Occlusion clinique : examen clinique et analyse occlusale

Occlusion clinique : examen clinique et analyse occlusale

Occlusion clinique : examen clinique et analyse occlusale


Occlusion Clinique : Examen Clinique et Analyse Occlusale

L’occlusion clinique est une discipline fondamentale en odontologie, axée sur l’étude des relations entre les dents des arcades maxillaire et mandibulaire, ainsi que leur interaction avec l’articulation temporo-mandibulaire (ATM) et les structures parodontales. Une analyse occlusale rigoureuse permet de diagnostiquer les anomalies, d’identifier les interférences et de proposer des traitements pour rétablir une fonction optimale tout en prévenant les pathologies associées, telles que les troubles de l’ATM, les usures dentaires ou les lésions parodontales. Ce document explore en détail l’occlusion dynamique et statique, les techniques d’examen clinique, ainsi que les troubles occlusaux et leurs implications cliniques.

L’Occlusion Dynamique

L’occlusion dynamique analyse les mouvements mandibulaires lors des fonctions masticatoires, de déglutition ou de phonation. Ces mouvements, décrits par Posselt, incluent l’ouverture, la fermeture, la propulsion, la rétropulsion et la latéralité (diduction). Chaque mouvement est guidé par des structures dentaires et articulaires, et leur analyse permet de détecter les dysfonctionnements affectant la fonction ou la santé buccale.

L’Ouverture

Description du Trajet d’Ouverture

Selon Posselt, le trajet d’ouverture mandibulaire en relation centrée (RC) se décompose en deux phases distinctes :

  1. Phase de rotation : Lors des premiers millimètres d’ouverture (environ 20-25 mm inter-incisif), la mandibule effectue une rotation pure autour de l’axe des condyles dans l’ATM, sans translation significative. Cette phase est limitée par la tension des ligaments temporo-mandibulaires.
  2. Phase de translation : Au-delà de cette amplitude, le mouvement combine rotation et translation antérieure des condyles dans les fosses glénoïdes, permettant une ouverture maximale de 40 à 50 mm chez un adulte sain, selon la morphologie individuelle.
Occlusion clinique : examen clinique et analyse occlusale

Importance Clinique

L’analyse de l’ouverture est cruciale pour évaluer :

  • La symétrie du mouvement : Une déviation latérale peut indiquer une dysfonction musculaire ou articulaire.
  • Les bruits articulaires : Des claquements ou crépitements suggèrent des anomalies comme un déplacement discal ou une arthrose de l’ATM.
  • Les limitations d’amplitude : Une ouverture réduite peut résulter de contractures musculaires, d’ankylose ou de pathologies articulaires.

Un tableau récapitulatif des amplitudes normales peut être utile :

PhaseAmplitude (mm)Caractéristiques
Rotation20-25Mouvement pur autour des condyles
Translation40-50Combinaison de rotation et translation antérieure

Le Chemin de Fermeture

Définition et Trajectoire

Le chemin de fermeture désigne la trajectoire du point inter-incisif (P.I.I.) de la position de repos (R), où les dents ne sont pas en contact, à la position d’intercuspidation maximale (PIM), où les dents des deux arcades sont en contact maximal. En position de repos, la mandibule est maintenue par un équilibre musculaire, avec un espace libre inter-occlusal de 2 à 4 mm.

Analyse Clinique

L’examen du chemin de fermeture permet de détecter :

  • Les prématurités occlusales, qui provoquent une déviation mandibulaire avant d’atteindre la PIM.
  • Les interférences, qui perturbent la fermeture harmonieuse.
  • Les glissements pathogènes, dépassant 1 mm, particulièrement s’ils sont latéraux, pouvant entraîner des microtraumatismes articulaires ou dentaires.

Une déviation significative du P.I.I. peut indiquer des malpositions dentaires ou des contacts prématurés, nécessitant une correction par meulage sélectif ou restauration.

La Propulsion (Protrusion)

Définition et Trajectoire

La propulsion, ou protrusion, est le mouvement mandibulaire où les incisives inférieures glissent sur les faces palatines des incisives supérieures, de la PIM à une position de bout-à-bout incisif. Cette course, mesurée entre 7,3 et 9,1 mm en moyenne, est guidée par le guide incisif, défini comme la surface des incisives supérieures allant des points de contact en PIM jusqu’au bord libre.

Aspects Dentaires

  • Côté travaillant : Les incisives, parfois avec les canines, guident le mouvement, avec un rapport de classe 2/4 (occlusion partielle des dents antérieures).
  • Côté non travaillant : Les dents postérieures sont complètement désoccluses, réduisant les forces latérales sur le parodonte.

Importance du Guide Incisif

Le guide incisif protège les dents postérieures en limitant les contacts indésirables lors de la protrusion. Une pente trop abrupte ou des interférences (par exemple, une restauration mal ajustée) peuvent provoquer des usures dentaires ou des douleurs musculaires.

La Rétropulsion

Définition

La rétropulsion, ou rétrusion, est le mouvement inverse de la propulsion. À partir de la PIM, la mandibule recule tout en maintenant le contact dentaire. Ce mouvement, limité à 1-2 mm, dépend de la morphologie des condyles et des fosses glénoïdes.

Implications Cliniques

Bien que rarement fonctionnel au quotidien, l’examen de la rétropulsion peut révéler des interférences postérieures ou des anomalies de l’ATM, comme une rétrusion excessive due à des contacts prématurés.

La Latéralité (Diduction)

Définition

La latéralité, ou diduction, désigne le mouvement latéral de la mandibule, où les dents mandibulaires glissent sur les faces internes des cuspides vestibulaires des dents maxillaires, principalement sur la face palatine de la canine supérieure. Le côté vers lequel la mandibule se déplace est appelé côté travaillant, et le côté opposé est le côté non travaillant.

La Fonction Canine

Mécanisme

Dans la fonction canine, la canine maxillaire guide seule le mouvement latéral, entraînant une désocclusion totale des autres dents (postérieures et antérieures). Cette configuration réduit les forces latérales sur les dents postérieures et protège le parodonte.

Avantages

La fonction canine est considérée comme idéale chez les jeunes adultes, car elle :

  • Minimise les interférences occlusales.
  • Répartit les forces sur une dent robuste (la canine, avec une racine longue et solide).
  • Protège l’ATM en limitant les mouvements latéraux excessifs.

La Fonction Groupe

Mécanisme

Dans la fonction groupe, plusieurs dents du côté travaillant (canines, prémolaires, molaires) guident le mouvement latéral. Cette répartition des contacts assure une stabilité occlusale accrue.

Avantages
  • Protection parodontale : Les forces sont distribuées harmonieusement, réduisant le risque de surcharge sur une seule dent.
  • Adaptation aux usures : La fonction groupe est fréquente chez les patients avec une usure dentaire naturelle ou des restaurations extensives.

Représentation Visuelle : L’Arc Gothique de Gysi

L’arc gothique de Gysi, également appelé « chapeau de gendarme », est une représentation graphique des mouvements latéraux et de protrusion de la mandibule. Dans un plan frontal et sagittal, il illustre les trajets du point inter-incisif, formant une courbe caractéristique. Cette visualisation aide à identifier les limites des mouvements mandibulaires et à détecter les interférences. Bien que le document original fasse référence à une image, sa description textuelle permet de comprendre son rôle comme outil diagnostic.

Occlusion clinique : examen clinique et analyse occlusale

Occlusion clinique : examen clinique et analyse occlusale

                            L’arc Gothic  de Gysi                                                     chapeau de gendarme.

L’Analyse Occlusale

L’analyse occlusale regroupe les techniques visant à identifier les anomalies dentaires ou articulaires perturbant l’occlusion. Elle se divise en deux volets : l’analyse statique (en PIM) et l’analyse dynamique (en propulsion et diduction).

L’Examen de l’Occlusion Statique (en PIM)

Objectifs

L’examen statique en position d’intercuspidation maximale (PIM) vise à :

  • Évaluer les surplombs (décalage horizontal) et les recouvrements (décalage vertical) entre les arcades.
  • Analyser les courbes de compensation (courbe de Spee et courbe de Wilson), qui assurent une occlusion harmonieuse.
  • Localiser les points de support occlusal, zones de contact entre les dents des deux arcades.
  • Détecter les prématurités, contacts occlusaux prématurés perturbant la fermeture mandibulaire.

Méthodologie

L’examen repose sur :

  • Observation clinique : Le patient claque les dents sur un papier articulateur (papier marqueur) pour objectiver les contacts.
  • Analyse des bruits occlusaux : Un bruit sec indique des contacts simultanés ; un bruit irrégulier suggère des prématurités.
  • Évaluation de la mobilité dentaire : Une mobilité anormale peut indiquer un trauma occlusal.
  • Analyse des marques : Les contacts doivent être punctiformes. Des surfaces de contact étendues signalent des prématurités.
CritèreObservation NormaleAnomalie Possible
Bruit occlusalSec, simultanéIrrégulier, asynchrone
Contacts occlusauxPunctiformesSurfaces étendues (prématurités)
Mobilité dentaireAbsente ou minimeMobilité anormale (trauma occlusal)

L’Examen des Contacts Occlusaux en Propulsion

Interférences Travaillantes Propulsives

Ces interférences se situent au niveau des incisives, chargées de guider la protrusion. Un obstacle (par exemple, une face palatine mal profilée ou un bord incisif irrégulier) provoque une déviation ou gêne le mouvement, constituant une interférence travaillante propulsive.

Interférences Non Travaillantes Propulsives

Si le contact des dents antérieures est interrompu par un obstacle postérieur (par exemple, une cuspide molaire mal positionnée), il s’agit d’une interférence non travaillante propulsive, qui nécessite une correction pour rétablir un glissement fluide.

L’Examen des Contacts Occlusaux en Diduction

Interférences Travaillantes Latérales

Ces interférences surviennent sur le côté travaillant, perturbant le glissement latéral. Elles peuvent être causées par :

  • Une dent égressée (sortie de son alignement).
  • Une obturation ou une couronne mal sculptée.
  • Une malposition dentaire.

Interférences Non Travaillantes Latérales

Situées sur le côté non travaillant, ces interférences entravent le mouvement du côté travaillant. Par exemple, un contact prématuré sur une molaire du côté non travaillant peut provoquer une déviation mandibulaire.

Les Troubles de l’Occlusion

Les troubles occlusaux regroupent les anomalies affectant les relations dentaires ou articulaires, entraînant des dysfonctions fonctionnelles ou pathologiques.

La Dysharmonie Intra-Arcade

Malpositions Primaires

Ces malpositions surviennent lors de l’éruption des dents définitives, souvent dues à un manque d’espace sur l’arcade (dimension dentaire trop importante par rapport à l’arcade). Exemples : encombrement, rotations ou malalignements.

Malpositions Secondaires

Apparaissant après l’éruption, elles résultent de facteurs comme :

  • Extractions dentaires non compensées, entraînant une migration des dents adjacentes.
  • Usures dentaires excessives.
  • Parafonctions comme le bruxisme.

La Dysharmonie Inter-Arcade

Interférences Occlusales en Relation Centrée

En relation centrée (RC), des contacts prématurés peuvent dévier la mandibule vers une position d’intercuspidation anormale. Un glissement supérieur à 1 mm, surtout latéral, est considéré comme pathogène, pouvant provoquer des douleurs articulaires ou musculaires.

Prématurités en PIM

Les prématurités en PIM peuvent entraîner :

  • Déplacement antérieur ou antéro-latéral : La mandibule est déviée vers l’avant ou latéralement.
  • Déplacement postérieur ou postéro-latéral : La mandibule recule ou se décale latéralement, souvent associé à des interférences postérieures.

Altération de la Dimension Verticale (DV)

Une DV augmentée (par exemple, due à des restaurations surélevées) ou diminuée (par exemple, due à une usure dentaire sévère) peut provoquer une occlusion pathogène, affectant l’ATM et les muscles masticateurs.

L’Hypofonction

Définition et Causes

L’hypofonction résulte d’une stimulation occlusale insuffisante, souvent due à :

  • Une béance antérieure ou postérieure.
  • Une absence d’antagonistes fonctionnels (par exemple, après une extraction non compensée).
  • Une mastication unilatérale, négligeant un côté de la bouche.

Conséquences

Une hypofonction entraîne :

  • Dégénérescence parodontale : Amincissement du ligament parodontal, atrophie des fibres, ostéoporose alvéolaire.
  • Réduction de l’hygiène gingivale : Absence de nettoyage naturel par les aliments détergents.

L’Hyperfonction

Définition et Causes

L’hyperfonction survient lorsque les forces occlusales sont excessives, souvent dues à :

  • Des parafonctions comme le bruxisme ou le serrement dentaire.
  • Des interférences occlusales mal gérées.
  • Des dysfonctions de l’ATM (DAM).

Conséquences

L’hyperfonction peut provoquer :

  • Trauma occlusal : Lésions des tissus parodontaux, comme des récessions gingivales ou des fractures dentaires.
  • Usures dentaires : Attrition excessive des surfaces occlusales.
  • Douleurs musculaires ou articulaires : Liées à une surcharge fonctionnelle.

Voici une sélection de livres:

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