Épidémiologie des maladies parodontales : Generalités et indices / Parodontologie
Introduction
- La majeure partie des dépenses de santé publique concernant les maladies bucco-dentaires a une double origine : les lésions carieuses et les parodontopathies.
- Afin de définir plus précisément les besoins réels, il serait souhaitable que des recueils d’information organisés soient lancés par région et à intervalles réguliers, afin éventuellement de pouvoir suivre les effets de campagnes de prévention.
Distribution des maladies parodontales dans le monde
- Jusqu’aux années 1950, les différents états de santé parodontaux étaient évalués de façon empirique par qualificatif de type bon, moyen ou médiocre.
- L’évaluation des taux de prévalence de gingivite sur une même population par les mêmes critères mais par des examinateurs différents a conduit à des taux variant de 8 à 98 % (Schour et coll., 1947; Ramfjord, 1959).
- Les données recueillies par l’Organisation mondiale de la santé dans 35 pays montrent une très forte prévalence de maladies parodontales dans la tranche d’âge 35-44 ans : plus de 75 % dans 7 pays, de 40 à 75 % dans 13 pays, moins de 40 % dans 15 pays.
- La gingivite a une prévalence de plus de 80 % chez les enfants. Cette prévalence et la gravité des formes cliniques sont plus importantes en Asie et en Afrique.
- Dans le groupe des 2 à 6 ans, la gingivite ulcéronécrotique a une prévalence de 10 % au Nigeria alors que, dans la plupart des pays occidentaux, elle est proche de 0.
Méthodes d’évaluation (les indices parodontaux)
- Il existe plusieurs systèmes de classification des indices utilisés pour la surveillance épidémiologique, pour les études cliniques et pour la motivation du patient.
Indice PMA
- L’indice PMA est un système de classification de la gingivite. Défini par Schour et Massler en 1947, il a été modifié par Parfitt en 1957.
- Cet indice décrit le niveau d’inflammation gingivale des dents du secteur antérieur (13-12-11-21-22-23).
- Principe de l’indice PMA : Enregistrement du nombre de papilles (P), d’unité de gencive marginale (M) et de gencive attachée (A) enflammée en regard des faces vestibulaires des dents antérieures.
Indice parodontal (IP)
- L’indice parodontal défini par Russel en 1956 est un système d’évaluation de la maladie.
- Principe de l’indice IP : Il s’applique à chaque dent de la denture avec les valeurs suivantes :
- 0 = une dent au parodonte sain,
- 1 = inflammation gingivale autour d’une partie de la dent,
- 2 = inflammation gingivale encerclant la dent,
- 6 = formation d’une poche,
- 8 = perte de la fonction par une mobilité excessive.
Indice de maladie parodontale (IMP)
- L’indice de maladie parodontale est un système d’évaluation du caractère destructeur des maladies parodontales (par mesure de la perte d’ancrage de la dent).
- Il enregistre les conséquences de la maladie. Cet indice a été défini par Russel en 1956.
- Principe de l’indice IMP (PDI) : Mesure de la distance entre le fond de la lésion et la jonction amélio-cémentaire.
Indice d’hygiène bucco-dentaire (IHB)
- L’indice d’hygiène bucco-dentaire est un système qui permet une classification de l’hygiène bucco-dentaire. Il a été défini par Greene et Vermillon en 1960.
- Principe de l’indice IHB : Cet indice comprend deux composantes distinctes :
- L’indice de débris (ID) qui mesure l’extension coronaire des dépôts mous jusqu’au premier, deuxième ou dernier tiers des faces vestibulaires ou linguales des dents :
- 0 = pas de débris,
- 1 = 1/3 de la face est recouverte de débris,
- 2 = 2/3 de la face est recouverte de débris,
- 3 = toute la face est recouverte de débris.
- L’indice de tartre (IT) qui mesure l’extension coronaire correspondante du tartre sous-gingival sous la forme de dépôts isolés ou d’une bande continue :
- 0 = pas de tartre,
- 1 = 1/3 de la face est recouverte de tartre,
- 2 = 2/3 de la face est recouverte de tartre,
- 3 = toute la face est recouverte de tartre.
- L’indice de débris (ID) qui mesure l’extension coronaire des dépôts mous jusqu’au premier, deuxième ou dernier tiers des faces vestibulaires ou linguales des dents :
- Le score de IHB est la somme des scores de l’ID et de l’IT.
- Des modifications de cet indice ont été proposées à plusieurs reprises pour en augmenter la précision (Greene et Vermillon, 1964; Volpe et coll., 1962; Quigley et coll., 1962).
Indice gingival (GI)
- L’indice gingival a pour objectifs d’étudier les modifications qui affectent les tissus gingivaux, et de détecter les modifications les plus légères.
- Cet indice a été défini par Loe et Silness en 1963.
- Principe de l’indice GI : Cet indice est obtenu de la même façon que l’indice de plaque (PI).
- Quatre degrés de sévérité de l’inflammation gingivale sont évalués :
- 0 = pas d’inflammation,
- 1 = inflammation sans saignement,
- 2 = inflammation + saignement provoqué,
- 3 = ulcération + saignement spontané.
Indice de plaque (PI)
- L’indice de plaque a été défini par Silness et Loe en 1964.
- Principe de l’indice PI : Cet indice est obtenu de la même façon que l’indice gingival (GI) : on effectue des enregistrements séparés pour les quatre faces lisses de chaque dent. Le nombre maximum d’enregistrements effectués par sujet passe donc de 28 dents × 4 = 112 faces dentaires.
Indice de rétention (IR)
- Cet indice permet d’évaluer, sur les quatre faces de chaque dent, le degré de rétention de plaque provoquée par des lésions carieuses non soignées, des obturations ou couronnes dont les limites cervicales sont défectueuses, ou des dépôts de tartre sus ou sous gingivaux.
- Principe de l’indice IR : L’indice de rétention est constitué de trois composantes qui peuvent être utilisées séparément ou conjointement. Une lésion carieuse non soignée ou une limite cervicale défectueuse d’obturation ou de couronne située au niveau du tiers cervical de la couronne de la dent :
- 0 = pas de plaque,
- 1 = un film adhère au bord marginal libre de la dent,
- 2 = accumulation modérée de dépôt mou,
- 3 = surface dentaire recouverte d’une quantité abondante de plaque.
- Une lésion entraîne l’attribution d’un score 1 lorsqu’elle n’entre pas au contact de la gencive, d’un score 2 lorsqu’elle entre au contact du rebord gingival et d’un score 3 lorsqu’elle s’étend sous la gencive à 1 mm ou plus du rebord gingival.
- La troisième composante de l’indice de rétention mesure l’importance du dépôt de tartre, mais uniquement au niveau du rebord gingival.
- La présence d’une fine bande de matériau minéralisé située à l’entrée de la poche entraîne l’attribution du même score que la présence de tartre sus-gingival.
- La présence de tartre sous-gingival entraîne l’attribution d’un score 2, celle d’un dépôt abondant de tartre un score 3 pour la surface dentaire considérée.
- Pour les études épidémiologiques, le code chiffré est basé sur l’examen de 10 dents témoins (17, 16, 11, 26, 27, 47, 46, 31, 36, 37).
- Pour les études à but thérapeutique, le code chiffré est donné après examen de 6 dents témoins pour les enfants et adolescents (16, 11, 26, 46, 31, 36), et après examen de toutes les dents de chaque sextant pour les sujets”He” sujets âgés de 20 ans ou plus.
- Un sextant n’est pris en compte que s’il comporte au moins 2 dents fonctionnelles. Un seul résultat par sextant est retenu (le plus élevé).
Indice CPITN : Indice communautaire des besoins en traitements parodontaux
- En 1977, à l’initiative de l’Organisation mondiale de la santé, des travaux furent entrepris afin d’établir une méthode internationale d’évaluation des besoins en traitements parodontaux. Ces études aboutirent en 1982 à la publication du CPITN par Ainamo et coll.
- Principe du CPITN : La denture est divisée en 6 sextants : 17-14, 13-23, 24-27, 47-44, 43-33, 34-37. On attribue un code chiffré à chaque sextant sans attacher d’importance au nombre de dents examinées.
- Dans le but de simplifier l’usage de cet indice, l’OMS a mis au point une sonde spéciale. Elle présente une extrémité en forme de boule de 0,5 mm de diamètre et une partie colorée de 3,5 mm à 5,5 mm. Les scores correspondant au CPITN sont :
- 0 = gencive saine,
- 1 = saignement au sondage,
- 2 = présence de tartre,
- 3 = poche de 4 à 5 mm,
- 4 = poche de 6 mm ou plus.
Besoins en traitement (TN : Treatment Needs)
- TN 0 : L’enregistrement de code 0 ou x (sextant édenté : moins de deux dents fonctionnelles) pour les 6 sextants est une indication qu’il n’y a pas de besoins en traitement.
- TN 1 : Traduit des problèmes d’hygiène et donc la nécessité de l’améliorer.
- TN 2 : Un score 2 ou plus élevé indique la nécessité d’un nettoyage professionnel des dents (détartrage), l’élimination des facteurs de rétention de plaque et l’enseignement de l’hygiène.
- TN 3 : Un sextant présentant un score de 4 traduit la présence de poche de plus de 6 mm. Le traitement de ce type de lésions nécessitera un traitement complexe (détartrage profond, surfaçage, curetage ou d’autres procédures chirurgicales complexes).
Conclusion
- Les résultats des études épidémiologiques montrent clairement la très forte prévalence des maladies parodontales dans la population mondiale en général, et dans la population française en particulier. Ces résultats sont cependant à moduler, en considérant que seuls 10 à 15 % de la population présentent des formes sévères nécessitant la mise en place de traitements complexes.
Épidémiologie des maladies parodontales : Generalités et indices / Parodontologie
La santé bucco-dentaire est essentielle pour le bien-être général, nécessitant une formation rigoureuse et continue des dentistes. Les étudiants en médecine dentaire doivent maîtriser l’anatomie dentaire et les techniques de diagnostic pour exceller. Les praticiens doivent adopter les nouvelles technologies, comme la radiographie numérique, pour améliorer la précision des soins. La prévention, via l’éducation à l’hygiène buccale, reste la pierre angulaire de la pratique dentaire moderne. Les étudiants doivent se familiariser avec la gestion des urgences dentaires, comme les abcès ou les fractures dentaires. La collaboration interdisciplinaire avec d’autres professionnels de santé optimise la prise en charge des patients complexes. La santé bucco-dentaire est essentielle pour le bien-être général, nécessitant une formation rigoureuse et continue des dentistes.
Épidémiologie des maladies parodontales : Generalités et indices / Parodontologie

Dr J Dupont, chirurgien-dentiste spécialisé en implantologie, titulaire d’un DU de l’Université de Paris, offre des soins implantaires personnalisés avec expertise et technologies modernes.
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