La classe II division 2

La classe II division 2

 La classe II division 2     

Définition de la classe II division 2

La classe II division 2 est une anomalie orthodontique appartenant aux dysmorphies du sens antéro-postérieur. Elle se caractérise par une position avancée du maxillaire supérieur par rapport à la mandibule, associée à une malposition dentaire spécifique, notamment une linguoversion marquée des incisives centrales supérieures. Cette anomalie combine des caractéristiques squelettiques, dentaires et fonctionnelles, ce qui en fait un cas complexe nécessitant une analyse approfondie pour un diagnostic précis et un traitement adapté.

Cette condition est souvent reconnue par une relation molaire et canine de classe II selon la classification d’Angle, accompagnée d’un recouvrement incisif excessif et d’une linguoversion des incisives centrales supérieures, tandis que les incisives latérales peuvent présenter une vestibuloversion relative. Cette présentation clinique distingue la classe II division 2 de la classe II division 1, où les incisives supérieures sont généralement en protrusion.

Importance clinique

La classe II division 2 est une anomalie relativement fréquente en orthodontie, bien que moins courante que la classe II division 1. Elle peut avoir des répercussions esthétiques, fonctionnelles et psychologiques, notamment en raison de l’apparence du sourire et de la difficulté à mastiquer correctement. Une prise en charge précoce est essentielle pour minimiser les complications à long terme, telles que l’usure dentaire ou les troubles de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM).

Étiopathogénie

L’origine de la classe II division 2 est multifactorielle, impliquant des facteurs génétiques, morphologiques, dentaires et environnementaux. Une compréhension approfondie de ces facteurs est cruciale pour orienter le traitement.

Facteurs héréditaires

La classe II division 2 présente un mode de transmission héréditaire, souvent observé dans les antécédents familiaux. Les caractéristiques squelettiques, telles que la position rétrusive de la mandibule ou la forme du maxillaire, peuvent être transmises génétiquement, influençant la morphologie faciale et l’occlusion.

Facteurs morphologiques et éruptifs

Plusieurs facteurs morphologiques contribuent au développement de cette anomalie :

  • Position mésiale des secteurs latéraux : Les secteurs latéraux (molaires et prémolaires) du maxillaire peuvent être positionnés de manière mésiale, accentuant la relation de classe II.
  • Diminution de la hauteur des procès alvéolaires : Une hauteur alvéolaire réduite, particulièrement au niveau antérieur, limite l’espace disponible pour l’éruption correcte des incisives, favorisant leur linguoversion.
  • Forme de l’arcade maxillaire : Une arcade maxillaire étroite ou en forme de V peut exacerber la malposition des incisives.

Facteurs dentaires

Les anomalies dentaires jouent un rôle clé dans la classe II division 2 :

  • Angulation négative des incisives centrales supérieures : Une angulation anormale entre les couronnes et les racines des incisives centrales supérieures entraîne leur linguoversion marquée.
  • Faible hauteur coronaire des secteurs latéraux : Les incisives latérales et les canines peuvent présenter une hauteur coronaire réduite, accentuant le contraste avec les incisives centrales.
  • Supraclusion incisive : La position des incisives supérieures, souvent en contact étroit avec les incisives inférieures, entraîne un recouvrement excessif.

Facteurs environnementaux

Des habitudes orales, telles qu’une succion du pouce prolongée ou une déglutition atypique, peuvent aggraver la malposition dentaire. De plus, une tonicité musculaire excessive, notamment au niveau des lèvres, peut influencer la position des incisives.

Formes cliniques

Bassigny a décrit trois formes cliniques principales de la classe II division 2, chacune présentant des caractéristiques spécifiques :

Forme 1 : Linguoversion des incisives centrales

Cette forme, la plus fréquente, se caractérise par une linguoversion marquée des deux incisives centrales supérieures, tandis que les incisives latérales présentent une vestibuloversion apparente (phénomène appelé « DECK-Biss »). Cette configuration donne un aspect typique au sourire, où les incisives latérales semblent proéminentes par rapport aux incisives centrales réclinées.

Forme 2 : Linguoversion généralisée

Dans cette forme, les trois ou quatre incisives supérieures (centrales et latérales) sont en linguoversion. Les canines peuvent être ectopiques (positionnées en vestibulaire) ou incluses. Une supraclusion incisive est également observée, ce qui accentue la complexité du traitement.

Forme 3 : Occlusion en couvercle

La forme la plus sévère, dite « occlusion en couvercle de boîte », se caractérise par une linguoversion de l’ensemble du groupe incisivo-canin supérieur, avec une superposition marquée des canines. Cette présentation entraîne une occlusion profonde et des difficultés fonctionnelles importantes, souvent accompagnées de complications esthétiques et masticatoires.

Diagnostic positif

Le diagnostic de la classe II divisionруса

Signes faciaux

Examen de face

L’examen facial révèle généralement une face courte, parfois carrée, sans retentissement esthétique majeur, sauf dans les cas sévères. Une diminution de l’étage inférieur de la face et une concavité du profil peuvent être observées dans les formes avancées.

Examen de profil

Le profil est souvent concave en raison d’une symphyse mentonnière marquée et d’un nez proéminent. Les caractéristiques incluent :

  • Un angle goniaque fermé.
  • Une prochéilie relative de la lèvre supérieure par rapport à la lèvre inférieure.

Signes occlusaux

Agencement intra-arcades

  • Maxillaire :
    • Voûte palatine profonde au niveau antérieur.
    • Linguoversion des incisives centrales et vestibuloversion des incisives latérales.
    • Bord libre des incisives centrales situé plus bas que le plan d’occlusion.
  • Mandibule :
    • Peu ou pas d’encombrement incisif.
    • Supraclusion incisive marquée.
    • Facettes d’abrasion parfois visibles sur les bords libres des incisives.

Relations inter-arcades

  • Statiques :
    • Sens antéro-postérieur : Relation molaire et canine de classe II avec un surplomb incisif réduit.
    • Sens vertical : Recouvrement incisif excessif.
    • Sens transversal : Normoclusion à partir des canines.
  • Position de repos : Espace libre d’inocclusion augmenté.

Signes téléradiographiques

Les analyses téléradiographiques confirment le diagnostic avec les mesures suivantes :

  • FMA (angle de la mandibule) : Augmenté, indiquant une croissance verticale réduite.
  • ANB (angle maxillo-mandibulaire) : Augmenté, confirmant la rétrognathie mandibulaire.
  • I/F (angle inter-incisif) : Diminué en raison de la linguoversion des incisives supérieures.
  • ENA-Me (hauteur faciale inférieure) : Augmentée dans certains cas sévères.

Environnement musculaire et fonctions

La langue

La langue présente une dimension normale mais adopte une posture haute et postérieure, sans appui dentaire significatif. Cela peut contribuer à la linguoversion des incisives supérieures.

Les lèvres

Une tonicité labiale importante est observée, particulièrement au niveau de la lèvre supérieure. Un sourire gingival disgracieux peut apparaître si la lèvre supérieure est courte.

Les muscles masticateurs

Les muscles temporaux et masséters, en particulier leurs fibres postérieures, prédominent, ce qui peut accentuer la rétrognathie mandibulaire et la supraclusion.

Les fonctions

  • Déglutition : Généralement normale, bien que des cas atypiques puissent exister.
  • Respiration : Normale dans la majorité des cas, sans obstruction nasale significative.

Approches thérapeutiques

Traitement orthodontique

Le traitement de la classe II division 2 repose principalement sur des approches orthodontiques visant à corriger la malposition des incisives et la relation inter-arcades. Les options incluent :

  • Appareils fixes (bagues) : Pour aligner les dents et corriger la linguoversion des incisives.
  • Appareils fonctionnels : Pour stimuler la croissance mandibulaire chez les patients en phase de croissance.
  • Extractions dentaires : Dans certains cas, pour créer de l’espace et faciliter l’alignement.

Traitement chirurgical

Dans les cas sévères, une chirurgie orthognathique peut être envisagée pour repositionner la mandibule ou le maxillaire, surtout chez les adultes présentant une rétrognathie mandibulaire importante.

Suivi et prévention

Un suivi régulier est essentiel pour prévenir les récidives, notamment en raison de la forte tonicité musculaire et des facteurs héréditaires. Des dispositifs de contention sont souvent nécessaires après le traitement actif.

Conclusion

La classe II division 2 est une anomalie orthodontique complexe, caractérisée par une combinaison de facteurs squelettiques, dentaires et musculaires. Son diagnostic repose sur une analyse clinique et radiographique approfondie, tandis que le traitement nécessite une approche multidisciplinaire, combinant orthodontie, chirurgie et suivi à long terme. Une prise en charge précoce et personnalisée permet d’améliorer l’esthétique, la fonction et la qualité de vie des patients.

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