La Prothèse Composite : Guide Complet en Odontologie
Prothèse mixte | Prothèse amovible partielle | Fraisages | Attachements | Plan de traitement
Introduction : Pourquoi la prothèse composite reste incontournable ?
La prothèse amovible partielle à infrastructure métallique (PAPIM) constitue, lorsqu’elle est bien conçue, une solution thérapeutique encore très pertinente dans la restauration des arcades partiellement édentées. Mais sa version la plus aboutie — la prothèse composite — va plus loin en combinant les avantages de la prothèse fixée et de la prothèse amovible.
Malgré l’essor de l’implantologie, la prothèse composite demeure une alternative séduisante dans de nombreuses situations cliniques, notamment lorsque les conditions osseuses ou financières ne permettent pas une solution implanto-portée. Sa réussite repose sur une approche rigoureuse, une communication optimale avec le prothésiste, et une parfaite maîtrise des étapes de conception.
Ce guide, destiné aux étudiants en chirurgie dentaire, reprend l’ensemble des notions fondamentales tout en les contextualisant cliniquement pour une meilleure assimilation.

Pour approfondir : le Guide clinique d’odontologie est une référence indispensable pour maîtriser les décisions thérapeutiques en prothèse.
Définition et Concept de la Prothèse Composite
La prothèse composite est une prothèse dite mixte ou hybride, constituée d’une partie fixée et d’une partie amovible qui doivent parfaitement s’adapter, reliées entre elles par des attachements et/ou préparations de précision (fraisage).
Il peut s’agir d’une situation simple ou complexe en fonction du cas clinique. La complexité du montage est directement liée à l’étendue de l’édentement, à la qualité des dents résiduelles et au schéma occlusal du patient.
Points clés à retenir :
- Elle associe une prothèse conjointe (couronnes ou bridges) à une prothèse adjointe partielle (PAP)
- Les deux parties sont solidarisées par des éléments de connexion précis (fraisages, attachements)
- Elle vise à optimiser la triade de Housset : sustentation, stabilisation, rétention
Indications et Contre-indications
Quand proposer une prothèse composite ?
La prothèse composite est indiquée dans les situations suivantes :
- Restauration de dents délabrées entrant dans la thérapeutique de la prothèse partielle amovible (PPA)
- Amélioration de l’esthétique et de l’équilibre d’une PPA existante
- Dents restantes présentant un bon pronostic parodontal
- Hygiène buccale suffisante ou pouvant être améliorée par motivation
Quand la contre-indiquer ?
Certaines situations rendent la prothèse composite inadaptée, voire risquée :
- Pathologies à haut risque infectieux et hémorragique
- Hygiène buccale insuffisante voire absente
- Dents restantes fragiles (passage direct vers une prothèse amovible totale)
- Pronostic parodontal mauvais et instable
- État des crêtes défavorables à l’insertion des prothèses (fortes contre-dépouilles)
Conseil pédagogique : L’évaluation du pronostic parodontal est une étape-clé. Une dent au pronostic douteux engagée comme pilier composite peut compromettre l’ensemble de la réhabilitation.
Objectifs Thérapeutiques de la Prothèse Composite
La prothèse composite poursuit plusieurs objectifs complémentaires :
Sur le plan biomécanique :
- Amélioration de la biocompatibilité et du confort grâce à une meilleure répartition et une meilleure qualité des appuis dentaires et muqueux
- Obtention d’un meilleur équilibre prothétique en rapport avec l’optimisation de la triade de Housset
Sur le plan esthétique :
- Positionnement plus discret des crochets ou leur suppression au profit d’attachements
- Intégration harmonieuse de la prothèse dans la morphologie des dents supports
Les Fraisages : Technique et Classification

Les fraisages sont des dispositifs complémentaires réalisés au laboratoire, appelés aussi aménagements usinés des prothèses fixées. L’extrême précision qu’ils requièrent impose l’utilisation d’une fraiseuse. Ils majorent la stabilisation et la rétention par friction des parois préparées en surface de guidage, et évitent les contraintes inhérentes à l’insertion et à la désinsertion de la prothèse.
Les fraisages principaux
Les fraisages principaux sont utilisés dans les traitements par prothèses composites complexes, c’est-à-dire faisant appel à une rétention par attachements.
- Assurent une grande partie de l’équilibre prothétique
- Indiqués pour les édentements terminaux
- Situés en mésial sur l’élément fixé : forme en cylindre, en queue d’aronde, ou en oméga
- Permettent un verrouillage tridimensionnel
- Libèrent la face distale pour recevoir un attachement
La forme en oméga est particulièrement efficace car elle assure une rétention par emboîtement dans les trois dimensions de l’espace.

Les fraisages secondaires
Les fraisages secondaires sont représentés par les préparations pour les barres d’appui, les bras de calages et les appuis complémentaires (taquets occlusaux).
- Rôle accessoire par rapport aux fraisages principaux
- S’opposent principalement aux mouvements de rotation de la prothèse
- Renforcent la structure de la prothèse en la rigidifiant
- Situés sur les faces palatines ou linguales
- Épaisseur minimum de 0,5 mm
- Hauteur d’au moins la moitié de la couronne clinique sur les dents postérieures
Intérêts du fraisage
Le fraisage permet de :
- Inclure le crochet dans le bombé lingual ou vestibulaire des dents prothétiques, évitant la création d’un surplomb au niveau de la gencive (qui entraverait la déflection alimentaire et entraînerait des rétentions)
- Réaliser une mise en occlusion correcte de la dent support (l’appui occlusal disparaissant dans la logette réalisée dans la couronne)
- Créer un point de contact précis dans l’axe d’insertion de la PPAC
- Intégrer la PAP à la morphologie originale de la dent support
Inconvénients du fraisage
- La rigidité des fraisages impose une solidarisation de plusieurs éléments dentaires
- La hauteur nécessaire requiert des compromis au niveau des embrasures
- Le volume des fraisages entraîne une mutilation importante des dents supports, indiquant très souvent leur dépulpation
- La rétention étant assurée par friction : en cas d’usure, il y a perte de rétention sans possibilité de correction — c’est pourquoi les fraisages sont employés conjointement avec des attachements, activables ou remplaçables
Technique de réalisation
Le fraisage est réalisé au laboratoire selon l’axe d’insertion :
- Sur les maquettes en cire : préformage à l’aide d’une fraise à cire
- Ou directement sur la couronne coulée : rectification après coulée
- L’axe d’insertion est préalablement fixé au paralléliseur
Les Attachements : Classification et Principes
L’attachement est un système mécanique formé de deux parties : mâle et femelle. Ces deux éléments sont le négatif exact l’un de l’autre.
- Patrice (partie mâle) : solidaire de la prothèse fixée
- Matrice (partie femelle) : solidaire de la prothèse amovible

Classification topographique des attachements
Selon leur topographie, les attachements se classifient en :
- Attachements extracoronaires : positionnés en dehors du volume coronaire de la dent support — les plus courants en prothèse composite
- Attachements intracoronaires : logés à l’intérieur de la couronne — nécessitent une hauteur coronaire suffisante
- Attachements axiaux : axe de rétention parallèle au grand axe de la dent
- Barre de connexion ou conjonction : unit plusieurs éléments entre eux
Pour aller plus loin : l’ouvrage Prothèse amovible partielle : Clinique et Laboratoire détaille de façon exhaustive les différents types d’attachements et leur mise en œuvre clinique.
Plan de Traitement en Prothèse Composite : Les Étapes Clés
La réussite de ce type de prothèse nécessite le respect absolu des étapes de conception. Voici le protocole codifié, étape par étape.

Étape 1 : Examen clinique et diagnostic
Le praticien réalise un examen clinique complet et recueille des données complémentaires :
- Bilan radiographique (panoramique, rétro-alvéolaires)
- Modèles d’étude analysés au paralléliseur
- Établissement du diagnostic, des hypothèses thérapeutiques et de la décision en accord avec le patient
Étape 2 : Tracé du châssis sur modèle d’étude
C’est le rôle du praticien — concepteur de la prothèse — de réaliser le tracé du châssis. Les modèles d’étude sont analysés au paralléliseur pour déterminer l’axe d’insertion de la future prothèse.

Étape 3 : Montage directeur
Lorsque le schéma occlusal actuel est perturbé, il doit être remanié dans le cadre d’un projet prothétique global. Ce montage directeur peut inclure :
- Des cires de diagnostic sur les dents résiduelles
- Des maquettes munies de dents prothétiques compensant les édentements
Les cires de diagnostic permettent de visualiser le projet final et de déceler certains obstacles, notamment les coronoplasties soustractives à réaliser.

Étape 4 : Empreinte de la prothèse fixée
- Préparation des dents : place nécessaire aux fraisages aménagée par des préparations majorées
- Empreinte des préparations : silicone par addition en double viscosité
- Moulage double en plâtre extra-dur :
- 1er modèle → réalisation des éléments fixés (détourage, mise en die)
- 2e modèle → maquette d’occlusion pour mise en articulateur
Étape 5 : Prothèse provisoire
Une prothèse fixée provisoire — généralement obtenue par auto-moulage à partir des cires de diagnostic — est mise en place. Elle permet de valider l’esthétique, la phonation et les fonctions occlusales avant toute réalisation définitive.
Étape 6 : Confection des chapes et fraisage de précision
- Positionnement des attachements parallèlement à l’axe d’insertion avant solidarisation aux prothèses fixées
- Fraisage orienté selon l’axe d’insertion, impérativement usiné au laboratoire
Étape 7 : Essayage des infrastructures métalliques
Les infrastructures sont essayées cliniquement, validées, puis retournées au laboratoire pour l’élaboration de la céramique.
Étape 8 : Scellement des éléments fixés
Deux options selon la complexité :
Scellement immédiat : pour les couronnes unitaires non support d’attachement → scellement définitif avant l’empreinte secondaire de la PPA.
Scellement différé : pour les couronnes solidarisées, à fraisages complexes ou support d’attachement → les éléments fixés sont scellés le jour de la pose de la PPA.

Étape 9 : Réalisation de la prothèse partielle amovible à châssis
Une sur-empreinte ou empreinte de position est réalisée pour les cas complexes. Cette empreinte permet d’obtenir sur le modèle de travail un positionnement précis des éléments fixés non scellés.
La technique de sur-coulée consiste à couler directement le châssis de la PAP sur les éléments fixés, réalisés dans un alliage de la même famille.
Deux enregistrements occlusaux successifs sont nécessaires :
- Avec maquettes d’occlusion → pour la conception de la plaque du châssis
- Avec la plaque du châssis → pour le montage des dents artificielles
Remarque technique : pour les chapes emportées dans l’empreinte secondaire, la cuisson de la céramique s’effectue après la coulée du châssis et le montage sur cire des dents prothétiques.
Pour relier le système d’attache à la prothèse amovible, deux solutions existent :
- L’attachement est relié à la résine de la prothèse
- Il est brasé sur le châssis métallique
Étape 10 : Conseils d’hygiène et suivi
Après tous les essayages validant esthétique et adaptation, les conseils d’hygiène et d’entretien sont dispensés au patient. Un contrôle régulier tous les six mois est indispensable pour assurer la pérennité de la restauration prothétique.
Pour une hygiène optimale autour des couronnes et des espaces inter-prothétiques, l’utilisation d’un hydropulseur comme le Waterpik Ultra WF-660EU est fortement recommandée, en complément du brossage classique.
Quelle solution vous convient le mieux ? Tableau Comparatif des Options Prothétiques
Voici un récapitulatif comparatif des principales options de restauration des édentements partiels, pour aider à la décision thérapeutique.
| Critère | Prothèse Composite | PPA classique (crochets) | Prothèse fixée seule | Implants |
|---|---|---|---|---|
| Esthétique | ★★★★☆ | ★★☆☆☆ | ★★★★★ | ★★★★★ |
| Confort | ★★★★☆ | ★★★☆☆ | ★★★★★ | ★★★★★ |
| Coût | Élevé | Modéré | Élevé | Très élevé |
| Complexité clinique | Très élevée | Modérée | Élevée | Très élevée |
| Réversibilité | Partielle | Oui | Non | Non |
| Hygiène/entretien | Exigeant | Modéré | Aisé | Aisé |
| Indication édentement terminal | Oui (choix de référence) | Oui | Non | Oui |
| Durée de vie estimée | 10-15 ans | 5-10 ans | 10-15 ans | 15-25 ans |
Erreurs Fréquentes à Éviter en Prothèse Composite
1. Négliger l’analyse au paralléliseur avant le tracé du châssis
L’erreur : concevoir le tracé sans étude préalable au paralléliseur sur les modèles d’étude.
Conséquences : axe d’insertion inadapté, interférences à l’insertion/désinsertion, impossibilité d’intégrer les fraisages correctement.
La bonne pratique : toujours définir l’axe d’insertion en amont, sur modèles d’étude, avant de valider le tracé.
2. Sous-estimer la préparation dentaire nécessaire aux fraisages
L’erreur : réaliser des préparations insuffisantes, sans prévoir l’espace requis pour les fraisages.
Conséquences : fraisages trop peu profonds, perte de rétention prématurée, surplombs gingivaux indésirables.
La bonne pratique : prévoir des préparations majorées dès l’étape de taille, en tenant compte de l’espace nécessaire à chaque type de fraisage.
3. Sceller prématurément les éléments fixés dans les cas complexes
L’erreur : sceller systématiquement toutes les couronnes avant la réalisation de la PAP, quel que soit le cas.
Conséquences : impossibilité d’entraîner les couronnes dans l’empreinte secondaire, perte de précision sur le modèle de travail.
La bonne pratique : appliquer le scellement différé pour les couronnes solidarisées ou support d’attachements ; n’effectuer le scellement définitif que le jour de la pose de la PPA.
4. Omettre le montage directeur dans les cas occlusaux perturbés
L’erreur : sauter l’étape du montage directeur lorsque l’occlusion est déséquilibrée ou que des coronoplasties sont envisagées.
Conséquences : découverte tardive d’obstacles thérapeutiques, résultat esthétique et fonctionnel sous-optimal, retouches coûteuses en cours de traitement.
La bonne pratique : réaliser systématiquement un montage directeur en cire dès que le schéma occlusal est perturbé, afin de valider le projet avant toute mutilation irréversible.
5. Négliger la motivation à l’hygiène du patient
L’erreur : initier une prothèse composite sans s’assurer d’une hygiène buccale compatible avec la pérennité du traitement.
Conséquences : accumulation de plaque autour des couronnes et sous les bras de crochet, risque élevé de caries secondaires, parodontites peri-prothétiques.
La bonne pratique : conditionner la réalisation de la prothèse composite à l’obtention d’une hygiène satisfaisante ; prévoir une séance de motivation et d’instruction à l’hygiène, avec prescription d’un dentifrice adapté comme le Parodontax à l’acide hyaluronique pour les patients présentant des gencives sensibles.
6. Ignorer le contrôle régulier post-pose
L’erreur : considérer la pose de la prothèse composite comme la fin du traitement, sans suivi planifié.
Conséquences : usure non détectée des attachements, perte de rétention progressive, descellement silencieux d’une couronne pilier.
La bonne pratique : planifier des contrôles biannuels systématiques incluant une vérification des attachements, de l’occlusion et de l’état parodontal des dents piliers.
Cas Cliniques Commentés
Cas clinique n°1 : Édentement terminal mandibulaire chez un adulte de 52 ans
Présentation du patient : M. B., 52 ans, présente un édentement terminal bilatéral mandibulaire (classe I d’Applegate-Kennedy). Les molaires ont été extraites suite à des lésions carieuses étendues. Les prémolaires restantes sont délabrées mais récupérables prothétiquement. Le patient refuse les implants pour des raisons financières.
Problématique identifiée : l’édentement terminal est la situation la plus défavorable en prothèse adjointe classique (bras de levier important, instabilité distale). Une PPA à crochets seule serait instable et peu esthétique.
Prise en charge : mise en place d’une prothèse composite avec couronnes fraisées sur les prémolaires, attachements extracoronnaires distaux, et châssis métallique précis. Le fraisage principal en oméga sur les prémolaires assure un verrouillage tridimensionnel.
Résultat attendu : stabilité accrue, esthétique améliorée (absence de crochets visibles), confort masticatoire satisfaisant. Le patient bénéficie d’une solution fonctionnelle durable, avec un suivi semestriel.
Cas clinique n°2 : Réhabilitation esthétique chez une patiente de 44 ans
Présentation de la patiente : Mme L., 44 ans, porte depuis 8 ans une PAP maxillaire à crochets circulaires. Elle se plaint du manque d’esthétique (crochets visibles sur les canines) et d’une stabilité insuffisante lors de la mastication. Les dents piliers présentent un bon pronostic parodontal.
Problématique identifiée : la PAP existante répond aux critères fonctionnels minimaux mais ne satisfait pas les exigences esthétiques de la patiente. Les crochets métalliques sont visibles au sourire.
Prise en charge : transformation de la PAP en prothèse composite par adjonction de couronnes fraisées sur les canines et prémolaires, avec intégration d’attachements intracoronaires permettant de supprimer les crochets visibles. Le nouveau châssis est réalisé selon l’axe d’insertion défini au paralléliseur.
Résultat attendu : suppression des crochets visibles, amélioration notable de l’esthétique sourire, meilleure rétention et stabilisation. La patiente retrouve confiance et confort au quotidien.
Cas clinique n°3 : Cas complexe avec perturbation occlusale chez un patient de 61 ans
Présentation du patient : M. A., 61 ans, présente un édentement partiel étendu maxillaire avec des dents résiduelles en position anormale et un schéma occlusal très perturbé. Plusieurs couronnes anciennement posées présentent des rapports occlusaux défectueux.
Problématique identifiée : la restauration prothétique ne peut être envisagée sans rétablir préalablement un schéma occlusal cohérent. Ignorer cette étape conduirait à une prothèse composite fonctionnellement compromise.
Prise en charge : réalisation d’un montage directeur en cire sur articulateur semi-adaptable. Mise en évidence des coronoplasties soustractives nécessaires et des compromis occlusaux envisageables. Mise en place d’une prothèse provisoire validant l’occlusion sur 3 mois avant la réalisation définitive de la prothèse composite.
Résultat attendu : rétablissement d’un plan d’occlusion harmonieux, validation esthétique et fonctionnelle par la temporisation, puis réalisation de la prothèse définitive dans des conditions optimales. Ce cas illustre l’importance capitale du montage directeur dans les cas complexes.
Foire Aux Questions (FAQ)
Qu’est-ce qui différencie une prothèse composite d’une prothèse amovible partielle classique ?
La prothèse composite associe une partie fixée (couronnes ou bridges) et une partie amovible (châssis métallique), reliées par des attachements et/ou des fraisages de précision. Une PAP classique, elle, repose uniquement sur des crochets métalliques circum-dentaires sans élément fixé associé. La prothèse composite offre une meilleure esthétique, un meilleur équilibre prothétique et un confort supérieur, au prix d’une conception plus complexe et d’un coût plus élevé.
Quand faut-il préférer une prothèse composite à des implants ?
Les implants restent la solution de référence pour les édentements partiels, mais ils sont contre-indiqués ou inadaptés dans certaines situations : volume osseux insuffisant sans chirurgie pré-implantaire, pathologies systémiques à risque infectieux, ou contraintes financières importantes. La prothèse composite constitue alors une alternative fiable et prévisible, à condition que les dents résiduelles présentent un pronostic parodontal favorable.
Combien de temps dure le traitement par prothèse composite ?
Un traitement complet par prothèse composite s’étale généralement sur 4 à 8 mois selon la complexité du cas. Les étapes de temporisation (validation par prothèse provisoire) peuvent allonger le délai, mais elles sont indispensables dans les cas avec perturbations occlusales. Un suivi régulier (tous les 6 mois) est ensuite nécessaire pour assurer la pérennité de la restauration.
Peut-on réparer ou modifier une prothèse composite après sa pose ?
La prothèse composite est moins facilement modifiable qu’une PAP classique en raison de ses composants fixés. Les attachements peuvent être remplacés ou activés en cas d’usure — c’est d’ailleurs l’un des avantages des attachements sur les fraisages seuls. Les éléments fixés (couronnes) peuvent être descellés et retravaillés si nécessaire. En revanche, toute modification du fraisage reste très difficile après scellement définitif.
L’hygiène est-elle plus difficile à assurer avec une prothèse composite ?
Oui, la prothèse composite impose une hygiène plus rigoureuse qu’une prothèse amovible simple. Le patient doit nettoyer à la fois sous les éléments fixés, autour des attachements, et la prothèse amovible elle-même. L’utilisation d’un hydropulseur (comme le COSLUS C51, compact et polyvalent) est fortement recommandée pour irriguer les espaces difficiles d’accès. Des brossettes interdentaires et du fil dentaire complètent le protocole quotidien.
Qu’est-ce que la technique de sur-coulée en prothèse composite ?
La sur-coulée est une technique de laboratoire consistant à couler directement le châssis de la prothèse amovible sur les éléments fixés non encore scellés. Ces éléments sont préalablement repositionnés précisément sur le modèle de travail via une empreinte de position. L’alliage du châssis est de la même famille que celui des couronnes pour garantir une biocompatibilité et une solidarisation optimales.
Comment choisir entre fraisage et attachement pour la rétention ?
Le fraisage assure la rétention par friction mécanique des parois et est particulièrement efficace dans les cas simples. Il présente l’inconvénient de ne pas être corrigeable en cas d’usure. Les attachements, eux, peuvent être activés ou remplacés, ce qui les rend plus adaptés aux édentements terminaux et aux cas complexes. Dans la pratique, les deux systèmes sont souvent combinés : le fraisage principal assure l’équilibre tridimensionnel, l’attachement gère la rétention finale avec possibilité de réglage.
La prothèse composite est-elle remboursée par l’Assurance Maladie en France ?
En France, la prise en charge des prothèses dentaires a été réformée avec le dispositif “Mon Reste à Charge 0” (100% Santé, entrée en vigueur progressive depuis 2019). Les prothèses composites sont des actes dits “hors nomenclature” pour leur partie complexe (fraisages, attachements), ce qui les place hors du panier remboursé intégralement. La partie conjonctive peut bénéficier d’une prise en charge partielle selon le type de couronnes. Il est conseillé de vérifier avec la mutuelle complémentaire du patient les modalités de remboursement avant de s’engager dans ce type de traitement.

Conclusion : Une Prothèse Exigeante mais Gratifiante
Malgré l’essor de l’implantologie, la prothèse composite constitue encore une alternative séduisante dans de nombreuses situations cliniques. Sa réussite repose sur une approche multidisciplinaire systématique, une méthodologie codifiée et rigoureuse basée sur :
- Le respect de la santé tissulaire
- La temporisation et la validation des résultats par les prothèses provisoires
- Le bon choix du tracé du châssis métallique
- La maîtrise des fraisages et des attachements
- Une communication étroite avec le prothésiste de laboratoire
En tant qu’étudiant, la prothèse composite est un exercice intellectuellement stimulant qui mobilise simultanément vos connaissances en prothèse fixée, en prothèse amovible, en occlusodontologie et en parodontologie. Sa maîtrise progressive est un marqueur de compétence clinique avancée.
Pour préparer vos concours et approfondir vos connaissances : consultez les Annales corrigées de l’internat en odontologie 2022-2024.
Le Référentiel d’internat en parodontologie, deux ouvrages indispensables pour valider vos acquis en prothèse composite et disciplines connexes.
Bibliographie
- Begin, M. « Traitement de l’édentement partiel par la prothèse composite : les attachements-glissières », Les cahiers de l’ADF, N° 8, 2e trimestre 2000.
- Fouilloux, I., Hurtado, S., Begin, M. « Prothèse composite : la communication clinicien-prothésiste », Stratégie prothétique, 2002, 2(1) : 15-27.
- Begin, M., Fouilloux, I. La prothèse partielle amovible : conception et tracé des châssis, Paris, Collection Réussir, Quintessence International, 2004.
- Santoni, P. Maîtriser la prothèse amovible partielle, Paris, Collection JPIO, éditions CdP, 2004.
- Begin, M., Cheylan, J.M. « Quelles sont les particularités des empreintes en prothèse composite », Stratégie prothétique, février 2005, vol. 5, n°1.
- Cheylan, J.M., Fouilloux, I. « Réalisation d’une prothèse amovible avec couronnes fraisées », Réalités Cliniques, 2013, vol. 24, n°3 : pp. 237-246.
Livres recommandés :
- Prothèse complète : Clinique et Laboratoire — CNEPO (référence française incontournable)
- Conception et Réalisation des Châssis en Prothèse Amovible Partielle — avec vidéos pédagogiques en ligne
- Prothèse fixée, 2e Ed. : Approche clinique — pour maîtriser la partie conjointe de la prothèse composite
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