Les échecs et complications en implantologie / Implantologie Dentaire

Les échecs et complications en implantologie / Implantologie Dentaire

Les échecs et complications en implantologie / Implantologie Dentaire

Introduction

Quelle que soit la fiabilité du traitement implantaire, le risque de complications et d’échec doit rester à l’esprit. L’anticipation est fondamentale.

Suites opératoires

Les suites opératoires et les complications biologiques dépendent de l’homéopathie de l’individu, du type de l’acte et de facteurs endogènes. Leur localisation, durée, intensité, ainsi que leur réaction aux traitements et leur gestion ne sont pas constantes. Il peut y avoir des individus avec des suites minimes comme des individus avec des suites importantes qui évoluent vers des complications.

Douleurs

L’atteinte des terminaisons nerveuses localisées au niveau du site opératoire peut être responsable de douleurs post-opératoires. Ces douleurs sont en général bien maîtrisées par un traitement antalgique administré immédiatement à la fin de l’intervention.

Hématomes

L’apparition d’ecchymoses et d’hématomes est fréquente, surtout dans ce type de chirurgie nécessitant le décollement de lambeaux de pleine épaisseur et de grande étendue. Leur résorption spontanée peut prendre deux à trois semaines.

Inflammation et œdème

L’œdème est une suite classique de l’intervention, c’est en réalité une réaction endogène au traumatisme occasionné par la chirurgie.

Critères de succès en implantologie

Critères de succès implantairesCritères de succès prothétiquesCritères de succès thérapeutiques
Absence de mobilité cliniqueUn traitement prothétique est réussi s’il ne présente aucun des signes d’échecs suivants :Pour être considéré comme un succès thérapeutique, la prothèse implanto-portée doit répondre à plusieurs critères :
Absence d’image radioclaire péri-implantaireLes modifications du plan de traitement dues à des implants mal positionnésFonctionnels (mastication, phonation)
Stabilité du niveau osseux péri-implantaireLes réalisations prothétiques refaites plusieurs fois à cause de complications mécaniques (dévissages et fractures des différents composants)Psychologiques (absence de douleur et d’inconfort, résultat esthétique)
Absence de douleurs, d’infection ou de neuropathie irréversibleUn résultat esthétique non satisfaisant pour le patientPhysiologiques (obtention et maintien de l’ostéointégration, absence d’inflammation tissulaire)
Implant prothétiquement exploitableLes difficultés phonétiques persistantes
Les problèmes d’hygiène et de maintenance liés à un dessin prothétique inadéquat

Complications et échecs en implantologie

Complications per-opératoires

Complications vasculaires : Hémorragie per-opératoire

CausesPrévention
Incision (positionnement inapproprié des incisions)Une technique chirurgicale appropriée
Erreur lors de la préparation osseuse du site implantaire (lésion d’une artère ou perforation de la corticale linguale)Connaissance de l’anatomie
Gonflement du plancher ou détresse respiratoire nécessitant une hospitalisation d’urgenceÉvaluation clinique et radiologique de l’os
Dépistage de troubles de la crase sanguine
Un abord large permettant de visualiser et protéger les zones à risque

Complications nerveuses

Complications nerveusesRésultatPrévention
Lésion de la branche mandibulaire du trijumeau : nerf alvéolo-dentaire, nerf lingual et nerf mentonnierCompression, contusion, étirement, section partielle ou totale à l’origine de troubles sensitifs importantsAnalyse précise des radiographies pré-opératoires, utilisation de guides radiologiques et chirurgicaux, élévation atraumatique des tissus mous, utiliser des butées de sécurité lors du forage, respecter une zone de sécurité de 2 mm au-dessus du canal dentaire
Lésion des dents adjacentes à l’implantEffraction du ligament parodontal d’une dent adjacente peut être à l’origine de douleurs aiguësPrendre des radiographies de contrôle

Complications techniques

ComplicationRésultatPrévention
Déglutition et inhalationÉlimination par voie naturelle, mais l’inhalation d’un instrument constitue une urgence médicaleMise en place de compresse ou relier certains instruments à des parachutes
Fractures instrumentalesInstruments rotatifs de petit calibreUtilisation de matériel de bonne qualité et mouvements contrôlés dans l’axe du forage
Fenestration et déhiscencePose d’un implant dans un volume osseux déficient (<6 mm) ou dans un axe erroné peut conduire à une fenestration ou déhiscenceComblement par greffes simultanées pour ne pas compromettre le pronostic de l’implant
Échec de la stabilité primaireOs de faible densité, taraudage excessif, préparation inappropriée du site implantaireDépose de l’implant instable, remplacement par un implant plus long et de diamètre supérieur, augmentation de la période de mise en nourrice, utilisation d’implants autoforants
Échauffement de l’os lors du forageEncapsulation fibreuse à l’interface os-implantForage sous irrigation
Défaut d’asepsie lors de la chirurgieRespecter les mesures d’asepsie
Vissage incomplet d’une vis de couverture ou d’un pilier de cicatrisationNécrose tissulaire ou infection localeVissage complet, respecter la séquence de travail
Malposition de l’implantÉmergence erronéeGuide chirurgical correctement réalisé
Lésion des dents adjacentes à l’implantEffraction du ligament alvéolo-dentaire de ces dentsGuide chirurgical correctement réalisé
Déglutition et inhalation
Fenestration et déhiscence

Complications post-opératoires immédiates

Troubles de la sensibilité

ComplicationPréventionTraitement
Atteinte partielle ou totale du nerf alvéolo-dentaire inférieurMarge de sécurité de 2 mmAnalyse radiologique (TDM), retrait ou déplacement de l’implant en direction coronaire en cas de compression, dépose avant ostéointégration, régression spontanée des troubles sensitifs en cas de lésion partielle

Complications infectieuses

ComplicationCausesPrévention
Surinfection pouvant interférer avec l’ostéointégration, parfois entraînant la perte de l’implantContamination externe ou infection préalable du site implantaireAntibiothérapie pré- et post-opératoire, asepsie rigoureuse, contrôle radiologique pour confirmer l’absence ou présence de perte osseuse péri-implantaire

Complications sinusiennes

ComplicationPréventionTraitement
Pénétration de l’implant de 1 à 3 mm dans un sinus sain reste asymptomatique si asepsie respectée. Effraction de la membrane de Schneider peut entraîner sinusite, fistule ou communication bucco-sinusienneIl est nécessaire de s’assurer de l’absence totale de pathologie sinusale à l’aide d’un examen tomodensitométrique qui montre des épaississements de la membrane de Schneider en cas de sinusite.Vérifier l’absence de pathologie sinusale par TDM, adresser à un spécialiste ORL, revoir le plan de traitement avec implants plus courts, contrôler la croissance osseuse à l’apex de l’implant

Expulsion intra-sinusale de l’implant : Complication majeure de la chirurgie maxillaire, survenant pendant la chirurgie ou la phase d’ostéointégration.

Complications muqueuses

ComplicationDescription
Ouverture de la plaieRupture d’une suture ou déhiscence dans les jours suivant la chirurgie, nécessitant une intervention d’urgence pour recréer l’étanchéité et éviter infection, nécrose osseuse ou douleurs
Exposition de la vis de couvertureFermeture inappropriée ou enfouissement insuffisant de l’implant
Abcès gingivalVissage incomplet des piliers prothétiques, entraînant prolifération de tissu de granulation, sensibilité ou hypertrophie gingivale
Blessures et/ou compression par la prothèse d’attenteIntrados dégagé au niveau des implants, rebasage avec résine à prise retardée, contrôles réguliers pour suivre la cicatrisation

Complications et échecs post-implantaires (tardives)

Complications esthétiques

ProblèmeDescriptionSolution
Mauvais positionnement de l’implant (axe de forage erroné)Surtout en prothèse unitaire, axe très différent de l’idéalDéposer l’implant, réimplanter dans un axe correct ou utiliser des piliers angulés (solution de compromis)
Niveau d’enfouissement implantaire inadéquatTechniques d’augmentation du volume des crêtes édentées
Collet gingival mal positionnéSourire gingival, biotype gingival fin, récessionPrendre en compte l’architecture des tissus mous, techniques muco-chirurgicales avant implantation

Problèmes esthétiques en édentement unitaire

ProblèmeDescription
Longueur coronaire défavorableMauvais positionnement dans le sens vertical ou vestibulo-palatin
Profil d’émergence inadéquatMauvais choix du diamètre implantaire ou de l’élément intermédiaire, mauvais positionnement
Limite cervicale visibleMauvais positionnement, mauvais choix de l’élément intermédiaire, transparence du métal à travers la gencive

Absence des papilles

Facteurs chirurgicauxFacteurs prothétiques
Existence de tissu osseux interdentaire, espace minimal de 1,5 mm dans le sens mésiodistal entre dent et implantCompression latérale au stade de la prothèse transitoire, profil d’émergence copiant les dents homologues, distance crête alvéolaire-point de contact ≤ 5 mm

Traitements palliatifs des papilles absentes

SolutionDescription
Fausse genciveCéramique stratifiée pour compenser le manque de tissu, intégration esthétique
Modification du point de contactPositionnement plus cervical pour feindre une forme optimale de la papille, résultats esthétiques médiocres
Platform switchingLimite la résorption osseuse péri-implantaire, indiqué dans le secteur antéro-maxillaire

Problèmes esthétiques en édentement complet

Prothèse inamovible transvissée (pilotis)Prothèse fixée scellée ou transvissée
Maxillaire supérieur : soutien inadéquat de la lèvre supérieure dû à une résorption osseuse centripète non compensée, visibilité des composants métalliquesPrésence d’implants dans les embrasures, émergence des vis sur faces vestibulaires, absence de papilles, effondrement du soutien de la lèvre, longueur coronaire défavorable

Échecs de l’ostéointégration

DiagnosticÉtiologiePrévention
Son mat à la percussion, mobilité de l’implant, douleurs lors du vissage/dévissage, perte osseuse péri-implantaireÉchauffement de l’os, contamination/infection, compression excessive, défaut de vascularisation, blocage insuffisant, mise en charge prématuréeRespect des principes de base de l’ostéointégration

Échec fonctionnel

ProblèmeDescriptionSolution
Problèmes phonétiquesDifficulté à prononcer certaines lettres (S, T), période d’adaptation de 3 mois, sinon modifications prothétiques (fausse gencive)
Rétention alimentaireMaintenance personnelle et professionnelle, fausse gencive
Problèmes occlusauxVis sur faces occlusales perturbant les contacts harmonieux, prothèse scellée pour morphologie occlusale adéquate
Inconfort lingualPériode d’adaptation de quelques semaines

Échec mécanique

Prothèse de recouvrement
  • Fracture de la base prothétique : Renforcement systématique lors de la connexion des attachements femelles.
  • Fracture de la prothèse amovible antagoniste : Renforcement par grille coulée en chrome-cobalt prévu dans le devis initial.
  • Fracture des implants : Contre-indiquée par certains auteurs, contraintes mécaniques dues à un axe des forces occlusales non aligné avec l’axe des implants.
Prothèse fixée
  • Fracture de l’armature :
    • Au niveau de la travée (rare, défaut de coulée).
    • Au niveau d’une extension (fréquent, extension trop longue ou sous-dimensionnement).
    • Défauts de coulée ou surcharges occlusales causant une fracture par fatigue.
  • Dévissage de la vis du pilier : Joint vissé comme maillon faible, anticipé en prothèse scellée par encoche calibrée et ciment polycarboxylate.
  • Fracture des vis de la prothèse ou du pilier : Fracture de la vis de prothèse gérable, fracture de la vis de pilier délicate (éviter les ultrasons, utiliser sonde droite ou fraise gros grain).
  • Détérioration du filetage intérieur de l’implant : Filetage faussé par vis de cicatrisation forcée, rendant le filetage inutilisable.
Autres complications mécaniques
  • Descellement des prothèses scellées : Faible hauteur des faux moignons (3 à 4 mm) dans les secteurs postérieurs.
  • Fracture du matériau cosmétique : Occlusion, bruxomanie, habitudes parafonctionnelles.
  • Fracture de l’implant : Complication grave, surtout dans les régions postérieures, résistance augmente avec le diamètre (5 mm trois fois plus résistant que 3,75 mm, 6 mm six fois plus résistant).
  • Phénomènes de corrosion : Électro-galvanisme buccal par dissociation d’ions, polymétalisme.
Contrôle du facteur biomécanique

Élément majeur de la prévention des échecs en implantologie.

Complications gingivales de causes prothétiques

  • Inflammation gingivale : Altération de la surface implantaire, pénétration microbienne, excès de ciment dans le sulcus péri-implantaire.
  • Fistule.
  • Hyperplasie gingivale.

Complications bactériennes

Mucosite péri-implantaire

Réactions inflammatoires réversibles touchant les tissus mous péri-implantaires.

Péri-implantite

Processus inflammatoire atteignant les tissus péri-implantaires, entraînant une perte osseuse.

Diagnostic de la péri-implantite
  • Présence de plaque bactérienne.
  • Inflammation gingivale.
  • Saignement au sondage, suppuration éventuelle.
  • Image radiologique montrant une alvéole angulaire.
  • Non douloureux, évolution rapide.
  • Profondeur de sondage non suffisante car l’attache péri-implantaire diffère de l’attache péridentaire.
Traitement préventif
  • Prévention primaire (avant pose) : Recherche des facteurs de risque (diabète non équilibré, tabagisme, neutropénie), antécédents infectieux, traitement des dents voisines, élimination des foyers infectieux, préparation parodontale.
  • Site extractionnel : Curetage/rinçage minutieux si l’implant remplace une dent non vitale (risque majoré de péri-implantite).
  • Prévention secondaire (après mise en fonction) : Maintien d’un parodonte sain, séances de maintenance, respect des règles d’occlusion.

Conclusion

De nombreuses erreurs et complications peuvent être évitées en procédant de manière précise et rigoureuse à chaque étape du traitement. Chaque patient constitue un cas particulier avec ses spécificités propres, exigeant parfois une adaptation à la situation clinique.

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