Introduction à la prothèse collée / Prothèse Dentaire

Introduction à la prothèse collée / Prothèse Dentaire

Introduction à la prothèse collée / Prothèse Dentaire

Définition du collage

  • Le collage est un assemblage par liaison physico-chimique.
  • La colle doit effectuer des liaisons fortes au niveau des deux interfaces : matériau et tissus dentaires.
  • L’efficacité du collage est proportionnelle aux surfaces développées à chaque interface, car les liaisons physico-chimiques se créent à l’échelle inframicroscopique sur les surfaces développées.

Définition de la prothèse collée

  • Une pièce de prothèse fixée conservatrice, ancrée par l’intermédiaire d’une résine composite à l’émail mordancé des dents piliers (d’après Helie et Prevost).
  • Le bridge collé : Une pièce de prothèse fixée conservatrice, composée d’une structure métallique supportant un pontique et ancrée par l’intermédiaire d’une résine composite à l’émail mordancé des dents piliers.

Indications

  • Indiqué surtout pour le secteur antérieur.
  • Hygiène bucco-dentaire satisfaisante.
  • Dents indemnes de caries ou faiblement cariées.
  • Édentement de petite étendue (une dent absente ou exceptionnellement deux dents absentes).
  • Rapports occlusaux favorables (pour les incisives maxillaires si le surplomb est correct).
  • Attelles parodontales : la contention des dents atteintes de maladie parodontale.
  • Chez le sujet jeune (volume pulpaire important).

Contre-indications

  • Caries étendues : la rétention du bridge collé est basée sur l’adhésion à l’émail et non sur la dentine.
  • Dysplasie amélaire.
  • Occlusion serrée, les parafonctions (engendreront des forces horizontales très nocives pour l’adhésion de la pièce prothétique).
  • Dents en malposition (leurs axes ne peuvent être corrigés).
  • Mobilité dentaire, car le joint de colle sera soumis à des contraintes plus importantes pouvant causer son décollement.
  • Hauteur coronaire insuffisante, les dents triangulaires sont à éviter.

Les principes de préparation des dents piliers en prothèse collée

  • La prothèse collée doit répondre à quelques principes afin d’assurer la pérennité de la restauration.
  • Une des principales clés du succès des bridges collés est la forme du contour.
  • La préparation comprend une réduction axiale (face linguale, face palatine) et des plans guides sur les faces proximales afin d’obtenir un verrouillage vestibulo-lingual.
  • La préparation doit concerner au moins 180° de la dent pour améliorer la résistance.
  • Elle doit être aussi étendue que possible pour assurer une surface de collage maximale.
  • La réduction de la face linguale peut être arrêtée à 1,5-2 mm du bord libre afin d’éviter un grisaillement du bord incisif si ce dernier est translucide, sinon on peut s’arrêter à 0,5-1 mm.
  • Il doit toujours y avoir une ligne de finition qui correspond à un congé très fin à 1 mm en supra-gingival pour permettre une hygiène aisée.
  • Il est essentiel que 0,5 mm soit ménagé sur la face linguale ou palatine des dents piliers.
  • En raison de la faible épaisseur d’émail à proximité de la jonction amélo-cémentaire, ce type de bridge ne doit pas être envisagé si les rapports occlusaux sont de classe II avec une supraclusion.
  • Des butées sont réalisées sur toutes les préparations, elles consistent en 2 ou 3 encoches plates sur la face linguale de l’incisive, un appui cingulaire sur la canine, un appui occlusal sur prémolaire ou molaire. Ces butées permettent de transmettre les forces occlusales auxquelles est soumis l’intermédiaire vers les moyens d’ancrage.
  • Les éléments de résistance au descellement d’une préparation sont le plus souvent des rainures.
  • Si une obturation à l’amalgame a été réalisée (face occlusale d’une dent postérieure), tout le matériau doit être éliminé de façon à mettre la boîte à profit.
  • La rainure proximale est placée proche de l’angle vestibulo-proximal de l’espace édenté, une seconde rainure peut être réalisée sur le cingulum ou la cuspide linguale de la dent.
  • Comme toutes les techniques de préparation de bridges, un parallélisme des piliers est exigé.

Les facettes

Indications

  • Défauts de l’émail (état de surface altéré, hypoplasies, malformations, fluoroses).
  • Modification du profil de la face vestibulaire.
  • Dyschromies et colorations réfractaires aux techniques de blanchiment.
  • Correction de certaines malpositions lorsque l’orthodontie est refusée par le patient.
  • Allongements coronaires.
  • Fermetures des diastèmes.
  • Modification de la forme de la dent.
  • Demande esthétique sur des dents dont l’intégrité et la structure ne sont pas profondément modifiées.

Préparation de la dent

  • Le type de préparation avec retour palatin est préconisé.
  • On laissera le plus d’émail possible surtout au niveau des limites pour assurer une bonne étanchéité.
  • Prévoir dans un premier temps, le calibrage de la profondeur de préparation grâce à des tranchées verticales vestibulaires allant de 0,4 mm de profondeur au collet jusqu’à 0,8 mm à 1 mm dans les zones où l’émail est le plus épais.
  • Au bord libre, la réduction est de 1 à 2 mm.
  • Le deuxième temps de la préparation est réalisé en éliminant les zones d’émail entre chaque tranchée.
  • Le polissage est assuré à l’aide d’une fraise à finir.
  • La limite de la préparation sera placée de 0,5 à 1 millimètre supra-gingival pour se retrouver juxta ou légèrement supra-gingival après la dépose des deux fils rétracteurs.
  • Il sera possible d’enfouir la limite sous la gencive dans le cas de dents dépulpées et colorées.
  • Les limites proximales forment deux canelures qui s’enfoncent dans l’espace interdentaire, sous le point de contact, pour éviter que le joint facette-dent ne soit visible à ce niveau.
  • Les points de contact proximaux sont conservés intègres.

Matériaux de collage

Les caractéristiques d’un matériau de collage

  • Avoir une résistance suffisante, surtout au cisaillement.
  • Avoir une épaisseur inférieure à 25 microns : minimiser l’exposition du joint à l’environnement buccal.
  • Avoir une grande cohésion interne (adhésion intrinsèque).
  • Permettre une parfaite mouillabilité de la surface d’émail et du métal.
  • Utilisation clinique aisée (temps de prise suffisamment long et un temps de prise suffisamment court).
  • Chémopolymérisable (auto-polymérisable).
  • Biocompatible : il a été démontré que la résine 4-META (Super Bond) était moins toxique que les résines composites et trouve son indication en cas d’effraction dentinaire (carie ou rainure). Selon Rochette, cette colle permet même l’adhésion sur la dentine.
  • Opaque : afin de détecter tout excès de colle.

Les différents matériaux de collage

MatériauxCaractéristiques
Résine non chargée PolyméthylméthacrylateNe sont plus utilisées car elles ont un effet nuisible sur la pulpe.
Résine composites non chargéeFaible résistance, donc elles ne sont pas utilisées pour le secteur postérieur. Retrait de polymérisation considérable.
Ciments résines 4-META (méthacryloxyéthyltriméllitate anhydride)La résistance de ces ciments est plus élevée. Moins toxique que les résines composites.

Le traitement de la surface amélaire et métallique

Traitement de la surface amélaire

  • Le mordançage se fait en appliquant de l’acide orthophosphorique H3PO4 concentré (30 à 40 %) sur la surface amélaire.
  • Élimine environ 10 micromètres d’émail.
  • Permet la dissolution partielle des prismes, provoquant une surface cratériforme.
  • Le résultat du mordançage dépend de l’acidité et du temps d’application de l’agent mordançant.
  • L’action du mordançage est complétée à la fin par un rinçage abondant à l’eau de façon à éliminer tous les précipités, ceci augmente la surface développée.
  • L’énergie superficielle élevée de l’émail mordancé est attractive même pour les autres liquides tels que la salive, les fluides sulculaires, c’est pourquoi il faut procéder au collage à l’abri de toute humidité.

Traitement des alliages métalliques

Une forte adhésion aux éléments métalliques est indispensable à la mise en place des bridges collés. La liaison requiert une rétention mécanique (micro ou macro-mécanique) ou une adhésion chimique.

La rétention micromécanique

La rétention micromécanique peut être obtenue soit par mordançage, soit par dissolution des cristaux de sel dans la maquette en cire, soit par sablage.

Le mordançage

Le mordançage du métal peut être fait par voie électrolytique ou chimique.

  • Mordançage électrolytique :
    • Se fait par immersion de l’armature dans un bain acide, il consiste en une dissolution anodique de certaines phases du métal.
    • Pour que le mordançage soit efficace, le métal doit avoir une structure dendritique attaquable.
    • Ces structures sont présentes dans les alliages non précieux à base de Ni et de Co et permettent une excellente rétention de surface, alors que la majorité des alliages précieux n’ont pas, et de ce fait ils ne permettent pas d’obtenir une micro-rétention acceptable par mordançage.
  • Mordançage chimique :
    • Réalisé avec un mélange d’acides : HNO3, HCl, HF sous forme de gel (ex. : Stafford), pendant 20 minutes, puis rincé avec de l’eau distillée et séché à l’air pendant 30 minutes.
    • Le mordançage chimique est d’une gestion plus facile que le mordançage électrolytique, mais le mordançage électrolytique est plus sûr pour ce qui est de la profondeur du relief d’attaque et doit être préféré lorsqu’une rétention maximale est recherchée.
Les cristaux de sel
  • Cette technique a été proposée pour les alliages précieux non mordançables, elle est basée sur la solubilité des cristaux de sel dans l’eau.
  • Le modèle positif unitaire est recouvert d’une fine couche de cristaux de sel. Au cours de l’élaboration de la maquette en résine auto-polymérisable, les cristaux de sel seront incorporés dans l’intrados de la maquette.
  • Avant la mise en revêtement, la maquette est rincée à l’eau courante pour dissoudre les cristaux de sel, rendant l’intrados rugueux. Cette rugosité permettra l’ancrage du matériau de collage.
Le sablage
  • Indiqué pour les alliages précieux et non précieux.
  • Le sablage des surfaces métalliques est réalisé avec de l’alumine de granularité de 50 à 250 nm.
  • Le sablage en lui-même ne crée pas des rugosités aussi efficaces que le mordançage des alliages, son effet le plus important est qu’il élimine certaines impuretés et améliore la tenue au cisaillement.

La rétention macro-mécanique

  • Par la mise en place de moyens de rétention dans la structure coulée (perles, boîtes et/ou rainures).
  • La rétention micromécanique est meilleure que la rétention macro-mécanique en raison de la plus grande surface développée.

L’adhésion chimique

  • Consiste à recouvrir la surface avec un matériau qui colle chimiquement au métal et auquel il est possible de coller une résine de collage.
  • La silanisation : Par l’application d’un film adhérent de silice (SiOxC) de 0,1 micron d’épaisseur. Avant de poser la résine de collage, il faut rajouter un agent de couplage comme MPS (méthacryloxypropyltriméthoxy-silane) sur le film de silice pour permettre la liaison chimique de la résine au métal.
  • L’étamage : Le principe consiste à déposer des cristaux d’étain sur la surface métallique. Il se fait dans un dispositif auquel la prothèse est fixée à la cathode et une solution d’étain spécifique est appliquée par électrodéposition.
  • Les primaires : L’utilisation de primaires contenant des monomères dérivés d’acides carboxylique, phosphorique ou thiophosphorique optimise le mouillage et, de ce fait, améliore l’adhésion du matériau de collage aux éléments métalliques.

Traitement de la surface céramique

  • Traitement de la céramique à l’acide fluorhydrique, ce qui permet de créer un relief propice au collage.
  • L’acide doit être rincé abondamment, ensuite on dépose à la surface de la céramique un silane qui assure la liaison chimique.

Conclusion

L’inconvénient majeur d’une prothèse collée est sa longévité assez courte. En revanche, la non-mutilation des dents piliers, le résultat esthétique, et la possibilité de recollage représentent des motifs suffisants pour que chaque praticien sache réaliser cette technique restauratrice.

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