Les Maquettes d'Occlusion et le Montage sur Simulateur des Moulages de l'Édenté Partiel

Les Maquettes d’Occlusion et le Montage sur Simulateur des Moulages de l’Édenté Partiel

Introduction : Pourquoi Maîtriser les Maquettes d’Occlusion ?

La réalisation de maquettes d’occlusion représente une étape fondamentale dans la conception d’une prothèse partielle amovible (PPA) de qualité. Ces dispositifs provisoires permettent de matérialiser l’espace édenté et d’établir les rapports inter-maxillaires avec précision, garantissant ainsi le succès thérapeutique final.

Pour l’étudiant en odontologie, comprendre les indications, la réalisation et l’utilisation des maquettes d’occlusion est essentiel. Cette compétence clinique influence directement la qualité de la prothèse finale, le confort du patient et la pérennité du traitement.

Maquettes d'occlusion dentaires

Les Maquettes d’Occlusion : Définition et Rôle Clinique

Qu’est-ce qu’une Maquette d’Occlusion ?

Les maquettes d’occlusion sont des dispositifs temporaires réalisés au laboratoire à partir des moulages d’étude. Elles représentent en trois dimensions l’espace occupé par les dents absentes et préfigurent le volume de la future prothèse amovible.

Ces maquettes remplissent plusieurs fonctions capitales :

Fonction de diagnostic : elles permettent d’évaluer l’espace prothétique disponible et d’anticiper les éventuelles difficultés de réalisation.

Fonction d’enregistrement : elles servent de support pour capturer les rapports inter-maxillaires (position et dimension verticale d’occlusion).

Fonction de prévisualisation : elles donnent au praticien et au patient un aperçu du volume prothétique final.

Quand Sont-Elles Indispensables ?

La nécessité de réaliser des maquettes d’occlusion dépend directement de la situation clinique rencontrée. Trois configurations majeures se présentent en pratique quotidienne.

Classifications des Édentements Partiels : Comprendre pour Mieux Traiter

La Classification de Kennedy : Un Outil Diagnostic Essentiel

Face aux 113 000 combinaisons possibles d’édentements partiels, la classification de Kennedy offre un système de catégorisation logique et universel. Cette classification topographique, basée sur la localisation des dents absentes, structure l’approche thérapeutique.

Classification dentaire

Classe I – Édentements Terminaux Bilatéraux

Il s’agit de la configuration la plus fréquemment rencontrée, particulièrement à la mandibule. Les caractéristiques cliniques incluent :

L’absence de piliers postérieurs des deux côtés, créant des selles dites “libres” à extension distale. La dualité tissulaire devient un facteur critique : les selles prothétiques prennent appui à la fois sur les dents résiduelles (tissus durs) et sur la fibro-muqueuse (tissus mous). Cette différence de compressibilité génère des mouvements différentiels lors de la mastication, nécessitant une conception prothétique adaptée.

Classe II – Édentements Terminaux Unilatéraux

Cette classe présente des défis thérapeutiques particuliers. L’édentement postérieur ne concerne qu’un seul côté de l’arcade, créant une asymétrie fonctionnelle importante.

La présence de dents sur l’hémi-arcade opposée modifie les conditions de rétention et de stabilité. Les problèmes de dualité tissulaire persistent, aggravés par le déséquilibre latéral. Le patient tend naturellement à mastiquer du côté denté, ce qui peut compliquer l’adaptation à la prothèse.

Classe III – Édentements Encastrés (Intercalaires)

Configuration la plus favorable sur le plan biomécanique. L’édentement est encadré de part et d’autre par des dents naturelles jouant le rôle de piliers.

L’appui est principalement dentaire, minimisant les problèmes de dualité tissulaire. Les selles sont dites “encastrées” ou “stabilisées”, offrant une meilleure répartition des forces occlusales. Cette situation permet généralement une conception prothétique plus simple et plus prévisible.

Classe IV – Édentements Antérieurs Médians

Cette classe concerne les édentements traversant la ligne médiane dans le secteur antérieur. Les enjeux sont multiples :

Esthétique : zone hautement visible lors du sourire et de la conversation. Phonétique : les dents antérieures jouent un rôle crucial dans l’articulation de certains sons. Fonctionnelle : guide antérieur, fonction incisive. La dualité tissulaire reste présente malgré la présence de piliers de part et d’autre.

Les Modifications de Classes

Le système de Kennedy intègre la notion de “modifications” pour décrire les édentements supplémentaires. Chaque segment édenté additionnel est numéroté (modification 1, modification 2, etc.).

Point important : c’est toujours l’édentement le plus postérieur qui détermine la classe principale. Par exemple, un patient présentant un édentement postérieur unilatéral (classe II) avec un édentement intercalaire controlatéral sera classé en classe II modification 1.

Exception notable : la classe IV n’accepte aucune modification par définition.

L’Apport d’Applegate : La Classe V

Applegate a enrichi la classification de Kennedy en ajoutant la classe V, dédiée aux situations où la canine est absente. Cette dent joue un rôle biomécanique et esthétique si crucial que son absence justifie une catégorie spécifique.

Classe V : édentements de grande étendue, unilatéraux ou bilatéraux, terminaux ou intercalaires, limités du côté mésial par une incisive seulement.

Pour approfondir ces notions fondamentales, l’ouvrage Prothèse amovible partielle: Clinique et laboratoire constitue une référence incontournable pour les étudiants.

Les Trois Configurations Cliniques : Arbres Décisionnels

Configuration Clinique N°1 : Pas de Maquette Nécessaire

Situation : nombre suffisant de dents résiduelles permettant un engrènement stable en intercuspidie maximale (PIM).

Critères décisionnels : les moulages peuvent être positionnés l’un par rapport à l’autre de manière reproductible et stable. La dimension verticale d’occlusion (DVO) est correcte et vérifiable. Les contacts dentaires sont suffisamment nombreux et répartis.

Conduite à tenir : montage direct des moulages sur articulateur sans passer par l’étape des maquettes. Gain de temps significatif pour le praticien et le patient.

Configuration Clinique N°2 : Une Maquette Indispensable

Situation : présence d’un calage occlusal, mais instabilité lors de l’affrontement des moulages.

Problématique : bien que certaines dents s’engrènent, leur nombre ou leur répartition ne permet pas un positionnement stable et reproductible des modèles. Le risque d’erreur dans le transfert du rapport inter-maxillaire est élevé.

Solution : réalisation d’une maquette d’occlusion (généralement mandibulaire) pour stabiliser le rapport entre les deux arcades et permettre un enregistrement fiable.

Configuration Clinique N°3 : Deux Maquettes Obligatoires

Situation : absence totale de calage occlusal entre les dents résiduelles.

Exemples typiques : classe I de Kennedy avec édentement bilatéral étendu. Classe IV avec perte de toutes les dents postérieures. Situations mixtes complexes.

Impératif clinique : les deux maquettes (maxillaire et mandibulaire) sont indispensables pour établir le plan d’occlusion, déterminer la dimension verticale et enregistrer la relation centrée ou la position d’intercuspidie selon les cas.

Équipement dentaire de laboratoire

Constitution Technique des Maquettes d’Occlusion

La Plaque-Base : Fondation de la Maquette

La plaque-base constitue le socle rigide de la maquette. Elle doit présenter une résistance mécanique suffisante pour supporter les manipulations cliniques et de laboratoire sans déformation.

Matériaux utilisés : résine photopolymérisable (rapidité, précision), fil de retort (malléabilité, économie), résine auto ou thermopolymérisable (résistance accrue).

Conception des limites périphériques : À 1 mm de la ligne de réflexion muqueuse (LRM) pour éviter les compressions tissulaires. À 2 mm des freins pour préserver leur mobilité physiologique. Limite palatine positionnée au niveau de la face distale des deuxièmes molaires. À 2 mm en avant des fossettes palatines (zone sensible de réflexe nauséeux).

Points d’appui dentaires : la plaque-base prend appui sur le cingulum des dents antérieures résiduelles, optimisant la stabilité sans interférer avec l’occlusion.

Les Bourrelets d’Occlusion : Matérialisation du Volume Prothétique

Les bourrelets représentent l’espace qu’occuperont les futures dents artificielles. Leur réalisation suit des critères précis.

Matériau de choix : cire dure (type Moyco ou Stens) permettant de maintenir la forme tout en restant modulable cliniquement.

Dimensions standards : Hauteur : 1 mm au-dessus de la surface occlusale de la dent résiduelle la plus haute. Cette surépaisseur permet les réglages cliniques ultérieurs. Largeur : correspond à celle des tables occlusales des dents remplacées (environ 8-10 mm pour les secteurs postérieurs).

Positionnement : l’axe médian du bourrelet suit l’axe de la crête alvéolaire résiduelle, respectant ainsi la position physiologique des dents. La limite postérieure se situe en regard de la face distale des deuxièmes molaires, ou plus en arrière selon l’étendue de l’édentement.

Rétention mécanique : le bourrelet doit être solidement ancré à la plaque-base (rainurage, perforations) pour éviter tout décollement lors des manipulations.

Réglages Cliniques : Étapes Méthodiques

Réglage de la Maquette Maxillaire : Détermination du Plan d’Occlusion

Le plan d’occlusion représente la surface imaginaire sur laquelle les dents occlusent. Sa détermination correcte conditionne l’esthétique, la phonétique et l’efficacité masticatoire.

Insertion et contrôle initial : la maquette maxillaire est placée en bouche et sa stabilité vérifiée. Les extensions périphériques ne doivent générer aucune douleur ni compression.

Réglage du secteur antérieur : en cas d’édentement antérieur étendu, le bord incisif du bourrelet est parallélisé à la ligne bi-pupillaire. Cette référence dans le plan frontal assure une esthétique harmonieuse du sourire. La hauteur du bord incisif se situe généralement 1-2 mm sous la lèvre supérieure au repos.

Réglage du secteur postérieur : pour les édentements postérieurs importants, le plan d’occlusion est parallélisé au plan de Camper (ligne allant du bord inférieur de l’aile du nez au milieu du tragus de l’oreille). Cette référence anatomique dans le plan sagittal reproduit l’orientation naturelle du plan d’occlusion.

Outil de parallélisation : la règle de Fox (ou plan indicateur) permet de visualiser et d’ajuster objectivement le parallélisme des bourrelets par rapport aux plans de référence.

Prise d’Arc Facial : Transfert Tridimensionnel Précis

L’arc facial est un instrument permettant de transférer la position spatiale du maxillaire par rapport à l’axe charnière condylien sur l’articulateur.

Préparation des bourrelets : réalisation d’encoches multiples et non parallèles entre elles dans les bourrelets maxillaires. Ces encoches serviront de clés de positionnement. Vaseline appliquée sur les bourrelets pour faciliter le retrait ultérieur.

Confection de la fourchette : indentation de cire Moyco sur la fourchette de l’arc facial au contact des bourrelets. Cette empreinte doit être précise et reproductible.

Repérage anatomique : positionnement de l’arc facial avec repérage du plan de Francfort (ou du plan axio-orbitaire). Serrage délicat pour éviter toute déformation. Transfert immédiat sur l’articulateur pour le montage du modèle maxillaire.

Cette étape garantit que la position du modèle maxillaire sur l’articulateur reproduit fidèlement sa position anatomique réelle par rapport aux articulations temporo-mandibulaires.

Réglage du Bourrelet Mandibulaire : Établissement de la DVO

Insertion et vérification linguale : la maquette mandibulaire ne doit jamais entraver l’espace lingual, sous peine de gêne fonctionnelle majeure. Un espace de 2-3 mm doit subsister entre la face linguale du bourrelet et la langue au repos.

Ajustement de la hauteur : le bourrelet mandibulaire est progressivement réduit jusqu’à obtenir un contact uniforme avec le bourrelet maxillaire ou les dents antagonistes. Ce contact doit s’établir sous pression minimale, évitant toute compression tissulaire excessive.

Validation de la dimension verticale : critère essentiel : le patient doit pouvoir retrouver sa position d’intercuspidie maximale (PIM) de manière identique, que les maquettes soient en place ou retirées. L’espace libre d’inocclusion doit être conservé (2-4 mm en moyenne).

Contrôles complémentaires : vérification de l’esthétique faciale (soutien des lèvres, absence de plis d’effondrement). Évaluation de la phonétique (prononciation des sons “s”, “f”, “v”). Confort rapporté par le patient en occlusion.

Consultation dentaire

Enregistrement du Rapport Inter-Maxillaire : Deux Protocoles Distincts

Protocole en Présence d’un Calage Occlusal (PIM)

Cette situation se rencontre lorsque suffisamment de dents résiduelles permettent un engrènement reproductible.

Préparation : une fine couche de cire (0,5-1 mm) est éliminée de la surface du bourrelet mandibulaire, créant un espace suffisant pour accueillir le matériau d’enregistrement.

Matériau d’enregistrement : silicone fluide de faible viscosité, polyéther en consistance light, ou cire d’enregistrement type Aluwax selon les préférences. L’essentiel est d’obtenir une prise rapide et une faible résistance à la fermeture.

Procédure d’enregistrement : application du matériau sur le bourrelet mandibulaire. Guidage du patient vers sa position d’intercuspidie habituelle par fermeture spontanée. Maintien de la position pendant la polymérisation complète du matériau (généralement 2-3 minutes). Vérification de l’empreinte des cuspides antagonistes dans le matériau.

Contrôle de validité : le patient doit pouvoir fermer à nouveau dans les indentations du matériau de manière reproductible, sans déviation ni glissement.

Protocole en l’Absence de Calage Occlusal (Relation Centrée)

En l’absence de contacts dentaires guidant la fermeture, l’enregistrement se fait en relation centrée (RC), position de référence condylienne.

Détermination de la DVO : ajustement préalable des bourrelets pour établir la dimension verticale d’occlusion appropriée. Utilisation de méthodes complémentaires : mesures anthropométriques, observation de l’espace libre, déglutition, phonétique.

Positionnement du matériau : application sur toute la surface du bourrelet mandibulaire avec une épaisseur homogène de 2-3 mm.

Guidage en relation centrée : le praticien guide la mandibule du patient en rotation pure autour de l’axe charnière condylien. Technique de manipulation bimanuelle : une main guide le menton, l’autre stabilise le front ou le crâne. Mouvement de fermeture lent et contrôlé, sans permettre de translation antérieure. Maintien ferme de la position pendant toute la durée de prise du matériau.

Points critiques : éviter toute pression excessive qui déformerait les tissus mous. Ne pas laisser le patient fermer spontanément (risque de propulsion mandibulaire). Maintenir rigoureusement la position jusqu’à polymérisation complète.

Pour maîtriser ces techniques complexes, l’ouvrage Prothèse complète: Clinique et laboratoire propose des protocoles illustrés et détaillés.

Transfert sur Simulateur (Articulateur) : Validation Finale

Positionnement des Moulages

Les moulages maxillaire et mandibulaire sont positionnés l’un par rapport à l’autre en respectant scrupuleusement le rapport inter-maxillaire enregistré cliniquement.

Avec calage occlusal : les dents résiduelles s’engrènent dans les indentations du matériau d’enregistrement. Le praticien vérifie visuellement la parfaite concordance entre la situation clinique et le montage.

Sans calage occlusal : les bourrelets viennent s’appuyer dans l’enregistrement en cire ou silicone, reproduisant exactement la relation centrée enregistrée.

Contrôles de Validation

Le transfert correct du rapport inter-maxillaire est capital. Plusieurs vérifications s’imposent :

Contrôle visuel : absence d’espace entre les surfaces enregistrées. Stabilité du montage sans bascule ni mobilité. Symétrie des rapports entre côtés droit et gauche.

Contrôle dimensionnel : mesure de la dimension verticale entre deux points de référence (identique à la mesure clinique). Vérification que l’espace libre théorique est préservé.

Contrôle fonctionnel : simulation des mouvements mandibulaires sur l’articulateur. Vérification de l’absence d’interférences dans les mouvements de diduction et de propulsion.

Fixation sur l’Articulateur

Une fois tous les contrôles validés, le moulage mandibulaire est solidarisé à la branche inférieure de l’articulateur au moyen de plâtre. Cette fixation doit être solide et précise, sans déformation du rapport enregistré.

Le montage est alors prêt pour les étapes suivantes : sélection et montage des dents artificielles, équilibration occlusale, modelage de la base prothétique.

Points Clés à Retenir pour la Pratique Clinique

Décision clinique : évaluer systématiquement la nécessité des maquettes selon la présence ou non d’un calage occlusal stable.

Précision technique : la qualité du résultat final dépend directement de la rigueur dans la réalisation et le réglage des maquettes.

Validation par étapes : chaque étape (réglage maxillaire, réglage mandibulaire, enregistrement, transfert) doit être validée avant de passer à la suivante.

Communication laboratoire : transmettre des instructions claires et précises au prothésiste pour garantir la cohérence du traitement.

Confort patient : les maquettes permettent également au patient de visualiser et de valider le futur volume prothétique, améliorant l’acceptation du traitement.

Conclusion : Maîtriser pour Mieux Soigner

La réalisation de maquettes d’occlusion et leur utilisation pour le montage sur articulateur constituent des compétences cliniques fondamentales en prothèse partielle amovible. Ces étapes intermédiaires, parfois perçues comme chronophages, sont en réalité des investissements garantissant la qualité et la pérennité du traitement prothétique.

Pour l’étudiant en odontologie, l’acquisition de ces gestes techniques nécessite une pratique répétée et une compréhension approfondie des principes biomécaniques sous-jacents. La classification de Kennedy fournit un cadre intellectuel structurant l’approche diagnostique et thérapeutique.

Les trois configurations cliniques (avec ou sans calage occlusal) dictent la conduite à tenir et permettent une prise de décision rationnelle. La précision dans l’enregistrement du rapport inter-maxillaire, qu’il se fasse en PIM ou en RC, conditionne directement le succès de la réhabilitation prothétique.

En pratique quotidienne, ces protocoles rigoureux permettent de délivrer au patient une prothèse amovible fonctionnelle, confortable et esthétique, répondant aux impératifs biologiques du système manducateur.

Pour approfondir ces notions et accéder à des cas cliniques détaillés, consultez le Guide clinique d’odontologie ainsi que les Annales corrigées de l’internat en odontologie 2022-2024, ressources incontournables pour votre formation.


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