ANATOMIE PHYSIOLOGIE: ATM ,MUSCLES MASTICATEURS, l’OCCLUSION

Anatomie de l’ATM et Occlusion Dentaire : Guide Complet pour Comprendre le Système Manducateur

L’articulation temporo-mandibulaire (ATM) et l’occlusion dentaire forment un système biomécanique complexe essentiel à notre quotidien. Comprendre leur fonctionnement permet d’éviter des complications sérieuses et d’optimiser les traitements dentaires.

Que vous soyez professionnel de santé, étudiant en odontologie ou simplement curieux de mieux comprendre votre appareil manducateur, ce guide détaillé vous apportera les connaissances fondamentales sur l’anatomie, la physiologie et les principes occlusaux.

Pourquoi l’Étude de l’Occlusion est-elle Fondamentale ?

Avant toute intervention thérapeutique dentaire, un examen minutieux de l’occlusion s’impose. Les fonctions occlusales représentent les conditions physiologiques de l’affrontement des dents antagonistes dans l’ensemble des activités de mastication, déglutition et phonation.

Une mauvaise compréhension de ces mécanismes peut entraîner des complications post-traitement, des douleurs articulaires, voire des troubles musculo-squelettiques. L’occlusion influence directement la santé bucco-dentaire globale du patient.

Qu’est-ce que l’Occlusion Dentaire ? Définitions et Concepts Clés

Définition Générale

L’occlusion dentaire désigne un état statique correspondant à tous les états possibles d’affrontements réciproques des deux arcades dentaires. En termes simples, c’est la manière dont vos dents supérieures et inférieures se rencontrent lorsque vous fermez la bouche.

Définition Clinique Moderne

Selon le World Workshop in Periodontics du Michigan, l’occlusion répond aux connexions inter-dentaires résultant du contrôle neuromusculaire de l’appareil manducateur. Cette définition souligne l’importance du système nerveux et musculaire dans le positionnement dentaire.

Vision Contemporaine

Selon Jean-Daniel Orthlieb et Olivier Laplanche, spécialistes reconnus en occlusodontie, l’occlusion dentaire représente l’état, à un instant donné, du rapport interarcade défini par au moins un point de contact occlusal. Par extension, l’occlusion correspond à toute situation de contact entre les arcades.

L'Occlusion d'Intercuspidie Maximale (OIM)

L’Occlusion d’Intercuspidie Maximale (OIM)

L’OIM représente la position d’occlusion où le rapport d’engrènement dentaire se caractérise par le plus grand nombre de contacts entre les arcades. C’est à ce moment que l’intensité des contractions musculaires est maximale.

Point important : ce rapport est indépendant de la situation des condyles dans les fosses mandibulaires. L’OIM constitue la référence clinique la plus fréquemment utilisée en pratique quotidienne.

La Relation Centrée (RC) : Position de Référence

Selon le Collège National d’Occlusodontologie, la RC est la situation condylienne de référence la plus haute, réalisant une coaptation bilatérale condylo-disco-temporale, simultanée et transversalement stabilisée.

Cette position présente plusieurs caractéristiques essentielles :

  • Suggérée et obtenue par contrôle non forcé
  • Réitérative dans un temps donné
  • Dépendante d’une posture corporelle donnée
  • Enregistrable à partir d’un mouvement de rotation mandibulaire

La RC sert de référence diagnostique et thérapeutique, particulièrement dans les reconstructions prothétiques complexes.

Le Système Articulaire : L'ATM en Détail

Le Système Articulaire : L’ATM en Détail

Structure Anatomique

L’articulation temporo-mandibulaire est une diarthrose bicondylienne discordante et lâche, unissant la mandibule au massif crânien. Sa complexité anatomique en fait l’une des articulations les plus sollicitées du corps humain.

Elle comprend deux surfaces articulaires principales :

La cavité glénoïde : dépression temporale accueillant le condyle mandibulaire.

Le condyle mandibulaire : extrémité arrondie de la branche montante de la mandibule.

Le Ménisque Interarticulaire

Ce disque fibrocartilagineux joue un rôle crucial d’amortisseur et de stabilisateur. Il s’interpose entre les deux surfaces osseuses, permettant une répartition harmonieuse des forces masticatoires.

Moyens d’Union

La capsule articulaire enveloppe l’articulation, renforcée par plusieurs ligaments assurant la stabilité mécanique. Cette structure permet une mobilité importante tout en maintenant l’intégrité articulaire.

Pour approfondir vos connaissances en anatomie dentaire, le Guide clinique d’odontologie constitue une référence complète et actualisée.

Le Système Neuromusculaire : Orchestrer les Mouvements Mandibulaires

Les Muscles Élévateurs

Le Masséter

Muscle court et épais recouvrant la face latérale de la branche montante mandibulaire. Il s’insère en haut sur le bord inférieur de l’arcade zygomatique et en bas sur une large portion de la face externe du ramus jusqu’à son rebord basilaire.

Sa puissance en fait l’un des muscles les plus forts du corps humain proportionnellement à sa taille. Le masséter joue un rôle primordial dans la force de mastication.

Le Temporal

C’est le plus puissant des muscles masticateurs. Muscle volumineux, large et aplati en forme d’éventail, on distingue trois faisceaux : antérieur, médian et postérieur.

Il prend son origine en haut sur la fosse temporale et s’insère en bas par un tendon sur l’apophyse coronoïde. Sa configuration anatomique lui permet d’exercer une force considérable lors de la fermeture mandibulaire.

Le Ptérygoïdien Médial

Muscle symétrique au masséter, court et épais, il s’insère sur l’apophyse ptérygoïde et rejoint la face médiale de la mandibule. Il forme avec le masséter une véritable sangle musculaire puissante.

Le Ptérygoïdien Latéral

Classiquement composé de deux chefs (supérieur et inférieur). Le chef supérieur ou sphénoïdal s’insère dans le tiers supérieur de la fossette ptérygoïdienne, sur le disque articulaire, pénétrant la partie médiale du bourrelet antérieur.

Ce muscle unique joue un rôle crucial dans les mouvements de propulsion et de diduction. Son dysfonctionnement est souvent impliqué dans les troubles de l’ATM.

Les Muscles Abaisseurs

Les muscles abaisseurs comprennent principalement :

  • Le digastrique
  • Le mylohyoïdien
  • Le géniohyoïdien

Ces muscles antagonistes des élévateurs permettent l’ouverture buccale et participent à la déglutition.

Classification Fonctionnelle

Propulseurs : masséter, ptérygoïdien médial, ptérygoïdien latéral

Rétropulseurs : temporal (faisceaux postérieurs), digastrique, mylohyoïdien, géniohyoïdien

Cette organisation musculaire permet une orchestration précise des mouvements mandibulaires dans les trois plans de l’espace.

Physiologie de l'ATM : Comprendre les Mouvements Mandibulaires

Physiologie de l’ATM : Comprendre les Mouvements Mandibulaires

L’ATM est une double articulation dont le rôle principal concerne la mastication, la déglutition et la phonation. Elle permet deux types de mouvements fondamentaux :

Mouvements de Rotation

Ils s’effectuent au niveau de l’articulation ménisco-condylienne (compartiment inférieur). Le condyle pivote sous le disque articulaire.

Mouvements de Translation

Ils se déroulent au niveau de l’articulation temporo-méniscale (compartiment supérieur). Le complexe condylo-discal glisse sous la surface temporale.

Les Mouvements Physiologiques Fondamentaux

Abaissement et Élévation (Ouverture-Fermeture)

L’abaissement : ce mouvement se décompose en deux phases. D’abord une rotation pure (10-15 premiers millimètres), suivie d’une translation antérieure et inférieure.

L’ouverture buccale normale mesure environ 40-50 mm entre les incisives. Une limitation peut signaler un dysfonctionnement articulaire.

L’élévation : les mouvements s’inversent avec une translation postérieure puis une rotation de fermeture.

Propulsion et Rétropulsion

La propulsion : mouvement de glissement vers l’avant et en bas de la mandibule. Le ménisque et la tête mandibulaire translatent simultanément et symétriquement.

Ce mouvement permet notamment de porter les incisives inférieures en avant des incisives supérieures.

La rétropulsion : mouvement inverse ramenant la mandibule en position reculée.

Diduction (Mouvements Latéraux)

Mouvements asymétriques essentiels à la mastication unilatérale. Pendant qu’une articulation effectue une rotation (côté travaillant), l’autre effectue une translation antérieure (côté non travaillant ou balançant).

Ces mouvements de latéralité permettent le broyage efficace des aliments.

Le Système Dentaire : Architecture et Fonction

Anatomie du Secteur Antérieur

Le groupe incisivo-canin se caractérise par l’existence d’un bord libre qui, au niveau canin, se dédouble pour créer les versants d’une cuspide. Ces dents ont essentiellement un rôle de préhension et de section des aliments.

Anatomie du Secteur Cuspidé

L’Aire Occlusale

Constituée par la conjonction de structures convexes, l’aire occlusale d’une unité cuspidée est délimitée par l’arête marginale. Sur une même arcade, toutes les aires occlusales des unités cuspidées présentent sensiblement le même diamètre vestibulo-lingual.

Cette uniformité dimensionnelle contribue à la stabilité occlusale.

Les Cuspides

Sur le plan fonctionnel, on distingue deux types de cuspides aux rôles bien différenciés :

Les cuspides primaires (ou cuspides d’appui) :

  • Cuspides linguales maxillaires
  • Cuspides vestibulaires mandibulaires

Elles assurent un rôle de stabilisation et de calage des arcades dentaires. Leur intégrité est cruciale pour maintenir la dimension verticale d’occlusion.

Les cuspides secondaires (ou cuspides de préhension/guidage) :

  • Cuspides vestibulaires maxillaires
  • Cuspides linguales mandibulaires

Leur pointe cuspidienne se situe en dehors de l’aire occlusale antagoniste. Elles protègent les tissus mous (lèvres, joues, langue) lors des mouvements mandibulaires.

Occlusion Statique : Relations Interarcades

Surplomb et Recouvrement

Le surplomb (overjet) : projection dans le plan horizontal de la distance entre les sommets cuspidiens ou les bords libres. Normalement compris entre 1 et 3 mm.

Surplomb et Recouvrement

Le recouvrement (overbite) : projection dans le plan vertical de la distance entre les bords libres des incisives. Physiologiquement de l’ordre du tiers de la hauteur coronaire incisive.

Ces deux paramètres définissent les rapports spatiaux entre les arcades au repos.

Classification d’Angle : Évaluer les Malocclusions

La classification d’Angle, établie au début du XXe siècle, demeure la référence pour décrire les relations sagittales des arcades. Elle se fonde sur le rapport entre la première molaire inférieure et la première molaire supérieure, s’appliquant par extension aux canines.

Classe I d'Angle (Normocclusion)

Classe I d’Angle (Normocclusion)

La cuspide mésio-vestibulaire de la première molaire supérieure s’engage dans le sillon vestibulaire de la première molaire inférieure. La pointe canine supérieure se situe dans l’embrasure entre la canine inférieure et la première prémolaire inférieure.

Cette classe représente la relation occlusale idéale sur le plan sagittal.

Classe II d'Angle (Distocclusion)

Classe II d’Angle (Distocclusion)

La première molaire inférieure est en distoposition (position reculée) par rapport à la molaire supérieure. On distingue deux divisions :

  • Division 1 : avec vestibuloversion des incisives supérieures
  • Division 2 : avec linguoversion des incisives centrales supérieures

Cette malocclusion est fréquente dans les populations caucasiennes.

Classe III d'Angle (Mésiocclusion)

Classe III d’Angle (Mésiocclusion)

Mésialisation exagérée de la molaire inférieure par rapport à la molaire supérieure. La cuspide mésio-vestibulaire de la première molaire supérieure s’articule en arrière du sillon vestibulaire de la première molaire inférieure.

Cette configuration peut s’accompagner d’un proglissement mandibulaire.

Pour les praticiens souhaitant approfondir les aspects cliniques de l’occlusion, l’ouvrage Endodontie, prothèse et parodontologie offre une approche intégrée particulièrement utile.

Implications Cliniques et Thérapeutiques

Importance du Diagnostic Occlusal

Un examen occlusal rigoureux précède toute réhabilitation prothétique ou orthodontique. L’analyse doit intégrer :

  • L’examen clinique statique et dynamique
  • L’analyse des moulages d’étude montés en articulateur
  • L’évaluation radiographique de l’ATM si nécessaire
  • Le dépistage des parafonctions (bruxisme, serrement)

Objectifs Thérapeutiques

La recherche d’une occlusion stable, esthétique et fonctionnelle constitue le triptyque des objectifs thérapeutiques. Cette triade garantit :

  • La stabilité : maintien de la dimension verticale et prévention des migrations dentaires
  • L’esthétique : harmonie du sourire et du profil facial
  • La fonction : mastication efficace et confortable, absence de douleurs articulaires

Prévention des Troubles de l’ATM

Une occlusion équilibrée prévient de nombreux dysfonctionnements :

  • Douleurs articulaires
  • Claquements ou craquements
  • Limitation d’ouverture buccale
  • Céphalées d’origine musculaire
  • Usures dentaires pathologiques

Le port d’une gouttière dentaire pour le bruxisme peut s’avérer nécessaire pour protéger les dents et soulager les tensions musculaires chez les patients présentant des parafonctions nocturnes.

Maintien d'une Occlusion Saine au Quotidien

Maintien d’une Occlusion Saine au Quotidien

Hygiène Bucco-Dentaire Adaptée

Le maintien de l’intégrité dentaire préserve naturellement les relations occlusales. Une hygiène rigoureuse comprend :

  • Brossage bimétridien avec une technique appropriée
  • Nettoyage interdentaire quotidien
  • Détartrage professionnel régulier

Une brosse à dents électrique comme l’Oral-B Pro 3 avec son système de nettoyage 3D peut optimiser l’élimination de la plaque dentaire.

Surveillance Régulière

Des consultations dentaires semestrielles permettent de détecter précocement :

  • Les usures pathologiques
  • Les migrations dentaires
  • Les pertes de contact occlusaux
  • Les signes précoces de dysfonction de l’ATM

Alimentation et Mastication

Privilégier une mastication bilatérale alternée sollicite harmonieusement l’ensemble du système manducateur. Éviter les aliments trop durs limite les surcharges articulaires.

Conclusion : L’Occlusion, Clé de la Santé Bucco-Dentaire

L’étude approfondie de l’occlusion et de l’anatomie de l’ATM permet d’éviter des complications sérieuses et offre les clés pour résoudre les problèmes auxquels le praticien se trouve quotidiennement confronté.

Cet examen s’avère déterminant puisque la recherche d’une occlusion stable, esthétique et fonctionnelle est indispensable pour assurer l’ensemble des fonctions manducatrices et garantir le confort du patient.

Que vous soyez professionnel cherchant à affiner votre diagnostic ou patient désireux de mieux comprendre votre système masticatoire, cette compréhension biomécanique constitue le fondement d’une approche thérapeutique réussie.

Occlusion, Clé de la Santé Bucco-Dentaire

Pour les étudiants en odontologie, les Annales corrigées de l’internat en odontologie 2022-2024 représentent un outil précieux pour maîtriser ces concepts fondamentaux et réussir les examens.


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