L’analyse occlusale et rétablissement de l’occlusion en PPMA L’analyse occlusale et rétablissement de l’occlusion en PPMA

Analyse Occlusale et Rétablissement de l’Occlusion en Prothèse Partielle Amovible — Guide Complet en Odontologie

Mise à jour 2025 — Article à destination des étudiants en chirurgie dentaire et des praticiens en formation


Toute reconstitution prothétique soulève une question fondamentale : comment intégrer la prothèse dans l’occlusion existante du patient sans créer de déséquilibre ? C’est précisément l’enjeu de l’analyse occlusale en prothèse partielle amovible (PPMA). Bien maîtrisée, elle conditionne directement le succès du traitement, le confort du patient et la pérennité des structures dentaires et parodontales résiduelles.

Ce guide complet parcourt les bases physiologiques, la méthodologie clinique, les pièges à éviter et des cas concrets pour vous aider à aborder cet enseignement avec confiance.

occlusion dentaire vue clinique bouche ouverte

1. Rappel de la Physiologie de l’Occlusion

Avant toute démarche clinique, il est indispensable de maîtriser les notions fondamentales qui gouvernent l’occlusion. Elles constituent le socle sur lequel repose l’ensemble de l’analyse.

1.1 Notions Statiques Essentielles

La physiologie occlusale statique repose sur cinq paramètres clés que tout étudiant doit connaître parfaitement :

  • DVO (Dimension Verticale d’Occlusion) : hauteur de l’étage inférieur du visage en occlusion
  • DVR (Dimension Verticale de Repos) : hauteur en position de repos mandibulaire, légèrement supérieure à la DVO
  • ELI (Espace Libre Inter-Occlusal) : espace entre les arcades en position de repos, normalement de 2 à 3 mm
  • RC (Relation Centrée) : position condylienne de référence, reproductible et indépendante des dents
  • OIM (Occlusion d’Intercuspidation Maximale) : position de plus grand engrenage cuspidien

Ces cinq notions se retrouvent systématiquement dans les questions d’internat. Pour vous entraîner sur QCM, la plateforme ResiDentaire™ propose des modules spécifiques en prothèse.

1.2 Notions Dynamiques : le Diagramme de Posselt

Le diagramme de Posselt représente l’enveloppe des mouvements mandibulaires dans le plan sagittal. Il délimite toutes les positions que la mandibule peut occuper, depuis la RC jusqu’à la propulsion maximale. C’est un outil conceptuel fondamental pour comprendre la dynamique occlusale.

Diagramme de Posselt dans le plan sagittal (19)
Point 1:
RC.
Point 2: OIΜ.
Trajet 3: glissement des incisives en bout à bout jusqu'au point 4, correspondant à la perte de contact incisif.
Point 5: propulsion maximale.
Trajet II: limite de rotation pure du condyle mandibulaire.
Trajet III: ouverture buccale maximale.
Trajet R: trajet d'ouverture habituelle.
Diagramme de Posselt dans le plan sagittal Point 1: RC. Point 2: OIΜ. Trajet 3: glissement des incisives en bout à bout jusqu’au point 4, correspondant à la perte de contact incisif. Point 5: propulsion maximale. Trajet II: limite de rotation pure du condyle mandibulaire. Trajet III: ouverture buccale maximale. Trajet R: trajet d’ouverture habituelle.

2. Les Facteurs Influençant l’Occlusion

L’occlusion n’est pas un phénomène figé. Elle résulte d’un équilibre permanent entre des facteurs anatomiques et neuromusculaires qu’il faut savoir identifier cliniquement.

2.1 Facteurs Anatomiques

Les Déterminants Postérieurs

Les deux articulations temporo-mandibulaires (ATM) constituent les déterminants postérieurs essentiels de l’occlusion. Ce sont des facteurs fixes, non modifiables à court terme. Ils conditionnent la trajectoire condylienne et, par conséquent, les mouvements mandibulaires.

 articulation temporo-mandibulaire anatomie schéma

Le Déterminant Antérieur (Guide Antérieur)

Le guide antérieur est constitué par les contacts de l’arcade mandibulaire avec le secteur incisivo-canin supérieur. Il joue un rôle protecteur majeur sur les dents postérieures lors des mouvements excursifs.

Quand ce guide antérieur est déficient ou absent, d’autres paramètres prennent le relais :

  • Dans le plan sagittal : orientation du plan d’occlusion, courbe de Spee, trajectoire condylienne et angulation cuspidienne
  • Dans le plan frontal : courbe de Wilson et angulation cuspidienne

Ces éléments compensateurs peuvent suffire à court terme, mais ils fragilisent l’équilibre occlusal sur le long terme.

2.2 Facteurs Neuromusculaires

L’équilibre neuromusculaire assure la coordination et le fonctionnement harmonieux de l’ensemble des constituants de l’appareil manducateur. Les muscles élévateurs, abaisseurs et propulseurs de la mandibule travaillent en synergie constante. Toute perturbation occlusale se traduit rapidement par une réponse musculaire : contractures, douleurs, bruxisme.


3. L’Occlusion Idéale : Critères de Référence

Une occlusion est dite idéale lorsqu’elle réunit l’ensemble des critères suivants :

  • Harmonie du système stomatognatique dans sa globalité
  • Forces occlusales dirigées dans l’axe des dents, sans composante latérale délétère
  • Absence d’interférences et de prématurités
  • Contacts dentaires ponctuels (multitude de points, non des surfaces étendues)
  • Stabilité positionnelle des dents (absence de malpositions)
  • Guide antérieur fonctionnel assurant la désocclusion postérieure
  • Correspondance entre ORC et OIM (décalage uniquement sagittal admis)
  • Fonction canine préservée

En pratique, peu de patients présentent une occlusion parfaitement idéale. L’objectif clinique réel est de se rapprocher au maximum de ces critères sans imposer au patient une reconstruction globale injustifiée.


4. L’Analyse Occlusale : Méthodes et Protocoles

L’analyse occlusale constitue l’ensemble des techniques permettant de déterminer avec précision les anomalies dentaires qui entravent l’occlusion.

4.1 L’Analyse Occlusale Clinique

Elle repose sur un examen minutieux et méthodique qui explore plusieurs paramètres.

Examen morphologique : Observer les dents, le parodonte, les courbes et plans occlusaux que dessinent les arcades. Rechercher facettes d’usure, égressions, version, rotation.

Examen du mouvement d’ouverture-fermeture : Repérer toute déviation, craquement, limitation d’amplitude ou asymétrie de trajectoire.

Glissement ORC/OIM : Évaluer l’amplitude et la direction du glissement entre la relation centrée et l’intercuspidation maximale. Un glissement supérieur à 1 mm ou à composante latérale est cliniquement significatif.

🔍 papier d'articulation occlusal examen clinique dentaire

Examen de l’OIM : Demander au patient de claquer les dents sans effort et observer :

  • OIM reproductible : mouvements rapides et réguliers, son unique et clair, absence d’hésitation et de glissement
  • OIM instable : mouvements irréguliers, son mat ou dédoublé traduisant un glissement ou un “galop”

Propulsion et latéralité : Analyser les contacts lors des mouvements excursifs pour identifier interférences non travaillantes et contacts prématurés.

Note clinique importante : Les patients souffrant de troubles fonctionnels de l’appareil manducateur (CADAM), associés ou non à des algies, présentent souvent des contractures musculaires. Un traitement fonctionnel préalable à toute analyse occlusale est alors indispensable (plaques de libération occlusale). Pour les cas de bruxisme avéré, des gouttières de protection nocturne peuvent être recommandées en complément.

4.2 Analyse Occlusale sur Articulateur

L’analyse indirecte sur articulateur permet de matérialiser les perturbations occlusales en dehors de la bouche, de façon reproductible et sans contrainte musculaire.

🔍 articulateur semi-adaptable modèles dentaires

Objectifs :

  • Mettre en évidence les malpositions et perturbations occlusales responsables de positions mandibulaires erronées
  • Matérialiser une position de référence cliniquement acceptable
  • Conduire l’équilibration dans des conditions optimales

Indications de l’Analyse sur Articulateur

Cette analyse est indiquée lorsque l’examen clinique révèle :

  • Des étagèrements et des douleurs de l’ATM
  • Une latérodéviation pour parvenir à l’ICM dont l’origine n’a pu être décelée en bouche
  • Une mobilité anormale ou des facettes d’usure importantes

Elle est également indiquée quand le cas nécessite des restaurations prothétiques importantes associant prothèse conjointe et adjointe, intéressant une zone étendue de l’arcade, imposant un changement du schéma occlusal préexistant ou concernant le guide antérieur.

Étapes Préliminaires

  1. Prise d’empreintes pour modèles d’étude
  2. Enregistrement de la relation centrée
  3. Transfert sur articulateur (arc facial obligatoire pour un articulateur semi-adaptable)

Chronologie de l’Analyse Occlusale sur Articulateur

  1. Observation des anomalies de l’occlusion en OIM et ORC
  2. Analyse de la DV en OIM et en ORC
  3. Analyse et équilibration des secteurs antérieurs
  4. Analyse et équilibration des secteurs postérieurs : commencer par l’arcade inférieure en rétablissant le plan d’occlusion par la méthode du drapeau de Brodrick, afin de s’en servir comme référence pour équilibrer l’arcade maxillaire
  5. Analyse en propulsion et en latéralité
🔍 courbe de Spee plan occlusal prothèse dentaire

5. Diagnostic Occlusal

Seule une anamnèse complète et un examen buccal et extra-buccal approfondis, complétés par des examens complémentaires (axiographiques, radiographiques, etc.), permettent de révéler une éventuelle dysfonction manducatrice.

L’abord du patient présentant un CADAM est pluridisciplinaire :

  • Psychothérapeute (gestion du stress, facteurs comportementaux)
  • Kinésithérapeute (rééducation musculaire, cervicale)
  • Chirurgien-dentiste (traitement occlusal)

Le praticien intervient pour soulager le patient via :

  • Prescriptions sédatives : antalgiques, myorelaxants en phase aiguë
  • Gouttière de libération occlusale : autorisant l’accès à une position sans douleur ni réaction musculaire. Elle constitue à la fois un outil diagnostique et thérapeutique
  • Réhabilitation prothétique globale : la prothèse transitoire est souvent nécessaire pour optimiser les fonctions occlusales après l’étape sédative
🔍 gouttière occlusale dentaire transparente

6. Aménagements Occlusaux Préprothétiques chez le Patient Partiellement Édenté

Avant de débuter la prothèse définitive, des aménagements occlusaux peuvent s’avérer nécessaires pour créer des conditions favorables à l’intégration prothétique.

6.1 Le Meulage Sélectif

C’est un remodelage amélaire par soustraction destiné à réduire ou modifier les contacts occlusaux indésirables.

  • Permet de gérer un système sans interférence occlusale
  • Vise une meilleure stabilité occlusale plutôt que la création d’une occlusion idéale
  • À destination limitée : ne peut résoudre toutes les situations cliniques

6.2 L’Ajustement Occlusal

Les moyens d’ajustement occlusal dépassent le meulage sélectif. Il s’agit de concevoir de nouvelles courbes occlusales en faisant appel à :

  • La prothèse fixe ou transitoire
  • L’orthodontie
  • La chirurgie orthognatique

6.3 La Réhabilitation Occlusale Globale

Il s’agit de produire un nouveau schéma occlusal selon les concepts occlusaux reconnus (occlusion bilatéralement équilibrée, protection canine, fonction de groupe…).

Indiquée dans les cas de :

  • Changement de position mandibulaire
  • Augmentation de la DV
  • Reconstruction de surfaces occlusales trop altérées (bruxisme sévère)

7. Rétablissement d’une Occlusion Équilibrée en PPAM

L’objectif de la prothèse partielle amovible dépasse le simple remplacement des dents manquantes. Elle doit aboutir à un optimum physiologique avec une occlusion équilibrée.

Cet équilibre suppose :

  • Un contrôle neuromusculaire sans contrainte
  • Une répartition harmonieuse de la charge occlusale sur les dents résiduelles et les crêtes édentées
🔍 dimension verticale occlusion prothèse amovible

7.1 Maintenir ou Rétablir une DV Physiologique

La démarche est individualisée selon la situation clinique. Elle repose sur des réponses à des questions fondamentales :

  • La DVO est-elle définie par au moins un couple de dents antagonistes ?
  • Ces contacts intéressent-ils des dents cuspidées ou des dents antérieures ?
  • La DVO existante est-elle correcte, compatible avec l’équilibre neuromusculaire et satisfaisante esthétiquement ?
  • La DVO est-elle supportée par une ou deux prothèses amovibles existantes ?

7.2 Le Choix de la Position de Référence Mandibulaire

Référence Dentaire (OIM)

Choisie lorsque la dimension verticale n’est pas altérée, c’est-à-dire quand :

  • La DVO est assurée par des couples antagonistes pluricuspidés sans abrasion pathologique
  • L’esthétique et la physiologie sont assurées par des rapports normaux
  • Aucun CADAM n’est constaté cliniquement

Référence Articulaire (RC)

Le recours à l’occlusion de relation centrée s’impose dans tous les autres cas, notamment :

  • Quand la PPAM est opposée à une prothèse totale
  • Quand une pathologie a imposé un meulage d’équilibration
  • Quand la DV est modifiée

7.3 Choix du Concept Occlusal

Le choix du concept occlusal dépend de la situation clinique globale. Les deux grands concepts applicables en PPAM sont :

  • L’occlusion bilatéralement équilibrée : contacts bilatéraux simultanés en propulsion et latéralité — recommandée quand la PPAM s’oppose à une prothèse totale
  • La protection canine ou la fonction de groupe : désocclusion postérieure en excursion — applicable quand la denture antagoniste est naturelle et stable

Pour approfondir ces notions, le Guide clinique d’odontologie constitue une référence de choix.


Quelle Approche Choisir ? Tableau Comparatif des Positions de Référence Mandibulaire

Pour vous aider à choisir la bonne référence clinique selon votre cas, voici un récapitulatif synthétique :

CritèreOIM (Référence Dentaire)RC (Référence Articulaire)
Condition préalableDVO stable, dents cuspidées sainesDVO modifiée ou absente
ReproductibilitéDépend de l’OIMÉlevée, indépendante des dents
Situation typiqueÉdentement partiel encadréOpposition à prothèse totale
Examen cléClaquement en OIMArc facial + enregistrement RC
CADAM présentContre-indication relativeIndiqué après traitement sédatif
Niveau de complexitéModéréÉlevé
Transfert articulateurSemi-adaptable suffisantSemi-adaptable ou totalement adaptable

Erreurs Fréquentes à Éviter en Analyse Occlusale et PPAM

Erreur 1 — Négliger le Traitement Fonctionnel Préalable

Problème : Réaliser une analyse occlusale en présence de contractures musculaires conduit à enregistrer une position mandibulaire faussée. La prothèse sera construite sur une base instable.

Bonne pratique : Toujours instaurer une gouttière de libération occlusale et attendre la décontraction musculaire avant tout enregistrement de RC.

Erreur 2 — Confondre OIM et RC par Défaut

Problème : Supposer que l’OIM du patient correspond à sa RC sans le vérifier cliniquement. Un glissement ORC/OIM non détecté peut conduire à une prothèse qui aggrave la dysfonction existante.

Bonne pratique : Tester systématiquement la reproductibilité de l’OIM (claquement, absence de son dédoublé) et mesurer le glissement avant de choisir la référence.

Erreur 3 — Sous-Estimer l’Impact d’une Modification de DV

Problème : Augmenter la DV sans précaution expose à des douleurs musculaires, des troubles de la phonation et une mauvaise tolérance prothétique.

Bonne pratique : Toute modification de DV doit être testée avec une prothèse transitoire pendant au moins 4 à 8 semaines avant la réalisation définitive.

Erreur 4 — Omettre l’Analyse en Propulsion et Latéralité

Problème : Construire une prothèse équilibrée en OIM sans vérifier les mouvements excursifs laisse subsister des interférences non travaillantes qui surchargeront les dents piliers et les crêtes.

Bonne pratique : Systématiser l’analyse en propulsion et dans les deux latéralités sur articulateur avant tout montage en cire définitif.

Erreur 5 — Ne Pas Utiliser l’Articulateur dans les Cas Complexes

Problème : Réaliser des reconstructions plurales uniquement en bouche augmente le risque d’erreurs occlusales difficilement rattrapables à la livraison.

Bonne pratique : Dès qu’une reconstruction modifie le schéma occlusal préexistant ou touche au guide antérieur, l’analyse sur articulateur est obligatoire.

Erreur 6 — Choisir le Mauvais Concept Occlusal Selon le Contexte

Problème : Appliquer une protection canine sur une PPAM opposée à une prothèse totale génère des forces déstabilisatrices sur la prothèse antagoniste.

Bonne pratique : Adapter le concept occlusal à la situation : occlusion bilatéralement équilibrée obligatoire quand l’antagoniste est une prothèse totale.


Cas Cliniques Commentés

🔍 prothèse partielle amovible châssis métallique

Cas 1 — Édentement Partiel Postérieur avec OIM Instable

Patient : Homme de 52 ans, édentement classe I d’Applegate-Kennedy bilatéral (secteurs 5-7), DVO conservée par des couples antagonistes antérieurs. Consulte pour réalisation d’une PPAM.

Problématique identifiée : À l’examen clinique, l’OIM se révèle instable : son mat, mouvement de “galop” à la fermeture, facettes d’usure sur 13 et 23. Glissement ORC/OIM de 1,8 mm à composante latérale droite.

Prise en charge :

  • Gouttière de libération occlusale portée 6 semaines (port nocturne + 2h/jour)
  • Réévaluation : disparition des contractures, RC stable et reproductible
  • Analyse sur articulateur semi-adaptable avec transfert par arc facial
  • Équilibration des secteurs antérieurs, puis postérieurs selon la méthode de Brodrick
  • Réalisation de la PPAM avec concept occlusal en occlusion bilatéralement équilibrée (antagoniste = arcade naturelle stable)

Évolution : Bonne tolérance à 6 semaines. Absence de douleurs musculaires. Stabilité prothétique satisfaisante.

Point pédagogique : Ce cas illustre l’importance du traitement fonctionnel préalable avant toute empreinte définitive. Ne jamais travailler en RC musculaire.


Cas 2 — PPMA Opposée à Prothèse Totale Supérieure

Patiente : Femme de 67 ans, édentée totale au maxillaire (prothèse totale en place depuis 8 ans), édentement partiel mandibulaire classe II modif. 1. Se plaint d’instabilité de sa prothèse supérieure.

Problématique identifiée : La prothèse totale supérieure présente une usure sévère des dents prothétiques. La DVO est abaissée d’environ 4 mm. Perte du calage postérieur. La PPAM inférieure, ancienne, a été réalisée en OIM sans respect d’une occlusion bilatéralement équilibrée.

Prise en charge :

  • Test de rétablissement de la DV avec prothèse transitoire pendant 8 semaines
  • Bonne tolérance confirmée → décision de rebasage de la prothèse totale supérieure et réfection de la PPAM inférieure
  • Transfert en RC sur articulateur totalement adaptable
  • Montage en dents prothétiques avec concept d’occlusion bilatéralement équilibrée

Évolution : Stabilisation de la prothèse supérieure. Confort masticatoire amélioré. Esthétique restaurée.

Point pédagogique : Toute PPAM opposée à une prothèse totale impose obligatoirement une référence en RC et un concept d’occlusion bilatéralement équilibrée.


Cas 3 — Bruxisme et Réhabilitation Occlusale Globale

Patient : Homme de 44 ans, bruxomane avéré (confirmation polysomnographique), multiples édentements unitaires non remplacés, surfaces occlusales très altérées, DV effondrée.

Problématique identifiée : Impossibilité de définir une DVO stable par des dents naturelles. Contractures massétérines bilatérales. ATM asymptomatiques. Bilan radiologique sans lésion articulaire.

Prise en charge :

  • Phase sédative : gouttière nocturne de protection, bilan stress (prise en charge comportementale)
  • Reconstruction progressive par prothèses transitoires avec augmentation de DV par paliers de 1 mm/mois jusqu’à la DV cible (+ 4 mm)
  • Validation sur 3 mois : aucune douleur musculaire ni articulaire
  • Réhabilitation définitive en RC avec couronnes sur dents naturelles résiduelles et PPAM sur châssis métallique

Évolution : Résultat fonctionnel et esthétique satisfaisant à 1 an. Poursuite du port de gouttière nocturne pour protéger les reconstructions.

Point pédagogique : En cas de bruxisme, la réhabilitation occlusale globale nécessite une phase transitoire prolongée avant toute restauration définitive. L’augmentation de DV doit être progressive et validée cliniquement.


Foire Aux Questions (FAQ)

Quelle est la différence entre l’OIM et la relation centrée, et pourquoi cette distinction est-elle importante en prothèse ?

L’OIM (occlusion d’intercuspidation maximale) est la position de plus grand engrenage dentaire, déterminée par les contacts entre les dents. La RC est une position condylienne reproductible, indépendante des dents. Chez un patient sain, les deux coïncident ou présentent un glissement sagittal minime. En prothèse, quand la DV est altérée ou l’OIM instable, on se base sur la RC pour construire la prothèse sur une référence stable et reproductible.

Quand est-il obligatoire d’utiliser un articulateur pour une PPAM ?

L’articulateur est obligatoire dès que la reconstruction modifie le schéma occlusal existant, touche au guide antérieur, s’étend sur plusieurs secteurs ou que la PPAM est opposée à une prothèse totale. Dans les cas simples (édentement unitaire intercalé, DVO stable, OIM reproductible), le travail en bouche peut suffire.

Comment savoir si la DVO d’un patient est correcte avant de réaliser la prothèse ?

On vérifie que l’ELI (espace libre inter-occlusal) est de 2 à 3 mm en comparant DVO et DVR. On évalue aussi l’esthétique faciale (tiers inférieur), la phonation (sons sibilants) et le confort musculaire. Si une anomalie est suspectée, on test la nouvelle DV avec une prothèse transitoire avant de valider la réhabilitation définitive.

Qu’est-ce que la méthode du drapeau de Brodrick et pourquoi l’utilise-t-on sur l’arcade inférieure en premier ?

La méthode du drapeau de Brodrick est une technique d’équilibration des secteurs postérieurs sur articulateur qui permet de reconstruire un plan d’occlusion harmonieux à partir d’une courbe de Spee correcte. On commence par l’arcade inférieure car elle constitue la référence anatomique la plus stable et reproductible ; elle sert ensuite de gabarit pour équilibrer l’arcade maxillaire.

Quel concept occlusal choisir quand la PPAM est opposée à une prothèse totale ?

On choisit obligatoirement l’occlusion bilatéralement équilibrée : contacts simultanés et équilibrés sur les deux côtés en OIM et lors des mouvements excursifs (propulsion et latéralités). Ce concept garantit la stabilité de la prothèse totale antagoniste qui n’a pas d’ancrage radiculaire.

La gouttière occlusale est-elle toujours nécessaire avant une analyse occlusale ?

Non, elle n’est pas systématique. Elle est indiquée lorsque le patient présente des contractures musculaires, des algies de l’ATM, un bruxisme actif ou des signes cliniques de CADAM. Son objectif est de décontracter les muscles masticateurs pour permettre un enregistrement fiable de la RC avant toute empreinte définitive.

Peut-on réaliser une PPAM sur une arcade présentant encore de légères interférences occlusales sans traitement préalable ?

Non recommandé. Les interférences non traitées génèrent des forces parasites sur les dents piliers et les crêtes. Elles accélèrent la résorption osseuse et fragilisent l’ancrage prothétique. Un équilibrage minimal par meulage sélectif ou ajustement occlusal doit précéder la prothèse définitive.

Quelles sont les ressources recommandées pour approfondir l’occlusion et la prothèse amovible partielle ?

Pour les étudiants en odontologie, les ouvrages de référence incluent Endodontie, Prothèse et Parodontologie et la Prothèse Complète : Clinique et Laboratoire.

Pour la révision de l’internat, les Annales Corrigées 2022-2024 sont un outil incontournable.


Conclusion : L’Occlusion, Clé de Voûte du Succès Prothétique

L’intégration occlusale de la prothèse amovible partielle est un facteur déterminant de réussite du traitement de l’édentement partiel. Une prothèse techniquement parfaite mais mal intégrée dans l’occlusion est vouée à l’échec fonctionnel et biologique à moyen terme.

Les points à retenir absolument :

  • Maîtriser les notions statiques (DVO, DVR, ELI, RC, OIM) et dynamiques (diagramme de Posselt)
  • Analyser cliniquement l’occlusion avant toute empreinte prothétique définitive
  • Traiter les CADAM avant de débuter la prothèse
  • Utiliser l’articulateur dans tous les cas complexes
  • Adapter le concept occlusal à la situation clinique, notamment face à une prothèse totale antagoniste
  • Ne jamais négliger la phase de validation par prothèse transitoire lors d’une modification de DV

Pour aller plus loin dans votre formation, consultez le Guide Clinique d’Odontologie et entraînez-vous sur ResiDentaire™ pour les QCM d’internat en prothèse.


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