Accidents et incidents survenant lors des thérapeutiques en odontologie conservatrice/endodontie
Introduction
Le traitement endodontique est un acte médico-chirurgical nécessitant de la rigueur et une grande précision. Le respect des règles et des principes fondamentaux est indispensable. Cependant, de nombreuses difficultés existent, et le praticien n’est pas à l’abri de quelques accidents; ceux-ci pouvant survenir à n’importe quelle étape du traitement.
Accidents survenant au cours de la prise d’une radiographie
Le réflexe nauséeux
Cause : Stimulation de la paroi postérieure du pharynx de part et d’autre de la luette.
Conduite à tenir :
- Réalisation d’une anesthésie de contact au niveau du palais mou.
- Réalisation d’une anesthésie au niveau du trou palatin postérieur.
- Donner au patient un antiémétique (Ex: Dompéridone 10 mg administré en faible dose) juste avant la séance de soin.
- Lors d’une sédation au MEOPA, le réflexe nauséeux est largement atténué.
Accidents au cours de l’anesthésie
Accidents locaux
Injection douloureuse
Causes :
- Injection brutale, rapide avec une très forte pression.
- Produit anesthésique froid.
- Infiltration sous périostée.
Prévention :
- Anesthésie de contact.
- Orientation du biseau de l’aiguille vers l’os.
- Injection lente du produit anesthésique préchauffé.
Rupture de l’aiguille
Causes :
- Erreur technique.
- Mouvement brusque du patient ou du praticien.
Accident hémorragique
- Si bilan d’hémostase normal : Apparition d’un hématome au point d’injection (disparition rapide).
- Si bilan d’hémostase perturbé : Éviter l’anesthésie loco-régionale (risque d’hématome important).
Dilacération tissulaire
Causes :
- Injection trop rapide.
- Biseau mal orienté.
Lésion d’un nerf
- Parésthésie passagère.
- Paralysie faciale.
- Troubles oculaires.
Conduite à tenir :
- C’est un accident de courte durée, ne laissant aucune séquelle, il faut juste rassurer le patient et lui expliquer que tout rentrera dans l’ordre dans quelques heures.
Accidents infectieux
- Sont rares; surviennent lors d’injection en terrain infecté « cellulite ».
Escarre
- Surtout la face palatine.
- La muqueuse reste blanchâtre (pendant des heures) violacée (le lendemain).
- Perte de substance très douloureuse à fond purulent grisâtre (une semaine après).
Causes :
- Une solution froide concentrée.
- Une injection rapide brutale.
Conduite à tenir :
- Curetage jusqu’au saignement pour réparer la lésion.
- Mettre un pansement chirurgical + plaque palatine.
- Contrôle régulier jusqu’à la cicatrisation.
Accidents généraux au cours de l’anesthésie
La lipothymie ou malaise vaso-vagal
Définition : Est un malaise général à début progressif sans perte de connaissance complète, dû à une baisse du débit sanguin cérébral secondaire à une bradycardie.
Diagnostic :
- Signes subjectifs :
- Sensation de malaise général.
- Grand affaiblissement musculaire.
- Fatigue, nausées, vertiges.
- Signes objectifs :
- Bradycardie.
- Tension artérielle basse.
- Vomissement, mydriases.
Conduite à tenir :
- Arrêter immédiatement les soins.
- Allonger le patient en décubitus dorsal, jambes surélevées pour assurer le retour veineux.
- Libérer les voies aériennes, surveiller : ventilation, circulation, conscience.
- Rassurer le malade.
La syncope
Définition : Est une perte de connaissance brutale, complète mais réversible, à la suite d’une diminution de l’oxygénation cérébrale. Elle se caractérise par l’absence de tout réflexe.
Diagnostic :
- Signes cardiovasculaires :
- Pouls rapide et filant.
- Chute de la tension artérielle.
- Signes respiratoires :
- Respiration rapide.
- Cyanose des lèvres, lobe de l’oreille.
- Signes neurologiques :
- Malaise général.
Conduite à tenir :
- Allonger le patient en décubitus dorsal complet au sol.
- Vérifier et assurer la libération des voies aériennes.
- Massage cardiaque + ventilation artificielle.
- Appeler le SAMU.
Le malaise hypoglycémique
Circonstances de survenue :
- Chez le non diabétique :
- État de jeûne ou régime mal adapté.
- Stress, alcoolisme, …
- Chez le diabétique :
- Insuffisance d’apport glucosé.
- Surdosage d’antidiabétique.
Diagnostic :
- Sensation de malaise, avec fatigue intense.
- Faim impérieuse.
- Hypersudation importante.
- Perte de conscience progressive.
- Céphalées, vertige, trouble visuel, tachycardie, hypersialorrée …
Conduite à tenir :
- Patient conscient :
- Allonger le patient et lui donner une boisson sucrée.
- Patient inconscient :
- Allonger le patient et vérifier et assurer la libération des voies aériennes.
- Injection IV de 10-20 ml de sérum glucosé à 30% ou du glucagon en IM ou sous-cutané.
- Appeler le SAMU.
Accidents toxiques
Surdosage relatif : Chez les malades présentant des troubles de rythme, une insuffisance hépatique, une allergie.
Signes neurologiques :
- Des paresthésies de la bouche, des lèvres, de la langue, des mains et des pieds.
- Une céphalée brutale, un état nauséeux, une somnolence, des vertiges.
- Une sensation d’angoisse.
- Une désorientation ou des hallucinations.
- Des troubles oculaires.
- Des secousses musculaires ou des convulsions généralisées.
Conduite à tenir :
- Décubitus dorsal.
- Vacuité de la cavité buccale.
- Assurer une bonne ventilation.
- Injection en IM de 10 mg de DIAZEPAM.
- Surveillance clinique jusqu’à normalisation de l’état.
Accidents allergiques
Concernent essentiellement les molécules à fonction ester.
Manifestations cliniques :
- Réactions dermatologiques : Urticaire / Œdème de Quincke.
- Réactions respiratoires : Bronchospasme / Œdème laryngé.
- Choc anaphylactique : Réactions cutanées, spasme des muscles lisses des appareils gastro-intestinal, urogénital ainsi que respiratoire, détresse respiratoire, collapsus cardiovasculaire jusqu’à la perte de conscience et l’arrêt cardiaque. Apparaît au moins 3 à 5 minutes après l’injection.
Conduite à tenir :
- Face aux réactions cutanées :
- Une injection I.M de 0,3 ml (0,125 ml pour un enfant) d’adrénaline à 1/1000.
- Une injection I.M. d’un corticoïde : Solu-Médrol.
- En cas d’œdème de Quincke : effectuer une pulvérisation bucco-pharyngée et inhalation d’adrénaline.
- Garder le patient en observation pendant au moins 60 minutes.
- Face aux manifestations respiratoires (Bronchospasme) :
- Placer le patient en position semi-assise.
- Administrer de l’oxygène.
- Administrer de l’adrénaline par injection I.M. (0,3 ml d’adrénaline à 1/1000).
- Administrer un antihistaminique en I.M.
- Garder le patient en observation pendant au moins 60 minutes avant de considérer son renvoi.
- Face à une anaphylaxie généralisée :
- Placer le patient en position allongée, couchée sur le dos, les jambes surélevées.
- Libérer les voies aériennes supérieures.
- Ventiler avec de l’oxygène pur.
- Administrer de l’adrénaline en I.M ou en I.V.
- Effectuer une injection I.M. d’un corticoïde (Solu-Médrol), soit 1 mg/kg/j.
- Effectuer une injection I.M d’un antihistaminique.
- Rassurer le patient si celui-ci est conscient.
- Faire une injection de sérum glucosé en perfusion, si le patient est inconscient.
- Surveiller les signes vitaux.
- Demander une assistance médicale (SAMU).
Ingestion / inhalation
- Les limes, les aiguilles, les seringues d’irrigation, les clamps : des corps étrangers ingérés ou inhalés.
Patients à risque accru d’ingestion ou d’inhalation :
- Patients détendus.
- Présentant des maladies psychiatriques.
- Séniles ou avec retard mental.
- Nerveux ou hyperactifs.
- Avec réflexe extrême de vomissement.
Causes :
- Patient en décubitus dorsal.
- Durée longue de certains soins (traitement endodontique).
- Utilisation des instruments de petite taille avec des mains gantées dans une cavité buccale humide.
- Absence d’isolant (digue).
Symptomatologie (permet de localiser l’instrument) :
- Supra-laryngée ⇒ troubles de la respiration et de la déglutition.
- Laryngée ⇒ trouble de la respiration et bruits caractéristiques.
- Trachéale ⇒ trouble de l’inspiration, bruits et toux.
- Bronchique ⇒ dyspnée, toux ou bien aucun signe.
Conduite à tenir :
- Rassurer le patient.
- Inspection minutieuse pour voir si l’instrument est fixé dans une zone accessible avec une pince.
- Instrument dégluti :
- Au niveau de l’estomac => Surveillance clinique et un examen régulier des selles attestera l’évacuation de l’instrument.
- Au niveau de l’œsophage => Examen endoscopique en urgence qui permet la désinsertion et l’extraction de l’instrument.
- Instrument inhalé :
- Patient sera oxygéné en attendant l’arrivée du SAMU.
- Si asphyxie complète avec cyanose : manœuvre de HEIMLICH.
- Placer vous derrière la personne.
- Mettre votre poing dans le creux, au niveau de son estomac et maintenez-le avec votre autre main.
- Tirer fermement vers vous en remontant légèrement comme une virgule.
- Pratiquer ce geste tant que le corps étranger n’est pas ressorti.
- Prévention : Travail sous digue.
Accidents liés à l’absence du champ opératoire
Ingestion / inhalation
- Les limes, les aiguilles, les seringues d’irrigation, les clamps : des corps étrangers ingérés ou inhalés.
Patients à risque accru d’ingestion ou d’inhalation :
- Patients détendus.
- Présentant des maladies psychiatriques.
- Séniles ou avec retard mental.
- Nerveux ou hyperactifs.
- Avec réflexe extrême de vomissement.
Causes :
- Patient en décubitus dorsal.
- Durée longue de certains soins (traitement endodontique).
- Utilisation des instruments de petite taille avec des mains gantées dans une cavité buccale humide.
- Absence d’isolant (digue).
Symptomatologie (permet de localiser l’instrument) :
- Supra-laryngée ⇒ troubles de la respiration et de la déglutition.
- Laryngée ⇒ trouble de la respiration et bruits caractéristiques.
- Trachéale ⇒ trouble de l’inspiration, bruits et toux.
- Bronchique ⇒ dyspnée, toux ou bien aucun signe.
Conduite à tenir :
- Rassurer le patient.
- Inspection minutieuse pour voir si l’instrument est fixé dans une zone accessible avec une pince.
- Instrument dégluti :
- Au niveau de l’estomac => Surveillance clinique et un examen régulier des selles attestera l’évacuation de l’instrument.
- Au niveau de l’œsophage => Examen endoscopique en urgence qui permet la désinsertion et l’extraction de l’instrument.
- Instrument inhalé :
- Patient sera oxygéné en attendant l’arrivée du SAMU.
- Si asphyxie complète avec cyanose : manœuvre de HEIMLICH.
- Placer vous derrière la personne.
- Mettre votre poing dans le creux, au niveau de son estomac et maintenez-le avec votre autre main.
- Tirer fermement vers vous en remontant légèrement comme une virgule.
- Pratiquer ce geste tant que le corps étranger n’est pas ressorti.
- Prévention : Travail sous digue.
Accidents au cours de la préparation de la cavité d’accès
Perforations latérales (vestibulaires, linguales, mésiales ou distales)
Cause : Erreur d’appréciation de l’axe de la dent.
Prévention : Réaliser la cavité d’accès dans l’axe longitudinal de la dent. La radiographie préopératoire peut être une aide précieuse dans ce cas.
Conduite à tenir : Exposition chirurgicale et obturation comme une cavité de classe V.
Perforation du plancher
Causes : Peuvent survenir au cours d’un traitement endodontique initial ou d’un retraitement lors de :
- La réalisation de la cavité d’accès.
- La recherche des entrées canalaires.
- L’élimination des matériaux du plancher pulpaire.
Évolution : Sans traitement adéquat : une inflammation et une perte des tissus de soutien de la dent.
Conduite à tenir :
- Si la perforation est de petite étendue : après parage, désinfection de la plaie desmodontale à l’hypochlorite de sodium à 2.5 %, puis rinçage au sérum physiologique, séchage, obturation de la perforation (CaOH, MTA, ou Biodentine), obturation canalaire.
- Si la perforation est de grande étendue : le pronostic de succès est incertain. Intervenir chirurgicalement, soit en séparant les racines si elles sont suffisamment divergentes, soit en amputant une racine.
Accidents au cours de la préparation canalaire
Bouchons dentinaires
Sont constitués par des débris organiques refoulés par des instruments poussés trop vite sans irrigation, auxquels s’ajoutent des copeaux dentinaires issus d’une coupe intempestive de la lime.
Causes :
- C’est surtout l’oubli de la récapitulation, qui en est le facteur essentiel, et l’absence ou l’insuffisance d’irrigation.
- Le passage en force d’instruments non coudés dans une courbure ; ou par le passage d’un instrument trop gros après un instrument fin.
Prévention (selon Laurichesse) :
- Irrigation abondante et renouvelée.
- Utilisation des instruments par ordre croissant sans jamais sauter de numéro.
- Récapitulation par le dernier instrument atteignant librement la limite apicale après utilisation de chaque numéro de lime.
- Absence de mouvements de rotation des instruments dans le canal dont on limite l’action au 1/8 de tour.
- Utilisation souple des instruments, sans jamais forcer.
Conduite à tenir :
- Rincer abondamment le canal à l’hypochlorite, attendre 2 à 3 minutes.
- Introduire un instrument très fin (08), mais rigide (MMC) et précoudé, jusqu’au contact et le faire agir comme dans le cas de canaux difficiles : contact, 1/8 de tour en poussant, retrait en 1/8 de tour inverse et retour au contact. On présentera l’extrémité coudée de l’instrument dans différentes directions jusqu’à obtenir une sensation “d’engagement” de la pointe.
- Lorsqu’une amorce est ressentie, ne pas se précipiter et continuer lentement le même travail jusqu’à dégagement complet.
Épaulement ou ressaut
Une marche canalaire artificielle qui complique la progression d’un instrument apicalement.
Épaulements du tiers moyen
Causes :
- L’action d’un instrument trop gros, dévié hors de la trajectoire canalaire par des interférences, ou d’un instrument cassé, ou par un instrument fin utilisé en force sans discernement.
Prévention :
- Élargissant légèrement la partie du canal déjà parcourue par l’instrument pour qu’il ne soit pas dévié par des interférences.
Conduite à tenir :
- L’atténuation de l’épaulement est obtenue par l’utilisation de MME de 0,8 à 15/100, actionnées selon des mouvements de va-et-vient, sous une irrigation abondante.
Épaulements du tiers apical
Cause :
- Peut être similaire à celle du tiers moyen, et dans ce cas les solutions seront identiques. Le plus souvent, ces épaulements sont créés par l’utilisation en rotation de limes de trop fort calibre non précoudées dans des canaux courbes.
Prévention :
- Est assurée par le respect des principes de base, à savoir :
- Limitation au numéro 25 des instruments de préparation apicale en cas de coude sévère.
- Accentuation des rainures d’engagement pour supprimer toutes les interférences occlusales.
Faux canal
La poursuite d’un travail en force avec des instruments manquant de flexibilité au niveau d’une butée.
Le stripping
Définition :
- Une surpréparation de la partie interne de la courbure canalaire. Ce phénomène est rencontré plus particulièrement sur la face distale des racines mésiales des molaires mandibulaires.
Perforation
Perforations du tiers moyen
Cause : Le plus souvent, à la suite de la mise en place dans un mauvais axe de tenons intracanalaires.
Conduite à tenir :
- Phase endodontique : Dépose du tenon, un parage soigneux du canal principal et du faux canal, assèchement des canaux, obturation à la gutta-percha.
- Phase chirurgicale : À laquelle on aura recours si l’obturation manque d’étanchéité, par défaut d’assèchement, ou si un débordement de matière obturatrice se produit au niveau de la perforation.
Perforations du tiers apical
- Situation 1 : canal principal retrouvé :
- Obturer le canal et le faux canal.
- Situation 2 : canal principal non retrouvé :
- Chirurgie endodontique.
Fracture instrumentale
Causes :
- Un excès de fatigue d’instrumentation.
- Une faute technique de l’opérateur qui ne respecte pas les principes élémentaires de préparation.
Prévention (selon Laurichesse) :
- Examen à la loupe de l’instrument avant, pendant et après son utilisation, pour éliminer tout instrument présentant des signes de déformation (élongation, déformation angulaire, déspiralisation).
- Respect absolu des règles de manipulation instrumentale.
- Utilisation des instruments en séquence, par ordre croissant sans jamais sauter de numéro.
- S’arrêter en cas de fatigue ou de non-coopération du patient.
- Si l’accident se produit, se tenir prêt à y faire face immédiatement.
Conduite à tenir : Le retrait d’un élément fracturé peut être amélioré par l’association de deux ou plusieurs dispositifs. Par conséquent, il est nécessaire d’évaluer :
- La courbure canalaire.
- La position de la dent sur l’arcade.
- La situation de l’instrument dans le canal dentaire (avant ou après la courbure radiculaire).
- La longueur du fragment instrumental.
- Le profil de l’instrument fracturé.
Techniques :
- Technique du ByPass : Consiste à passer à l’aide d’un instrument endodontique de petit diamètre au-delà du fragment instrumental. Une fois dépassé, le fragment est déverrouillé grâce à l’élargissement du canal.
- Instrumentations ultrasonores : Doivent être utilisés avec beaucoup de précaution. Le dégagement de la portion engainée à l’aide d’inserts abrasifs à faible puissance et la vibration de l’instrument à l’aide d’inserts lisses permettent en règle générale son élimination. Les instruments en Ni-Ti ont tendance à se fracturer avec les vibrations de l’instrument ultrasonore.
- Trousse Masserann : Le protocole opératoire distingue trois étapes :
- Ouverture de l’accès par élargissement de l’entrée canalaire.
- Dégagement du fragment grâce à l’utilisation dans le sens anti-horaire de forets Trépans.
- Préhension et extraction du fragment en rotation en introduisant la pince d’extraction ouverte jusqu’à la partie dégagée du fragment.
- Deux radiographies prises sous différents angles permettent au praticien de contrôler l’orientation du fragment, avant et au moment de l’insertion de la pince d’extraction.
Dépassement instrumental (piqûre par un instrument)
Causes :
- Erreur ou mauvaise détermination de la longueur de travail.
- Introduction instrumentale forcée.
- Déplacement inaperçu des stops.
Conduite à tenir :
- Stopper l’hémorragie par la solution d’irrigation.
- Rétablir la longueur de travail.
- Prescrire des anti-inflammatoires et des antalgiques pour prévenir les douleurs postopératoires.
Hémorragies
Causes :
- Dilacération du tissu pulpaire.
- Dépassement instrumental.
- Perforation et fausse route.
Prévention (selon Laurichesse) :
- Établissement précis des limites apicales (mesures électroniques confirmées par la radiographie).
- Respect de la longueur de travail déterminée par tous les instruments.
- Irrigation à l’hypochlorite de sodium.
Conduite à tenir :
- Irrigation abondante à l’hypochlorite de sodium.
- Rectification de la longueur disbande.
- Si l’hémorragie est abondante et rebelle, obturer à l’hydroxyde de calcium et laisser quelques jours.
Accidents d’origine allergique et médicamenteuse
Dépassement d’irrigants
Causes : Le non-respect des règles d’utilisation des irrigants peut engendrer une injection douloureuse d’hypochlorite de sodium dans les tissus péri-apicaux.
En cas d’injection accidentelle d’hypochlorite de sodium dans les tissus péri-apicaux :
- Douleur intense et soudaine, avec sensation de brûlure.
- Tuméfaction graduelle et œdème.
- Saignement abondant depuis le canal.
- Formation immédiate d’un hématome et ecchymose sur la peau, l’œil pour les dents supérieures.
- Des symptômes comme le trismus, la surinfection, l’anesthésie réversible, la paresthésie ou même l’hyperesthésie peuvent aussi suivre la réaction inflammatoire initiale.
Prévention :
- Toujours confirmer la longueur de travail avant de commencer la préparation.
- Il est recommandé d’utiliser une aiguille d’irrigation à ouverture latérale, d’un calibre de la plus petite taille qui est adapté aux dimensions du canal à préparer.
- Utiliser un dispositif de blocage (stop) en plastique sur les aiguilles d’irrigation, respecter la règle de l’irrigation « contact-retrait-injection ».
- L’irrigation est amenée passivement dans le canal.
- Le contenu de la seringue est délivré délicatement.
Conduite à tenir (selon Hales et ses collaborateurs) :
- Soulager immédiatement la douleur, par l’administration d’un anesthésique local dans la zone atteinte.
- Rassurer le patient et l’informer de la cause, et de la gravité des complications.
- Procéder au drainage de l’exsudat et diluer le NaOCl en irriguant le canal avec une solution saline.
- Réduire l’œdème par l’application de compresses froides à intervalles de 15 mn durant les premières 24 h suivie de l’application de compresses chaudes.
- Prescrire un analgésique pour soulager la douleur, des antibiotiques prophylactiques de la surinfection et des anti-inflammatoires (corticoïdes) pour contrôler la réaction inflammatoire.
- Fixer des rendez-vous de suivi à intervalles réguliers pour surveiller le rétablissement du patient et terminer le traitement endodontique une fois les symptômes aigus dissipés.
Accidents liés à l’usage de produits à base d’arsenic
Signes : Au début la gencive apparaît rouge et brillante → grisâtre → peu ou pas sensible au contact → ostéonécrose (sous forme de cratères grisâtres secs).
Conduite à tenir :
- Si la réaction est seulement gingivale :
- Poser la digue.
- Déposer le pansement arsenical.
- Mettre un pansement d’oxyde de fer au niveau de la zone atteinte et ne pas cureter.
Accidents lors de l’obturation canalaire
Emphysème sous-cutané
Cause : Lorsque le canal est séché avec de l’air comprimé ou en cas d’irrigation à l’hypochlorite.
Prévention :
- Une aspiration de gros volume et des cônes papier sont préconisés pour le séchage canalaire.
- Ne pas utiliser l’air comprimé directement dans la cavité d’accès.
Conduite à tenir :
- Arrêter le traitement.
- Rassurer le patient.
- Si le patient ressent une douleur, une anesthésie locale peut être effectuée dans la zone touchée.
- Prescrire une antibiothérapie.
- Des corticoïdes et antihistaminiques peuvent être donnés afin de lutter contre l’inflammation.
Fracture d’instruments d’obturation
Fracture du bourre-pâte de Lentulo
Causes : Utilisation dans le cas de coudes radiculaires prononcés.
Prévention : Doit être essayé avant usage et flotter librement dans le canal.
Conduite à tenir :
- Au niveau coronaire : il sera retiré facilement, en vissant entre les spires une lime H de gros diamètre 25 ou 40 en lui imprimant un mouvement de retrait.
- Au niveau apical : il entraînera des complications; il faudra le retirer par un autre bourre-pâte, de façon à ce que les spires s’accrochent et permettent le retrait.
Refoulement du matériau obturateur au-delà de l’apex
Cause : Une compression axiale trop importante alors que le cône d’arrêt est insuffisant ou inexistant.
Prévention : L’établissement d’une limite apicale précise intracanalaire.
Conduite à tenir :
- En cas de dépassement accidentel de petite importance, s’il ne s’agit que de ciment, l’organisme s’en accommodera plus ou moins bien, et généralement : silence clinique ; donc il ne faut pas intervenir.
- Si le débordement est plus important, même s’il ne s’agit que de ciment, il faut l’éliminer par le biais de la chirurgie endodontique.
- Si c’est le cône qui dépasse, quelle que soit l’importance du débordement, il faut éliminer le cône et reprendre l’obturation au début. Les cônes introduits dans le périapex, agissent comme autant d’épines irritatives et sont responsables de complications importantes.
Complications postopératoires
Les complications postopératoires, comme leur nom l’indique, concernent l’ensemble des phénomènes inflammatoires survenant après la préparation canalaire ou l’obturation canalaire.
Épisode inflammatoire simple
Faisant suite à l’obturation canalaire, les douleurs sont d’intensité variable et le traitement repose sur une médication anti-inflammatoire à visée antalgique.
Conséquences nerveuses des traitements endodontiques
Lésions induites par les biopulpectomies
La pulpectomie entraîne des changements structuraux dans les neurones avec des conséquences variables et affectant à des degrés divers le parodonte à la suite de la section du tronc nerveux. Les extrémités des neurones libèrent la substance P et les CGRP (Calcitonin gene-related protein) responsables de la sensibilité et de l’allodynie mécanique.
Neuropathie trigéminale post-endodontique
La lésion du nerf alvéolaire inférieur est la plus fréquente, elle est responsable de sensations anormales (douleurs, dysesthésie, décharges électriques paroxystiques irradiantes vers l’oreille).
Conclusion
L’amélioration constante de nos actes fondée sur le respect des principes de pratiques fondamentaux, doit permettre de limiter les échecs et les complications en endodontie.
Accidents et incidents survenant lors des thérapeutiques en odontologie conservatrice/endodontie
La santé bucco-dentaire est essentielle pour le bien-être général, nécessitant une formation rigoureuse et continue des dentistes. Les étudiants en médecine dentaire doivent maîtriser l’anatomie dentaire et les techniques de diagnostic pour exceller. Les praticiens doivent adopter les nouvelles technologies, comme la radiographie numérique, pour améliorer la précision des soins. La prévention, via l’éducation à l’hygiène buccale, reste la pierre angulaire de la pratique dentaire moderne. Les étudiants doivent se familiariser avec la gestion des urgences dentaires, comme les abcès ou les fractures dentaires. La collaboration interdisciplinaire avec d’autres professionnels de santé optimise la prise en charge des patients complexes. La santé bucco-dentaire est essentielle pour le bien-être général, nécessitant une formation rigoureuse et continue des dentistes.
Accidents et incidents survenant lors des thérapeutiques en odontologie conservatrice/endodontie

Dr J Dupont, chirurgien-dentiste spécialisé en implantologie, titulaire d’un DU de l’Université de Paris, offre des soins implantaires personnalisés avec expertise et technologies modernes.