Le curetage parodontal
Le curetage parodontal
Rappel sur la poche parodontale
Définition
La poche parodontale est l’approfondissement pathologique du sillon gingivo-dentaire, résultant de la migration apicale de l’épithélium jonctionnel et de la destruction osseuse. Elle se caractérise par la transformation de l’épithélium fonctionnel et sulculaire en épithélium de poche, qui se détache de la surface radiculaire et peut migrer apicalement vers les structures parodontales profondes.
Description
- La paroi dure : Constituée par la paroi radiculaire (cément), elle est infiltrée par des produits bactériens et recouverte de tartre et de plaque bactérienne.
- Le fond : Formé par l’attache épithéliale résiduelle, dont la longueur, la largeur et l’état des cellules épithéliales varient. Ces cellules peuvent être saines et bien formées, ou présenter une dégénérescence de légère à très marquée. Les transformations dégénératives à la base de la poche sont généralement moins graves que celles observées dans l’épithélium de la paroi latérale de la poche.
- Le contenu : Les poches parodontales contiennent principalement :
- Des micro-organismes et leurs produits (enzymes, endotoxines, etc.).
- De la plaque bactérienne.
- Du fluide gingival.
- Des débris alimentaires.
- De la mucine salivaire.
- Des cellules épithéliales desquamées.
- Des leucocytes.
- Du tartre recouvert de plaque bactérienne, projetant à partir de la surface dure.
Lorsqu’un exsudat purulent est présent, il est composé de :
- Leucocytes vivants, dégénérés et nécrotiques.
- Bactéries vivantes et mortes.
- Sérum.
- Une faible quantité de fibrine.
Les différents procédés de curetage parodontal
Le curetage parodontal à l’aveugle
Définition
Le curetage parodontal à l’aveugle est défini comme l’élimination, à l’aide d’une curette, de la face interne de la paroi tissulaire molle de la poche (Lindhe, 1986). C’est une intervention minutieuse et longue, réalisée cadran par cadran.
Objectifs
- Vérifier et parfaire sous anesthésie :
- La suppression des dépôts mous et calcifiés sur la surface dentaire.
- L’élimination du cément infiltré.
- Le polissage radiculaire pour obtenir une surface lisse et propre, favorisant le réattachement des tissus mous.
- Éliminer :
- Le tissu épithélial pathologique à la base de la poche.
- Le tissu de granulation infiltré de l’attache.
- Résultats attendus :
- Réduction de l’inflammation.
- Formation d’une nouvelle attache conjonctive et/ou épithéliale au niveau de la surface radiculaire.
- Contraction tissulaire contribuant à la diminution de la profondeur de la poche et à l’amélioration du niveau d’attache.
Indications
- Persistance d’œdème et d’érythème après une thérapeutique initiale.
- Présence d’une gencive œdémateuse et d’une poche de 5 mm sans lésion infra-osseuse.
- Évaluation de la réponse tissulaire cicatricielle.
- Étape préparatoire à la chirurgie parodontale.
- Préparation à la chirurgie dans les cas de parodontite sévère et avancée, favorisant la cicatrisation.
- Atteinte de furcation de classe 1 ou 2 (traitement conservateur).
Contre-indications
- Locales : Patients non motivés, gencive de consistance fibreuse.
- Générales : Celles de la chirurgie parodontale.
Instrumentation
Le curetage parodontal à l’aveugle est réalisé avec des instruments manuels, principalement des curettes. L’instrumentation recommandée inclut :
- Un plateau de consultation.
- Une seringue d’anesthésie, de préférence avec aspirateur.
- Des curettes universelles (tranchantes sur les deux bords) ou des curettes de Gracey (tranchantes sur un seul bord).
- Des grattoirs, notamment falciformes.
- Des bistouris gingivaux, comme le bistouri de Lagrange, pour désépaissir la paroi interne.
Protocole opératoire
- Asepsie du champ opératoire.
- Anesthésie : Préférentiellement avec vasoconstricteur, de contact, suivie d’une anesthésie périapicale et complétée par des infiltrations intrapapillaires.
- Surfaçage : Utilisation d’une curette de Gracey, tenue comme un stylo, avec un point d’appui assuré par l’annulaire ou le majeur. La partie travaillante est amenée au fond de la poche jusqu’à rencontrer une résistance. Un mouvement de traction occlusal est effectué, répété jusqu’à obtenir une surface lisse. Un lavage avec un antiseptique est réalisé.
- Curetage : La curette est appliquée contre la paroi interne de la poche, puis déplacée de manière continue de la base vers le rebord gingival.
- Désépaississement : Réalisé avec une curette affûtée ou une lame de bistouri n°15, facilité par une légère pression digitale sur la gencive en regard de l’instrument.
- Lavage : À l’aide d’un antiseptique.
- Compression : Une compression ferme avec une compresse de gaze pendant 2 à 3 minutes favorise l’adaptation des tissus parodontaux à la surface radiculaire et la formation d’un caillot sanguin adéquat.
- Pansement chirurgical : Appliqué pour assurer une bonne réadaptation des tissus mous à la surface radiculaire et minimiser le caillot entre la gencive et la racine.
Soins et conseils post-opératoires
- Prescription d’anti-inflammatoires.
- Bains de bouche à la chlorhexidine (2 rinçages d’1 minute par jour pendant 10 jours).
- Éviter les aliments chauds et épicés.
- Utilisation de brosses à dents souples.
- Informer le patient des conséquences possibles : légère récession gingivale, hyperesthésie des surfaces dentaires, discolorations dentaires.
Cicatrisation
Un réattachement épithélio-conjonctif se forme. Dans certains cas, l’épithélium adhère à la racine en formant un long manchon épithélial, fragile et susceptible de disparaître sous l’effet de la plaque bactérienne, permettant une recolonisation de la racine par les micro-organismes.
Le curetage parodontal par lambeau (à ciel ouvert)
Indications
- Poches supérieures à 5 mm.
- Absence d’amélioration après un curetage à l’aveugle.
Protocole opératoire
Plusieurs techniques de curetage à ciel ouvert ont été développées pour permettre une vision directe des racines et faciliter le nettoyage par la déclinaison d’un lambeau. Les étapes sont les suivantes :
- Anesthésie : Réalisée selon les besoins.
- Incision : Une incision de décharge verticale est effectuée à l’extrémité du site opératoire (facultative, mais améliore l’accès et la repose du lambeau). Une incision intrasulculaire suit.
- Décollement : Décollement du lambeau muccopériosté.
- Surfaçage radiculaire : Manuel, suivi d’un traitement chimique (acide phosphorique et tétracycline).
- Élimination : Suppression de l’épithélium de la poche et du tissu de granulation. La face interne du lambeau est affinée avec un bistouri de Kirkland pour favoriser son adaptation.
- Repositionnement et suture : Le lambeau est adapté, repositionné et suturé.
Cicatrisation
Une réattache épithélio-conjonctive se forme, avec un manchon fibreux rigide sous un épithélium jonctionnel, assurant une santé parodontale adéquate. Les conséquences post-opératoires incluent une résorption osseuse et une rétraction gingivale plus prononcées qu’après un curetage à l’aveugle.
Voici une sélection de livres:
- Guide pratique de chirurgie parodontale Broché – 19 octobre 2011
- Parodontologie Broché – 19 septembre 1996
- MEDECINE ORALE ET CHIRURGIE ORALE PARODONTOLOGIE
- Parodontologie: Le contrôle du facteur bactérien par le practicien et par le patient
- Parodontologie clinique: Dentisterie implantaire, traitements et santé
- Parodontologie & Dentisterie implantaire : Volume 1
- Endodontie, prothese et parodontologie
- La parodontologie tout simplement Broché – Grand livre, 1 juillet 2020
- Parodontologie Relié – 1 novembre 2005
Le curetage parodontal

Dr J Dupont, chirurgien-dentiste spécialisé en implantologie, titulaire d’un DU de l’Université de Paris, offre des soins implantaires personnalisés avec expertise et technologies modernes.