomalie basale. Une analyse céphalométrique frontale est indispensable.
Erreur 2 : Ne pas différencier latéromandibulie anatomique et fonctionnelle
Pourquoi c’est problématique : La latérodéviation fonctionnelle est potentiellement réversible si l’on supprime le contact prématuré. La confondre avec une anomalie anatomique peut mener à une prise en charge disproportionnée (chirurgie injustifiée).
La bonne pratique : Réaliser systématiquement la manœuvre de recentrage (guidage en relation centrée). Si l’asymétrie disparaît, la forme est fonctionnelle. Si elle persiste, elle est anatomique.
Erreur 3 : Négliger l’analyse téléradiographique frontale
Pourquoi c’est problématique : L’essentiel des diagnostics en orthodontie repose sur la téléradiographie de profil. Or, cette incidence ne renseigne absolument pas sur le sens transversal. On peut ainsi passer à côté d’une asymétrie significative.
La bonne pratique : Intégrer systématiquement la téléradiographie de face et le cliché axial dans le bilan orthodontique, en particulier dès qu’une anomalie transversale est suspectée cliniquement.
Erreur 4 : Sous-estimer le rôle des parafonctions dans la genèse des anomalies
Pourquoi c’est problématique : Un traitement orthodontique réalisé sans correction des habitudes dysfonctionnelles (ventilation buccale, déglutition atypique, succion) sera systématiquement suivi d’une récidive.
La bonne pratique : Identifier et corriger les dysfonctions avant ou en parallèle du traitement orthodontique. Orienter le patient vers un rééducateur oro-facial (orthophoniste spécialisé) si nécessaire.
Erreur 5 : Initier une expansion maxillaire sans diagnostic étiologique précis
Pourquoi c’est problématique : Une expansion non contrôlée ou inadaptée peut créer une exomaxillie iatrogène, avec diastèmes, béances latérales, et résultat esthétique et fonctionnel dégradé.
La bonne pratique : Poser un diagnostic précis (anomalie basale vs alvéolaire, symétrique vs asymétrique) avant de choisir le moyen d’expansion. Suivre rigoureusement le protocole d’activation de l’appareil.
Erreur 6 : Oublier l’impact des anomalies transversales sur les voies aériennes
Pourquoi c’est problématique : Une endomaxillie sévère est souvent associée à une réduction de l’espace nasal et à une ventilation buccale chronique, elle-même associée à des troubles du sommeil et à un syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) chez l’enfant.
La bonne pratique : Évaluer systématiquement la perméabilité nasale et orienter le patient vers un ORL en cas de doute. Le traitement de l’endomaxillie peut contribuer à améliorer la qualité respiratoire.
Cas Cliniques Commentés
Cas Clinique 1 : Endomaxillie chez un enfant de 9 ans en denture mixte
Présentation : Maxime, 9 ans, est adressé en consultation d’orthodontie par son médecin traitant pour un “sourire étroit”. Sa mère signale une respiration bouche ouverte la nuit et des ronflements fréquents.
Examen clinique : Le visage est symétrique de face, mais le nez apparaît pincé. Intraoralement, on observe un encombrement incisif maxillaire marqué, une linguocclusion bilatérale, et une absence d’abrasion des canines temporaires. Les milieux inter-incisifs coïncident en RC et en ICM. Pas de latérodéviation.
Problématique identifiée : Endomaxillie symétrique avec ventilation buccale associée. L’analyse téléradiographique frontale confirme l’insuffisance de développement transversal maxillaire à symétrie conservée.
Prise en charge : Expansion rapide du palais (ERP) par disjoncteur collé, associée à une rééducation oro-faciale pour corriger la ventilation buccale. Bilan ORL prescrit pour évaluer les végétations adénoïdes.
Évolution attendue : Après expansion et contention, correction de l’encombrement incisif, amélioration du couloir buccal, et normalisation progressive de la respiration nasale. Le pronostic est favorable si la prise en charge est précoce.
Point clé illustré : L’endomaxillie doit être traitée tôt, en denture mixte, lorsque les sutures palatines sont encore actives. Attendre la denture permanente complique considérablement le traitement.
Cas Clinique 2 : Latérodéviation fonctionnelle chez une adolescente de 13 ans
Présentation : Sofia, 13 ans, consulte pour une “asymétrie du visage” remarquée par ses parents. Elle ne se plaint d’aucune douleur articulaire.
Examen clinique : De face, on observe une déviation du menton vers la droite et une linguocclusion unilatérale droite. Les milieux inter-incisifs sont déviés en ICM. À l’examen du chemin de fermeture, la mandibule part droitement puis dévie vers la droite à la rencontre d’un contact prématuré sur une molaire temporaire gauche encore présente. La manœuvre de recentrage est positive : l’asymétrie disparaît en relation centrée.
Problématique identifiée : Latéromandibulie fonctionnelle (latérodéviation) secondaire à un contact prématuré sur une dent temporaire.
Prise en charge : Meulage sélectif de la dent temporaire responsable du contact prématuré, suivi d’un traitement orthodontique de l’occlusion. Surveillance de l’ATM.
Évolution attendue : Correction rapide de la déviation après élimination du contact prématuré. Résultat stable à condition de corriger l’ensemble des anomalies occlusales associées.
Point clé illustré : La distinction entre forme anatomique et fonctionnelle est déterminante. Une latérodéviation fonctionnelle non traitée peut évoluer vers une asymétrie squelettique secondaire si elle n’est pas interceptée.
Cas Clinique 3 : Exomaxillie iatrogène chez un patient de 16 ans
Présentation : Karim, 16 ans, est adressé par son orthodontiste traitant pour avis. Il a subi une expansion palatine il y a 18 mois pour corriger une légère endomaxillie. Le suivi a été irrégulier et l’activation a été poursuivie au-delà des objectifs initiaux.
Examen clinique : Face large, diastèmes généralisés au maxillaire, béances latérales bilatérales. L’inclinaison des dents latérales est normale. Les milieux sont coïncidents.
Problématique identifiée : Exomaxillie iatrogène post-expansion mal contrôlée. La sur-expansion a dépassé la capacité compensatrice alvéolaire.
Prise en charge : Arrêt immédiat de l’activation. Contention rigoureuse. Évaluation de la nécessité d’une fermeture des diastèmes par mécanique orthodontique. Discussion d’une éventuelle correction chirurgicale si l’anomalie est trop importante à la fin de la croissance.
Évolution attendue : Stabilisation difficile. Une contention à vie peut être nécessaire. Ce cas rappelle l’importance capitale du suivi régulier pendant tout traitement expansif.
Point clé illustré : L’exomaxillie est rare mais peut être créée iatrogeniquement. C’est une complication évitable par une surveillance rigoureuse et un protocole d’expansion bien défini.
Foire Aux Questions (FAQ)
Quelle est la différence entre une anomalie basale et une anomalie alvéolaire du sens transversal ?
Une anomalie basale concerne les bases osseuses elles-mêmes (maxillaire ou mandibule), tandis qu’une anomalie alvéolaire touche uniquement l’os alvéolaire et l’orientation des dents. Le critère clinique clé est l’inclinaison des dents : dans une anomalie basale, les dents conservent une inclinaison axiale normale malgré la linguocclusion. Cette distinction est fondamentale car elle détermine entièrement le choix thérapeutique.
Comment différencier cliniquement une latéromandibulie anatomique d’une latéromandibulie fonctionnelle ?
La manœuvre de recentrage (guidage en relation centrée) est le test diagnostique essentiel. Si l’asymétrie faciale et la déviation des milieux disparaissent en RC, la forme est fonctionnelle. Si elles persistent, la forme est anatomique et d’origine squelettique. En outre, dans la forme fonctionnelle, on peut observer le point de contact prématuré responsable du glissement latéral à l’examen du chemin de fermeture.
À quel âge faut-il traiter une endomaxillie chez l’enfant ?
L’endomaxillie doit idéalement être traitée en denture mixte (entre 7 et 11 ans environ), lorsque la suture palatine médiane est encore active et réactive à l’expansion. Plus le traitement est précoce, plus il est efficace et moins il est invasif. Attendre la denture permanente ou l’adolescence avancée peut nécessiter une expansion chirurgicalement assistée (EACO).
La ventilation buccale peut-elle vraiment provoquer une endomaxillie ?
Oui. En position de repos, la langue doit appuyer contre le palais et exercer une pression d’expansion physiologique sur le maxillaire. En cas de ventilation buccale chronique, la langue est basse et cette stimulation disparaît. Parallèlement, la pression des joues (centripète) devient prédominante, entraînant progressivement une insuffisance de développement transversal maxillaire.
Quels examens radiologiques sont indispensables pour le diagnostic des anomalies transversales ?
La téléradiographie de face (incidence frontale) est incontournable. Elle permet d’évaluer la symétrie des structures osseuses et les proportions maxillaire/mandibulaire dans le sens transversal. Le cliché axial renseigne sur la symétrie mandibulaire. La téléradiographie de profil seule est insuffisante car elle ne fournit aucune information dans le plan frontal.
Le bruxisme peut-il provoquer des anomalies transversales ?
Indirectement, oui. Le bruxisme provoque une usure dentaire qui modifie les contacts occlusaux et peut créer des contacts prématurés responsables de latéroglissements mandibulaires. Ces déplacements répétés peuvent, à terme, conduire à une latérodéviation fonctionnelle. Une gouttière de protection est recommandée pour limiter l’usure et prévenir ces déplacements.
Peut-on corriger une exomaxillie iatrogène après une expansion excessive ?
La correction d’une exomaxillie iatrogène est complexe. Elle nécessite une contention immédiate et rigoureuse pour éviter l’aggravation. Des mécaniques orthodontiques de fermeture des diastèmes peuvent aider. Dans les cas sévères en fin de croissance, une correction chirurgicale (ostéotomie de segmentation maxillaire) peut être envisagée. La meilleure stratégie reste la prévention par un suivi strict pendant le traitement expansif.
Quelle est la prévalence des anomalies transversales dans la population générale ?
Les anomalies transversales, dont l’occlusion croisée postérieure, touchent environ 8 à 22 % des enfants en denture mixte selon les études. L’endomaxillie est de loin la forme la plus fréquente. Les formes par excès (exomaxillie, exomandibulie) sont beaucoup plus rares et représentent moins de 1 % des malocclusions.
Conclusion et Points Clés à Retenir
Le sens transversal constitue une dimension diagnostique trop souvent négligée en orthodontie. Sa maîtrise est pourtant indispensable à toute démarche thérapeutique cohérente et tridimensionnelle.
À retenir absolument :
- Différencier systématiquement anomalie basale (squelettique) et anomalie alvéolaire (dento-portée) : le traitement est fondamentalement différent.
- La manœuvre de recentrage est le geste clé pour distinguer latérodéviation anatomique et fonctionnelle.
- La téléradiographie frontale est obligatoire dès que l’on suspecte une anomalie transversale.
- Les dysfonctions oro-faciales (ventilation buccale, déglutition atypique) sont à identifier et corriger en parallèle de tout traitement orthodontique.
- L’endomaxillie est la forme la plus fréquente et doit être traitée tôt, en denture mixte.
- L’exomaxillie iatrogène est une complication évitable par un suivi rigoureux des expansions.
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