Internat Dentaire : Tout Savoir sur ce Parcours d'Excellence en Chirurgie Dentaire

Internat Dentaire : Tout Savoir sur ce Parcours d’Excellence en Chirurgie Dentaire

Vous venez de terminer vos études de chirurgie dentaire et vous vous interrogez sur l’internat ? Vous n’êtes pas seul dans cette réflexion. Chaque année, des centaines d’étudiants en odontologie se posent la même question : faut-il poursuivre avec un internat dentaire pour se spécialiser ? Cette étape supplémentaire de formation représente un investissement considérable en temps et en énergie, mais elle ouvre des portes vers des domaines passionnants de la médecine bucco-dentaire.

L’internat dentaire, aussi appelé internat qualifiant en odontologie, est un cursus post-universitaire de 3 à 4 ans qui permet d’acquérir une spécialisation reconnue. Contrairement à l’exercice général de la chirurgie dentaire, ce parcours d’excellence vous forme à des disciplines spécifiques comme l’orthodontie, la chirurgie orale ou la médecine bucco-dentaire. Selon les statistiques récentes du ministère de la Santé, environ 15 à 20% des diplômés en odontologie choisissent cette voie chaque année.

Dans cet article complet, vous découvrirez tout ce qu’il faut savoir sur l’internat dentaire : son fonctionnement, les différentes spécialités proposées, comment s’y préparer, les avantages et défis de ce parcours, ainsi que les perspectives de carrière. Que vous soyez étudiant en odontologie ou simplement curieux de comprendre ce système de formation d’excellence, vous trouverez ici toutes les réponses à vos questions.

Image d'un cabinet dentaire moderne avec équipements spécialisés

Comprendre l’Internat Dentaire : Définition et Fonctionnement

Qu’est-ce que l’Internat Dentaire exactement ?

L’internat dentaire est un concours national suivi d’une formation hospitalière spécialisée destinée aux docteurs en chirurgie dentaire. Il s’agit d’un parcours post-universitaire qui permet d’obtenir un titre de spécialiste reconnu par l’Ordre National des Chirurgiens-Dentistes. Cette formation combine enseignement théorique universitaire et pratique hospitalière intensive.

Contrairement à l’exercice général où vous pouvez vous installer directement après votre thèse, l’internat vous engage dans plusieurs années supplémentaires d’études approfondies. Vous êtes rémunéré pendant cette période et vous exercez au sein d’établissements hospitaliers sous la supervision de praticiens seniors expérimentés.

Les trois spécialités reconnues en France sont :

  • Orthopédie dento-faciale (orthodontie)
  • Chirurgie orale
  • Médecine bucco-dentaire

Comment fonctionne le système de l’Internat ?

Le parcours commence par le Concours National d’Internat en Odontologie (CNIO), généralement passé en fin de 5ème année ou après la soutenance de thèse. Ce concours est l’unique porte d’entrée vers les spécialités dentaires reconnues. Il se déroule sous forme d’épreuves écrites portant sur l’ensemble des disciplines odontologiques.

Votre classement au concours détermine votre choix de spécialité et de ville d’affectation. Plus votre rang est élevé, plus vous avez de chances d’obtenir la spécialité et la région souhaitées. Les meilleurs classés peuvent choisir en premier, ce qui crée une forte compétition pour les postes les plus prisés.

Une fois admis, vous débutez un cursus de 3 ans minimum (pour l’orthodontie et la médecine bucco-dentaire) ou 4 ans (pour la chirurgie orale). Cette durée peut être prolongée selon votre progression et vos objectifs de formation.

Pourquoi l’Internat Dentaire est-il important ?

Dans le paysage professionnel actuel, la spécialisation devient de plus en plus valorisée. Les patients recherchent des experts dans des domaines précis, et le titre de spécialiste vous confère une légitimité et une reconnaissance professionnelle incomparables.

Sur le plan financier, bien que l’internat retarde votre installation, les spécialistes bénéficient généralement de revenus supérieurs à long terme. Un orthodontiste ou un chirurgien oral expérimenté peut espérer des honoraires significativement plus élevés qu’un omnipraticien.

L’internat offre également :

  • Une expertise pointue dans un domaine spécifique
  • Un réseau professionnel solide construit pendant la formation
  • Des opportunités de carrière hospitalière ou universitaire
  • Une crédibilité accrue auprès des confrères et des patients
  • La possibilité de traiter des cas complexes passionnants

Les statistiques à connaître

Selon les données récentes des facultés dentaires françaises, environ 200 à 250 postes d’internat sont ouverts chaque année toutes spécialités confondues. Pour environ 1000 à 1200 candidats qui se présentent au concours, cela représente un taux de réussite d’environ 20%.

L’orthodontie reste la spécialité la plus demandée, captant près de 50% des candidats, suivie de la chirurgie orale (35%) et de la médecine bucco-dentaire (15%). La moyenne d’âge d’entrée en internat se situe autour de 24-25 ans.

Image d'étudiants en médecine dentaire en formation

Les Trois Spécialités de l’Internat Dentaire Décryptées

Spécialité 1 : Orthodontie (Orthopédie Dento-Faciale)

Description : L’orthodontie est la discipline qui traite les malpositions dentaires et les dysharmonies maxillo-faciales. Vous apprenez à diagnostiquer, prévenir et corriger les anomalies de position des dents et des mâchoires, chez l’enfant comme chez l’adulte.

La formation dure 3 ans et couvre les techniques traditionnelles (bagues métalliques, appareils amovibles) ainsi que les innovations récentes (aligneurs invisibles, orthodontie linguale, mini-vis d’ancrage). Vous développez également des compétences en croissance cranio-faciale et en analyse céphalométrique.

Avantages :

  • Spécialité la plus demandée avec d’excellentes perspectives d’installation
  • Patientèle diversifiée (enfants, adolescents, adultes)
  • Exercice planifié avec peu d’urgences
  • Résultats esthétiques gratifiants et visibles
  • Honoraires libres permettant une rentabilité attractive

Limites :

  • Concurrence très forte au concours (les meilleurs rangs nécessaires)
  • Investissement financier initial important (matériel spécialisé)
  • Traitements longs nécessitant un suivi sur plusieurs années
  • Charge administrative conséquente (gestion des rendez-vous multiples)

Perspectives de carrière : L’orthodontiste peut exercer en cabinet libéral exclusif, en groupe pluridisciplinaire, ou combiner activité privée et hospitalière. Le marché est dynamique avec une demande croissante, notamment pour l’orthodontie adulte.

Coût indicatif de la formation : Au-delà des frais universitaires standard (environ 500-1000€/an), prévoyez des investissements en matériel et formations complémentaires (2000-5000€ sur 3 ans).

Spécialité 2 : Chirurgie Orale

Description : Cette spécialité combine chirurgie dentaire et chirurgie maxillo-faciale. Vous êtes formé aux interventions chirurgicales de la cavité buccale : extractions complexes (dents de sagesse incluses), chirurgie pré-implantaire, greffes osseuses, chirurgie parodontale, traumatologie faciale, et pathologies tumorales bénignes.

L’internat de chirurgie orale dure 4 ans, ce qui en fait le cursus le plus long. Vous passez beaucoup de temps au bloc opératoire et en service hospitalier, développant des compétences chirurgicales avancées et une gestion des situations d’urgence.

Avantages :

  • Discipline variée et technique, très valorisante intellectuellement
  • Compétences transférables (implantologie avancée très demandée)
  • Possibilité d’exercice mixte libéral-hospitalier
  • Traitement de pathologies complexes et stimulantes
  • Collaboration étroite avec autres spécialités médicales

Limites :

  • Formation la plus longue (4 ans)
  • Gestion du stress lié aux interventions chirurgicales
  • Astreintes et gardes pendant l’internat
  • Risques professionnels inhérents à la chirurgie
  • Installation libérale nécessitant plateau technique conséquent

Perspectives de carrière : Les chirurgiens oraux sont très recherchés, tant en milieu hospitalier qu’en libéral. Vous pouvez vous orienter vers l’implantologie exclusive, la chirurgie parodontale, ou rester en polyvalence chirurgicale. Les opportunités de collaboration avec des confrères omnipraticiens sont nombreuses.

Coût indicatif : Formation universitaire standard, mais investissement important pour l’installation (bloc opératoire privé, matériel chirurgical : 80 000 à 150 000€).

Spécialité 3 : Médecine Bucco-Dentaire

Description : Cette spécialité se concentre sur la prévention, le diagnostic et le traitement non-chirurgical des pathologies de la cavité buccale. Vous devenez expert en pathologies muqueuses, maladies parodontales, gérodontologie, patients à risques médicaux, et dentisterie restauratrice complexe.

L’internat dure 3 ans et met l’accent sur la prise en charge globale du patient, particulièrement des populations spécifiques (personnes âgées, patients handicapés, pathologies systémiques). C’est une approche très médicale de l’odontologie.

Avantages :

  • Approche holistique et humaniste de la pratique dentaire
  • Expertise en situations cliniques complexes
  • Forte demande pour la prise en charge de patients fragiles
  • Moins de compétition au concours que les autres spécialités
  • Possibilités de carrière hospitalo-universitaire importantes

Limites :

  • Spécialité moins connue du grand public
  • Revenus potentiellement inférieurs aux autres spécialités
  • Installation libérale exclusive moins courante
  • Nécessité de se créer un réseau de correspondants

Perspectives de carrière : Vous pouvez exercer en centre hospitalier, en EHPAD, en structures pour personnes handicapées, ou en cabinet libéral avec une patientèle orientée médecine bucco-dentaire. Cette spécialité ouvre aussi vers l’enseignement et la recherche.

Coût indicatif : Formation universitaire standard (500-1000€/an).

Image d'un orthodontiste examinant un patient

Préparation et Réussite du Concours d’Internat

Comment se préparer efficacement au CNIO ?

La préparation au Concours National d’Internat en Odontologie nécessite généralement 6 à 12 mois de travail intensif. La plupart des candidats commencent leur préparation dès la 5ème année, en parallèle de leurs stages cliniques et de leur thèse.

Les étapes clés de préparation :

  1. Évaluer votre niveau initial : Faites un bilan honnête de vos connaissances dans toutes les disciplines. Identifiez vos points forts et vos lacunes.
  2. Choisir votre méthode : Préparation en solo avec des livres et annales, ou inscription à une préparation privée (cours en ligne, stages intensifs). Les prépas privées coûtent entre 2000 et 5000€ mais offrent un encadrement structuré.
  3. Établir un planning réaliste : Consacrez 3 à 5 heures par jour minimum aux révisions. Alternez les matières pour maintenir votre concentration et votre motivation.
  4. Maîtriser les annales : Les sujets des années précédentes sont votre meilleure ressource. Analysez les questions récurrentes et les thématiques favorites du jury.
  5. Travailler en groupe : Rejoignez ou créez un groupe de révision avec d’autres candidats. L’émulation collective et le partage de connaissances sont très bénéfiques.

Les matières à maîtriser absolument

Le concours couvre l’ensemble du programme d’odontologie, mais certaines disciplines sont surreprésentées dans les épreuves :

Disciplines prioritaires (60% des questions) :

  • Prothèse (fixe, amovible, implantaire)
  • Parodontologie
  • Odontologie conservatrice et endodontie
  • Chirurgie orale
  • Orthodontie

Disciplines importantes (30%) :

  • Occlusodontie
  • Radiologie et imagerie
  • Pathologie et médecine orale
  • Anesthésiologie

Disciplines complémentaires (10%) :

  • Odontologie pédiatrique
  • Santé publique
  • Pharmacologie
  • Législation professionnelle

Stratégies de révision qui fonctionnent

La technique des fiches synthétiques : Créez des fiches condensées pour chaque chapitre important. Privilégiez les schémas, tableaux comparatifs et listes à puces. Ces fiches deviennent votre outil de révision finale la semaine précédant le concours.

Les QCM chronométrés : Entraînez-vous régulièrement en conditions réelles d’examen. Visez 1h30 pour 100 QCM, soit environ 50 secondes par question. Cette pression temporelle est l’un des défis majeurs du concours.

La répétition espacée : Révisez chaque matière selon un cycle régulier (tous les 3-4 jours pour les matières faibles, une fois par semaine pour les points forts). Cette méthode améliore la mémorisation à long terme.

Les sessions de groupe hebdomadaires : Organisez des séances où chacun explique un chapitre aux autres. Enseigner est le meilleur moyen d’ancrer ses connaissances.

Gérer le stress et maintenir sa motivation

La préparation du concours est un marathon, pas un sprint. Vous devez préserver votre santé physique et mentale pour tenir sur la durée.

Conseils pour rester équilibré :

  • Maintenez une activité physique régulière (30 minutes minimum 3 fois par semaine)
  • Dormez 7-8 heures par nuit, particulièrement la semaine avant le concours
  • Gardez des moments de détente (amis, loisirs, famille)
  • Fixez-vous des objectifs hebdomadaires réalistes
  • Célébrez vos progrès, même petits
  • Ne vous comparez pas excessivement aux autres candidats
  • Visualisez votre réussite et votre future spécialité

Les erreurs courantes à éviter

Erreur n°1 : Commencer trop tard. Beaucoup de candidats sous-estiment l’ampleur du programme. Six mois de préparation intensive est un minimum pour espérer un bon classement.

Erreur n°2 : Négliger certaines matières. Même si vous visez l’orthodontie, vous ne pouvez pas faire l’impasse sur la chirurgie ou la prothèse. Le concours est pluridisciplinaire.

Erreur n°3 : S’épuiser avant le jour J. Préservez votre énergie. La semaine précédant le concours, réduisez le rythme et concentrez-vous sur vos fiches de révision.

Erreur n°4 : Négliger la stratégie d’examen. Le jour du concours, ne bloquez pas sur une question difficile. Passez rapidement et revenez-y si le temps le permet.

Image de livres et matériel d'étude médicale

La Vie d’Interne : Entre Apprentissage et Responsabilités

À quoi ressemble le quotidien d’un interne ?

Votre emploi du temps d’interne alterne entre service hospitalier, consultations, blocs opératoires et enseignements théoriques. Concrètement, vous êtes présent à l’hôpital environ 40 à 50 heures par semaine, réparties sur 4 à 5 jours selon les semestres.

Une journée type commence généralement à 8h30 avec une réunion de service (staff) où les cas cliniques sont discutés collectivement. Vous participez ensuite aux consultations sous supervision d’un chef de clinique ou d’un praticien hospitalier. L’après-midi peut être consacré au bloc opératoire, aux soins en salle, ou aux cours théoriques.

Vos missions principales :

  • Examiner et diagnostiquer les patients
  • Réaliser des actes techniques progressivement plus complexes
  • Participer aux décisions thérapeutiques en équipe
  • Assurer le suivi post-opératoire des patients
  • Rédiger des comptes-rendus et observations médicales
  • Participer aux gardes et astreintes (surtout en chirurgie orale)

La progression pédagogique au fil des semestres

La formation est structurée en semestres avec une montée en compétences progressive. Vous ne commencez pas par les cas les plus complexes !

Première année : Vous êtes en apprentissage intensif. Vous observez beaucoup, assistez les seniors, et réalisez des actes simples sous supervision directe. C’est une période d’immersion où vous apprenez les protocoles, l’organisation du service, et développez votre raisonnement clinique.

Deuxième année : Vous gagnez en autonomie. Vous gérez vos propres patients du début à la fin, avec une supervision plus distante. Vous commencez à prendre en charge des cas de complexité moyenne.

Troisième année (et quatrième pour la chirurgie orale) : Vous êtes presque autonome. Vous traitez des cas complexes, supervisez parfois les internes plus juniors, et affinez votre expertise. Vous préparez activement votre installation ou votre projet professionnel post-internat.

La rémunération pendant l’internat

Bonne nouvelle : vous êtes rémunéré pendant toute la durée de l’internat. Le salaire d’un interne varie selon l’ancienneté et les gardes effectuées.

Grille indicative (données 2024-2025) :

  • 1ère année : environ 1 600€ net/mois (hors gardes)
  • 2ème année : environ 1 800€ net/mois (hors gardes)
  • 3ème année : environ 2 000€ net/mois (hors gardes)
  • 4ème année (chirurgie orale) : environ 2 200€ net/mois (hors gardes)

Les gardes et astreintes sont rémunérées en supplément (environ 100-150€ par garde). En chirurgie orale, avec les gardes, un interne peut atteindre 2 500 à 3 000€ net/mois en fin de cursus.

Ce revenu permet de vivre correctement, même si c’est modeste comparé à ce que vous gagnerez après installation. Certains internes complètent avec des vacations libérales le week-end.

L’équilibre vie professionnelle – vie personnelle

Soyons honnêtes : l’internat est exigeant et peut peser sur votre vie personnelle. Les horaires sont lourds, les gardes fatiguantes (surtout en chirurgie orale), et le rythme soutenu.

Comment préserver votre équilibre :

  • Profitez de vos semaines de congés (5 semaines par an)
  • Organisez-vous avec vos co-internes pour ne pas cumuler trop de gardes d’affilée
  • Maintenez des activités extérieures (sport, culture, amis)
  • Communiquez avec votre entourage sur vos contraintes
  • Ne négligez pas votre santé (sommeil, alimentation équilibrée)

La plupart des anciens internes témoignent que malgré la charge de travail, ces années restent parmi les plus enrichissantes de leur vie professionnelle. Les liens créés avec vos co-internes sont souvent très forts et durables.

Les compétences développées au-delà de la technique

Au-delà de l’expertise clinique dans votre spécialité, l’internat vous forge des compétences transversales précieuses :

  • Gestion du stress et prise de décision rapide face aux urgences
  • Travail en équipe pluridisciplinaire (médecins, infirmiers, anesthésistes)
  • Communication avec les patients dans des contextes parfois difficiles
  • Enseignement (vous transmettez vos savoirs aux externes et jeunes internes)
  • Rigueur scientifique et démarche diagnostique systématique
  • Gestion de projet (organisation de consultations, protocoles de service)

Ces compétences feront de vous un praticien complet, capable de gérer bien plus qu’un simple acte technique.

Image d'une équipe médicale en discussion

Après l’Internat : Carrières et Opportunités

Installation en cabinet libéral

C’est le choix majoritaire des jeunes spécialistes. Environ 70% des diplômés de l’internat s’orientent vers l’exercice libéral, seul ou associé. Cette voie offre autonomie, liberté d’organisation et potentiel de revenus attractif.

Les options d’installation :

Installation solo exclusive : Vous créez votre propre cabinet de spécialité. Cela nécessite un investissement initial conséquent (100 000 à 300 000€ selon la spécialité et la localisation), mais vous gardez le contrôle total de votre activité. C’est le parcours classique de nombreux orthodontistes.

Association avec des confrères : Vous vous associez avec d’autres spécialistes ou omnipraticiens dans un cabinet de groupe. Les charges et investissements sont partagés, et vous bénéficiez d’une clientèle commune. C’est une solution rassurante pour démarrer.

Collaboration : Vous exercez dans le cabinet d’un confrère installé, moyennant une rétrocession d’honoraires (généralement 30 à 50%). Cela permet de démarrer sans investissement et de se constituer une patientèle avant de s’installer à son compte.

Reprise de cabinet : Vous rachetez le cabinet d’un praticien partant à la retraite. Vous héritez de sa patientèle et de son fichier, ce qui sécurise votre démarrage. Le coût varie de 50 000€ à plusieurs centaines de milliers d’euros selon la valeur du cabinet.

Carrière hospitalière et hospitalo-universitaire

Environ 20% des internes poursuivent en milieu hospitalier après leur internat. Cette voie offre stabilité, salaire fixe, et possibilité de combiner soins, enseignement et recherche.

Les postes possibles :

  • Chef de clinique assistant (CCA) : Poste de 2 ans après l’internat, rémunéré environ 3 500€ net/mois, permettant d’approfondir expertise et pédagogie
  • Praticien hospitalier (PH) : Poste statutaire avec salaire de 4 000 à 7 000€ net/mois selon ancienneté
  • Maître de conférences universitaire (MCU-PH) : Poste combinant 50% enseignement universitaire et 50% pratique hospitalière
  • Professeur des universités (PU-PH) : Sommet de la carrière hospitalo-universitaire, après plusieurs années et un parcours de recherche

Ces postes offrent sécurité de l’emploi, horaires définis, et contribution à la formation des futures générations. Beaucoup de praticiens hospitaliers complètent avec une activité libérale partielle.

Exercice mixte : le meilleur des deux mondes

De plus en plus de spécialistes optent pour un exercice mixte : quelques jours par semaine à l’hôpital ou en faculté, et le reste en cabinet libéral. Cette formule combine :

  • Revenus diversifiés et sécurisés
  • Maintien du lien avec la formation et la recherche
  • Accès aux plateaux techniques hospitaliers
  • Variété des cas cliniques (simple en libéral, complexe à l’hôpital)
  • Réseau professionnel étendu

C’est particulièrement fréquent en chirurgie orale et en médecine bucco-dentaire. Par exemple, un chirurgien oral peut opérer 2 jours par semaine au CHU et recevoir en consultation/implantologie 3 jours dans son cabinet privé.

Perspectives de revenus selon les spécialités

Les revenus varient considérablement selon la spécialité, le mode d’exercice, et la localisation géographique. Voici des fourchettes indicatives pour un praticien installé avec 5-10 ans d’expérience :

Orthodontie libérale exclusive :

  • Revenu annuel moyen : 80 000 à 150 000€ net
  • Les meilleurs revenus : 200 000€+ dans les grandes métropoles

Chirurgie orale libérale :

  • Revenu annuel moyen : 70 000 à 120 000€ net
  • Avec forte activité implantaire : 150 000€+

Médecine bucco-dentaire :

  • Exercice mixte : 60 000 à 90 000€ net
  • Exercice hospitalier pur : 50 000 à 80 000€ net

Ces chiffres sont bien supérieurs au revenu moyen d’un chirurgien-dentiste omnipraticien (environ 60 000 à 80 000€ net annuel selon les statistiques de l’ONCD).

Évolutions de carrière et reconversions possibles

Votre titre de spécialiste ouvre également des portes vers d’autres horizons professionnels :

  • Formation continue : Devenir formateur pour vos confrères (très rémunérateur en complément)
  • Conférences et expertise : Intervenir dans des congrès, missions d’expertise judiciaire
  • Industrie dentaire : Collaboration avec des fabricants d’équipements ou de matériaux
  • Santé publique : Postes dans les ARS, organismes de santé
  • Recherche et développement : Carrière dans la recherche clinique ou fondamentale
  • Entrepreneuriat : Création de centres de soins multi-sites, de formations en ligne

Le titre de spécialiste vous confère une crédibilité qui facilite ces évolutions de carrière.

Image d'un dentiste souriant dans son cabinet moderne

Questions Fréquentes sur l’Internat Dentaire

Peut-on passer le concours d’internat plusieurs fois ?

Oui, absolument. Vous pouvez vous présenter au Concours National d’Internat en Odontologie autant de fois que vous le souhaitez, sans limitation du nombre de tentatives. De nombreux candidats repassent le concours 2 ou 3 fois pour améliorer leur classement et obtenir la spécialité ou la ville désirée. Entre deux tentatives, beaucoup exercent comme omnipraticiens remplaçants pour gagner de l’expérience clinique et financer leur préparation. Cette stratégie peut même améliorer vos connaissances pratiques et votre maturité professionnelle.

Faut-il obligatoirement faire un internat pour se spécialiser ?

En France, oui pour obtenir un titre de spécialiste officiellement reconnu. Seul l’internat qualifiant permet d’acquérir les titres d’orthodontiste, chirurgien oral ou spécialiste en médecine bucco-dentaire inscrits à l’Ordre. Cependant, vous pouvez développer une compétence particulière par des formations continues (DU, DIU, formations privées) sans passer par l’internat. Mais vous n’aurez pas le droit de vous afficher comme “spécialiste” au sens légal, seulement de mentionner vos compétences acquises. Pour l’implantologie par exemple, pas d’internat obligatoire.

L’internat dentaire est-il accessible aux étudiants étrangers ?

Le concours national est ouvert aux étudiants européens titulaires d’un diplôme français de docteur en chirurgie dentaire ou d’un diplôme européen équivalent reconnu. Pour les étudiants hors Union Européenne, c’est plus complexe : vous devez d’abord faire reconnaître votre diplôme en France (procédure longue et sélective), puis vous pourrez concourir. Certaines universités proposent des DES (Diplômes d’Études Spécialisées) accessibles aux internationaux, mais ils n’ont pas la même valeur que l’internat qualifiant national.

Combien gagne un interne par mois pendant sa formation ?

La rémunération mensuelle nette d’un interne varie selon l’ancienneté : environ 1 600€ en 1ère année, 1 800€ en 2ème année, et 2 000€ en 3ème année, hors gardes et astreintes. Ces dernières peuvent ajouter 300 à 800€ par mois selon leur fréquence, particulièrement en chirurgie orale. Ce salaire permet de vivre décemment, bien qu’il soit inférieur à ce que vous pourriez gagner en libéral. Beaucoup d’internes complètent avec quelques vacations le week-end dans des cabinets privés.

Peut-on changer de spécialité en cours d’internat ?

En principe, non. Une fois que vous avez choisi votre spécialité lors de votre admission, vous êtes engagé dans ce parcours spécifique. Il n’existe pas de passerelle officielle entre les trois spécialités pendant l’internat. Si vous souhaitez absolument changer, vous devriez théoriquement abandonner votre internat en cours et repasser le concours pour une autre spécialité, ce qui est très rare. D’où l’importance de bien réfléchir à votre choix avant le concours, en faisant si possible des stages d’observation dans chaque spécialité qui vous attire.

L’orthodontie est-elle vraiment la spécialité la plus difficile à obtenir ?

Oui, statistiquement, l’orthodontie nécessite les meilleurs rangs au concours car c’est la spécialité la plus demandée. Environ 50% des candidats la classent en premier choix, pour seulement 80 à 100 postes disponibles annuellement. Selon les années, il faut généralement être classé dans les 100-120 premiers sur 1000-1200 candidats pour avoir une chance raisonnable d’obtenir l’orthodontie. La chirurgie orale est légèrement moins compétitive, et la médecine bucco-dentaire est la plus accessible. Mais tout dépend aussi de la ville souhaitée.

Après l’internat, est-on obligé d’exercer uniquement sa spécialité ?

Non, vous gardez tous vos droits d’omnipraticien. Même spécialiste en orthodontie, vous pouvez légalement réaliser des soins conservateurs, des détartrages ou des extractions simples. Mais en pratique, la plupart des spécialistes se concentrent sur leur domaine d’expertise pour lequel ils sont reconnus et qui est plus rémunérateur. Certains chirurgiens oraux maintiennent une activité omnipratique pour leurs patients, tandis que la majorité des orthodontistes exercent exclusivement leur spécialité. C’est un choix personnel d’organisation de votre activité.

Quelles sont les villes les plus demandées pour faire son internat ?

Paris, Lyon et Bordeaux arrivent systématiquement en tête des choix, suivies de Toulouse, Montpellier et Nantes. Ces métropoles attirent pour la qualité de leurs services hospitalo-universitaires, leur attractivité de vie, et les opportunités d’installation post-internat. Les CHU de ces villes concentrent les meilleurs rangs. À l’inverse, des villes comme Brest, Reims ou Nancy sont plus accessibles avec des rangs moyens. Votre choix doit équilibrer vos préférences géographiques et votre classement réaliste au concours.

Conclusion : L’Internat Dentaire, Un Investissement pour l’Excellence

L’internat dentaire représente un engagement significatif de 3 à 4 années supplémentaires de formation après votre thèse. Mais c’est aussi un investissement dans votre expertise, votre crédibilité professionnelle et vos perspectives de carrière à long terme.

Les 3 choses essentielles à retenir :

  1. L’internat est la seule voie officielle pour devenir spécialiste reconnu en orthodontie, chirurgie orale ou médecine bucco-dentaire en France. Ce titre vous confère une légitimité unique et ouvre des portes professionnelles inaccessibles aux omnipraticiens.
  2. La préparation au concours nécessite rigueur et anticipation : commencez 6 à 12 mois avant, maîtrisez les annales, et ne négligez aucune discipline. Votre classement déterminera votre accès à la spécialité de vos rêves.
  3. Après l’internat, de multiples parcours s’offrent à vous : installation libérale, carrière hospitalière, exercice mixte, enseignement, recherche… Votre spécialisation est un tremplin vers l’excellence dans le domaine qui vous passionne vraiment.

Si vous êtes passionné par un domaine spécifique de l’odontologie, que vous êtes prêt à investir quelques années supplémentaires pour devenir expert, et que vous aspirez à traiter des cas complexes et stimulants, l’internat dentaire est fait pour vous. Des milliers de praticiens avant vous ont fait ce choix et ne le regrettent pas.

Vous hésitez encore ? Discutez avec des internes et des spécialistes installés, faites des stages d’observation dans les différentes spécialités, et projetez-vous dans votre carrière à 10 ans. Consultez également votre doyen de faculté ou un conseiller d’orientation pour affiner votre projet professionnel.

N’oubliez pas : quelle que soit votre décision, l’essentiel est de choisir un parcours qui correspond à vos aspirations profondes et à votre vision de la pratique dentaire. L’internat n’est pas obligatoire pour réussir professionnellement, mais pour ceux qui franchissent cette étape, c’est souvent l’une des expériences les plus formatrices et enrichissantes de leur vie professionnelle.

Image d'un jeune dentiste souriant et confiant

Note importante : Cet article a un but informatif et ne remplace pas l’avis d’un conseiller d’orientation universitaire ou d’un professionnel de l’éducation. Les informations sur le concours, les spécialités et les carrières sont susceptibles d’évoluer. Consultez les sites officiels des facultés dentaires et du CNIO pour les informations les plus à jour sur les modalités du concours et les programmes de formation.

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